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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 10:51

         Très en vitesse alors, mes belins-belines ! C’est la dictée du Zonta à Beaune, vous pensez que je ne peux manquer ça ! (d’ailleurs, les pauvres, comment feraient-ils tous puisque c’est moi qui ai le texte ?). Mais grave incertitude pour aujourd’hui : ces remaniements de la grammaire et de l’orthographe (contre lesquels je suis à peu près farouchement entêtée) dont on parle avec emphase depuis deux jours faute de trouver autre chose de réjouissant dans l’actualité, visent surtout les tirets et traits d’union (là je suis d’accord : la routine acceptée est tout à fait illogique), mais ils concernent aussi, plus subtils à étudier, la suppression des accents circonflexes, or ceux-ci n’ont pas la même fonction selon les termes, en particulier dans les conjugaisons. On va donc pouvoir dire « Je ne soupçonnais pas qu’il écrivit si bien » au lieu de « qu’il écrivît » - vous n’y voyez que du bleu sans doute, mais mois j’y vois un gouffre où tombe notre civilisation. J’aime mieux m’arrêter là, je reprendrai ces commentaires à humeur reposée. Bonne journée – et, pour les Beaunois, bonne dictée !

lucette desvignes
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 11:13

PASSAGE DU TEMPS

 

Les années passent

elles ont passé

elles qui s’égrènent à la sauvette

sans carillonner

sans même prendre conscience

qu’elles s’enchaînent l’une à l’autre

en nous ligotant telles les mouches

dans la toile de l’épeire

Elle qui a d’abord joué avec sa proie

 les liens tout doux d’abord de soie

à peine à peine sensibles

d’abord impalpables

presque réconfortants avec leur douceur

et leur tendresse

C’est d’avoir répété cette douceur

cette précautionneuse attention

C’est d’avoir multiplié ce geste

en soi si impalpable

qu’elle a terminé son jeu

qu’elle a révélé son dessein

la mort lente de la proie

emprisonnée dans des liens de soie

garrottée jusqu’au souffle

jusqu’au cœur

jusqu’à l’âme

 

Et nous, laissés à nos solitudes,

garrottés par le temps

sans le moindre espoir de résilience

dévastés délabrés en ruines

tenant debout par miracle

dans ce linceul  de soie

le cœur inerte

le souffle détruit

l’âme morte

 

5 février 2016

 

lucette desvignes
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 08:49

         Le fonctionnement des élections aux Etats-Unis fait naître des problèmes là où il n’y en aurait pas : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Et ce choix de l’Iowa puis de l’Ohio comme états étalons peut aussi laisser pensif. Donc les premiers résultats, non seulement partiels mais encore parfaitement trompeurs (on peut être défait ici puis vainqueur ensuite, ou vice-versa), ont repoussé l’horrible Donald Trump en troisième position, ce qui doit  rabattre son caquet ainsi que celui de son égérie du moment, l’inusable Alaskaise prénommée Sarah. D’autant qu’on lui prédit  que son ennemi sera le pion N°4, autrement dit le représentant des fondamentalistes chrétiens dont on connaît le comportement quand ils sont à l’œuvre. Reste l’exploit de Bernie Sanders, qui a financièrement atteint pour sa campagne populaire le niveau des sommes récoltées par les grands partis officiels, et qui, sans la moindre aide autre que le parti des petites coupures, talonne Hillary malgré les coups en vache qu’elle ne lui ménage pas pour le faire lâcher prise. A mon avis, il y a trop de naïfs et d’innocents qui croient en lui pour que les autres ne lui réservent pas un ultime coup de Jarnac, à lui qui est naïf et innocent. Mais c’est toujours tonique de voir les petits faire la nique aux grands.

 

lucette desvignes
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 09:19

         J’aime bien me tenir à l’écart des jugements qui s’affrontent, dans le bruit et la fureur, à la sortie d’un film sur lequel tout le monde se précipite – 37°4 le matin, Titanic, The Artist…J’attends mon tour, en général deux ans plus tard (le temps qu’il faut pour que la Télé s’empare des circuits distributeurs) et je juge au calme, quand les clameurs se sont tues. Les qualités et les défauts des films n’ont changé en rien, deux ans tout de même suffisent parfois pour qu’un thème ou un style aient vieilli – rien à regretter. Et on est désormais sourd (encore plus qu’en leur temps) aux commentaires pro et contra que charrient les médias avec complaisance. C’est ainsi que j’ai vu cette histoire d’Adèle, comme si vraiment le film d’Abdellatif Kechiche méritait tant de bruit. On nous parlait avec componction des limites que les actrices devaient ou ne devaient pas dépasser, celles auxquelles il les avait contraintes… En vérité, on ne sent nulle contrainte dans les ébats des demoiselles, et le thème général du film, qui est la découverte du plaisir sexuel chez une adolescente, et qui passe par le garçon, puis la fille, puis l’un et l’autre, est très mal traité, en un émiettement de brèves séquences, à grand renfort de déplacements, de coups de fil, de séances de travaux pratiques (on voit bien que pour le réalisateur c’est cette portion-là qui a seule compté). De vagues invraisemblances dans les tempi, les rythmes scolaires, la vie de famille (ce bonheur des spaghetti à la Bolognaise dans les deux maisons !) insèrent mal le scénario dans une réalité quotidienne. A fait beaucoup verser d’encre, mais aurait pu rudement mieux faire.

lucette desvignes
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 19:05

Mea Culpa non immédiat (réaction tardive mais brutale après vision de l’horreur : Blog N°2138, Remarques sur un visage : au lieu de « Quand au visage de l’Indien » (ligne 4 à partir de la fin), merci de corriger en « Quant au visage de l’Indien »… Même tardif, votre geste me soulagera/M%erci !

lucette desvignes
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 09:27

         On vante beaucoup les qualités d’acteur de Johnny Depp, ce qui me semble quelque peu exagéré. En effet, il appuie surtout sa renommée sur le caractère impassible de son visage comme Clint Eastwood dont l’impassibilité morose est frappante. Or, chez l’un comme chez l’autre, les jeux expressifs de physionomie existent aussi, et fort bien, et cela me paraît davantage à apprécier. Dans ce très spécial et très réussi Dead Man, Jarmusch fait le pari de nous amener, pendant les trois quarts de son film où le chétif petit comptable de l’Ouest revisité par les Indiens est mourant, jusqu’à sa mort, au-delà de la mer des morts, seul dans son canoë funéraire auquel l’Indien a donné l’élan nécessaire. Qu’il porte le nom d’un poète et que cela lui soit rappelé par un chef indien dissident qui a fait ses classes chez les Blancs et le cite à chaque instant, voilà qui corse un schéma qui subvertit les schémas habituels : c’est l’Indien qui agit, disparaît, revient, soigne le revenant du poète, lequel n’a aucune fibre poétique. Dialogue, personnages, thème, cadrages, tout cela porte la marque magistrale et déroutante de Jarmusch . Quand au visage de l’Indien, à lui seul il pourrait illustrer une démonstration d’expressions insolites avec ses sourires, ses grimaces, ses bouderies, ses larmes : mieux que Johnny Depp, et ^peut-être mieux qu’une séance d’Actor’s Studio...

 

 

 

lucette desvignes
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 09:42

         Primaires à droite, primaires à gauche… Le terme est devenu banal, mentionné presque quotidiennement. Le peuple sait maintenant que cela signifie le combat entre chefs, et que le moins mauvais gagne. La pratique est devenue routinière : à côté d’un  vieux chargé naguère de la fonction suprême, s’agitent d’autres vieux jadis chargés de fonctions moins suprêmes mais tout de même signifiantes puisqu’elles avaient, par leurs mauvais résultats, entraîné leur destitution. Or c’est entre ces deux ou trois remis en piste que le choix doit s’effectuer, et on nous en parle depuis longtemps, depuis que chacun de ces seconds choix a relevé la tête. La solution reste nébuleuse : chacun met en avant ses réussites, ses promesses, ses capacités qu’on n’a pas encore assez bien vues, cache ses erreurs, se rajeunit ou se renouvelle vigoureusement. Qui va voter d’ailleurs ? Les militants ? les munis de leur carte ? On sait que chaque votation non officielle réserve des surprises, dont certaines bien éphémères. En tout cas à droite c’est le schéma de base. En face il n’y a pas pléthore de chefs possibles (dont aucun n’entraînant l’unanimité  nécessaire), il n’y a plus de chefs, il n’y a plus que des petits chefs reconnus dans leur petite province mais refusant de s’associer à d’autres pour constituer au moins un groupe un peu plus visible à l’œil nu, à tel point que pour des primaires il va falloir inclure des dizaines de noms sans la moindre chance. Il n’y en aura qu’un qui n’aura rien vu rien compris : il va croire qu’il lui suffira de s’inscrire pour l’emporter, il va se présenter même si on le fait taire.

lucette desvignes
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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:59

         Je suis convaincue (et je ne suis certainement pas la seule) que    « les cinq années du septennat hollandais » resteront dans les annales du XXIème siècle comme le pire symbole de l’effondrement français. Un petit dessin aperçu hier  montre notre timonier venant aux nouvelles auprès de son alter ego : « Dites moi, Valls, qui  reste-t-il de gauche au gouvernement ? – Vous, président ! » . Nous voilà tous renseignés sur les uns et les autres. On n’aura jamais vu dans l’histoire pareille farce que cette obstination à faire le contraire de ce qui, sur tous les points, avait été bruyamment promis (sauf que, dans les six premiers mois de Mitterand, après le vote de l’impôt sur la fortune, les fourrures, les bijoux, le prompt et fracassant retrait d’icelui annonçait déjà bien nettement la couleur). Les vrais dindons de la farce, outre bien entendu la population réduite à quia, se retrouvent regroupés derrière une bannière en lambeaux dont ils regardent les débris effilochés sans comprendre comment cela a pu arriver. Les lettres qu’on peut encore distinguer sur ces haillons, un P et un S, ne signifient plus rien pour personne, et ils seront bien mal avisés ceux qui, aux prochaines élections quelles qu’elles soient, auraient encore envie de se les mettre à la boutonnière. D’ailleurs aucune marmelade désormais inconsommable n’aura été si complaisamment, si savamment faite à partir des mots démocratie, république, laïcité, antisémitisme : quand on va vouloir repartir de zéro, ne va-t-il pas falloir inventer tout un vocabulaire pour s’y reconnaître ?

lucette desvignes
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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 09:02

         Le recours des scénaristes d’un soap opera tel EastEnders à la cérémonie du mariage se fait à peu près deux fois l’an, et j’en ai vu pratiquement toutes les variantes, des noces de contes de fées d’orient à cheval chez les Pakistanais aux mariages à la sauvette qui déçoivent tout un quartier. Souvent, ô surprise,  l’entreprise capote : au moment du oui, le marié – ou la mariée : pas de jaloux pour les statistiques – dit non et s’enfuit. Ou alors  cela se termine mal (après qu’on en ait parlé pendant des semaines : la robe, le lieu de célébration, le repas, le voyage de noces, le choix du garçon ou de la demoiselle d’honneur) : ainsi la mort du marié tombant d’un toit parce que poursuivi par la police bien qu’innocent, ou celle du marié arrivant en retard au pas de course et mourant d’un infarctus sur le seuil de la mairie, voire la tentative d’assassinat du marié par une rivale jalouse (ô  cette robe virginale toute souillée d’hémoglobine !)… Je croyais avoir tout vu, mais il y a eu hier ! Un mariage à tout casser de deux époux toujours amoureux après 28 ans de vie commune et quatre rejetons déjà grands (sans compter un viol et un bébé au père indéterminé puisqu’hésitant entre deux frères donc sans recours possible à l’ADN). Un beau manoir bordé d’une rivière avec un ponton où s’affrontent l’un des frères et sa mère, accusée d’avoir toujours préféré l’autre – le marié -, l’affrontement finissant par des empoignades et deux chutes dans l’eau. Le marié voyant sa mère en danger se jette à l’eau lui aussi, sauve la mère, replonge pour sauver le frère déjà inerte, le reste de la famille arrive, le beau-père plonge pour aider à récupérer la mère, la mariée vient maculer de boue sa belle robe blanche, le SAMU arrive à temps pour sauver tout le monde, finalement le mariage se conclut entre époux en peignoir de bains. Je crois bien qu’après un exercice de ce calibre les EastEnders sont arrivés à une conclusion définitive.

lucette desvignes
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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 09:44

         Taubira avait eu le malheur de concentrer contre elle toutes les tendances pétainistes qui traînent encore, irréductibles, dans les bas fonds de la mentalité française. Je n’ai jamais pu digérer qu’on n’ait pas mis la main sur l’ignoble gamine qui lui offrait une banane à un moment de grands remous dans la foule, qu’on ne l’ait pas fessée sur la place publique et qu’on n’ait pas déchu ses parents de leur paternité puisqu’ils exerçaient leurs droits de cette manière indigne. J’avais aussi apprécié (je n’étais pas la seule : tous les députés de droite s’étaient unis dans une standing ovation, je crois, lors de son premier discours établissant ses intentions de ministre, sans un papier sans une note, une heure d’exposition claire et brillante de ses idées par une petite femme noire pétrie d’intelligence. A part ces points, je n’avais pas grand-chose à dire sur ses prises de positions, sauf que je ne les suivais pas le moins du monde. Comment une femme se prétendant de gauche (mais il est vrai que dans ce gouvernement dit « de gauche » on a totalement perdu le Nord et l’usage de la boussole) a-t-elle pu endosser pendant tout son temps de fonction la défense de la scélérate loi Alliot-Marie, le pire reste traînant dans les règlements qui nous commandent du totalitarisme du temps de Sarko, qui condamne le boycott des produits sous étiquette d’Israël provenant des colonies de Palestine en le taxant d’antisémitisme ? en maintenant les sentences de juges rétrogrades ? en feignant de ne pas voir l’immonde amalgame qui se fait sur ce sujet ? C’est là une position incompréhensible de sa part, ce pourquoi je la laisserai partir sans le moindre regret : à mon avis, comme pour tous les autres ministères, on ne pourrait pas trouver pire.

lucette desvignes
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