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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 10:14

         J’aurais sans doute mieux fait de m’abstenir devant cette programmation des Sept Samouraïs. J’avais conservé du film, vu deux fois il y a très longtemps, le souvenir d’un diamant brut, d’une pépite noire comme seul Kurosawa savait les faire resplendir dans le tragique et l’obscurité. J’ai peut-être eu tort, ou bien le tort était à mettre sur le compte des sélectionneurs de la version longue. Non qu’on s’ennuyât le moins du monde, certes. Mais le détail, voire la minutie avec lesquels étaient traitées les trois parties bien égales de ces plus de trois heures d’horloge diluaient la tension dramatique, même si la menace des brigands qui viendraient piller le riz une fois récolté colore toute l’œuvre. Recrutement de samouraïs assez affamés pour accepter de défendre les paysans d’un village, puis aménagement du village en vue de sa défense contre les attaquants à venir, enfin engagement final entre archers, piqueurs locaux, sabreurs d’élite et assaillants à cheval lancés au grand galop et armés de trois escopettes. Ravages de part et d’autre – et certes cela s’accomplit sous la pluie, dans la boue, sans que le plan élaboré par le chef samouraï doive être dévié de sa droite ligne. A la fin les brigands sont exécutés jusqu’au dernier, les villageois peuvent se réjouir, les guerriers survivants comptent leurs morts avec amertume. Tout cela très beau, c’est vrai, et dans un noir et blanc superbe. Et puis les gros plans de visages, villageois ou guerriers, rappellent (mais à mon avis presque seulement) les gros plans du cinéma soviétique dont certains sont inoubliables. C’est plutôt cet entrelacement des préparatifs de violence et des intermèdes comiques (la fille-garçon aux cheveux coupés séduite par le plus jeune des samouraïs, les pitreries d’un samouraï reprenant en japonais la gestuelle et les facéties du Capitaine Cocodrillo  de la comédie italienne de la même époque) qui gâche un peu le souvenir de pur tragique que j’en avais conservé. Ou peut-être avais-je déjà donné une lecture personnelle du film, gauchissant ainsi l’impression conservée… Au finale, je pense que si je revoyais le tout une nouvelle fois, je ne verrais plus que la magistrale mise en scène et crierais au miracle…

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lucette desvignes
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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 10:02

         Il est bien connu qu’entre thésards (je parle du moins de l’époque où il fallait envisager un minimum de dix ou douze ans pour achever un gros pavé de thèse, sans compter la thèse secondaire alors également indispensable) on constatait sans emballement les conditions de la recherche : des années où sacrifier tout loisir, tout repos, toute libération d’esprit (avec les problèmes de famille que lesdites conditions entraînaient, parfois dramatiques), un épuisement cérébral qu’il fallait réguler puisque, parallèlement à la thèse, la recherche pour les programmes annuels de cours s’imposait aussi avec tyrannie, enfin, après les affres de la soutenance et de l’impression la facture à payer, car  il fallait un sacré piston pour être défrayé convenablement. Remarquez que cela ne détournait personne de cette ingrate voie qu’on avait si mal choisie… Mais je n’invoque ce passé que par référence à ce qui se passe sous mon nez, puisque le volumineux garage construit indûment sur ma limite frontalière et déclaré condamnable par le Tribunal de Grande Instance en novembre 2014 devait être démoli dans le délai d’un an.  L’appel de l’adversaire, naturellement, suspend toute exécution du jugement. Mais avec des ci et des ça et des donc et des mais, à la suite d’un retard de l’adversaire à rendre ses conclusions (ce pourquoi il devait être blâmé) le voilà blanchi et en quelque sorte chouchouté, puisqu’on repousse soudain la plaidoirie à dix-huit mois. Des mois et des mois d’encombrement cérébral à cause de cette justice dont on ne sait pas finalement si elle sera rendue…Ce ne sont pas exactement les conditions de la recherche de thèse, mais on se creuse à argumenter discuter répondre, dans une attente souvent découragée et pleine de souci, … et on paye !

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lucette desvignes
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 09:37

         Avec obligeance et sans qu’on lui demande rien (et obligeant, en outre, dès la mise en fonction de mon ordi : il m’inonde de ses préceptes dès que le courant est rétabli) le brave petit chien qui sans relâche remplace mon trombone m’informe ce matin – car ce matin son langage est parfaitement compréhensible – qu’en topographie « espace » est féminin. On peut se demander pourquoi, de structure apparentée (même voyelle pour débuter, voyelle également pour terminer le mot) « astérisque » brandit avec ostentation son appartenance au genre masculin. Mais au passage je note que l’espace féminisé acquiert une sorte de grâce, comme lorsqu’on dit « une arpège », alors que certaines inversions de genres (je n’ose pas dire de sexe puisqu’il s’agit de choses) s’alourdissent au contraire : ainsi en va-t-il du gros horloge, qu’on trouve à Rennes (ou à Rouen ? ici je flotte honteusement) et qu’on ne peut me semble-t-il prononcer qu’avec de gros sabots. En Saône-et-Loire, on disait encore il n’y a pas si longtemps « un vipère » et « une serpent » (prononcé « sarpent » c’est encore mieux),  sans pour autant qu’on en soit autorisé à discuter sur le sexe des anges. C’est au niveau gouvernemental que la question paraît se poser avec importance : attention à habiller les garçons en fille, à donner aux filles des jouets de garçons et vice versa, car cela pourrait gravement mettre en danger les relations naturelles à venir. C’est, au moins, fort réconfortant de savoir que nos têtes pensantes se préoccupent de ces questions vitales, au point de les traduire dans les programmes et les publications ad hoc : quand on est bien gouverné, ça se voit tout de suite.

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lucette desvignes
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 19:34

         Je ne pratique aucun sport et suis même incapable de suivre, pendant trois minutes de regard jeté sur un match de tennis, comment on compte les points. Inutile de vous dire que le ping-pong a pour moi à peu près le même attrait, c’est-à-dire nul. Eh bien, mes belins- belines, mon ordinateur me  nargue (on ne cesse de me dire que c’est une machine, qu’elle ne fait que ce qu’on lui commande de faire et qu’elle n’a aucune mauvaise volonté à mon égard, mais cela ne m’empêchera pas de croire qu’elle me nargue, qu’elle me tend des pièges, qu’elle multiplie les embûches pour m’y voir tomber, bref le ping-pong est un de ses trucs favoris pour me faire perdre mon temps, me bloquer et ravager mes nerfs fragiles). Je viens de profiter de la présence de mon ami anglais (de près de soixante ans d’amitié) pour retourner les épreuves du recueil de nouvelles à paraître début septembre (pour la rentrée littéraire, càd l’océan où se noient toutes les publications non maintenues à flot par leur nom ou la poigne de leur éditeur). Tout est prêt, j’ai cravaché pour ne pas être en retard – mais voilà que mon outil se mêle de me faire jouer au ping-pong. Il a beau prolonger ses efforts, je ne cèderai pas. La seule solution c’est de couper le courant : si j’éteins mon engin, il ne pourra pas continuer à jouer au ping-pong tout seul. Ah ! mais…

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lucette desvignes
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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 13:50

            Les utopies, qui drainent depuis des siècles la méditation des penseurs sur une organisation idéale de la société – plus juste, plus solidaire, plus protégée, plus égalitaire, donc sans les occasions de friction ou de jalousie qui gangrènent les sociétés toutes autant qu’elles sont et causent leur chagrinante condition – paraissaient cantonnées dans le domaine de la réflexion théorique, donc à étudier sous l’aspect historique. Or il semble que le Liberland (terre de la Liberté comme dans le film Libertyland) ait envie de passer à la pratique : 7 km2, sur la rive ouest du Danube, coincé entre la Croatie et la Serbie nouvelle mouture, territoire abandonné par les traités… Une poignée d’habitants, assez nombreux tout de même pour avoir une ville érigée en capitale, Siga, et pour parler d’une même voix : pas d’impôts, liberté totale dans les activités commerciales ou assimilées, refus de l’endettement Une constitution est en chantier, une représentation officielle au niveau diplomatique s’organise (trouveront-ils assez d’ambassadeurs ? question à 10€), bref ils sont tout prêts à se faire reconnaître par l’ONU. Bravo les petits ! dirait Couderc, de mémoire ensoleillée. Pour sûr c’est marrant…Toutefois un nouveau pays (qui se rêve peut-être royaume un jour ou l’autre, qui sait ?) peut inquiéter quelque peu, vu le choix de ses modèles : Monaco et le Liechtenstein, merveilleux paradis fiscaux où évidemment on ne paye pas d’impôts… Beaux exemples, à défaut de programme réfléchi !   Je leur conseille vivement de s’assurer d’abord et avant tout de bonnes relations avec les Ïles Caïman : on a vu comment l’amitié avec ces sources de bonheur a profité au petit Luxembourg, devenu désormais le top de l’Euirope…

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lucette desvignes
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 11:14

         Je crois bien vous avoir promis de vous donner une recette pour terminer un conte de Noël. J’aurais pu préciser qu’il  ne s’agirait pas du paragraphe terminal, célébrant en beauté la neige au dehors, la douceur du foyer en famille et la chaleur que met au cœur l’amitié entre les êtres : ça, c’est à vous de voir, si vous vous êtes lancé dans l’écriture d’un conte de Noël vous devez trouver la touche juste, la note exacte qui fasse sourire le lecteur en terminant le texte. Ce qui me tourmentait, moi, c’était comment terminer une entreprise qui remontait déjà à près de trente ans, celle d’écrire une belle histoire pour le numéro de Noël de la revue de la confédération animale de Lyon et Sud-Est. Au bout de vingt-cinq ans, ne croyez-vous pas que l’inspiration gagnait l’autorisation  de se tarir ? Je pouvais toujours le craindre, même si l’espoir de trouver encore une idée merveilleusement inédite continuait à se cacher dans un petit coin de ma cervelle. Après tout, quand un citron a été pressé jusqu’à l’écorce, il n’a plus de jus, c’est là une vérité qui saute aux yeux de tout le monde. Bon, moi j’avais payé de ma personne, j’avais fait mon devoir (en plus, c’était une chose que personne ne m’avait demandée, même si on avait bien été heureux à la SPA de Lyon de me voir entreprendre cette tâche de longue haleine – et non seulement l’entreprendre mais y rester fidèle sans y manquer une seule fois), donc je pouvais mettre la clé sous le paillasson. C’était pour dire au revoir qu’il fallait « faire ça bien »…. Parfait, mes belins-belines ! On convoque un maximum de participants : il y en a qui manquent pour diverses raisons, mais ça fait quand même une jolie troupe qu’on rameute, et quand ils vous disent « Joyeux Noêl ! » tous ensemble, je vous assure que ça tient lieu d’au revoir… même si l’échelle est tirée !

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lucette desvignes
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 16:34

         Heureusement, mes belins-belines, que vous avez en moi une femme de tête. Je veux dire, avec la tête encore bien vissée sur les épaules, car, voyez ce qui se passe quand trop de marmitons gâtent le bouillon en s’affairant de manière intempestive, mon ami anglais en visite pour ses quelques jours annuels avec moi a décidé de mettre de l’ordre dans mon ordinateur et a tenté de, sinon réussi à, le faire. Bien entendu je suis toute contente quand on effectue le ménage dont je ne prends jamais l’initiative par paresse (mis à part naturellement l’enregistrement de mes blogs par ordre alphabétique : 2.000 la semaine prochaine, imaginez un peu !) et bien entendu aussi je n’ose pas accuser sa sollicitude mais enfin je ne retrouve pas la moitié de blog que j’avais déjà écrite pour votre intense plaisir (non non, ne protestez pas : je sais par vos aveux multiples que votre jouissance est intense dès que ma prose apparaît sous vos yeux).   J’en suis donc marrie penaude confuse, car ne vous avais-je pas promis de vous donner une recette pour en finir avec les contes de Noël ? Il me semble bien que c’était le thème abordé, mais que voulez-vous, les choses étant ce qu’elles sont (ce qu’elles peuvent être, hélas !) je ne vous parlerai pas aujourd’hui de ce sujet essentiel, on peut le reporter à lundi, pour aujourd’hui bon week-end, tout dimanche à venir est bon à prendre.

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lucette desvignes
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 18:33

         J’ai beau avoir à m‘attaquer aux corrections de dernière lecture du petit nouveau-né à venir (que vous allez pouvoir admirer, mes belins-belines, dès le début de septembre et qui s’intitulera La vie à deux, tout simplement), cela ne me détourne point de mes devoirs vis-à-vis de vous : vous me connaissez assez bien maintenant pour savoir que je reste fidèle à mes engagements antérieurs, même si (cela peut arriver, cela m’arrive) je les ai pris à la légère. Donc, malgré la bousculade de ces relectures attentives pour lesquelles on n’a parfois pas de solutions satisfaisantes (et il ne s’agit pas de traîner et prendre son temps : derrière les relectures il y a transcription des corrections, envoi du bon à tirer, impression, graphisme  et collage de la couverture… bref toutes ces petites surfilures qui ennuyaient tant les petites mains, autrefois, quand on ne leur laissait que ça à faire dans l’atelier où elles apprenaient le métier auprès de la maîtresse couturière – ça ou coudre les boutons, c’était bien encore le reste !) oui, malgré l’absorption du moi pensant dans la mécanique des corrections ultimes pour assurer la bonne fin de gestation du nouveau recueil de nouvelles, il me faut bien vous envoyer mon blog. Pesant, surchauffé, ébouriffé par le ventilateur, énervé par son petit ronronnement presque imperceptible dont on se demande s’il n’énerverait pas moins s’il était plus fort, voilà le tableau de l’actu, à partir de docu inestimables. Dès demain je vous donne la recette de la fin des contes d’hiver (ma recette à moi : pour le Conte d’Hiver de Shakespeare, prenez une édition autorisée, moi je ne pourrais rien vous en dire).

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 08:47

         Ou je suis bien mal renseignée, ou quelqu’un qui a suivi le déroulement de mes blogs depuis quelques mois sait parfaitement à quoi s’en tenir sur mes rapports (si j’ose dire) avec DSK. Lui dont, il y a bien des années, je suivais avec ravissement et fidélité les entretiens hebdomadaires avec André Santini sur l’actualité politique et économique du pays, avait brutalement laissé au vestiaire sa toge d’économiste puis de grand maître du FMI pour trousser les femmes de chambre au moment de devenir président de la République (tout le monde sait bien qu’il l’aurait été). La suite, je ne vous la raconte pas, vous la connaissez : des horreurs de dépositions, d’enquêtes, de condamnations, d’exhumation de faune des bas-fonds, de gros mots et de grosses menaces pour rien du tout…Mais ce n’est pas de ce personnage-là que je vous parle aujourd’hui : je rappelle les faits pour ne pas être soupçonnée d’indulgence ou de favoritisme du monsieur. Je veux seulement signaler que, se rappelant les énormes, immenses, monstrueuses fonctions dont il a été investi dans sa phase fonctionnelle, prenant soudain conscience   qu’il a commandé aux distributions des richesses et à l’écrasement de certains pays, voilà qu’il se livre à un Confiteor inattendu, voilà qu’il laisse entendre que tout ce qu’il a recommandé de faire (et que Lagarde, qui ne se rend pas mais qui ne meurt pas non plus, hélas ! a suivi en y ajoutant sa hargne personnelle d’amateur de corrida au sang) c’était une tragique erreur de vue, d’appréciation, de jugement. Il aurait fallu…., il n’aurait pas fallu…, maintenant le mal est fait en profondeur, et ce n’est pas rattrapable…. Pour son intelligence et sa lucidité au moins, on peut le rétablir dans une certaine estime, même si, en effet, l’équilibre de la planète a été en partie grâce à ses soins irrémédiablement démoli.

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lucette desvignes
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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 08:32

         Avec l’image terrible des enfants du Biafra s’est vulgarisée la notion de Sahel – dans mon jeune temps les déserts (déjà bien assez effrayants comme cela) se limitaient au Sahara, au Kalahari, au désert de Gobi, qu’on nous faisait retenir, je pense, à cause des sonorités exotiques, sans grand souci de nous les faire localiser sur une carte. La notion de désertification s’est imposée à la conscience adulte et je dois dire que j’ai été bouleversée d’apprendre que l’extension du désert était imparable partout où elle se manifestait. Certes j’ai appris par-ci par-là qu’il pouvait y avoir remède : un monastère copte d’Egypte nous a offert des concombres et des raisins cultivés localement, donc en plein Sahara, parce que les moines avaient su creuser assez profond pour avoir de l’eau. De même, j’ai été reçue dans une merveilleuse plantation de mandariniers et de dattiers construite en vingt ans où des canalisations de l’eau du Nil faisaient oublier l’océan de sable tout proche. Mais dans le Sud marocain je sais que le désert avance inexorablement, recouvrant les arganiers pourtant si essentiels à l’économie du pays. Et dans le sud tunisien, encore plus au sud que Tataouine, un jeune guide m’a amenée au milieu du sable aux ruines d’une maison qui était celle de son grand-père, dans la jeunesse de qui une famille y avait été élevée avant d’être noyée par les vagues de silice crissante et gloutonne. Si j’étais ingénieur ou chercheur, avec l’intention d’être utile à mes semblables, je tâcherais d’abord de trouver une parade à cette agression paisible et meurtrière, plutôt que de découvrir dans quelles conditions et à partir de quand on pourra aller en vacances sur la lune.

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lucette desvignes
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