25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 09:49

         Vous l’avez sans doute remarqué, mes belins-belines, ce n’est pas souvent que je cite notre timonier en le louangeant et en l’applaudissant : les secrétaires de son petit conseil doivent au contraire souvent lui avoir lu des extraits vengeurs de la correspondance que je me permets d’établir avec lui, d’autant que c’est gratuit. Mais tout de même une fois n’est pas coutume. Hier, alors que, comme fréquemment le vendredi, le « Politiquement Show » auquel je tiens parce qu’on entend le son de diverses cloches (je pèse mes mots) réunies sur un même sujet  était supprimé pour l’allocution d’urgence dudit timonier depuis l’étranger, j’ai approuvé au passage le jugement porté sur le bilan de l’ineffable Baroso (qui repart avec un pactole pour avoir pendant dix ans démoli l’Europe et fichu le désordre sur à peu près tous les problèmes européens). Il a dit qu’on devait le remercier « comme il convenait » de son action de dix ans. En fait, ce n’est pas très courageux : on aurait pu dire les choses autrement qu’en langue de bois, et c’est bien dans la ligne de notre timonier qui procède par allusions et par images. Mais les choses étant ce qu’elles sont,  il n’y aura peut-être personne d’autre au Conseil européen pour parler plus franchement de ce bilan honteux. C’est vous dire où nous en sommes…

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lucette desvignes
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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 09:24

Mea Culpa immédiat : deux S de trop, l’un à prétextes –ligne 5), l’autre à possibles (ligne 5 à partir du bas).

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lucette desvignes
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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 09:15

         Ah ! mes belins-belines, c’est bon de reprendre avec vous le cours du temps, au fur et à mesure qu’il se présente à nous. Mais ça n’a rien de bon de découvrir les vagues de violence et d’horreur qui se développent même en dehors des si nombreux théâtres d’opération offerts par ces guerres qui traînent depuis des décennies ou qui éclatent ici ou là sous prétextes d’éviter le pire. Ce principe de précaution qui est censé éviter l’escalade (je bombarde et c’est tant pis pour les civils  mais je n’expose pas mes soldats) ou qui s’embarrasse des règlements de compte nationaux (ainsi, en Turquie : je veux bien combattre l’Islamisme forcené mais je ne veux pas pour autant défendre les Kurdes qui pour l’instant sont les seuls à vraiment s’opposer aux  fanatiques musulmans, je laisse donc passer à mes frontières les volontaires qui vont se faire tuer aux côtés des Kurdes mais je n’envoie pas mes blindés ni mes troupes relayer les Kurdes et les aider de manière utile) conditionne le comportement égoïste et frileux des nations, qui se joignent aux autres en théorie ou qui n’engagent que quelques unités pour faire semblant d’aller faire la guerre ailleurs (toujours en territoire où il demeure des liens secrets, de richesses minières à exploiter ou de compromissions complices qu’il serait bon de ne pas révéler). Entre ces dispositions honteuses des gouvernements et l’horrible cruauté démente des fanatiques, il y a des associations d’honnêtes gens qui tâchent d’être aussi nombreuses que possibles dans leur volonté d’imposer la paix entre gens de bonne volonté (et qui continuent à essayer et essayer sans jamais arriver à des résultats autres que mineurs) … et puis les nantis de plus en plus nombreux dans tous les pays du monde qui continuent paisiblement à augmenter leur pactole.

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lucette desvignes
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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 08:12

V         .J’ai été suffoquée hier (vous me direz sans doute que c’est un reste de bronchite, ça aidait probablement) d’apprendre que, pour avoir publiquement donné son avis sur l’orientation de toute une vie chez un défunt tout récent un commentateur politique est en passe de se faire virer de son parti. Alors quoi donc ? N’a-t-on plus le droit de dire qu’on aime, ou qu’on n’aime pas, ou surtout qu’on met en garde les bonnes gens contre les louanges nationales qui cachent la vérité comme un train en cache un autre ? Certes le défunt n’était pas un ministre (qu’il paye ou non ses impôts), pas non plus un de ces grands banquiers responsables de la crise de 2008 (vous savez bien : celle dont nous nous sommes si vaillamment sortis, d’après ce qu’on nous a dit), c’est-à-dire un de ces personnages qu’on doive révérer et louanger quoi qu’ils fassent. Qu’est-ce qu’il faisait, celui-là ? Il vivait du pétrole, comme moi avec mes chats. Il le flairait, il le traitait à tu et à toi, il connaissait tous les coins où il y en avait et où il y en aura, il était le grand sorcier pétroleur, et ses projets proches ou lointains allaient gentiment ravager la planète, banquise, déserts, océans, tout ravager pour continuer à détruire la couche d’ozone et permettre à plus de voitures de recracher leur C02. Je serais surprise – sans connaître le dossier – d’apprendre que tous ces forages ont pu se passer sans d’inavouables compromissions, voire sans des expulsions de peuplades non encore motorisées. Non, sans connaître le dossier, je me sens quand même toute prête à m’aligner sur ce commentateur qui mentionnait chez le défunt le vampirisme suceur de sang, et même toute disposée à lui recommander de lâcher de lui-même un parti de bénis oui-ouis qui détiennent le politiquement correct et ne veulent pas qu’on puisse lui trouver à redire.

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lucette desvignes
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 15:31

         Should I open my window and hail you from there ?(Nr 2)

         N°3, scheduled on a third Sunday, has been belated by bronchitis, but

here it is at last, before next Sunday N°4.

 

A few friends of mine have just suggested that I should write in English too, guessing that beyond the coasts of the Herring Pond there might be people interested by what I comment upon in my daily blogs. I feel quite ready to do so, the more so as I have received one or two short notes already asking for it in English – how could I resist this clear evidence that two people would be interested ? The more the merrier, first of all – and then eventually I don’t see why English-speaking people would not be tempted to have a look on the things that make up the daily routine of a Frenchwriter, facts and reactions and considerations and judgements directly from the horse’s mouth. 

I therefore intend to publish this type of invitation a few times, offering a weekly contact to English or American correspondents. Why not choose on Sundays, which is the only day when I rest from my weekly work? We might begin on this rhythm – once a week for friends beyond the Atlantic or the Channel : wouldn’t that be nice?

My blog’s title is Desidéesetdesmots, that is to say ThoughtsandWords, and you can get me either on my French blog (me-Lucette.Desvignes - overblog.

com) or thro’ my e-mail lucette.desvignes@orange.fr.

         A simple word expressing your reaction at my suggestion would be appreciated. This title is to be kept regularly, a number being added Sunday after Sunday (if, of course). Let’s begin our contacts next Sunday, but I prefer to advertise my commodity as early as today Friday Oct.3rd.

 

The present advertisement will be repeated till I can come to an obvious conclusion. After a dozen times I promise I shall stop.

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lucette desvignes
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 10:46

Mes belins-belines, j’espère que certains d’entre vous (et surtout certaines, car les filles aiment la littérature beaucoup plus fort que les garçons – je veux dire beaucoup plus fort que les garçons ne l’aiment, je ne veux pas dire beaucoup plus fort qu’elles n’aiment les garçons – il y a dans cette langue française ou dans sa grammaire des tournures amphibologiques qu’il vaut mieux préciser, voilà, c’est fait) auront pu tirer intérêt de ce chantier François-René Daillie ouvert par l’Académie rhodanienne des Lettres dont je suis membre. Même si l’envie de vous plonger dans Le Cabalaire ne vous dévore pas, vous avez pu être intéressés par ce décarcassage d’un roman, cuisses filets arrière-aile abats divers, entrailles mises à part .Je m’entends fort bien à l’opération, et je me demande même si dans mon statut de végétarienne, cela ne compense pas pour moi l’obscur sentiment de cruauté que vous ressentez en mangeant vos œufs de batterie  des usines à 250.000 pondeuses, ou vos volailles suralimentées aux hormones qui atteignent en trois fois moins de temps le poids et la taille (mais non la qualité) des volailles naturellement consommables – il faut croire que cet obscur sentiment de cruauté est nécessaire à l’équilibre humain, sans cela vous auriez déjà renoncé à faire souffrir des bêtes pour vous alimenter (comme les hommes des cavernes, mes belins-belines !). Moi je décarcasse des textes, mais peut-être mon scalpel a-t-il la même précision et la même insensibilité… A voir ! Reprenons tranquillement nos rythmes scolaires, puisque tout le monde est de nouveau en vacances pour quinze jours…

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lucette desvignes
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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 08:46

         Il y a, dans le roman et le film anglais, un élément essentiel qui donne de la crédibilité à l’ensemble.  Deux enfants de l’aristocratie de la fin du 19ème siècle sont voisins et  tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Leurs familles se séparent, les traces se perdent sans que l’un ou l’autre oublie. Bien plus tard, la vie les rapproche dans un cercle mondain londonien où ils ne peuvent s’expliquer cette attirance irrésistible de l’un vers l’autre. Puis ils se reconnaissent mais le drame éclate : dans la lutte entre Peter Ibbetson et le mari, un geste malheureux de l’amant cause la mort du mari, et l’amant est condamné à la prison à vie. Blessé à la colonne vertébrale, Peter allongé sur le sol dans sa geôle ne pensera jusqu’à sa mort qu’à l’amour de sa jeunesse. La jeune femme, recluse, ne pensera plus qu’à lui jusqu’à son dernier souffle. Romanesque et romantique, le thème mérite d’être repris et traité par Daillie, mais l’absence du « vert paradis des amours enfantines » fait cruellement défaut pour amener à croire en l’histoire des amants du train, à partir d’un échange de regards si intenses soient-ils et par-delà 23 ans de fidélité théorique. L’originalité du romancier est d’avoir dissocié (ou plus exactement mis en parallèle) le thème des amants du train (où l’abstinence de la chair est évidente) et la confession voilée de ses amours avec Perle, dont il prétend qu’elles furent constamment chastes. Mais la réalisation de ce dédoublement du thème a besoin d’un commentaire… Voilà, j’ai fini de vous présenter ce roman insolite. J’espère avoir convaincu certains d’entre vous qu’il méritait d’être tiré de l’oubli. Si les autres se sont bien ennuyés, qu’ils se disent qu’en développant un thème de chats ou de chiens j’aurais pu les barber encore bien davantage…

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lucette desvignes
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 08:51

         Que des amants se restent fidèles l’un à l’autre en dehors de toute relation charnelle, voilà un thème qui ne peut que fasciner Daillie, lui-même sans cesse tenté par les liaisons éphémères et dont toute la jeunesse s’est déroulée au milieu de jeunes filles en fleur. C’est à la fois pour lui un axe de narration aussi mythique que les amours de Lancelot et de la reine Guenièvre – donc parfaitement poétique et intéressant à traiter de manière moderne – et en même temps sans doute une ligne de conduite difficile à pratiquer mais que Claire (alias Perle) et lui se sont imposée, dans la vie qui les rapprochait quotidiennement puis dans la séparation où il s’agissait de conserver intègre et pure l’intensité de ces amours étranges. Il est donc concerné en profondeur dans les deux domaines, d’autant qu’il faut signaler à l’époque une œuvre littéraire relancée par le cinéma qui met les Surréalistes en extase : le roman de George du Maurier, Peter Ibbetson, superbement porté à l’écran par Henry Hathaway en 1936, est proclamé par André Breton comme « prodigieux », constituant même « l’illustration parfaite de l’amour fou et de la pensée surréaliste». Il faudrait vérifier à quel moment Daillie a pu lire le roman ou surtout voir le film, qui en effet est étrange et fascinant. Je l’avais vu à la télévision entre 1963 et 68, je ne l’avais jamais oublié parce que ce thème avait quelque chose de fort, d’inédit, de frappant, outre qu’il se prêtait merveilleusement à un mélange du rêve et de la réalité qui lui donnait une rare qualité poétique. J’ai donc irrésistiblement songé à Peter Ibbestson devant l’histoire racontée par Daillie dans Le Cabalaire. soit comme thème à reprendre, soit parce que c’était l’axe même de ses amours avec Perle, la chanteuse pour laquelle il écrivait des textes. Encore à suivre…(mais on touche tout de même à la fin !).

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lucette desvignes
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:03

         Ce Chantier Daillie N°5 est à inscrire à la date de demain (samedi 18 octobre 2014).

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lucette desvignes
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 08:54

         Nous avons là l’aboutissement d’une intrigue des plus fabriquées, des plus improbables, et cet aboutissement sonne comme vaguement naïf, peu satisfaisant sur le plan psychologique et littéraire, comme s’il appartenait au domaine du conte, lequel doit coûte que coûte arriver à un happy end radieux même s’il est totalement invraisemblable et se joue des obstacles du réel. Mais il faut bien voir que cette conclusion sert d’illustration parfaite à l’intrigue qui était là en sous-jacence tout au long du déroulement narratif et qui malgré les apparences reprend sa place d’origine : cette intrigue, c’est celle qui fait de Perle et du narrateur le couple ardent irréprochable aux yeux des autres. Rapprochés par le métier et la société (il écrit les paroles de ses chansons, ils appartiennent au même groupe sociétal), ils se sont aimés furieusement sans relâche, avec l’épée du Roi Marc constamment entre eux et peut-être sans toute la sérénité désirable. La conclusion de l’enquête coïncide avec le terme de l’aventure des deux amants lyonnais, celle-ci expédiée en deux pages, dans un grand choc sans appel : cela montre à l’évidence que les deux choses étaient liées ontologiquement dès le début du récit. Elles se sont déroulées chacune à son rythme, mais en quelque sorte parallèlement, se mêlant lorsqu’il le fallait, faisant ici ou là l’objet d’une structure plus resserrée : c’était comme si le narrateur, après avoir épuisé toutes ses ressources d’imagination pour tresser ces deux histoires et les faire aboutir en même temps, s’impatientait d’avoir à terminer la plus évidente parce qu’au fond il se rend bien compte qu’elle n’a été qu’un adjuvant au déroulement de la première. La fidélité dans la pureté, dans l’abstinence de la chair : voilà une ligne de conduite qui fascine l’écrivain…A suivre !

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