Mercredi 30 mai 2012
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30
/05
/Mai
/2012
09:00
Mea Culpa N°1064 – Lire « elles » devant « embaument » au lieu de « elle », ligne 4.
Les ambitions
des enfants pour le futur, naïvement exprimées dans l’enthousiasme et formulées avec une conviction qui ne doit pas faire négliger son caractère éphémère, sont souvent incongrues. Il n’était pas
rare, dans mon enfance chalonnaise, de rencontrer des gamins se rêvant conducteurs de chars de Carnaval. Ou encore conducteurs de voitures de pompiers, à cause de ce pimpon irrésistible. Je viens
de voir un clip portant sur ce sujet, avec les parents tout sourires, qui béent d’admiration devant l’autorité de leur progéniture exprimant son désir d’illustration à venir. « Moi je
veux être danseuse étoile », dit une fillette qui vient juste de chausser les chaussons en satin des premières leçons. « Moi je veux être violoniste », dit une autre, à qui on a
tout juste appris à tenir son violon d’une main et son archet de l’autre. « Moi je veux être champion de tennis », dit un Noah en herbe qui semble déjà sourire aux photographes de
presse sportive. Je trouve quelque peu imprudentes ces admirations parentales : les père et mère si flattés de pareilles perspectives ne se rendent-ils pas compte du danger que peut représenter cette vision éblouissante sur l’horizon d’un enfant qui pendant de longues années devra dans ce but additionner d’interminables
efforts – sans compter les dons spéciaux requis par ces vocations rares ? Qu’elle arrive en cours de route ou tout à la fin – presque au but – la déception, c’est-à-dire le rude contact avec
la réalité, risquera de briser une volonté trop tendue, de démolir une psychologie trop longtemps
aveugle aux difficultés quasi insurmontables de l’entreprise. Vous me direz qu’il y en a, des danseuses étoiles, et des concertistes renommés, et des champions de patinage ou de tennis, et qu’il
était juste, en ce cas, de les avoir soutenus et encouragés, voire tenus à bout de bras dans leur admirable entêtement. C’est vrai, je le reconnais… Mais en pareils cas il est urgent d’attendre
que le caractère exceptionnel de leur destin se dessine avec assez de netteté pour convaincre toutes les réticences. Toutefois, ce que j’en dis…
Par lucette desvignes
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Mercredi 30 mai 2012
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Mea Culpa N°1064 – Lire « elles » devant « embaument » au lieu de « elle », ligne 4.
Les ambitions
des enfants pour le futur, naïvement exprimées dans l’enthousiasme et formulées avec une conviction qui ne doit pas faire négliger son caractère éphémère, sont souvent incongrues. Il n’était pas
rare, dans mon enfance chalonnaise, de rencontrer des gamins se rêvant conducteurs de chars de Carnaval. Ou encore conducteurs de voitures de pompiers, à cause de ce pimpon irrésistible. Je viens
de voir un clip portant sur ce sujet, avec les parents tout sourires, qui béent d’admiration devant l’autorité de leur progéniture exprimant son désir d’illustration à venir. « Moi je
veux être danseuse étoile », dit une fillette qui vient juste de chausser les chaussons en satin des premières leçons. « Moi je veux être violoniste », dit une autre, à qui on a
tout juste appris à tenir son violon d’une main et son archet de l’autre. « Moi je veux être champion de tennis », dit un Noah en herbe qui semble déjà sourire aux photographes de
presse sportive. Je trouve quelque peu imprudentes ces admirations parentales : les père et mère si flattés de pareilles perspectives ne se rendent-ils pas compte du danger que peut représenter cette vision éblouissante sur l’horizon d’un enfant qui pendant de longues années devra dans ce but additionner d’interminables
efforts – sans compter les dons spéciaux requis par ces vocations rares ? Qu’elle arrive en cours de route ou tout à la fin – presque au but – la déception, c’est-à-dire le rude contact avec
la réalité, risquera de briser une volonté trop tendue, de démolir une psychologie trop longtemps
aveugle aux difficultés quasi insurmontables de l’entreprise. Vous me direz qu’il y en a, des danseuses étoiles, et des concertistes renommés, et des champions de patinage ou de tennis, et qu’il
était juste, en ce cas, de les avoir soutenus et encouragés, voire tenus à bout de bras dans leur admirable entêtement. C’est vrai, je le reconnais… Mais en pareils cas il est urgent d’attendre
que le caractère exceptionnel de leur destin se dessine avec assez de netteté pour convaincre toutes les réticences. Toutefois, ce que j’en dis…
Par lucette desvignes
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Mercredi 30 mai 2012
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Mea Culpa N°1064 – Lire « elles » devant « embaument » au lieu de « elle », ligne 4.
Les ambitions
des enfants pour le futur, naïvement exprimées dans l’enthousiasme et formulées avec une conviction qui ne doit pas faire négliger son caractère éphémère, sont souvent incongrues. Il n’était pas
rare, dans mon enfance chalonnaise, de rencontrer des gamins se rêvant conducteurs de chars de Carnaval. Ou encore conducteurs de voitures de pompiers, à cause de ce pimpon irrésistible. Je viens
de voir un clip portant sur ce sujet, avec les parents tout sourires, qui béent d’admiration devant l’autorité de leur progéniture exprimant son désir d’illustration à venir. « Moi je
veux être danseuse étoile », dit une fillette qui vient juste de chausser les chaussons en satin des premières leçons. « Moi je veux être violoniste », dit une autre, à qui on a
tout juste appris à tenir son violon d’une main et son archet de l’autre. « Moi je veux être champion de tennis », dit un Noah en herbe qui semble déjà sourire aux photographes de
presse sportive. Je trouve quelque peu imprudentes ces admirations parentales : les père et mère si flattés de pareilles perspectives ne se rendent-ils pas compte du danger que peut représenter cette vision éblouissante sur l’horizon d’un enfant qui pendant de longues années devra dans ce but additionner d’interminables
efforts – sans compter les dons spéciaux requis par ces vocations rares ? Qu’elle arrive en cours de route ou tout à la fin – presque au but – la déception, c’est-à-dire le rude contact avec
la réalité, risquera de briser une volonté trop tendue, de démolir une psychologie trop longtemps
aveugle aux difficultés quasi insurmontables de l’entreprise. Vous me direz qu’il y en a, des danseuses étoiles, et des concertistes renommés, et des champions de patinage ou de tennis, et qu’il
était juste, en ce cas, de les avoir soutenus et encouragés, voire tenus à bout de bras dans leur admirable entêtement. C’est vrai, je le reconnais… Mais en pareils cas il est urgent d’attendre
que le caractère exceptionnel de leur destin se dessine avec assez de netteté pour convaincre toutes les réticences. Toutefois, ce que j’en dis…
Par lucette desvignes
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Mardi 29 mai 2012
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08:04
Lundi de Pentecôte. Week-end prolongé pour certains, faisant suite à deux ponts reliant
deux jours de fête – décidément le mois de mai n’est pas un mois pour les patrons. Mais week-end pour certains seulement, ai-je dit, et non pas tout le monde. Ces arrangements taillés à la serpe, réclamant de certains le salaire d’une journée pour
des prunes, apparaissent d’une véritable injustice. Ainsi le courrier ne sera ni collecté ni distribué aujourd’hui, mais les éboueurs doivent accomplir leur tâche. En cherchant bien, et même, je
suppose, sans bien avoir à chercher, on trouverait d’autres exemples de cette inégalité devant les jours chômés, en particulier au niveau des grands magasins, qui ouvrent ou restent clos selon
des plans de bataille arrangés par leur fonctionnement interne et, souhaitons-le, avec l’agrément des employés. Pour ma part, j’apprécie ce repos
accolé au dimanche : un tour de jardin vaut bien à mes yeux les tours d’horizon dont j’essaie de tirer une peu de substantifique moëlle, même si c’est pour votre bénéfice, mes
belins-belines. Parce qu’en ce moment les roses explosent de partout. Au ras de terre sur les rosiers buissons – c’est leur troisième année : ils ont donc pris une vigueur définitive, ils
sont couverts de fleurs et de boutons – comme sur les rosiers-tiges (impressionnants, ceux-ci, deux en particulier, qui semblent déjà avoir disposé leurs grandes tiges élégantes à l’aise dans un vase à leur mesure) ou sur les grimpants, un petit rose indien garanti « fleurissant même à l’ombre » et un
autre, somptueux cette année, donnant en chaîne de grosses fleurs à la forme parfaite, à la couleur superbe, au parfum merveilleux. C’est agréable de
chômer ce lundi de Pentecôte au milieu des roses…
« Roses des soirs de juin, roses des nuits de mai, / Roses de toute sorte, / Rêveuses sans repos qui ne dormez jamais / Tant
votre odeur est forte / … Rose qui, dans le clair et naïf paradis / De Saint-François d’Assise, / Seriez, sous le soleil tout ouvert de midi, / Près de sa droite assise… ». Anna de Noailles
se cite toute seule.
Par lucette desvignes
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Samedi 26 mai 2012
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18:47
Il fut un
temps où le journal en ligne de l’actualité locale admettait à la suite de ses articles les commentaires à chaud de ses lecteurs. J’essayais de ne guère en manquer, tant ces expressions jaillies
du fond de l’instinct présentaient de l’intérêt à mes yeux. D’abord, il y avait souvent cette hargne des commentateurs, frisant l’insulte, usant du sobriquet, riche en coups bas, se répondant
par-dessus des volées de bois vert, les pseudonymes choisis décrivant sans ambiguïté la couleur politique, les « écrivains » finissant par se connaître et s’attrapant au collet sans
courtoisie, tout au moins certains. J’avais parfois l’impression que je me trouvais imprudemment égarée entre deux bretteurs que certes je ne gênais
pas mais qui précisément, ne me voyant pas, échangeaient des coups dont je prenais la violence au passage.
En outre, le français si relâché, si maltraité, si peu maîtrisé souvent – en général chez les commentateurs les plus haineux – était
affreux, sans le moindre sens de l’orthographe ni la moindre honte de pareil niveau étalé dans toute sa gloire. Ce festival, j’en ai profité quelques mois, et puis la réglementation nouvelle de
la publication a supprimé ces échanges qui étaient de véritables empoignades. Cependant, au hasard des distributions collectives et anonymes d’aperçus politiques utilisant le mail, je reçois tous
ces temps des crachats provenant des déçus du dernier référendum. Rien de bref, mes belins-belines : au contraire, de nombreux paragraphes, pas un pour racheter l’autre sur le plan de la
forme où tout se déglingue, se corrompt, se pourrit – et sur le plan du fond, donc, c’est encore autre chose ! La haine et les gros mots ne donnent pas de poids à pareilles
entreprises : on a l’impression que ces vociférations ne peuvent que s’accompagner d’une pluie de postillons dont les voisins essaient comme ils
peuvent de se protéger. Sauve qui peut !
Par lucette desvignes
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