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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 10:51

Mea Culpa immédiat N°1829 - ligne 3 à partir de la fin : Lire ce (livre) au lieu de de.

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lucette desvignes
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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 10:46

         Il y a quelques mois – et en outre c’était une journée de printemps radieuse – à l’occasion d’une invitation à déjeuner dans l’un de ces petits bouchons chalonnais qui,  regroupés tout au long de la rue principale de Saint-Laurent, font honnêtement concurrence à la lyonnaise et réputée Rue des Marronniers – j’avais senti battre mon cœur en revoyant, depuis l’Ile d’Amour, ma bonne ville s’étirant le long de ses quais fleuris, depuis le quartier Sainte-Marie où, me dit-on, l’orme à Manon a quitté le sol qui nourrissait ses racines depuis le XVIIIème (pourquoi pas depuis 1728, la première publication de l’inusable Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut ? il n’est pas interdit de rêver). C’était un retour à l’enfance dans les années heureuses, la baignade du père Chaudron un peu plus loin sur la rive, après la Municipale, et, à l’autre bout du quai, le pont des Dombes réservé au chemin de fer céréalier qu’on appelait le Transpanouillard. Le soleil, la Saône, la beauté, l’enfance… le bonheur ! J’y suis revenue samedi pour signer mes livres, j’y ai fait des rencontres chargées d’émotion, une ancienne étudiante de Saint-Etienne qui se rappelait mon cours sur « Maître et serviteur » - un beau thème de littérature comparée, avec Marivaux, Goldoni, Goldsmith Brecht… tout un programme – et des amis proches, très proches, lointains, tous fidèles…. Mais une dame (pourtant du genre lectrice) après avoir longuement feuilleté mes Contes de Noël, au point que j’ai soupçonné un instant son intention de les apprendre par cœur, me dit sèchement « Mais il n’ya pas de table des matières ! » et, devant mon effarement, repousse avec bruit de livre indigne. Cette dame ne doit certainement pas être chalonnaise, je tiens le pari avec qui le voudrait.

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lucette desvignes
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:48

         Je pensais tout naïvement, mes belins-belines, vous parler aujourd’hui d’ un bon vieux polar élégant et sans hémoglobine que j’avais déjà vu il y a longtemps. Pensez ! L’Affaire Thomas Crowne, avec Steve Mac Queene (vous savez bien : Au nom de la Loi, le chasseur de primes au stetson drôlement cabossé et au canon de fusil scié… malgré le thème, c’était un divertissement pour familles, c’était projeté le dimanche à l’heure du goûter, c’était inoffensif et ça ne faisait même pas beaucoup travailler les neurones, c’était le bon temps). C’était sans doute que je me rappelais trop bien le système de cambriolage de sa propre banque par le banquier, organisation impeccable, exécution par trois agents ne se connaissant pas et n’ayant rien de commun, ne connaissant pas le commanditaire et payés après coup par mensualités, afin d’éviter de s’exposer à la police par des dépenses soudain inexplicables, une fois la tête tournée par le succès de l’opération. La surprise en moins, je croyais trouver dans cette nouvelle vision au moins le plaisir de ce flirt raffiné entre le banquier et la somptueuse inspectrice de l’assurance qu’on a dépêchée pour la résolution de l’énigme. Et certes elle a un flair étonnant, puisqu’elle devine qui est le coupable dès le premier coup d’œil et entreprend de le séduire jusqu’à ce qu’il lui avoue être l’auteur de la manigance, car il n’y a pas le moindre atome d’indice  et elle espère fournir des aveux en guise de preuves. Eh bien, sans m’ennuyer vraiment, je n’ai pas été tenue en haleine par cette fausse idylle dont chacun sait que l’autre le guette et que sous couleur d’un combat d’amour c’est d’un combat de mort qu’il s’agit… Avec les décennies, les meilleurs scénarios prennent du plomb dans l’aile. Non, je ne vous en parlerai pas…

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lucette desvignes
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:06

         Décidément, je refuse de croire que Peckinpah jugeait désastreuse la violence de notre société et qu’il tâchait d’en montrer les effets destructeurs sur la mentalité. J’ai regardé hier The Wild Bunch (La Horde sauvage)que j’avais déjà vu il y a très longtemps : dès la première séquence, on se rappelle avoir déjà regardé cette scène monstrueuse où des enfants mexicains jouent avec un scorpion qu’ils ont livré aux fourmis. On ne sait s’il faut s’effarer davantage de cet affrontement de cauchemar ou du sourire satisfait, jouissif, des gamins et des deux gamines qui, pour corser le spectacle avant de le conclure, mettent un feu de brindilles sur la masse convulsée et entretiennent ce feu avec soin et gourmandise ; en tout cas, ce symbole qui sert d’illustration parallèle au récit me paraît clair – il ne durerait pas tant si le réalisateur le trouvait insupportable. C’est aussi une histoire où s’affrontent l’armée régulière mexicaine, les rebelles mexicains, une poignée de bandits sudistes démobilisés et une poignée de minables embauchés par les Chemins de Fer pour capturer les premiers qui pillent les trains : dans ces luttes croisées et impitoyables, la violence est permanente, explosive, sinistrement justifiée selon les groupes. Je me demande si ce n’est pas pour ce film que Peckinpah avoue avoir utilisé je ne sais plus combien de dizaines de milliers de cartouches. Il n’y a vraiment pas de quoi se  sentir glorieux : on peut certainement combattre la violence qui par malheur gangrène notre société sans se livrer à pareil déploiement de cruauté et d’hémoglobine.

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lucette desvignes
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 08:38

         Ne croyez pas, mes  belins-belines, que je découvre seulement aujourd’hui le problème de la violence à l’image, c’est-à-dire dans son insertion au niveau de conscience des enfants et adolescents qui en banalisent l’effet destructeur pour mieux en faire un élément institutionnalisé dans leur quotidien et leurs réactions. C’est seulement que j’en ai l’occasion – ne me dites pas que je n’ai pas eu des belles occasions de vous entretenir, savamment ou subtilement, d’autres choses qui vous ont fait réfléchir, mes délicieux gazouillis se fondant volontiers sur l’actualité des faits ou des modes. Mais précisément la violence, en plus de sa banalisation effarante, sert de thème à toute l’oeuvre d’un réalisateur (Peckinpah, entre autres) ou pose des problèmes pour lesquels le spectateur est bien embarrassé de trouver une solution. Je pense à cette History of Violence de David Cronenberg qui tâche d’aller si au fond des choses. C’est un peu comme dans L’Impasse,  où Al Pacino sorti de prison tient absolument à se tenir à l’écart des anciens contacts mais est ramené malgré lui, par le fait des autres, dans un cycle fatal où il perd la vie. Ici la reconstruction du malfrat a été totale : le père de famille qui enseigne à son fils le « tends l’autre joue » au risque de le désorienter a été horrible autrefois, et lorsque des hommes du passé le cernent enfin sous son nouveau nom et sa nouvelle personnalité, pour se défendre et sauver sa famille il doit retrouver sa mentalité de destructeur et supprimer par la violence tous les éléments de son passé. Le fils, de lui-même et pour sauver son père, participe à ce carnage. La sérénité familiale a volé en éclats, mais les individus physiques ont été épargnés, et si la mère ne voit que le mensonge et la violence dans la vie du père, les enfants constatent qu’il a fallu mettre la défense de leur existence au premier plan : c’est par cette admission de la conduite de leur père qu’ils vont maintenir en place les structures de la famille. Conclusion ambiguë que le spectateur ne peut que partager.

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lucette desvignes
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 08:47

         Je n’ose pas en croire mes oreilles ! L’animateur qui, toutes les dix minutes, rappelle docilement à ce public clairsemé du dimanche que je signe mes livres les plus récents, vient de faire une annonce si grosse que je doute de la fidélité de mon audition. Qu’il vante l’autorisation exceptionnelle de payer par chèque, lequel ne sera débité qu’en février, ou qu’il annonce des réductions fantastiques (des -25 %, des -40 %) sur je ne sais pas quoi, il me paraît tout à fait dans son rôle de bonimenteur attirant la clientèle par ses offres et formules irrésistibles. Là où je m’étonne de voir de la grosse charcuterie paysanne assimilée à de la littérature, c’est lorsque je l’entends (mais dois-je en croire mes oreilles ? Voir plus haut : je crains de combiner mes phobies avec mon  ouïr plus  que déficient) faire de la réclame pour Marc Lévy sous une forme ahurissante. J’ai cru entendre « Si vous prenez deux Marc Lévy vous avez droit à un troisième qu’on vous met sur le lot ». Et j’hésite alors entre deux conduites à tenir : soit  je souhaite de tout mon cœur que ça ne marche pas, c’est un procédé parfait pour du saucisson ou du boudin mais indigne pour des livres, soit je souhaite que ça marche pour que la formule fasse comprendre à l’auteur que ce qu’il fait n’est pas de la littérature même si ça se vend (mais peuchère ! il y a longtemps qu’il sait qu’il n’écrit pas de la littérature, Marc Lévy, il est parfaitement au courant et il a bien raison de se pas s’arrêter en si bon chemin – celui que lui ouvre la médiocrité de son lectorat – du moment que ça lui profite si bien. Trois Marc Lévy pour le prix de deux, c’est la formule que je pratique pour les brioches pur beurre, ça me convient parfaitement. Mais je vous avoue que je ne me procurerai jamais des bouquins signés Marc Lévy, même si c’est un des chouchous de « Lire », même si on m’en donne trois pour le prix de deux.

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lucette desvignes
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 08:51

Je vous dois peut-être de préciser et analyser cette virulence contre le minimalisme. Je n’ai rien contre le déroulement lent d’un texte ou d’un film, si la phrase ou l’image sont pleines de sens, ou de beauté, ou de puissance (je pense en particulier à ces chefs d’œuvre du cinéma soviétique, où les gros plans des visages nous laissent tout le temps de deviner les mobiles, les sentiments, les émotions des personnages avant même que la gestuelle se mette en marche), mais je récuse l’usage du ralentissement systématique qui, limité à une simple réduction de tempo, n’est guère chargé d’exprimer quoi que ce soit (sauf bien sûr s’il s’agit de l’inénarrable lenteur des garagistes du merveilleux Trafic de Jacques Tati qui viennent de voir à la télé les premiers pas des astronautes sur la lune). Tout ce qui n’est pas reproduction banale d’une réalité banale, n’amenant à rien et ne suscitant pas le moindre désir d’en tirer commentaire, est acceptable par cette invitation même à s’intéresser à la chose –l’image, le geste, le tempo, le décor, l’éclairage, :le mouvement, le dialogue ( qui peut si misérablement se réduire à : « Je vous gêne ? – Mais non, pas du tout. J’ai bientôt fini. - Prenez votre temps ») pourvu que les choses soient dites, faites, évoquées en dehors de la platitude de nos gestes quotidiens, si mécaniques, si dénués de pensée donc d’intelligence. Me paraît grièvement coupable le désir d’un écrivain de rester à ce niveau pâquerettes qui ne justifie en rien qu’il se soit mis à écrire, et, malheur ! à publier… Mais, mes belins-belines, il y a assez de gens avides de ne pas se fatiguer les neurones s’ils se décident à lire pour que le livre en question devienne un succès !

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lucette desvignes
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:42

          Je ne pensais pas, l’autre jour, que j’aurais de sitôt l’occasion de vous reparler du minimalisme. C’est aussi que je n’aurais jamais imaginé qu’on pût, d’un livre écrit sous le signe du minimalisme, Une femme de ménage, avoir l’idée de tirer un film. Je me précipitai donc sur la chose, sûre de ne pas être déçue puisque je n’en attendais rien, mais tout de même pas certaine que ce serait une pareille nullité. Et qu’est-ce que Jean-Pierre Bacri est bien allé faire sur ce terrain de sables mouvants, une fois le pied posé impossible d’échapper à l’engloutissement qui guette ? A force d’imposer son air amer, bougon, mal aimé de la vie, on lui a confectionné un rôle-type réducteur qui se reproduit de plus en plus automatiquement d’un film à l’autre. Lâché par sa femme, il a besoin d’une femme de ménage – facile, enjouée, s’imposant peu à peu, jusqu’au moment où, sur la plage où il l’a emmenée en vacances, il comprend qu’elle l’utilise et préfère un amant plus jeune. Admirez l’originalité de l’intrigue ! Et que dire de son traitement « littéraire », puisque scrupuleusement calqué sur le roman de Christian Oster), soit une succession de démarches banales : je prends ma veste, j’ouvre ma porte, je sors dans la rue, je vais au bistrot, je commande, j’attends, je repère la fille, on se met d’accord, elle s’en va, je m’en vais aussi, elle fait mon ménage au balai pour pouvoir écouter son ignoble musique, je mets des boules Quiès pour ne pas l’entendre, on déjeune ensemble, puis elle demande de rester (pour un ou deux jours, dit-elle, car elle a rompu avec son petit ami et elle ne sait où dormir…)? Vous voyez le palpitant du récit. Je ne veux pas dire que j’aime les fioritures inutiles dans le déroulement d’une histoire, mais que ça se déroule, bon sang de bois ! Que ça se déroule !

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lucette desvignes
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:29

          Je ne pensais pas, l’autre jour, que j’aurais de sitôt l’occasion de vous reparler du minimalisme. C’est aussi que je n’aurais jamais imaginé qu’on pût, d’un livre écrit sous le signe du minimalisme, Une femme de ménage, avoir l’idée de tirer un film. Je me précipitai donc sur la chose, sûre de ne pas être déçue puisque je n’en attendais rien, mais tout de même pas certaine que ce serait une pareille nullité. Et qu’est-ce que Jean-Pierre Bacri est bien allé faire sur ce terrain de sables mouvants, une fois le pied posé impossible d’échapper à l’engloutissement qui guette ? A force d’imposer son air amer, bougon, mal aimé de la vie, on lui a confectionné un rôle-type réducteur qui se reproduit de plus en plus automatiquement d’un film à l’autre. Lâché par sa femme, il a besoin d’une femme de ménage – facile, enjouée, s’imposant peu à peu, jusqu’au moment où, sur la plage où il l’a emmenée en vacances, il comprend qu’elle l’utilise et préfère un amant plus jeune. Admirez l’originalité de l’intrigue ! Et que dire de son traitement « littéraire », puisque scrupuleusement calqué sur le roman de Christian Oster), soit une succession de démarches banales : je prends ma veste, j’ouvre ma porte, je sors dans la rue, je vais au bistrot, je commande, j’attends, je repère la fille, on se met d’accord, elle s’en va, je m’en vais aussi, elle fait mon ménage au balai pour pouvoir écouter son ignoble musique, je mets des boules Quiès pour ne pas l’entendre, on déjeune ensemble, puis elle demande de rester (pour un ou deux jours, dit-elle, car elle a rompu avec son petit ami et elle ne sait où dormir…)? Vous voyez le palpitant du récit. Je ne veux pas dire que j’aime les fioritures inutiles dans le déroulement d’une histoire, mais que ça se déroule, bon sang de bois ! Que ça se déroule !

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:29

          Je ne pensais pas, l’autre jour, que j’aurais de sitôt l’occasion de vous reparler du minimalisme. C’est aussi que je n’aurais jamais imaginé qu’on pût, d’un livre écrit sous le signe du minimalisme, Une femme de ménage, avoir l’idée de tirer un film. Je me précipitai donc sur la chose, sûre de ne pas être déçue puisque je n’en attendais rien, mais tout de même pas certaine que ce serait une pareille nullité. Et qu’est-ce que Jean-Pierre Bacri est bien allé faire sur ce terrain de sables mouvants, une fois le pied posé impossible d’échapper à l’engloutissement qui guette ? A force d’imposer son air amer, bougon, mal aimé de la vie, on lui a confectionné un rôle-type réducteur qui se reproduit de plus en plus automatiquement d’un film à l’autre. Lâché par sa femme, il a besoin d’une femme de ménage – facile, enjouée, s’imposant peu à peu, jusqu’au moment où, sur la plage où il l’a emmenée en vacances, il comprend qu’elle l’utilise et préfère un amant plus jeune. Admirez l’originalité de l’intrigue ! Et que dire de son traitement « littéraire », puisque scrupuleusement calqué sur le roman de Christian Oster), soit une succession de démarches banales : je prends ma veste, j’ouvre ma porte, je sors dans la rue, je vais au bistrot, je commande, j’attends, je repère la fille, on se met d’accord, elle s’en va, je m’en vais aussi, elle fait mon ménage au balai pour pouvoir écouter son ignoble musique, je mets des boules Quiès pour ne pas l’entendre, on déjeune ensemble, puis elle demande de rester (pour un ou deux jours, dit-elle, car elle a rompu avec son petit ami et elle ne sait où dormir…)? Vous voyez le palpitant du récit. Je ne veux pas dire que j’aime les fioritures inutiles dans le déroulement d’une histoire, mais que ça se déroule, bon sang de bois ! Que ça se déroule !

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