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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 09:48

         J’ai eu, dans les décennies précédentes, plus d’une trentaine d’iris somptueux, couleurs grosseur vigueur forme (oh ces bords frisottés, oh le contraste entre le cœur blanc pur et les sépales jaune délicat, oh les orangés flamboyants, oh les cramoisis chiffonnés en glace à la groseille, oh les roses dans toutes leurs nuances, crevette, bonbon anglais, rose thé,  aurore) – de quoi, en pleine beauté de la floraison, faire freiner les conducteurs longeant ma grille. J’en ai alimenté plusieurs jardins, ceux d’amateurs incrédules devant tant de splendeurs et mendiant « deux ou trois rhizomes quand ce sera le moment », ceux des proches, des amis eux aussi amateurs de raretés… Bref je comprenais enfin le sens profond du portrait de La Bruyère dont je n’avais pas perçu la vérité en l’étudiant en Quatrième, comprenant plus aisément que pour l’amateur d’iris la folie de l’amateur de prunes - de toute façon  n’était-ce alors que folie, cet engouement qui en Hollande vit la ruine de plusieurs familles ne rêvant que d’acquérir des bulbes de tulipes noires au XVIIème…. Ma folie douce n’a jamais été poussée à ces extrêmes, mais j’ai aimé mes iris et leur générosité, leur parlant au cours de mes promenades au jardin, pendant de longues années. Et puis les plus délicates espèces se sont fragilisées, n’ont plus donné, ont disparu. D’autres ont cherché à revenir à leur floraison d’origine, celle d’avant qu’on ne les contrarie par de savantes opérations de botanique supérieure, greffes ou semailles. D’autres ont tout simplement pâli, comme sous le poids de l’âge… Mélancolie de songer à ce qui fut et qui n’est plus...

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lucette desvignes
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 08:34

         Sic transit gloria mundi : ainsi a-t-on l’habitude de souligner que la célébrité n’a guère de durée, la mort ramenant toute gloire à l’aune commune. On peut certes comprendre qu’une fois la mort arrivée, la défense par elle-même de la célébrité en question perde beaucoup de son acumen. On peut plus difficilement admettre, après due constatation dans les faits, qu’un artiste déjà installé sur une orbite remarquable cherche à en descendre (ou y réussisse en croyant qu’il grimpe vers de nouveaux sommets – très franchement, je ne sais trop ce que pourraient être les sommets d’une orbite, mais enfin j’espère que vous comprenez le sens de cette métaphore osée). C’est toujours une sensation mélancolique, pour ne pas dire déchirante, que de voir un talent se perdre, se fourvoyer – et cela, sans doute parce que l’inspiration s’essouffle mais surtout parce qu’il ne fait que se contempler dans la glace, ce talent (autre métaphore : mais celle- là, sans être géniale loin de là, s’accepte sans trop de mal et peut être comprise par tout le monde). C’est la pire des choses pour l’aveuglement, car ce tête à tête permanent avec son image souriante entraîne  automatiquement la satisfaction, empêche la remise en question si indispensable au progrès, barre toute suggestion de renouvellement . Et si les thuriféraires s’en mêlent, comment voulez-vous que le talent puisse retrouver le chemin de sa vérité ?

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lucette desvignes
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 09:57

Mea Culpa immédiat : N°1936,  ligne 2 : Lire "le 8 et son pont" (et non "et son point"). Sorry...

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lucette desvignes
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 09:50

         Ce beau mois de mai rutilant, qui n’est certes pas le mois des patrons (certes non ! le 1er et son pont, le 8 et son point, l’Ascension, le lundi de Pentecôte… aïe aïe aïe pauvres patrons qui doivent payer sans contrepartie ouvrière) m’a déjà à deux reprises fait perdre la date. A deux reprises je me suis crue trois jours d’avance. Heureusement que la datation de mon blog se fait automatiquement, car si la tâche m’était confiée je ne sais à quel imbroglio je nous aurais amenés, vous et moi, mes belins-belines (ou plutôt je le sais bien, puisqu’à la main, sur les copies que je garde, j’ai à deux reprises écrit des dates de la plus haute fantaisie). C’est comme pour le sens de l’heure : je découvre soudain qu’il est 21 heures, et certes la luminosité de la journée a baissé, mais pour un peu je poserais mon livre pour me préparer du thé, croyant pour de bon avoir encore bien du temps devant moi avant les plumes. Et mes chats ne peuvent plus guère me servir d’horloge, eux qui restent dehors aussi tard que possible à profiter de la terre chaude même après le coucher du soleil. Ce serait beau qu’on pût mettre pareil mois de fleurs, de couleurs, de senteurs, de lumière entre parenthèses , comme un chef d’œuvre parfaitement réussi cette année, afin d’en redemander un pareil chaque année (sauf pour le 1er mai où les vendeuses de muguet devaient s’abriter sous les porches pour ne pas être trempées comme des canards – oui, à part ce fâcheux démarrage, ce mois de mai 2015 pourrait bien être choisi comme l’étalon pour tous les mois de mai à venir. Et tant pis pour M. Gattaz et consorts : c’est bien là la seule arme qu’on puisse leur opposer…

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lucette desvignes
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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 11:25

         A défaut d’un cours de droit constitutionnel pour lequel je ne me sentirais pas autorisée le moins du monde, je viens de vous livrer quelques réflexions sur l’instruction civique  telle qu’elle devrait être pratiquée par le moindre électeur  en garantissant  qu’il agisse par son vote en toute connaissance de cause. Il y a un aspect des problèmes électoraux que je voudrais aborder ici, car il me tient fort à cœur. A chaque résultat d’élection quelle qu’elle soit, on constate de plus en plus souvent que se réduit la proportion de citoyens qui participent au geste électoral en refusant de dire ce qu’ils pensent de la manière dont les choses sont gérées dans le pays. S’est-on demandé pourquoi il ne se présente pas aux urnes, ce bon tiers de la population qui fait ainsi figure d’indifférent, alors qu’il n’en est rien ?  Il se présenterait, croyez-moi, et de grand cœur, s’il avait le droit de s’exprimer à son idée. Or ce qu’on lui propose, c’est le choix entre A qu’il exècre, B dont il se méfie ou C qu’il ne peut supporter. Est-ce vraiment un choix ? Il voudrait dire, lui : « ni A ni B ni C qui ont fait leurs misérables preuves depuis des décennies - tout simplement aucun de ceux-là, et que mon NON soit pris en compte ». Si tous votaient NON en même temps, ce gros tiers (qui risquerait d’ailleurs de devenir une bonne grosse moitié vu le  changement de principe) permettrait enfin de changer les conditions du système électoral. Je suis végétarienne, je sais donc bien ce qu’on ressent lorsqu’on vous offre le choix entre viande ou poisson (le choix traditionnel de tous les menus) alors que vous n’avez faim que de légumes et de salade…

 

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lucette desvignes
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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 08:49

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

Instruction civique

         Quand le Certificat d’Etudes constituait une base de données, mais oui, et garantissait un esprit sagement formé pour la vie quotidienne, il admettait dans ses épreuves les connaissances en Instruction civique, terme pompeux prédisposant d’emblée au respect de la chose publique. On y apprenait comment fonctionne la République, avec ses élections municipales aboutissant au maire,  départementales aboutissant au Conseil général, puis régionales aboutissant au Conseil régional – on expliquait de près la signification et le fonctionnement des cantonales, de la Constitution, bref après avoir digéré ces indispensables matières l’individu pouvait décider, le moment du vote venu, non seulement en toute liberté mais aussi en toute connaissance de cause. Je ne suis pas sûre du tout que sans ce  viatique aussi modeste qu’essentiel chaque détenteur d’une voix dans le grand bazar démocratique actuel puisse en disposer à bon escient, c’est-à-dire après un examen réfléchi des problèmes et une décision selon la défense de son intérêt personnel. Trop de choses jouent à présent, les médias d’abord, à la fois racoleurs et mal informés, souvent même désinformants selon le caprice de l’actualité, qui soit par sottise et incompétence soit par rouerie voire par léchage de bottes (du pouvoir en place comme, tout aussi bien, d’un mouvement qui a l’air fort en gueule et qui les impressionne) soit encore pour suivre la mode amorcée sur d’autres chaînes, mais aussi la fidélité aveugle à un parti dont les bases ont changé en prenant de l’âge et se modifient à chaque instant selon la force de persuasion des meneurs, ou encore le fanatisme voué à des icônes abusives dont le bagou remplit les oreilles pour empêcher le cerveau de travailler… Je me demande s’il ne faudrait pas faire passer un examen d’instruction civique à chaque électeur – ou peut-être même surtout chaque électrice – avant de lui délivrer le droit de vote…………..

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 08:47

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

Instruction civique

         Quand le Certificat d’Etudes constituait une base de données, mais oui, et garantissait un esprit sagement formé pour la vie quotidienne, il admettait dans ses épreuves les connaissances en Instruction civique, terme pompeux prédisposant d’emblée au respect de la chose publique. On y apprenait comment fonctionne la République, avec ses élections municipales aboutissant au maire,  départementales aboutissant au Conseil général, puis régionales aboutissant au Conseil régional – on expliquait de près la signification et le fonctionnement des cantonales, de la Constitution, bref après avoir digéré ces indispensables matières l’individu pouvait décider, le moment du vote venu, non seulement en toute liberté mais aussi en toute connaissance de cause. Je ne suis pas sûre du tout que sans ce  viatique aussi modeste qu’essentiel chaque détenteur d’une voix dans le grand bazar démocratique actuel puisse en disposer à bon escient, c’est-à-dire après un examen réfléchi des problèmes et une décision selon la défense de son intérêt personnel. Trop de choses jouent à présent, les médias d’abord, à la fois racoleurs et mal informés, souvent même désinformants selon le caprice de l’actualité, qui soit par sottise et incompétence soit par rouerie voire par léchage de bottes (du pouvoir en place comme, tout aussi bien, d’un mouvement qui a l’air fort en gueule et qui les impressionne) soit encore pour suivre la mode amorcée sur d’autres chaînes, mais aussi la fidélité aveugle à un parti dont les bases ont changé en prenant de l’âge et se modifient à chaque instant selon la force de persuasion des meneurs, ou encore le fanatisme voué à des icônes abusives dont le bagou remplit les oreilles pour empêcher le cerveau de travailler… Je me demande s’il ne faudrait pas faire passer un examen d’instruction civique à chaque électeur – ou peut-être même surtout chaque électrice – avant de lui délivrer le droit de vote…………..

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lucette desvignes
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 08:49

         Ne cherchons pas : c’est nous qui avons décidé de confier à notre double le soin de dire pour nous, réfléchir pour nous, décider pour nous. C’est nous qui l’avons installé à notre place. Et il a immédiatement oublié qu’il devait être notre porte-voix : une fois installé, il ne pense plus qu’à son confort, à son profit (comme les autres, hein ? pourquoi pas lui ?)/ Il a élu domicile à la capitale, il ne vient plus voir que de temps à autre et avec condescendance ce qui se passe au niveau de notre bouse. Il écarte de son esprit que son installation, il nous la doit. Il siège, il trône – démos, plebs, ce sont des mots qui ont disparu de son vocabulaire, des modes vides comme des coquillages désertés de leurs habitants. Alors comment voulez-vous que ce double que nous avons élu pour tout faire à notre place ait encore des contacts avec le peuple, la population, bref les gens ? On lui a appris là-haut (et il s’y est mis tout seul) à exister discuter pérorer avoir l’air de faire des choses importantes sans plus jamais évoquer des visages : il parle en chiffres, il parle en théories, en symboles, en abstractions, en décrets, en lois qui s’écartent totalement de l’humain,. Il ;décide donc selon ce qui lui convient, il a oublié qu’il doit décider de ce qui doit vous convenir et seulement de ce qui doit vous convenir. Il trouve même normal, puisque c’est à lui que vous avez dévolu votre voix, de vous l’avoir soustraite et confisquée : c’est comme s’il vous avait coupé les cordes vocales, vous ne pouvez plus la faire entendre quand rien ne fonctionne comme vous l’espériez. Mais c’est vous, en fin de compte, qui avez manigancé ce beau résultat. Vous n’y aviez peut-être pas réfléchi, mais voilà où nous en sommes grâce à vous.

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:00

         Oui, nous déléguons. Et non point comme, pour la gestion d’un refuge où s’entassent les chats et chiens abandonnés, dans la sagesse et l’harmonie d’une efficacité majeure – toi à la comptabilité, toi au service vétérinaire, toi au logement des bêtes, toi à leur hygiène et à leur promenade, toi à leur nourriture, et moi je trouverai pour chacun une famille d’accueil… Que non pas ! nous avons décidé de nous dépouiller de tout moyen de nous prononcer, nous nous sommes choisi un remplaçant, un élu, quoi (puisque c’est par l’élection que nous nous dépouillons de toute puissance personnelle donc active) et nous l’avons choisi, naïvement, dans la conviction qu’il va nous remplacer, qu’il va voir à notre place ce qu’il convient de faire en e bas monde avec tous ses problèmes, qu’il va décider pour le mieux, sans jamais perdre de vue que ous l’avons choisi expressément pour ça et qu’en fait il n’est que notre porte-voix, grossissant notre parole pour mieux la faire retentir. Ce serait si bien s’il en était ainsi… Nous pourrions vaquer à nos petites affaires perso, puisque pendant ce temps nous aurions notre double qui gouvernerait à notre place comme si c’était nous… Cela me rappelle comment, à Athènes (mais le territoire n’était guère étendu, il faut dire), chaque citoyen gravait sur une tuile le nom de l’individu de la vie publique qui constituait une menace de tyrannie abusive afin que l’ostracisme pût légalement le chasser pour dix ou quinze ans hors du territoire). Vous imaginez la joie de nous sentir efficaces que nous aurions ! Celui qui vole, qui triche, qui trafique, qui ment, qui puise dans la caisse… allez, au revoir, et même adieu… Ah ! pouvoir s’exprimer efficacement ! Pourquoi n’y arrive-t-on jamais ?

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lucette desvignes
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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 08:14

         Je réfléchis sur quelques données suggestives lues sur Internet (ne croyez d’ailleurs pas que j’aie attendu ces suggestions pour le faire, il y a bien longtemps que je m’évertue à confronter ma sagesse à tant de constats douloureux) et qui ont trait à la démocratie – l’authentique, celle qui signifierait le gouvernement du peuple par le peuple et qu’on a de toute évidence complètement dépossédée de son sens en le tirant dans toutes les directions, afin de l’adapter à toutes nuances politiques même fort éloignées de la vision du peuple. Cette démocratie, c’était celle dont rêvait Rousseau, avec cette participation directe aux décisions majeures grâce à laquelle tout citoyen pouvait donner son avis, voire émettre des suggestions. Ce qui matériellement ne pouvait guère se pratiquer que sur des groupes réduits : en Suisse par exemple, pouvait s’établir le système de votation hebdomadaire censé tout régler selon l’opinion majoritaire –(j’ignore si ce système fonctionne toujours – il était toujours en vigueur il y a quelques décennies), mais finalement il se réduisait à proposer à l’opinion du peuple des règlements administratifs sans incidence sur les destinées du pays (pourtant le vote massif contre l’immigration a bel et bien montré ce que le pays attendait sur ce problème). Nous avons choisi, de ne rien faire directement, sauf lorsqu’on nous propose un referendum (et justement on peut voir alors se manifester, par l’affluence aux urnes, la nostalgie des citoyens d’un moyen régulier de s’exprimer librement). Mais c’est que nous avons choisi – dû choisir ? les autres pays font comme nous – de ne rien faire directement. Nous déléguons, nous déléguons… C’est bien là la source de nos malheurs…

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