Vendredi 27 novembre 2009

Pauvres bêtes !

 

            J’avais besoin d’air,  hier, au point de ne pas prendre congé de vous avec mon habituelle courtoisie. Que voulez-vous ! De toutes les escroqueries dont on nous rebat les oreilles jour après jour, celle qui m’écoeure le plus vivement est celle qui s’appuie sur la facilité d’émotion du public pour utiliser les bêtes innocentes  afin de lui soutirer de l’argent. Et faire les bons apôtres, se montrer sur les grands et petits écrans, parler aux radios de diverses colorations, apitoyer tout le monde en brandissant ces pauvres chiots et chatons abandonnés,  faméliques, torturés, ou ces vieux matous qui auraient bien besoin d’un peu de tendresse sur leurs tout vieux jours, ça ne peut se défendre que si le moindre centime collecté est employé pour eux tous. On en revient toujours à cela, pardine ! : se faire du fric sur le dos de ces martyrs innombrables dans notre civilisation de Sainte Sanpitié, c’est bien sûr le même mécanisme que rafler la mise dans les campagnes contre le cancer ou contre les maladies rares, c’est ignoble, indécent, inacceptable, criminel (j’en trouverais bien encore toute une kyrielle sans trop chercher, mais je crois que vous avez compris mon sentiment). Et je comprends le désarroi et l’inquiétude de tous les bénévoles des refuges distribués sur toute la France,  qui se sont implantés là où il y avait à faire,  qui s’y consacrent corps et âme avec bien du mal,  sans aide financière la plupart du temps sauf les maigres recettes des cartes de membre, qui ne peuvent même plus  par interdiction légale collecter dans les grandes surfaces les produits arrivés à la date limite de consommation  (je suppose qu’il doit y avoir ici quelque principe de précaution de la plus belle eau). Ces associations, qui relèvent strictement et merveilleusement de la protection animale la plus généreuse,  s’appellent Défense des animaux,  ou Les Amis des Bêtes, ou Charlotte et ses amis, peu importe : tout de suite après, il y a le sigle SPA (Confédération des SPA de France). Et s’ils sont consternés d’apprendre les malversations dont « la SPA » est capable (et à juste titre dénoncée) c’est que les amalgames se font plus vite qu’on n’a le temps de le dire, et que beaucoup de gens mal informés vont  les priver de leur obole « puisque la SPA c’est de l’escroquerie »…Mes belins-belines, ne vous contentez pas de ce prétexte facile et injuste : continuez à donner comme avant aux refuges près de chez vous qui aident les pauvres bêtes à survivre et retrouver le bonheur, n’ayez crainte. Une bonne preuve que les instances parisiennes sont les seules fautives, les seules coupables, les seules désignées par ce scandale, c’est qu’elles refusent de faire partie de la Confédération des SPA, ce qui vaut tout de même son pesant de moutarde. J’ai le temps de vous faire la bise, je me sens même rassérénée d’avoir mis les points sur les i. A demain !

                                                       

                                                                                           Lucette DESVIGNES.

Par lucette desvignes
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Jeudi 26 novembre 2009

ESCROQUERIES EN TOUT GENRE

 

 

Il y en a une, une des plus grosses, des plus éhontées, dont je ressens l’urgence de vous parler, mes belins-belines, non seulement parce qu’on en parle (on en a parlé virulemment il y a quelques semaines à peine) mais parce que depuis de longues années j’ai envie de prendre le micro, le haut-parleur, le porte-voix, n’importe quel engin qui grossit la parole pour qu’elle porte mieux, qu’elle se répande plus loin, qu’elle rentre plus profond. Et j’en parle et j’en parlerai avec véhémence, parce que malgré les précisions douloureuses apportées par les gens qualifiés – éminemment victimes des scélérats – ça n’a pas l’air de rentrer, je sais ce que je dis. Quand on vous dit SPA, naturellement vous croyez qu’il n’y en a qu’une, celle qui des fois sur les étranges lucarnes vous montre des chiens et chats à adopter, jouant sur la corde sensible. Eh bien vous vous trompez, et grossièrement ! Celle-là, c’est celle de Paris, qui se prétend la seule à œuvrer pour le bien des animaux souffrants ou perdus, mais je vous dirai aussi (et, rebelote, je sais de quoi je parle) qu’elle est soupçonnée de fournir des chiens à l’institut Mérieux,  que la transparence (vous avez bien dit transparence ? qu’est-ce que ça signifie ?) ne fait pas partie de son vocabulaire, que les réceptions, elles, font partie de son agenda au top niveau, que lorsque la présidente (d’il y a quelques années certes mais mais mais) avait envie de soleil, elle partait pour la Guadeloupe en avion-taxi aux frais de l’association, ben voyons ! pour voir si les chiens errants sont aussi mal traités outremer que chez nous. Je pourrai aussi vous préciser que bien à l’abri sous ce sigle elle prétend être la destinataire de tous les legs faits à la SPA, même quand il est avéré que la mémé qui a rédigé son testament pour les bêtes malheureuses de son coin a pensé à « sa » SPA locale même si malheureusement, elle a en toute naïveté négligé de le porter sur son papier. Mettez-vous bien dans le crâne   qu’il y a près de trois cents SPA en France disséminées sur le territoire, des refuges dont les bénévoles donnent leur temps, leurs argent, leurs forces aux bêtes recueillies, chacune fonctionnant comme une pauvre petite PME sans autre ressource que le bon cœur des membres et parfois des mairies. Je continuerai demain, j’ai besoin de prendre l’air.

                                                                Lucette DESVIGNES .

Par lucette desvignes
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Mercredi 25 novembre 2009

Téléthon, tontaine et tonton

 

     Ecoutons ensemble, mes belins-belines, la voix qui faisait sérieux – déjà – à la date du  9 décembre 1992 telle que je l’interprétais dans «mon « Journal au Laser » : « … et la voix disait qu’il fallait des sous pour la recherche, une vraie voix grave de gars sérieux qui s’inquiète pour son job, si l’argent rentre pas, comment donc qu’il pourra nous garantir qu’on le reverra l’an prochain pour nous montrer d’autres petits tableaux en couleur, en plus que c’est gros en mieux que les plus crétins comprennent au fin fond de nos campagnes ? Et quand je dis son job à lui je veux dire le job des autres aussi, des commissaires des commissions, des comités et des missions, des directeurs, des responsables, des chefs et sous-chefs, ceux de la gestion de ce gros tas de sous et ceux de l’extension des bâtiments anciens ou de la construction de bâtiments nouveaux pour abriter davantage de bureaux, et ceux des public relations, et même ceux des laboratoires… ça fait du monde, tout ça. Le Téléthon, c’est grand, c’est beau, c’est généreux. C’est la France ». Ça n’est pas parce que nous sommes en 2009, soit si je compte bien dix-sept ans plus tard (mais oui mes belins-belines, comme le temps passe !) que les fonctionnements ont changé. La monnaie a changé, ça c’est vrai : on compte en euros, du moins chez les jeunes (moi je compte toujours en anciens francs, mais je crois quand même que je suis un cas) – à part ça, c’est le même principe : on tire les sous des gogos après leur avoir tiré les larmes, le grand mystère demeurant (voire s’épaississant) sur la destination du pactole. Répartition, distribution, rétribution, partage entre copains, foire à la farfouille, combine combinatoire combinage …Ici les parachutes en or et en platine, là les délits d’initiés, un peu plus loin les escroqueries des traders, on dirait vraiment que vous n’avez jamais entendu parler de tout ça, mes belins-belines ! Mais c’est comme ça que le monde tourne, voyons ! Je garde des réserves pour les traitements au laser des jours à venir, comptez sur moi !  

                                                       Lucette DESVIGNES.

Par lucette desvignes
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Mardi 24 novembre 2009
     Vous souvenez-vous de l'Arc et de son scandale, mes belins? et du kilo de riz que chaque enfant de France devait envoyer à Madagascar il y a quelques années, le riz des rizières de Pierre Bellemare, mes belines? J'en aurais encore à vous donner, de ces exemples ravageants, on va s'en occuper, c'est promis. Pour l'instant, on téléthone, pour se mettre au pas de l'actualité. Ah! mes bergers et bergères, à renauder ainsi autour du téléthon, on  en soulève des questions sans réponses! Pour une fois, je vais me citer in extenso,  c'est une longue citation de mon "Journal au Laser", autrement dit "La Dent dure",  à la date du 9 décembre 1992 : Après avoir évoqué Sarajevo, je disais : "Nous on s'en fout, on a le téléthon. Dimanche la France resplendissait de tous ses vrais Français. Avec des comptes, des additions, des encouragements pour faire grimper le tas de sous - ah! mes enfants que c'était beau, que c'était beau! Des milliards qu'on a gagnés comme ça, je vous dis, et toute la Télé s'y était mise, tirant poussant comptant les sous. On a vu des choses pas croyables, un ou deux volontaires par exemple descendre sur le ventre par le toboggan dans une piscine municipale en spectacle non-stop pendant 24 heures, ah! que c'était beau, que c'était beau! Et avec, en plus, les inquiétudes des directeurs sportifs : "Entre 3h et 7h du matin, ce sera dur d'avoir du public, il faudra que le public vienne, il faut soutenir nos athlètes, il faut des sous, allez on veut du monde". Et le monde a donné, et je te chante par ci, et je te fais de la peinture par là, il y a même des gens dont l'activité manquait de netteté au point qu'on ne savait pas bien s'ils faisaient quelque chose, ça fait rien, on donnait quand même, l'important c'est de participer. Chacun  de ces vrais Français était fier du total (qui battait le record de l'an dernier, et attendez voir un peu, on fera mieux la prochaine fois) comme s'il s'était agi pour lui d'avoir gagné la somme - en grattant, en tirant, en poussant, peu importe, l'important c'est d'avoir gagné. On a gagné, les gars, et ça va nous donner droit l'an prochain à davantage de diagrammes, schémas, croquis, courbes, coupes grossières pour leçons de choses dans le style périmé d'autrefois - c'est pas le croquis qui compte, les gars, c'est la gravité de la voix qui vous fait le commentaire...". Je continuerai demain - promis juré - parce qu'il faut bien au moins deux traitements de ce sujet brûlant et surtout, qu'il faut que je précise bien ce que la voix nous explique. Mettez bien vos chats au courant, je suis sûre qu'ils vont suivre avec intérêt.

                                                                    Lucette DESVIGNES.
Par lucette desvignes
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Lundi 23 novembre 2009

Ne blaguons point sur ce blog : c'était le gauche, que Tati dès ses premiers courts métrages demandait qu'on soignât (voyez au passage si ça démarre bien ce matin, et un lundi matin encore! la vie est ainsi faite de petits miracles, jouissons-en bien en passant). Oui, c'était le gauche, et dans ces contextes politiques  connus de tous c'est de droit que je voudrais aujourd'hui vous entretenir. Le Droit et mon Droit, dès le titre c'était presque un rappel de la fière devise de Henry VIII, je crois : "Dieu et mon Droict" - naturellement, en face d'un "Soigne ton gauche" quelconque, il pouvait prendre ça pour une provocation, heureusement pour tous les deux Tati et Henry ne se sont jamais rencontrés, on a eu chaud rien que d'y penser). Pour en revenir à notre sujet juridique, j'ai l'impression que tout est changé au royaume de Sarko (attention : j'ai bien dit "changé", qu'on ne me fasse pas dire ce que je pense! que voulez-vous, c'est la faute à Shakespeare, il faudrait un vrai lavage de cerveau pour se débarrasser de ce qu'il vous a implanté

avant le durcissement de vos fontanelles). Donc le droit qu'on pratiquait en fac autrefois (autrement dit de mon temps : bien sûr que c'est autrefois, presque comme au début des contes de Perrault) se faisait en trois ans pour arriver au même niveau qu'à présent en quatre ans (admirez au passage comme les niveaux montent). Eh bien je vous concède qu'on ne nous enseignait pas la moitié de ce qu'on eût dû nous enseigner (et vous voyez, ça continue! "Peste!, où prend mon esprit...? "etc. voir supra, passim  et de préférence directement dans Molière, "Amphitryon", Acte I, scène 1). Au fur et à mesure que la délinquance croît, que les prisons regorgent de pensionnaires, que les violeurs pullulent comme le Campistron sur du Racine mort, que les causes justes se trouvent entravées subtilement par des fautes de procédure (et encore je ne vous parle pas ici de l'action souterraine de la Scientologie trafiquant dans les dossiers et les pièces à conviction), on a créé, sinon des parades définitives (c'eût été bien utile, pourtant),du moins un luxe de vocabulaire qui me laisse loin derrière, avec mon droit d'il y a plus de cinquante ans (c'est vrai, ça passe, ça passe...). Magistrature assise, magistrature debout : c'était pourtant clair comme de l'eau de roche. On a supprimé le juge d'instruction, mais il reste la nécessité d'un juge pour l'instruction, nuance! On disait le suspect, le prévenu, l'accusé : avec  la garde à vue, l'appel à l'avocat toute besogne cessante, la mise en examen, le prélèvement d'ADN, le décompte des trois fois vingt-quatre heures , le portrait-robot, l'appel à témoins... il y a longtemps que le bertillonnage est devenu obsolète, ma parole! et, aussi, que le vice de forme est devenu un système efficace. Comme quoi, on n'arrête pas le progrès, ni les malandrins qui devraient l'être. Ma satisfaction du début s'attriste en fin de parcours. Seule la pensée de vios chats et des miens me rassérène quelque peu.

 

                                                                                                  Lucette DESVIGNES; 

Par lucette desvignes
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