23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 08:12

V         .J’ai été suffoquée hier (vous me direz sans doute que c’est un reste de bronchite, ça aidait probablement) d’apprendre que, pour avoir publiquement donné son avis sur l’orientation de toute une vie chez un défunt tout récent un commentateur politique est en passe de se faire virer de son parti. Alors quoi donc ? N’a-t-on plus le droit de dire qu’on aime, ou qu’on n’aime pas, ou surtout qu’on met en garde les bonnes gens contre les louanges nationales qui cachent la vérité comme un train en cache un autre ? Certes le défunt n’était pas un ministre (qu’il paye ou non ses impôts), pas non plus un de ces grands banquiers responsables de la crise de 2008 (vous savez bien : celle dont nous nous sommes si vaillamment sortis, d’après ce qu’on nous a dit), c’est-à-dire un de ces personnages qu’on doive révérer et louanger quoi qu’ils fassent. Qu’est-ce qu’il faisait, celui-là ? Il vivait du pétrole, comme moi avec mes chats. Il le flairait, il le traitait à tu et à toi, il connaissait tous les coins où il y en avait et où il y en aura, il était le grand sorcier pétroleur, et ses projets proches ou lointains allaient gentiment ravager la planète, banquise, déserts, océans, tout ravager pour continuer à détruire la couche d’ozone et permettre à plus de voitures de recracher leur C02. Je serais surprise – sans connaître le dossier – d’apprendre que tous ces forages ont pu se passer sans d’inavouables compromissions, voire sans des expulsions de peuplades non encore motorisées. Non, sans connaître le dossier, je me sens quand même toute prête à m’aligner sur ce commentateur qui mentionnait chez le défunt le vampirisme suceur de sang, et même toute disposée à lui recommander de lâcher de lui-même un parti de bénis oui-ouis qui détiennent le politiquement correct et ne veulent pas qu’on puisse lui trouver à redire.

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lucette desvignes
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 15:31

         Should I open my window and hail you from there ?(Nr 2)

         N°3, scheduled on a third Sunday, has been belated by bronchitis, but

here it is at last, before next Sunday N°4.

 

A few friends of mine have just suggested that I should write in English too, guessing that beyond the coasts of the Herring Pond there might be people interested by what I comment upon in my daily blogs. I feel quite ready to do so, the more so as I have received one or two short notes already asking for it in English – how could I resist this clear evidence that two people would be interested ? The more the merrier, first of all – and then eventually I don’t see why English-speaking people would not be tempted to have a look on the things that make up the daily routine of a Frenchwriter, facts and reactions and considerations and judgements directly from the horse’s mouth. 

I therefore intend to publish this type of invitation a few times, offering a weekly contact to English or American correspondents. Why not choose on Sundays, which is the only day when I rest from my weekly work? We might begin on this rhythm – once a week for friends beyond the Atlantic or the Channel : wouldn’t that be nice?

My blog’s title is Desidéesetdesmots, that is to say ThoughtsandWords, and you can get me either on my French blog (me-Lucette.Desvignes - overblog.

com) or thro’ my e-mail lucette.desvignes@orange.fr.

         A simple word expressing your reaction at my suggestion would be appreciated. This title is to be kept regularly, a number being added Sunday after Sunday (if, of course). Let’s begin our contacts next Sunday, but I prefer to advertise my commodity as early as today Friday Oct.3rd.

 

The present advertisement will be repeated till I can come to an obvious conclusion. After a dozen times I promise I shall stop.

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lucette desvignes
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 10:46

Mes belins-belines, j’espère que certains d’entre vous (et surtout certaines, car les filles aiment la littérature beaucoup plus fort que les garçons – je veux dire beaucoup plus fort que les garçons ne l’aiment, je ne veux pas dire beaucoup plus fort qu’elles n’aiment les garçons – il y a dans cette langue française ou dans sa grammaire des tournures amphibologiques qu’il vaut mieux préciser, voilà, c’est fait) auront pu tirer intérêt de ce chantier François-René Daillie ouvert par l’Académie rhodanienne des Lettres dont je suis membre. Même si l’envie de vous plonger dans Le Cabalaire ne vous dévore pas, vous avez pu être intéressés par ce décarcassage d’un roman, cuisses filets arrière-aile abats divers, entrailles mises à part .Je m’entends fort bien à l’opération, et je me demande même si dans mon statut de végétarienne, cela ne compense pas pour moi l’obscur sentiment de cruauté que vous ressentez en mangeant vos œufs de batterie  des usines à 250.000 pondeuses, ou vos volailles suralimentées aux hormones qui atteignent en trois fois moins de temps le poids et la taille (mais non la qualité) des volailles naturellement consommables – il faut croire que cet obscur sentiment de cruauté est nécessaire à l’équilibre humain, sans cela vous auriez déjà renoncé à faire souffrir des bêtes pour vous alimenter (comme les hommes des cavernes, mes belins-belines !). Moi je décarcasse des textes, mais peut-être mon scalpel a-t-il la même précision et la même insensibilité… A voir ! Reprenons tranquillement nos rythmes scolaires, puisque tout le monde est de nouveau en vacances pour quinze jours…

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lucette desvignes
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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 08:46

         Il y a, dans le roman et le film anglais, un élément essentiel qui donne de la crédibilité à l’ensemble.  Deux enfants de l’aristocratie de la fin du 19ème siècle sont voisins et  tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Leurs familles se séparent, les traces se perdent sans que l’un ou l’autre oublie. Bien plus tard, la vie les rapproche dans un cercle mondain londonien où ils ne peuvent s’expliquer cette attirance irrésistible de l’un vers l’autre. Puis ils se reconnaissent mais le drame éclate : dans la lutte entre Peter Ibbetson et le mari, un geste malheureux de l’amant cause la mort du mari, et l’amant est condamné à la prison à vie. Blessé à la colonne vertébrale, Peter allongé sur le sol dans sa geôle ne pensera jusqu’à sa mort qu’à l’amour de sa jeunesse. La jeune femme, recluse, ne pensera plus qu’à lui jusqu’à son dernier souffle. Romanesque et romantique, le thème mérite d’être repris et traité par Daillie, mais l’absence du « vert paradis des amours enfantines » fait cruellement défaut pour amener à croire en l’histoire des amants du train, à partir d’un échange de regards si intenses soient-ils et par-delà 23 ans de fidélité théorique. L’originalité du romancier est d’avoir dissocié (ou plus exactement mis en parallèle) le thème des amants du train (où l’abstinence de la chair est évidente) et la confession voilée de ses amours avec Perle, dont il prétend qu’elles furent constamment chastes. Mais la réalisation de ce dédoublement du thème a besoin d’un commentaire… Voilà, j’ai fini de vous présenter ce roman insolite. J’espère avoir convaincu certains d’entre vous qu’il méritait d’être tiré de l’oubli. Si les autres se sont bien ennuyés, qu’ils se disent qu’en développant un thème de chats ou de chiens j’aurais pu les barber encore bien davantage…

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lucette desvignes
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 08:51

         Que des amants se restent fidèles l’un à l’autre en dehors de toute relation charnelle, voilà un thème qui ne peut que fasciner Daillie, lui-même sans cesse tenté par les liaisons éphémères et dont toute la jeunesse s’est déroulée au milieu de jeunes filles en fleur. C’est à la fois pour lui un axe de narration aussi mythique que les amours de Lancelot et de la reine Guenièvre – donc parfaitement poétique et intéressant à traiter de manière moderne – et en même temps sans doute une ligne de conduite difficile à pratiquer mais que Claire (alias Perle) et lui se sont imposée, dans la vie qui les rapprochait quotidiennement puis dans la séparation où il s’agissait de conserver intègre et pure l’intensité de ces amours étranges. Il est donc concerné en profondeur dans les deux domaines, d’autant qu’il faut signaler à l’époque une œuvre littéraire relancée par le cinéma qui met les Surréalistes en extase : le roman de George du Maurier, Peter Ibbetson, superbement porté à l’écran par Henry Hathaway en 1936, est proclamé par André Breton comme « prodigieux », constituant même « l’illustration parfaite de l’amour fou et de la pensée surréaliste». Il faudrait vérifier à quel moment Daillie a pu lire le roman ou surtout voir le film, qui en effet est étrange et fascinant. Je l’avais vu à la télévision entre 1963 et 68, je ne l’avais jamais oublié parce que ce thème avait quelque chose de fort, d’inédit, de frappant, outre qu’il se prêtait merveilleusement à un mélange du rêve et de la réalité qui lui donnait une rare qualité poétique. J’ai donc irrésistiblement songé à Peter Ibbestson devant l’histoire racontée par Daillie dans Le Cabalaire. soit comme thème à reprendre, soit parce que c’était l’axe même de ses amours avec Perle, la chanteuse pour laquelle il écrivait des textes. Encore à suivre…(mais on touche tout de même à la fin !).

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lucette desvignes
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:03

         Ce Chantier Daillie N°5 est à inscrire à la date de demain (samedi 18 octobre 2014).

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lucette desvignes
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 08:54

         Nous avons là l’aboutissement d’une intrigue des plus fabriquées, des plus improbables, et cet aboutissement sonne comme vaguement naïf, peu satisfaisant sur le plan psychologique et littéraire, comme s’il appartenait au domaine du conte, lequel doit coûte que coûte arriver à un happy end radieux même s’il est totalement invraisemblable et se joue des obstacles du réel. Mais il faut bien voir que cette conclusion sert d’illustration parfaite à l’intrigue qui était là en sous-jacence tout au long du déroulement narratif et qui malgré les apparences reprend sa place d’origine : cette intrigue, c’est celle qui fait de Perle et du narrateur le couple ardent irréprochable aux yeux des autres. Rapprochés par le métier et la société (il écrit les paroles de ses chansons, ils appartiennent au même groupe sociétal), ils se sont aimés furieusement sans relâche, avec l’épée du Roi Marc constamment entre eux et peut-être sans toute la sérénité désirable. La conclusion de l’enquête coïncide avec le terme de l’aventure des deux amants lyonnais, celle-ci expédiée en deux pages, dans un grand choc sans appel : cela montre à l’évidence que les deux choses étaient liées ontologiquement dès le début du récit. Elles se sont déroulées chacune à son rythme, mais en quelque sorte parallèlement, se mêlant lorsqu’il le fallait, faisant ici ou là l’objet d’une structure plus resserrée : c’était comme si le narrateur, après avoir épuisé toutes ses ressources d’imagination pour tresser ces deux histoires et les faire aboutir en même temps, s’impatientait d’avoir à terminer la plus évidente parce qu’au fond il se rend bien compte qu’elle n’a été qu’un adjuvant au déroulement de la première. La fidélité dans la pureté, dans l’abstinence de la chair : voilà une ligne de conduite qui fascine l’écrivain…A suivre !

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lucette desvignes
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 08:24

         Ainsi la quête valait d’être tentée, puisque le narrateur réussit à tout retrouver, les lieux et la jeune fille. Miracle ! Depuis l’échange d’intenses regards dans le train en décembre 44, ils ne se sont pas oubliés et n’ont cessé de s’aimer (« plus durablement peut-être que s’ils avaient vécu ensemble pendant toutes ces années »). On peut en douter, mais le roman nous convie à le croire. Les amours éthérées ont duré 23 ans sans problème, la jeune fille du train reconnaît le jeune homme du train, c’est même bien trop beau pour être vrai ou tout simplement crédible….Or, cette intrigue qui semble se dégager comme essentielle, en tout cas plus évidente que toutes les autres, et qui situe le narrateur sur un plan de pureté et de chasteté fort insolite, est censée correspondre à la vérité d’une intrigue nouée secrètement entre le narrateur et la chanteuse pour laquelle il écrivait des textes, Claire, qu’il a en secret appelée Perle et qui aux yeux de tous a connu avec lui des amours sans reproche, sans doute tumultueuses mais qui elles aussi ont duré presque un quart de siècle. Autrement dit, le roman est construit sur une quête finalement aboutie, mais qui dans son aspect incroyable raconte une autre histoire dont la vérité doit être tenue secrète. Cette conclusion un peu bâclée, maladroitement exposée en une douzaine de pages où soliloque la jeune fille du train en vérité fort privée d’intérêt, semble ne plus intéresser le narrateur qui se tourne vers son objectif véritable, ces amours secrètes qui ont réussi le pari d’être sans consommation charnelle. L’idée a un retentissement littéraire qu’il convient de dégager ici.

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lucette desvignes
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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 08:23

s        On voit le problème : retrouver après 23 ans une jeune fille rencontrée dans un train en décembre 44 et dont on ne sait rien…A force de suppositions, de déductions (de Nevers à Bar-sur-Aube, retrouver le village d’un charron…), le narrateur tente des itinéraires, voyage sur des cartes d’Etat-Major ou Michelin, suit des fausses pistes, finit par aboutir : il retrouve le village, le charron et sa famille, la jeune fille du train, découvre son destin (elle a été mariée à un médecin qu’elle n’aimait pas, a vécu cinq ans avec lui en Afrique, a séjourné ensuite 17 ans en asile psychiatrique et guérie en a été libérée pour vivre avec son frère : tout cela fait 23 ans, le narrateur s’il avait déclaré sa flamme aurait pu lui éviter ce calvaire malheureux, mais il n’ a pas su la retrouver et elle n’a pas su l’attendre). C’est la partie visible de l’iceberg : la partie immergée, bien plus volumineuse, continue à brasser les souvenirs confus, emmêlés les uns aux autres, des amours anciennes, lesquelles s’appuient sur des descriptions originales de paysages, de lieux, d’éclairages. Avec aussi, fil rouge pas très évident mais qu’on arrive à dégager, la présence de Claire alias Perle, chanteuse pour laquelle le narrateur écrivait des textes et qui a déroulé avec lui une vie passionnée d’amours secrètes non consommées charnellement, de leur décision commune. C’est cette vie en miroir, cette parole double qui va longer le déroulement d’une vie sentimentale compliquée. Romanesque, romantique, le récit se dévide cahin-caha : il faut savoir suivre, mes belins-belines !

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lucette desvignes
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 08:37

Daillie était du genre à épouser : il a convolé cinq fois en justes noces, et je ne vous donne pas le détail. Mais avec Le Cabalaire, il veut donner à ses souvenirs foisonnants une forme littéraire inédite. Ce que je vous précise ici est destiné à faciliter votre lecture, if ever,  mais c’est déjà démêle d’un écheveau fort embrouillé. Autour du narrateur (un JE insistant, permanent, mais sans nom) se pressent les jeunes filles en fleur de sa jeunesse, y compris dès les années de lycée. Evoquées chacune dans son contexte (Yvonne dans le tram, Madeleine avec son violon, Sylvie nageant nue dans l’étang, Claire omniprésente qu’il nomme Perle dans le secret de leur passion cachée…), ces filles constituent un tissu romantique emmêlé puisqu’une phrase adressée à l’une peut fort bien aboutir, après de nombreuses volutes, à être destinée à une autre. Or sur ce matériau sentimental complexe, deux choses sont à noter : d’abord le narrateur finit par établir que Claire (ou Perle) est présente tout au long de sa vie, les évocations des autres nourrissant ce tissu passionnel ; ensuite que sur ce substrat sentimental qui pourrait perdurer des années un déclencheur soudain greffe une nouvelle intrigue. En effet, le narrateur se reporte à décembre 44, à une rencontre dans un train avec une jeune fille dont il ne sait rien mais avec laquelle, simplement par l’échange de leurs regards intenses, il noue une intimité étrange qu’il va décidé de valider près d’un quart de siècle plus tard : il faut donc retrouver cette jeune fille du train dont il ne sait rien. C’est la quête – l’enquête – dans laquelle il se lance, qui s’emmêle  dans la substance du récit commencé et qui va doubler les confidences Allez, on enquête !

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Daillie était du genre à épouser : il a convolé cinq fois en justes noces, et je ne vous donne pas le détail. Mais avec Le Cabalaire, il veut donner à ses souvenirs foisonnants une forme littéraire inédite. Ce que je vous précise ici est destiné à faciliter votre lecture, if ever,  mais c’est déjà démêle d’un écheveau fort embrouillé. Autour du narrateur (un JE insistant, permanent, mais sans nom) se pressent les jeunes filles en fleur de sa jeunesse, y compris dès les années de lycée. Evoquées chacune dans son contexte (Yvonne dans le tram, Madeleine avec son violon, Sylvie nageant nue dans l’étang, Claire omniprésente qu’il nomme Perle dans le secret de leur passion cachée…), ces filles constituent un tissu romantique emmêlé puisqu’une phrase adressée à l’une peut fort bien aboutir, après de nombreuses volutes, à être destinée à une autre. Or sur ce matériau sentimental complexe, deux choses sont à noter : d’abord le narrateur finit par établir que Claire (ou Perle) est présente tout au long de sa vie, les évocations des autres nourrissant ce tissu passionnel ; ensuite que sur ce substrat sentimental qui pourrait perdurer des années un déclencheur soudain greffe une nouvelle intrigue. En effet, le narrateur se reporte à décembre 44, à une rencontre dans un train avec une jeune fille dont il ne sait rien mais avec laquelle, simplement par l’échange de leurs regards intenses, il noue une intimité étrange qu’il va décidé de valider près d’un quart de siècle plus tard : il faut donc retrouver cette jeune fille du train dont il ne sait rien. C’est la quête – l’enquête – dans laquelle il se lance, qui s’emmêle  dans la substance du récit commencé et qui va doubler les confidences Allez, on enquête !

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