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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 19:48

 

Blog de Lucette Desvignes N°1970 – mardi 30 juin.

 

 

Lettre amicale à Monsieur Fabius, le 29 juin 2015.

 

Monsieur le Ministre,

 

         Vous qui vous occupez de nos affaires étrangères, donc de nos amitiés avec monsieur Nethanyiaou (celui que notre timonier appelle mon ami Benyamin) êtes-vous au courant de ce qui s’est passé cette nuit ? Figurez-vous qu’une flottille de trois ou quatre bateaux (le plus grand se nommant Marianne, cet aplomb ! comme s’il était chargé de représenter la République, je vous demande un peu) se portait vers Gaza dans l’intention de corriger à elle toute seule ce que les nations du monde ont depuis 70 ans ou presque décidé de ne pas faire – à savoir, redonner à cette ville moribonde la nourriture, les médicaments, les matériaux de reconstruction dont elle est privée de manière draconienne (et de l’eau, aussi, vous savez peut-être qu’elle n’a plus d’eau).

         Ce culot inimaginable de se substituer à ce qui était l’apanage de l’Europe depuis tant d’années ! Ce toupet de vouloir donner des leçons au reste du monde ! Mais heureusement les pîrates qui étaient sur le qui-vive ont réagi ! En pleine nuit, oui, ils ont arraisonné ces bateaux comme au temps des forbans et flibustiers, ils ont tout confisqué, ils ont mis aux fers à fond de cale l’équipage, les porte-drapeaux, les accompagnateurs, bref tous ces bénévoles qui voulaient se faire remarquer, et ma foi ce qu’ils vont en faire on ne sait pas encore mais on peut deviner.

         Vous voyez donc qu’on a des amis qui veillent à notre place. Ces pirates, on n’y pensait pas, mais ils étaient tout prêts à intervenir pour nous défendre. Ne vous faites donc pas de souci, Monsieur le Ministre : vous avez l’air un peu tracassé depuis quelque temps, est-ce que  par hasard vous auriez découvert un problème avec la Palestine ? Faites confiance à notre ami Benyamin, c’est un brave homme et un homme d’honneur, et lui, au moins, il agit – de nuit comme de jour ! A preuve. Reposez-vous sur lui, il a toutes les solutions qu’il faut.

         J’espère que ces conseils vous soutiendront dans vos résolutions de ne rien faire, et je vous assure bien, Monsieur le Ministre, du souci que je prends à encourager votre inertie. N’en faites pas trop : c’est toujours mauvais pour la santé, prenez soin de vous.

 

 

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lucette desvignes
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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 11:17

         Israël ne dispose pas seulement de l’impunité aux yeux du monde : cette nation installée sur le territoire d’autrui dispose également, en plus de l’armée la plus sophistiquée et la mieux entraînée de la planète, d’un bataillon de pirates qui s’en donne à cœur joie en se sachant fort de la bénédiction nationale. La nouvelle flottille apportant à Gaza (Gaza la martyre, Gaza la suppliciée, Gaza qu’Israël souhaite officiellement moribonde, rayée de la carte, depuis si longtemps qu’elle résiste) le soutien moral et les soutiens en espèces indispensables, matériaux de reconstruction, produits alimentaires, médicaments etc., oui, cette flottille dont le navire amiral s’appelle « Marianne » a été dans la nuit capturée par les pirates fonctionnant pour Tsahal. Capture et confiscation des biens d’abord : Israël a l’habitude de ces automatismes de dépossession, détournant à son profit tout ce qui passe à portée indue de ses mains aux ongles crochus. Ensuite, envoi aux fers à fond de cale (comme dans les romans de la mer où l’on décrivait par le menu le moyen de faire pourrir les résistances) en tant que scélérats gibier de potence les bénévoles, l’équipage, les accompagnateurs, privés de leurs portables et coupés du monde…                J’admire avec ferveur le courage de ces risque-tout qui veulent témoigner, rappeler à l’univers que Gaza est un enfer qui la consume sous nos yeux et qu’il est enfin temps que l’univers agisse, après tant d’atermoiements et de lâchetés.. Que va bien pouvoir trouver à dire, et à ne pas faire, notre grand maître des affaires étrangères ? Je parie qu’il va, au nom de la France, demander pardon au cher ami  Netanhyiahou, peut-être même va-t-il lui proposer des indemnités pour    le défrayer de la mise en branle de ce brave bataillon de pirates  qu’on a même fait travailler de nuit , honte à nous et à notre prétendue défense des Droits de l’Homme….

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lucette desvignes
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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 19:21

Si je me taisais, dites un peu…

 

 

Il faudrait bien qu’un beau jour je me misse en grève,

Tout simplement pour voir ce que vous en diriez.

Je fonctionne en effet, pour vos beaux yeux, sans trêve,

Avec programmes tels que vous les choisiriez

S’ils n’étaient pas déjà des programmes de rêve

 Bichonnés, chouchoutés,  sur le volet triés.

 

Tout cela de mon fait – car, mes belins-belines,

Vous l’imaginez bien (comment donc autrement

Cela se pourrait-il ?) tout ce que j’imagine

De beau, de bon, de vrai, d’utile ou de charmant

(sans, hélas, les illustrations des magazines)

Passe dans le savoir de mon enseignement.

 

Ainsi jour après jour la manne spirituelle

Que j’ai choisi, amis, de déverser sur vous

(En quantité, bien sûr, pauvres anges sans ailes,

En répétant, et je vous jure qu’il faut tout)

Tente de colmater avec foi, avec zèle,

Dans vos petits cerveaux l’abondance des trous.

 

Oui, c’est moi qui choisis, oui c’est moi qui cogite,

C’est de moi que dépend  sujet et contenu.

Que l’humour me détende ou le courroux m’excite,

Vous y passez,  que ce soit bien ou mal venu !

Entre minerai brut et brillant des pépites

Ironie sans pitié, sarcasme saugrenu,

Grammaire qu’à grand peine il faut qu’on ingurgite 

Syntaxe des Latins, ablatif absolu,

Tout ce beau vrac vous est offert sans autre invite

Que de cliquer mon blog avec vos doigts menus :

C’est pourquoi, si rumeur de grève en moi s’agite,

(Attention : vous aurez tous été prévenus),

Littérature, art ou philo, calculez vite

Les agréments divers que vous aurez perdus.

 

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lucette desvignes
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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 19:01

Si je me taisais, dites un peu…

 

 

Il faudrait bien qu’un beau jour je me misse en grève,

Tout simplement pour voir ce que vous en diriez.

Je fonctionne en effet, pour vos beaux yeux, sans trêve,

Avec programmes tels que vous les choisiriez

S’ils n’étaient pas déjà des programmes de rêve

 Bichonnés, chouchoutés,  sur le volet triés.

 

Tout cela de mon fait – car, mes belins-belines,

Vous l’imaginez bien (comment donc autrement

Cela se pourrait-il ?) tout ce que j’imagine

De beau, de bon, de vrai, d’utile ou de charmant

(sans, hélas, les illustrations des magazines)

Passe dans le savoir de mon enseignement.

 

Ainsi jour après jour la manne spirituelle

Que j’ai choisi, amis, de déverser sur vous

(En quantité, bien sûr, pauvres anges sans ailes,

En répétant, et je vous jure qu’il faut tout)

Tente de colmater avec foi, avec zèle,

Dans vos petits cerveaux l’abondance des trous.

 

Oui, c’est moi qui choisis, oui c’est moi qui cogite,

C’est de moi que dépend  sujet et contenu.

Que l’humour me détende ou le courroux m’excite,

Vous y passez,  que ce soit bien ou mal venu !

Entre minerai brut et brillant des pépites

Ironie sans pitié, sarcasme saugrenu,

Grammaire qu’à grand peine il faut qu’on ingurgite 

Syntaxe des Latins, ablatif absolu,

Tout ce beau vrac vous est offert sans autre invite

Que de cliquer mon blog avec vos doigts menus :

C’est pourquoi, si rumeur de grève en moi s’agite,

(Attention : vous aurez tous été prévenus),

Littérature, art ou philo, calculez vite

Les agréments divers que vous aurez perdus.

 

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lucette desvignes
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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 15:37

         A part l’âpre et rocailleuse douceur de son nom si on le prononce à l’allemande – et un film danois bien entendu nous en offrait souvent l’occasion –qu’avait-elle donc à nous apporter, cette malheureuse Gertrud? Je me demande si Carl Theodor n’a pas eu tort de s’entêter dans ses principes de réalisation sans les avoir aménagés avec le progrès du temps… Lui qui aux temps héroïques des balbutiements de l’image avait inventé, non pas le noir et blanc  puisque le cinéma n’avait rien d’autre à présenter, mais l’art d’en tirer une beauté essentielle, l’art du contraste, l’art de la proportion du noir à installer sur un fond blanc ou du blanc à installer sur un fond noir, lui le grand maître qui avait rendu les deux couleurs palpables, vivantes, parcourues de frémissements…Un cycle Dreyer si bienvenu ne devait sans doute hélas pas pouvoir se passer de cette conclusion dernière, 1964, contribution au parlant : de quoi rendre marris et désolés les accros qui comme moi ne connaissaient pas ce dernier travail. Enfin la parole était donnée aux personnages, mais pour quel scénario accablant et inconcevable ! pour quelles évolutions de mannequins d’un canapé à l’autre, d’un fauteuil à l’autre, d’un salon à l’autre ! pour quelles structures psychologiques indéfendables, pour quels sentiments contradictoires jusqu’à l’absurde, pour quelle froideur  glaciale sous l’étiquette d’amours, mortes ou renaissantes ! Quel type de liberté pour sa passion  cette fausse Hedda Gabler mal interprétée réclame-t-elle donc ? Pompeux, rigide, bavard, stagnant…Et, cerise hilarante sur un gâteau peu tentant, longue démonstration d’une fanfare de jeunes étudiants pour célébrer en musique militaire avec banderoles et tambours l’anniversaire du poète national officiel de l’amour, avec harangue truffée de citations : rien de plus hors du sujet, hors du goût, hors du sens, presque du style Hitlerjugend… Très franchement, Gertrud est à supprimer carrément de cette filmographe si on veut ne pas ternir l’éclat de Dies Irae.

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lucette desvignes
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 10:35

         On vient de me passer une video étonnante. A bord d’un ULM (je ne crois pas me tromper quant à l’étiquette de cet engin volant : pas de moteur, deux sièges côte à côte, promenade au-dessus du paysage local, oui ce doit être un ULM, l’aile volante pour les poètes et les mal au courant des techniques de pointe) apparaît soudain un chat, un minet noir et blanc peut-être un peu angora sur les bords (sauf si l’air des hauteurs est responsable de cet ébouriffement joli). Le moniteur et la passagère ne s’avisent pas tout de suite de sa présence, c’est donc de lui-même qu’il s’installe, si l’on peut dire, qu’en tout cas il se cramponne bien équilibré par-dessus l’un des montants horizontaux de l’appareil, l’avant et l’arrière du corps bien en symétrie à partir de ce montant. Pas l’air du tout effaré, ce chat, ni même inquiet d’une chute possible. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il apprécie le paysage, car il a plutôt l’air de ne pas regarder en bas ni autour de lui, mais il aurait la même attitude, je pense, sur un rebord de fenêtre un peu venté. On voit l’engin ralentir sa course, se préparer à atterrir, on se prépare un peu anxieusement à voir le miron secoué par le contact avec le sol : eh bien pas de tout, tout se passe en douceur, le chat traverse l’appareil comme s’il n’avait fait que cela de toute sa vie. S’il n’en avait été que de moi, je te vous aurais empoigné le minou astronaute avec vigueur et enthousiasme, je te vous l’aurais serré contre moi, félicité, embrassé, j’aurais ronronné avec lui en le félicitant. Mais non : on l’a laisse repartir tout seul, sans même avoir vérifié si son petit cœur avait battu plus fort pendant ce temps d’épreuve. Que voulez-vous ! Les gens sont d’une indifférence…

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lucette desvignes
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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 10:43

         Il y a vraiment des choses en face desquelles je demeure incrédule. Non point sceptique : les chiffres sont là, vérifiés, attestés – un million neuf cent mille exemplaires vendus dans le monde, on est bien obligé de s’incliner devant les faits. Cela ne vous empêche pas de rester incrédule au fond de vous, ne pouvant avaler la chose, ne pouvant la faire accepter par votre conscience aussi simplement qu’une date historique telle par exemple la Libération de Paris le 25 août 1944. C’est que vous avez lu le livre, et vous ne comprenez pas. Il est mal fichu (se veut choral mais réussit tout juste à se déséquilibrer), il est très vite banal à pleurer (même si vous êtes bien d’accord qu’une concierge intelligente et cultivée a tous les droits à l’estime et au bonheur), ses personnages sont      figés sous leur étiquette (la surdouée mal dans sa peau, le Japonais parfaitement adapté à la vie parisienne, la femme de ménage portugaise absolument sublime), les couplets moralisateurs censés donner de la hauteur aux vues philosophiques étalées à tout propos n’arrivent pas à décoller pour voleter un peu au-dessus du rase-mottes… bref on ne voit pas bien qui a pu être séduit, et surtout avec cet emballement de masse déclenché comme une frénésie : même le titre, assez frappant certes pour accrocher – il a tous les piquants qu’il faut – n’apparaît pas comme une illustration réussie de la matière du livre ou de son héroïne. Je demeure un peu assommée… Je comprends mieux le Da Vinci Code, qui vous empoignait dans son enquête fumeuse : c’est après avoir couru la poste pour comprendre et savoir qu’on aboutissait à un,pétard mouillé, mais les trois quarts du roman justifiaient une lecture haletante.  Ici… Comprends pas, non comprends pas. Non non non, comprends pas.

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lucette desvignes
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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 08:16

         De Tim Burton, bien entendu, on pouvait tout attendre. Et puis le titre ne prenait personne en traître : ‘Sweeney Todd, le barbier diabolique de Fleet Street. Tout le monde était prévenu, ce n’était pas un remake des Petites Filles modèles. Tout de même, quand on vous précisait qu’il s’agissait d’une comédie musicale, même si vous n’aimiez pas le genre, vous pouviez être intéressée (je parle pour moi) par une expérience insolite. D’ailleurs ce n’était pas de l’hémoglobine, mais bel et bien de la Valentine qui cascadait depuis le générique, dégouttait, sirupait, engluait les rouages du mécanisme  expédiant ad patres les dandies venus se faire raser et parfumer et dont la dame des lieux confectionnait des tourtes célèbres, une rareté en ces temps de pénurie de viande. C’est vrai que ça giclait avec une générosité rare, vitres planchers manches de chemise gilet faciès, sans jamais se trouver éclairé par le jour ou les chandelles de la nuit mais  toujours sur un fond en principe réservé aux morts vivants des spectacles gore, bleus sinistres ou rouges soulignant les yeux, pâleurs et lividités des salles d’autopsies, la bonne humeur des couplets entonnés à chaque instant n’ajoutant aucun humour, je le garantis, à la tonalité d’ensemble. Les Anglais ont certes la spécialité de ces recréations terribles et vaguement répugnantes des bouges ignobles à la Dickens, avec trognes déterrées on ne sait où et saleté ambiante, sans oublier de mentionner les allusions récurrentes aux odeurs d’égouts et de pourriture au point qu’on ne cesse d’avoir envie de se gratter. Et Tim Burton s’est surpassé. Pour autant… l’expérience artistique et vocale tombe à plat, le récit est sans intérêt, le résultat est accablant et la reconstitution d’époque ne peut absolument pas prétendre à un souci esthétique… Et quant à déguster du shérif avec des Beignets de Tomates vertes, avec l’adjoint du chef se régalant, là au moins on pouvait rire. Mais pas ici, où on ne peut que bâiller et avoir mal au cœur.

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lucette desvignes
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 09:20

         Il paraît qu’Audrey – la seule, l’unique, la sublime – rêvait depuis toujours de faire un film de danse avec Fred Astaire. Stanley Donen, naturellement, qui n’a jamais rien su lui refuser, lui a offert de tourner avec le maître de ses rêves en faisant de son personnage effacé et modeste de petite libraire une star de la danse découverte… grâce aux sortilèges de Paris. A mon humble avis, il aurait mieux fait, comme on dit en anglais, de tourner vers elle une oreille sourde. Son entreprise risque tout simplement de faire choir de toute sa hauteur l’idole d’Hollywood, pour peu qu’on ait quelque notion de la grâce nécessaire aux démonstrations chorégraphiques d’avant la guerre. Le résultat, c’est que toute la grâce aérienne ineffable, incluse dans le moindre de ses gestes, de ses coups d’œil, de ses déplacements - et non apprise, mais bel et bien indissociable de sa respiration, de ses sourires, de ses regards – semble avoir disparu et qu’il s’agisse de péniblement la remplacer en lui apprenant quelques pas de danse. Oh pas à la Cyd Charisse, à la Ginger Rogers, certes non ! Des petits pas élémentaires, de ceux que par exemple on pourrait me faire exécuter à moi si on m’avait choisie pour le rôle. Alors elle danse peu, elle danse mal, on voit que son partenaire fait tout ce qu’il peut pour la hisser au niveau voulu, mais il faut le grand renfort des cygnes, branchages langoureux et prairies émaillées de fleurs blanches pour que passent les séquences à problème. Oh Audrey toute seule à la fin de la nuit, debout devant la vitrine de Tiffany dans son interminable robe noire…………….

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lucette desvignes
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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 09:12

         Il est curieux tout de même de constater avec quel instinct des nations simplement fédérées (car l’Europe est-elle pour l’instant autre chose qu’un assemblage inharmonieux de pays tous aux aguets pour assurer leur avantage dès qu’ils le voient possible ?) se mettent d’accord dès qu’il s’agit d’empêcher l’une d’entre elles d’agir à sa guise, par exemple sur un plan économique qui consisterait à tenter une expérience en laissant toutes les autres se cramponner aux vieilles formules qui ont depuis longtemps démontré leur inefficacité. Prenez le cas de la Grèce : après des convulsions intimes effroyables, c’est un pays qui tente de se relever à sa manière, en refusant de régler ce qui l’écrase tant qu’on ne lui aura pas réglé ce qui le remettrait à flot. On en est arrivé à des sommes si folles que personne, même les plus habiles aux petits jeux sournois de la finance, ne serait capable d’imaginer ce à quoi elles correspondent. On peut seulement deviner qu’avec une simple petite partie de ces sommes gigantesques on pourrait guérir la planète de la plupart de ses maux, apaisant les conflits, donnant à boire et à manger, arrêtant les exodes, permettant les cultures en économisant les forces des individus. C’est que la Grèce, c’est comme Chypre, c’est en quelque sorte comme le Portugal (qui sera bientôt sur la sellette et montré honteusement du doigt pour pauvreté absolue). Les plus faibles, les traînards, les handicapés… Cela m’évoque les nichées de corbeaux où le queulot, le malformé, celui du dessous donc le mal nourri, va finalement être poussé  à coups de bec par-dessus bord du nid parce qu’il est devenu, non pas un de la nichée mais bel et bien un empêcheur de danser en rond, un encombrement dont il faut se débarrasser au plus vite….

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