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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 09:50

         Ainsi nous pourrions (si j’en crois les prédictions faites hier matin, Fillon devant Marine au deuxième tour) nous retrouver plongés dans  une atmosphère rétrograde d’avant-guerre, les années trente peut-être. Que la famille française aille le dimanche à la messe avant son poulet rôti et sa bouteille de vin cacheté (comme on disait alors par dédain du pinard au litre) ne me dérange aucunement, pourvu qu’on ne m’oblige pas à y aller et à boire du bordeaux : chacun de mes proches sait bien  qu’avec le poulet rôti rien ne vaut un Mercurey rouge de six ou sept ans d’âge. Mais enfin que cette sanctification dominicale imprime sa marque emblématique sur le style français me dérange considérablement, même si je sais que les fondamentaux spécifiques (résiduels et indestructibles) traînant depuis Pétain chez Astérix, sans trop se montrer mais toujours là, dans la majorité silencieuse, sont à peu près débarrassés des sympathies germaniques qui sous Vichy avaient connu une vraie reviviscence. On met une cloche sur un plateau de fromages pour les empêcher de fermenter : au mieux, notre cloche  ne sera pas en verre mais en fin grillage métallique qui nous permettra de voir au dehors et de regretter certaines saveurs de la liberté. On va remettre à l’honneur Clovis et Charlemagne et Saint-Louis : non que je rejette cette mythologie joyeuse et colorée qui fait partie de notre patrimoine, mais je crains une insistance future à voir  la France surtout peuplée des rejetons exclusifs de l‘époque des Capétiens, ne considérant tous les enrichissements de langues et de souches annexes que comme des apports de rang inférieur,  tolérés parce qu’il le fallait et non acceptés comme une opulence nouvelle pour la substance humaine nationale . On va surtout nous ramener à la glorification des Croisades et du colonialisme, alors qu’on commence tout juste à percevoir l’aberration meurtrière de ces entreprises et que de plus en plus de gens en ont honte. Et puis, cette intrusion inattendue du Pape dans  nos votations politiques…

lucette desvignes
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 07:49

         Avant même qu’on puisse passer à la série nouvelle des votations pour la gauche – parions que le spectacle sera moins classiquement taillé à coups de hache (oui, je sais : mais si je veux envisager le spectacle comme taillé à coups de hache, est-ce que je n’en ai pas le droit, moi, alors que tant de choses pas belles et peu naturelles sont encensées par une société permissive ?) -  on peut examiner de près les futurs candidats, les déclarés et les déclarés en substance qui n’attendent qu’une évacuation officielle pour confirmer leur candidature. Rien n’est si comique que de les voir sur le fil du rasoir, ayant déjà pris le ton présidentiel qui convient mais s’exposant aux pièges de l’apprentissage de la fonction lorsqu’ils veulent jouer au petit soldat : ainsi notre Premier ministre qui est allé valser en Tunisie comme un chef d’état (d’ailleurs le tapis rouge avait été déroulé pour lui à sa descente d’avion)  sans avoir répété le nom du président de là-bas de manière à ne pas bafouiller. Horreur ! Le nom bafouillé donnait quelque chose comme Ton Zizi, et, martelé avec l’assurance dont notre Vals préféré a l’habitude puisqu’il ne se trompe jamais, a dû avoir un retentissant succès ubi et orbi. Piètre manière d’engager les négociations dans l’espoir de se faire à l’avance adopter comme le candidat qui aura réussi à triompher de tous les obstacles – mais ce n’est pas au président Ton Zizi à décider : c’est chez nous que ça va se faire, mes belins-belines ! 

lucette desvignes
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 09:18

         Il faut bien croire qu’une certaine hystérie s’était infiltrée dans les populations votantes de ce dernier dimanche – finalement assez incompréhensible vu les conditions de l’épreuve. J’ai été incrédulement secouée de voir les larmes, le désespoir, les étreintes mouillées à deux ou à trois des jeunes soutiens de Juppé : comme si on leur avait appris une déclaration de guerre entraînant leur départ immédiat pour le front. On a l’impression qu’ils auront du mal à s’en remettre – et pourtant depuis huit jours les jeux étaient faits de toute évidence. Pires encore – et purement méprisables– les réactions des partisans du vainqueur : les haussements d’épaules, refus de répondre, sourires dédaigneux, voire remarques grossières des fillonnistes jeunes ou vieux, filles et garçons, à qui les journalistes demandaient s’ils avaient une phrase de consolation, un petit mot gentil pour les jeunes perdants, avaient de quoi, dans leur unanimité et leur brutalité, vous laisser sans voix. Un petit vieux tout excité clamait même que c’était une honte de penser à eux, « qui n’avaient rien à faire ici » ( ? ??) : devaient-ils donc prendre le chemin de l’exil, puisque c’est à la mode ? On croit rêver. Mais on croit rêver aussi devant les hommages si fréquents, si appuyés, rendus à Sarko : son nom seul déclenchait les applaudissements, les hourrahs, orchestrés par les chefs et suivis par les foules en délire. Pas la peine de le regretter, m’sieu dames : vous allez voir comme on va le retrouver, amélioré par un mûrissement de cinq ans des stratégies de gouvernance de son ancien Premier Ministre, enfin plébiscité, donc autorisé à faire bien plus et encore au-delà…

 

 

 

 

lucette desvignes
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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 10:23

         Ces primaires de la droite, annoncées avec éclat depuis longtemps, devaient permettre de hiérarchiser un peu les concurrents aux commandes du parti, chacun des chefs ou sous chefs voulant prendre la tête et disposant d’une cour dont chaque membre avait les dents longues : autour de cette idée de tri les ambitions se sont consolidées, nombreuses. Pour être à la tête du parti, puis de la France dans la foulée, les stratégies se sont affrontées aussi brutalement que les personnalités. L’organisation de ces primaires (et celles de la gauche leur donneront la réplique en janvier, toujours dans le même but : récolter le plus grand nombre de voix dans le pays pour pouvoir s’appuyer sur des forces concrètement reconnues) a été techniquement impeccable. Vote vivement sollicité par les membres de la même famille politique : un chef s’impose, l’autre s’incline et se met à sa disposition… C’est donc tentant pour certains votants de gauche d’aller mettre leur grain de sel au cœur de la famille : une fine stratégie des adversaires politiques permettait d’influer sur le choix, non d’un représentant de leur mouvance, mais, en limitant les dégâts futurs, d’aider massivement au triomphe du « moins pire » pour eux (en l’espèce, Juppé plutôt que Fillon, une fois le spectre de Sarko éliminé par tout le monde). De là à verser 3 € pour couvrir les frais d’organisation…Je crois qu’une rondelette somme est ainsi tombée dans la cassette de couverture des frais...

lucette desvignes
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 12:05

         Vous trouvez peut-être tout normal, mes belins-belines, que depuis des semaines on ne soit branchés ici que sur les débats politiques, interviews, commentaires des commentateurs, programmes spéciaux pour que nul n’en manque une miette, mais je vous assure qu’avec des yeux étrangers on peut s’étonner, en particulier sur les fluctuations d’opinions récentes qui s’analysent  aussi volontiers comme de fines tactiques des opposants. Cela me donne envie de consacrer quelques mots à ce phénomène des « primaires » qui tend à se généraliser dans le protocole de votation du pays. Elles font appel à un maximum de gens qui veulent concrétiser leur avis, elles sont donc parfaitement et vastement publiques, mais elles sont organisées  en dehors du système étatique de vote, même si elles utilisent des bureaux de vote traditionnels selon les bonnes volontés locales. (il peut en effet y avoir d’aimables aides ici ou là : pensez à la mairesse de Paris qui a donné ses petites enveloppes aux bureaux de vote qui n’en avaient pas prévu assez, preuve qu’il n’y a pas concurrence des formules). Il y a quelques années, de telles primaires avaient été organisées par le PS ; les municipalités peuvent s’y prêter,  ou bien on trouve des lieux de vote ailleurs, on loue des grandes salles…. C’est vraiment encore plus compliqué et long à mettre sur pied que pour des élections normales, mais ce sont les militants du parti qui s’en chargent : elles sont gratuites et ouvertes à tous, sympathisants ou membres cotisants, toutefois deux ou trois € par tête de pipe sont toujours les bienvenus (cette fois-ci c’était 3 € obligatoires). La primaire du PS avait permis de faire connaître la cote des têtes pensantes : Montebourg avait cassé la baraque (pour pas grand-chose, au vrai). C’est un genre de plébiscite non programmé par l’Etat, en vue de bien faire ressortir qu’au niveau de la population on s’agite . Je vous en dirai plus demain.

lucette desvignes
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:42

         …Et deux meetings en prime ! L’un : droit dans les bottes de l’autre, sûr de vaincre, serein et affable, parle une heure par-dessus une mer de drapeaux agités sans cesse comme  la Méd (mais il y a des chaises libres au fond des huit mille prévus – une paille !) Je ne sais qui lui a bâclé son laïus, mais c’était lourd, répétitif, sans goût dès qu’il se voulait plus décontract’ – avec de nombreuses citations de lui-même et des discours d’avant. Personne n’a rien appris de neuf, c’était seulement la fête à Neuneu, le score de demain ne va pas changer. L’autre : plus de bottes mais se tenant droit quand même, avec force sourires et encouragements à adopter son programme (mais il y a déjà belle lurette qu’il n’y croit plus, ce qui ne l’empêche pas d’opérer des rectifications de dernière  minute avec minutie, d’ajouter une petite précision par là, en se plaçant sous l’égide du dernier père de la nation histoire de glaner quelques voix égarées). L’amabilité de la soirée était sensiblement forcée ; les états-majors de campagne avaient plutôt des sourires vaillants et douloureux. Admirable spectacle que ces revirements fluctuations mises à mort ! Demain soir sera apposé sur le certificat de « Bonne route pour l’Elysée » le dernier tampon – ce qui n’entraîne pas automatiquement la victoire finale. Pensez à tout ce qui grouille encore, sur les podiums ou dans l’ombre, de tous côtés ! Et versez une larme sur la pauvre Morizet, qui s’était fait promettre le portefeuille de la Défense par Juppé, et qui une fois de plus a manqué son coup…

lucette desvignes
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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 11:40

MEA CULPA immédiat : Blog 2352, ligne 5, Lire «  la gauche » (et non la gauches). Quel malheur de ne voir les choses qu’après coup !

lucette desvignes
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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 11:30

         Rarement aura-t-on baigné  dans un contexte de votation, comme disent les Suisses, aussi intense. Quand on pense que tant d’électeurs boudent les urnes qu’on met obligeamment  – et avec insistance -  à leur portée pour les occasions traditionnelles, et qu’une frénésie d’expression politique s’est emparée de la population au point que la gauche est allée, me dit-on, voter aux primaires de la droite (gare aux mesures de représailles si les primaires de la gauches arrivent à se mettre en place) on ne sait plus que penser, comme les marquises de Marivaux lorsque leur cœur se met à battre.. La variété des spectacles a de quoi frapper : jeu à cinq ou six, saucissonnage des questions et temps de réponse, sondages, calculs (on a même pu voir les sondages évoluer dans l’heure, c’était fascinant comme un tour de prestidigitation), réduction des six appelés à deux élus,  lutte à mort, reprise du combat en semaine en face à face, effleurement au passage des attaques directes qui font tout de suite moche dans le paysage moral, enfin, avant la guillotine dominicale, cet aimable badinage entre Alain et François tout sourires, même pour reprendre l’autre sur un ton enjoué ( Mais comment ? ai-je jamais dit ça ? qui a bien pu dire… ?) avec poignée de main courtoise mais brève au début et, en fin de course, shake-hands prolongé (comme on dit en franglais) où passent tant de choses bonnes et mauvaises, vraies ou fausses, voulues ou non… Je ne vous recontacterai plus avant cette exécution, mais les sondages remous bagarres du week-end vont encore aller leur train. Qu’on se rassure d’ailleurs ! Comme dans le monologue des Conscrits de Saint Marciau (« au tombe roide mort, au se r’lève : point de maux »), le mort et le vif  de dimanche soir seront copains comme cochons, oui, deux doigts de la main, dès le lundi matin pour travailler ensemble à des lendemains qui puissent enfin chanter…

lucette desvignes
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 10:29

         Mettre bout à bout, donc dans la foulée, avec des préparatifs distincts pour chaque événement, la prise de sang à jeun puis le vétérinaire pour les quatre premiers chats de la troupe (vaccins coryza, typhus, maladies nouvelles en –ose dont les spécialistes des laboratoires découvrent une ou deux variétés tous les ans pour étendre à l’infini le champ de leurs nécessaires interventions), cela représente, croyez-moi, un joli tour de force. Non pas pour ce qui touche à la prise de sang : elle doit se faire à jeûn, cela entraîne donc de savants timings en plus de la parfaite maîtrise de ses fonctions naturelles, mais ça peut se négocier sans trop de bobo. C’est pour la visite du véto que les choses se compliquent. Il faut sélectionner les minets selon l’ordre des fournées (et à partir de la Toussaint ces fournées s’enclenchent selon un calendrier inexorable) et, faute de leur faire accepter l’idée qu’un vétérinaire (et surtout le nôtre) c’est absolument gentil, indolore et bienveillant, je dois les enfermer pour attendre le passage du praticien. Encore faut-il les apparier selon les caractères et les atomes crochus : je ne vois guère Papy et Bulle enfermés dans la même pièce, laquelle en outre doit être aussi peu meublée que possible au cas où il faudrait se livrer à une course à l’échalote). Voilà les données de base – il faut parfois improviser des remplacements selon les disponibilités des minets, certains prenant la tangente dès le matin, comme s’ils sentaient dans l’air du dehors que la médecine préventive allait s’ébranler jusqu’à eux. Oui, un rude planning ce matin. Mais je fais front vaillamment : je pense aux affres des préparatifs de brossage et de reluisance qui doivent en ce moment accabler nos deux champions, puisqu’ils devront ce soir à la fois montrer au monde l’efficace originalité de leur programme, démolir les propositions adverses, étaler leur audace sans aller trop loin et sourire à belles dents à l’ennemi tout en lui souhaitant une retentissante élimination. C’est tout de même autre chose que faire vacciner ses chats !

lucette desvignes
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 08:34

:         C’est qu’à gauche on est partagé entre l’effroi et le désir de bien faire. La prestation de la droite a eu quelque chose de parfaitement réglé, minuté, programmé, exécuté – avec même des temps prévus pour les algarades directes. Franchement, jamais la droite n’avait donné le spectacle de pareille transparence (il faut dire qu’il ne s’agissait pas de finances, ce qui met un gros bémol à mon appréciation). Il faut voir aussi au-delà de ce dimanche soir ; le chantier de la gauche va s’ouvrir en janvier, et tant que la réponse du Hollandais volant ne sera pas exprimée (on le pousse, on le tire pourtant, on lui représente que le temps passe et coûte cher, même Cambadélis le monolithe s’énerve) les voies les plus directes seront bloquées. Macron le non socialiste proclamé viendra-t-il parmi ses confrères faire entendre sa voix de droite ? Valls aura-t-il besoin de tuer le père moribond pour l’empêcher de venir bredouiller en public ? Et ce peuple de votants si capricieux, qu’on a du mal à faire venir aux urnes pour les  enjeux traditionnels, va-t-il se bouger en masse pour ces élections de pacotille qu’il faudra de toute manière recommencer au printemps ? Y aura-t-il plusieurs millions de voix pour exprimer le découragement des sans grade et leur faible espoir de voir jamais changer les choses? En attendant, les deux chefs dont la guerre personnelle recommence de plus belle s’affrontent sur l’avortement. « Tu as bien dit que tu étais contre, je l’ai entendu – Tu n’as pas honte de dire des mensonges ? – Mentir, moi ? moi qui reste si droit dans mes bottes ? ». Et la masse des sous-fifres, fanatiques, inconditionnels des uns ou des autres qui tâche de se reconstituer après les coups reçus dimanche dernier, comment se prépare-t-elle à marcher « comme un seul homme la main dans la main » une fois le résultat connu – et contraignant – dimanche prochain ?

lucette desvignes
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