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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 10:49

         Il y a quelques semaines – oui, à peine – je vous disais combien était insupportable d’avoir pris quelqu’un pour un autre au moment de répandre remerciements et louanges. Si Jeanne dans Le Grain du Chanvre regrettait de ne pas avoir gardé le nom des peintres auxquels elle était redevable de son plaisir de contemplation de leurs oeuvres découpées dans un magazine, je m’accusais du même élan d’avoir annoncé David Grossman comme animateur du mouvement Zochrot, alors que cette initiative était redevable à Eitan Bronstein, infatigable apôtre de la  paix au Moyen-Orient. Quand il s’agit non pas de louanges mais bel et bien de critiques acerbes et virulentes, l’erreur sur la personne, autrement dit l’erreur de focus, risque d’avoir des conséquences beaucoup plus dramatiques. Je viens d’en faire l’expérience, non comme victime mais comme responsable de l’erreur : j’ai déversé ma colère et mon amertume sur une chargée de diffusion alors que je la croyais chargée de communication, donc responsable des textes qui me lésaient. La rectification devrait remettre les pendules à l’heure en situant correctement chacun en face de ses insuffisances ou au contraire de son innocence. Oui, elle devrait… mais il est probable que la partie incriminée à tort gardera un bon bout de temps la meurtrissure d’avoir reçu des coups de bâton mérités par sa voisine.

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lucette desvignes
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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 13:06

         Quand on voit combien lents et malhabiles à se partager le gâteau sont les Européens que nous avons choisis selon les règles d’un système faillible et peu satisfaisant pour tout décider à notre place, on peut s’inquiéter du temps que va prendre le calcul d’une répartition humaine inédite. Tant qu’il s’agissait de protéger les ressources des nantis et d’empêcher les démunis d’émerger à un niveau de compétition dommageable pour le statu quo (par exemple en exigeant un droit d’entrée dans le saint des saints exorbitant pour les plus naïfs, lequel droit d’entrée ne put s’acquérir qu’au prix de sacrifices exténuants pour les populations du sud, toujours considérées de haut), l’accord pouvait se faire – boiteux, bien sûr, mas les connivences s’y retrouvaient. Désormais, et tout au moins comme premier point à l’ordre du jour pour quelque temps, il va falloir se répartir des quotas, non plus céréaliers ou bovins ou industriels, mais bel et bien fondés sur les capacités humaines. Chaque migrant devra se présenter au conseil de révision – que sais-tu faire, qu’on puisse te caser ? (et je cite ici Camembert :

Vous êtes boulanger ? eh bien allez donc repeindre les volets de ma cuisine »- cette décision du colonel étant par mes soins rendue dans son essence et non texto). Il faudra considérer les aptitudes, mais aussi l’importance de la famille à cause des allocations à venir, et pourquoi pas aussi des religions (et alors là va-t-on regrouper ou au contraire faire une savante dispersion des éventuels troubles à venir ?). Va-t-on considérer l’état d’avancement individuel d’européanisation, au niveau des langages par exemple, ou la constitution physique pour les lourds travaux de manutention ? Certes Merkel a fait entendre le besoin de son pays de main-d’œuvre variée, mais va-t-elle du coup profiter du droit du premier regard, du premier choix, laissant les autres pays se débrouiller avec ses beaux restes ? Et qui fera le calcul des proportions d’accueil, selon le degré de richesse (qui l’évaluera ?) ou l’importance de la population (élément trompeur pour déterminer les possibilités d’accueil) ? Je prévois bien des palabres et des ergoteries avant la réalisation du projet – et que deviendront les migrants pendant ce temps-là ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 v

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lucette desvignes
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 14:28

         Est-ce parce qu’ils étaient si loin de nous – encore plus loin que le Moyen Orient ou les zones effervescentes de l’Afrique – qu’au temps des boat people, même si nous nous sentions bouleversés de leur situation et tâchions de les secourir dans la mesure de nos possibilités, nous n’avions pas l’impression qu’ils allaient déferler jusqu’à nous, comme de grands tsunami inendiguables ? A présent, c’est fait : et il  faut croire que leur nombre est imposant, voire pour certains menaçant, à ces migrants de toute espèce et de toute confession qui envahissent l’Europe, puisque les grosses têtes européennes ont commencé à prendre peur. Oui, il faut la peur pour mettre en branle en direction d’une action efficace ces planqués qui s’engraissent à mal gérer les misères du monde et à susciter encore plus d’inégalités qu’il ne serait naturel d’en avoir. Ces   dirigeants impassibles qui laissaient les calamités des autres les réduire en foules affamées jetées sur les routes, en réfugiés hagards s’abritant du soleil sous un journal, en familles décimées buvant l’eau croupie des flaques polluées, ont commencé à s’émouvoir, non de compassion (leur cœur ne se serre que lorsque l’euro chancelle) mais bien d’inquiétude et même d’affolement. On trace des cartes maintenant ; on a longtemps limité l’information au pittoresque de ces bateaux délabrés et surchargés qui s’écrasaient à proximité des côtes italiennes, tant qu’on pouvait compter les morts  il y avait quelque chose d’héroïque, de romanesque, d’à peine croyable dans ces renseignements atterrants. On peut à présent tracer les cheminements des pénétrations « en Schengen », la Grèce, la Serbie, la Macédoine, le Liban fonctionnent comme des portes moins bien gardées, les nombres, les chiffres dépassent  les quotas les plus enphoriques, les anecdotes et incidents ont pris une nouvelle ampleur, un nouveau retentissement auprès du public. Ainsi ces groupes de migrants asphyxiés dans ce camion, en grappes – comment peut-on être asphyxié dans un camion s’il n’y a pas aménagement criminel ?. Mais qui pourra proposer des solutions à ce mouvement de population qu’il n’est pas question de réprimer ou de repousser, sauf si on a sur le sujet des convictions tragiquement dures ?  A quel moment eût-il fallu prendre des mesures, et quelles mesures ? Et que va donner à présent cette répartition des mendiants entre les paroisses ? Et pendant ce temps-là les USA installent des blindés lourds en Pologne… Tout va bien sur l’ensemble du front.

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lucette desvignes
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 08:55

         Vous allez me dire que, après avoir évoqué les malheureux poulets de la rentrée littéraire tous  regroupés en foule dans l’espoir d’une fort aléatoire pitance (ce qui ne se traduira même pas, le plus souvent, par la moindre reconnaissance, faute d’émergence individuelle au-dessus de toutes ces plumes collées les unes contre les autres en un océan de couleur rousse), je passe aux poux à chercher par la paille piétinée par le passage de ces volatiles. Et vous vous demanderez avec un étonnement frôlant l’exaspération si le jeu en vaut la chandelle. Eh bien figurez-vous que je suis taraudée par l’obsession d’une faute de style que j’ai laissé passer récemment – mais quand ? Une de ces petites  négligences que je n’aurais certes pas manqué d’épingler chez les autres avec vigueur, autrement dit, si je me rappelle bien le cas, un nom collectif (foule, public, lectorat) suivi d’une parenthèse qui naturellement – mais c’est fait pour ça et c’est jouissif ! - rompt le déroulement normal de la phrase, à condition de le rattraper ensuite sans erreur grammaticale. Or j’ai utilisé un pluriel, je me le rappelle fort bien – comme si « le public » avait fait accord avec son pluriel, « leurs goûts », ou encore « leurs lectures ». Cela me fait toujours grincer des dents quand je le rencontre, et voilà que je ne le retrouve plus ! J’ai passé au peigne fin les quelque sept ou huit blogs les plus récents, rien retrouvé ! Pas même le schème de Burloud au bout de la langue (comme on m’apprenait en philo, mais ça doit bien être dépassé). Je termine donc contrite et désolée. Si vous avez noté cette défaillance mienne il y a quelques jours, signalez-la moi ; je vous offrirai un berlingot (je ne risque rien avec cette offre téméraire : Pivot n’a jamais été poursuivi pour les livres qu’il brandissait en prétendant qu’il les rembourserait si on ne les avait pas aimés comme il le disait, et ses berlingots à lui devraient bien, en quelques années, avoir atteint le niveau de ses mollets si on les entassait autour de lui). Alors pourquoi pas l’impunité pour moi aussi ?

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lucette desvignes
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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 09:46

         N’y aura-t-il donc jamais un potentat, un gouvernant, un milliardaire, un décideur, un tribun pour dire : « C’est assez ! Maintenant on arrête. Et on arrête vraiment ! ». Je suis horrifiée – mais horrifiée en profondeur – par le magazine que j’ai feuilleté chez la coiffeuse. Non pour ce qu’il m’apprend, car hélas je suis depuis longtemps au courant de ce qui se passe   en Afrique au rayon des éléphants et des rhinocéros, mais à cause des photos hallucinantes. Des montagnes de défenses qu’on brûle   après les avoir confisquées (mais les braconniers ne vont-ils pas d’autant plus férocement refaire leurs réserves ?), des rhinocéros  sanglants   auxquels on vient de scier la corne pour en  faire du viagra artisanal et de la poudre de perlimpinpin. Les chiffres des razzias font mal, d’autant que dans les deux dernières années ils ont grimpé de manière terrifiante. Il faudrait mettre hors d’état de nuire non seulement les braconniers que la civilisation des riches a pervertis, mais encore et surtout (mais comment réaliser ce beau dessein ?) les hyper fortunés qui se livrent par jeu à des hécatombes ou ceux qui commanditent des ravages de bêtes sauvages pour approvisionner des zoos (où on les maltraite et les laisse mourir de faim) ou tout simplement pour le commerce – car y a-t-il rien de plus tentant qu’un petit tigre ou un léopard, voire un    boa constrictor,  comme compagnon de jeu ou de lit ?)  Le cœur vous manque lorsque vous imaginez l’ampleur de ce trafic, trophées, vandalisme,  captures des mères en abandonnant leur progéniture ou capture des bébés fauves en tuant la mère d’abord….Et pourtant la conscience mondiale s’éveille, les indifférents s’étonnent, les naïfs se renseignent. Arriveront-ils, arriverons-nous à faire entendre l’ignominie de ces trafics à ceux qui pourront faire quelque chose ? Quand je pense que des colibris ou des ortolans voyagent enfermés dans des bouteilles garnissant la ceinture d’un paisible touriste, on croit  rêver (il est vrai que Mitterand se gavait d’ortolans, chose très officiellement interdite, alors…).

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lucette desvignes
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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 15:05

         Leur vicinité de programmation m’amène malgré moi (mais vous savez bien que cela est loin de m’ennuyer) à parler de leur vis comica (tiens ! il y avait longtemps qu’on l’avait remisée, celle-là) : Un Poisson nommé Wanda,     champion britannique du nonsense puisque avec la bande déjantée de John Clese et de Michael Palin (qui bégaye en anglais d’une manière époustouflante) et côté français le film franchouillard-type réussi, Lautner-Blier aux commandes, Jean Yanne-Mireille Darc-Michel Constantin dans Laisse aller, c’est une valse. Intrigue policière dans les deux cas, frôlant l’absurde gaillardement,  dont on ne suit que le rythme échevelé sans trop se soucier des déroulements logiques. Mais justement le risque d’explosion du comique est pareillement pratiqué, par exemple quand la voiture qui a perdu ses pneus fonce sur les chapeaux de roues dans une belle envolée (et ça n’est pas british, ça, c’est french) ou quand on mange les poissons de l’aquarium en espérant trouver la minuscule clé du coffre. Ce dépassement de la réalité, cette manière de battre en brèche la logique, peut avoir un effet prodigieux, ainsi les amants retrouvés dont les étreintes sous les draps se  roulent et se déroulent en tonneaux dans une lévitation de droite et de gauche irrésistible (ce qui ne gâte rien, c’est que pendant ce temps, toujours rabat-joie mais toujours serviable, Constantin creuse dans la cour la fosse où Mireille Darc devrait être jetée après avoir été tuée par Jean Yanne  selon le plan A, auquel l’intermède du lit a mis fin). Le dadaïsme des déplacements, à l’occasion, correspond à l’absurde des évolutions britanniques. Mais une perle, pour finir : Yanne et Constantin, en dévalisant une station-service, sont blessés et, tout en tirant toujours sur leurs adversaires (une invraisemblable troupe de chasseurs, militaires, garde-chasse et miliciens avinés), tentent de prendre d’assaut une voiture dont le conducteur plein de réflexe s’enfuit à peine arrêté-     d’où cette remarque désabusée de Jean Yanne : « Tu vois, ça, c’est la France, tu  peux crever au bord d’une route, personne te viendra en aide ». De bons dialogues, ça aide aussi.

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lucette desvignes
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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:45

         Imaginez une foule de poulets, tous pareils dans leur quête de nourriture, regroupés en masse devant la fermière qui va leur octroyer… une poignée de grains à la volée avant de se retirer avec dignité. Telle peut être la représentation de la rentrée littéraire, basse-cour dont  le public redécouvre chaque année qu’elle fait partie des circenses gratuits qui vont durer trois mois et qui lui permettront d’oublier le reste du temps que la littérature existe, aussi nécessaire que l’eau et le pain mais dont il sait parfaitement se passer. Quant aux poulets, tous serrés les uns contre les autres, bien futé serait le regard qui pourrait les distinguer, voire distinguer d’avance les quelques rares volatiles qui vont réussir à attraper un grain de blé ou de maïs. Mais il y en a qui peuvent, voyez-vous !On s’agite, dans les magazines, on s’enfièvre ! Bon, c’est leur rôle d’aider les lecteurs à dégager de la masse des volailles celles pour lesquelles ils pourront  avoir un faible, :on vante ou on démolit l’une puis l’autre puis une troisième à tour de rôle, il est bon que le public soit informé des qualités et des défauts des produits montés en épingle avant de se décider pour acheter le Goncourt ou le Fémina qu’il offrira   à la belle-mère ou à la cousine pour Noël. Bon, d’accord. Mais comment interpréter une campagne assez partisane pour écarter tous les autres, fournissant à l’élue de cœur la couverture plus un chapitre entier avec photos  et extraits complétant une analyse enthousiaste ? On dirait que le Goncourt                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            court est déjà attribué et qu’il y a une indiscrétion de publication anticipée sur la gravité de laquelle on ferme les yeux. Qu’importe ! Ce parti pris qui ne ressemble en rien à de l’analyse littéraire (car il insiste surtout sur les à-côtés, par exemple les sujets traités par l’auteur, pour tracer sa personnalité, inceste, grossesse etc. probablement y compris les fausses-couches, on aime ça dans la litrérature de gare) cela sonne quand même bizarrement, comme si au lieu de mots et de lettres le magazine se servait de tambour et de trompette pour tirer à soi toute l’attention disponible. Et comment par la suite (nous en sommes à la première semaine de la rentrée littéraire) effacer des esprits ces marques épaisses et sans finesse assénées comme à coups de cymbales ? On se demande malgré soi si les magouilles sérieuses et grassement payées ne sont pas en train de se mettre en place.

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lucette desvignes
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:22

         Sur ma lancée, j’aurais pu vous tenir longtemps encore hier, mais j’ai appris une chose étonnante concernant Israël. Je vais donc vous parler de cet article (une fois n’est pas coutume, n’est-ce pas ?) parce que précisément, dû à la plume d’un très célèbre journaliste israëlien, il rend un son inattendu – et, de plus, il insiste, une manière efficace de persister et signer. C’était pourtant un Américain élevé dans la pure tradition sioniste, pure et dure, oui – et qui, tout naturellement, après avoir milité dans plusieurs associations juives de droite, avait regagné Israël pour s’y enraciner. Là encore, soutien du régime comme un pilier de rugby : pour tout ce que les divers gouvernements israëliens décidaient, surtout celui de Notre ami Benyamin, les justifications se multipliaient. Excuses, compréhension de la difficulté de gouverner, besoin de se défendre…l’ami Benyamin avait toujours raison, même quand les protestations indignées de l’ensemble des nations et l’évidence des mensonges du gouvernement commençaient à le gêner aux entournures. Puis un détail a frappé ce brave homme : les colons qui jettent des pierres sur l’armée et la police, au lieu d’être punis, sont récompensés par l’autorisation de construire 300 nouveaux logements (devinez où ils vont les bâtir ?) ; quand ce sont des gamins palestiniens qui jettent des pierres sur les soldats ou les flics, ils sont battus et emprisonnés pour de longs mois sans jugement (on les châtie ainsi dès qu’ils ont 13 ans) . Y aurait-il donc en Israël deux poids deux mesures ? Le brave homme continue à mettre 4 au bout de 4. Halte-là ! Mais oui, c’est de l’apartheid, oh horreur, est-ce possible ? Mais oui, c’est possible. Et pourtant  Netanyiaou jure que non, que cette étiquette infamante n’est pas pour Israël. Mais le brave homme, de plus en plus consterné, se rend compte de la vérité, qu’il avait jusqu’alors écartée de sa vision par amour des justifications pour les exactions israëliennes commises partout (Plomb durci,  Gaza 2014, Cisjordanie où les colons se comportent souvent comme des sauvages). Il crie clair et net, avec désolation mais force : « Oui, hélas, nous sommes devenus une nation où l’apartheid fonctionne parfaitement, je veux m’en dissocier, je ne veux plus être complice » (j’exprime ça avec mes mots à moi, mais c’est bien cela que j’ai lu dans cet article qui doit faire en Israël le même effet que dans le monde l’histoire DSK un jour maudit  dans un hôtel de New York….

 j

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lucette desvignes
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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 10:15

         Oui , je vous ai manqué hier, mes belins-belines (non comme « manqués » dans la foule à la sortie de la gare, mais bien en complément d’attribution, Oh comme vous m’avez manqué ! – donc, pas l’accord : vous voyez que je ne manque aucune occasion de tester vos capacités en orthographe ; car combien d’entre vous, mes agneaux, se sont dit en lisant mes premiers mots : « Oh elle a fait une faute !  » ?). Que voulez-vous, quand la famille est là… Je ne veux pas dire que vous disparaissiez totalement de mes pensées : en effet vous devenez même un sujet de conversation, on me presse de toute part de cesser cette tâche   qui ne rime pas à grand-chose, qui ne touche personne ou presque, qui mange mes forces créatives au dépens d’autres activités plus – j’allais dire « rentables », mais la rentabilité n’a jamais été pour moi, en quoi que ce soit, un élément déterminant (je me rappelle par exemple qu’en 69, donc dans le sillage meurtri de l’effervescence soixante-huitarde, l’administration dans un grand désir de se montrer à l’écoute des revendications étudiantes avait (brièvement) institué une sorte de calcul de rentabilité intellectuelle pour chaque enseignement : les collègues qui laissaient tout passer, l’ivraie comme le bon grain, plafonnaient avec des 96% de résultats en Licence, tandis que ceux qui comme moi utilisaient quand même la formule des examens terminaux pour rendre justice, ou non,  aux performances individuelles, s’en tiraient honteusement avec des 56% de succès… Dommage que l’administration, toujours elle, se fondât sur ces chiffres pour estimer la capacité des enseignants).

Donc aucune activité pour moi ne peut être plus « rentable » que le  bref contact avec les fidèles qui correspondent avec moi, donc derechef  le blog quotidien ne m’apparaît pas comme une besogne à remplacer par une autre pour davantage de profit…

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lucette desvignes
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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 09:14

         Je sais bien que le fait d’être sollicitée par plusieurs chaînes ouvertes aux pétitions de tout genre me fait entrer, du moins de façon théorique, en contact avec les situations critiques des uns et des autres, souvent alors qu’une intervention d’urgence, de police ou au contraire de justice, s’impose. En particulier aux Etats-Unis les pétitions de toute sorte pleuvent, et il faut réfléchir avant de s’associer à une protestation qu’on souhaiterait efficace. Il y a de tout, en effet, de la pétition pour avoir le droit de promener son cochon familier dans les rues d’une ville qui veut refouler les porcs dans les zones d’élevage aux réclamations virulentes  contre les vendeurs de voitures d’occasion aux prix les plus bas parce que les tires achetées ne présentent pas un maximum de garanties de solidité et de bon fonctionnement.  Il y a aussi les mères qui demandent la libération de leur progéniture arrêtée pour trafic de drogue alors que leurs enfants leur ont juré qu’ils ne touchaient pas à ces infâmes produits – cynisme et naïveté sont souvent présents dans cette présentation de   drames sociaux ou familiaux. Ce matin j’ai relevé la dénonciation par une mère de la police qui a    tué son fils lequel s’amusait au parc avec un revolver-jouet, comme son petit camarade qui avait déjà été abattu par la police dans les mêmes conditions quelque temps auparavant. Pas question pour moi de défendre par principe la police américaine,  dont je ne connais que trop les vices, les faiblesses ou les erreurs. Pourtant, si deux gamins ont été descendus pour s’être amusés avec de faux revolvers, ceux-ci doivent être bien imités et sans doute aussi les gestes des gamins les brandissant doivent-ils avoir fait illusion aux forces de l’ordre. Je sais bien qu’aux USA on tire souvent d’abord et on questionne après, mais tout de même. Simple question : dans quel état cela se passait-il et les gamins étaient-ils blancs ?

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