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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 09:45

         Quand un film est bon – de structure, d’idée, de développement, de vérité d’acteurs – c’est comme pour un bon roman : vous pouvez le relire sans dommage, vous y trouverez toujours quelque chose de nouveau pour retenir votre intérêt. Je mets Fenêtre sur cour (ainsi d’ailleurs que  Vertigo , malgré la grande faiblesse de la fin) parmi les bons films, qu’on a plaisir à revoir plusieurs fois. J’ai glané hier, à partir d’une histoire dont je connaissais tous les développements, plusieurs zones d’intérêt auxquelles je n’avais pas prêté attention auparavant mais qui étoffent singulièrement l’intrigue. Par exemple le fait d’avoir donné le contre-pied de l’enquête (celle du voyeur, qui gagne si facilement sa fiancée et son  infirmière) à l’ami flic qui patiemment démolit ses hypothèses jusqu’au moment où, convaincu, il décide d’intervenir (et c’est de justesse). Ou encore cette longue profession de foi du reporter célibataire endurci par une vie d’aventure et d’errance, qui hésite à épouser une mondaine cantonnée dans les magazines de la bonne société : pour qu’elle se mette elle aussi à collaborer, même fort audacieusement, au déroulement de l’enquête, il a suffi d’une nuit dont on nous montre brièvement – et pudiquement – les chaussons de satin enrubannés et la nuisette d’une vaporeuse légèreté…Dans cette confrontation sous-jacente à l’intrigue criminelle qui se déroule dans l’appartement d’en face, le résultat est acquis après que les armes de la femme ont été déterminantes : mais si l’homme se rend, c’est aussi parce que la femme se révèle passionnée par le fonctionnement d’une enquête dont elle n’admettait guère qu’on pût y trouver matière à profession honorable… L’imbrication de ces deux lignes essentielles donne un poids, une solidité réjouissante à l’ensemble, les diverses facettes des relations entre sexes qui apparaissent selon les étages et les balcons constituant une étoffe de sociologie plus théâtrale que scientifique.   Et passer la soirée au Montrachet me paraissait une initiative intelligente de Sir Alfred, mais pourquoi diable en avoir fait du rosé ?

lucette desvignes
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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 09:44

         En attendant ces grands sujets d’indignation qui devraient tester définitivement mes forces de dénonciation (en attendant dis-je : non parce qu’il n’y en a pas, mais seulement parce que je n’ai pas encore pris connaissance de l’actualité) je peux exercer mes morsures gentillettes sur les programmes de télé – vous savez bien que le cinéma est mon vice). Ainsi je me suis décidée à voir « Les Amours de Céladon et d’Astrée », non certes pour découvrir les souffrances de ces deux bergers d’exception, mais parce que c’était un Rohmer et que je le devinais pas trop discoureux, même dans un contexte de galanterie début XVIIème où, bien avant le charme de Marivaux, on se mêlait gauchement de couper les cheveux en quatre. Ah mes belins-belines, quels beaux paysages j’ai vus ! D’ailleurs j’ai apprécié qu’on signale que, faute de pouvoir retrouver dans un Forez abîmé par la civilisation et l’industrie le décor d’origine de cette pastorale, on avait dû faire les prises de vue de forêts, de vallées et de rivières ici et là, dans des cadres naturels encore préservés. Un bon point pour Rohmer, donc. Mais un seul… Il aurait pu recréer une atmosphère poétique de conte de fées, où les druides par leurs principes et commentaires poussaient les amoureux l’un vers l’autre, après leur douloureuse séparation – mais c’était loupé, monsieur Rohmer, c’était grotesque : les évolutions d’ensemble qui croyaient qu’on allait les prendre pour des chorégraphies, les professions de foi des amoureux fidèles et celles du libertin,  l’intermède de la dame noble qui veut retenir prisonnier le beau noyé qui n’était pas mort… Finalement je me suis autant rasée qu’avec Le Genou de Claire ou Ma Nuit chez Maud : pas la peine de mobiliser Honoré d’Urfé pour un  résultat identique !

lucette desvignes
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 08:44

 

 

         Je ne crois pas encore pouvoir dire que « ça c’est ça » : ça tire un peu trop dans les emmanchures, question lenteur du geste, manque de rapidité des réactions ou de  variété de l’intérêt…Non, il y a encore à dire. Je ne sais pas si vous vous en rendez compte de l’extérieur, mes belins-belines, mais avoir loupé tout un mois d’avril de santé et de bonne humeur ça ne vous arrange guère. J’ai l’impression que je me suis rouillée aux entournures, ça grince, ça craque, ça regimbe, alors que d’habitude ça partait comme une fusée. Je devrais me sentir regonflée de penser que la vitrine du libraire qui se prépare à m’accueillir va être joyeusement toute pleine des couvertures de tous ces recueils : chacune dans son style, ici un bois, là une  gravure, plus loin  une peinture, ou du bariolage, ou de la photo, ou du symbole (est-ce que ça n’a pas été bien cogité de représenter la vie à deux comme du sable où se dessinent les empreintes de pas, et pas forcément en parallèle ?). Bien sûr, au passage, je suis contente, il me semble que je grimpe un escalier pas à pas en redécouvrant des choses….Mais je n’ai pas encore retrouvé l’envie d’exploser, et l’explosion c’est un de mes principes de base…Un jour ou deux peut-être, et puis l’occasion d’une grande indignation : ça devrait suffire pour me remettre en selle. Guettons donc ensemble la grosse indignation salvatrice.

lucette desvignes
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 11:07

 

 

 

         Ah mes belins-belines, je vous vois tout de suite en émoi. Encore un blog qui manque ! Est-ce qu’on ne nous l’aurait pas ramenée à l’hôpital, une fois les mauvaises habitudes prises ? Rassurez-vous, mes agneaux (ou mes petits pigeons : ça se dit bien dans le théâtre de Tchékhov) : j’ai repris assez de forces pour ne pas me laisser emporter malgré moi ! C’est seulement un fichu emploi du temps qui ne m’a pas laissé une minute pour souffler : médecin dans la matinée , pharmacie, plombiers, visite de l’éditeur, préparatifs pour la vitrine du 28 mai… Vous l’ai-je dit, au fait ? La librairie Gibert organise un après-midi de signatures sous la banderole : « 90 ans – 35 ans d’écriture de nouvelles »… Il faut donc retrouver toutes les parutions même celles en revues, il faut que la vitrine puisse donner un panorama complet, même si bon nombre de ces textes ne peuvent plus être proposés à la vente (c’est vrai que le panorama est assez impressionnant). Je travaille à tout retrouver, et je ne vous cache pas que j’éprouve ici ou là de douces joies à redécouvrir tel titre ou tel autre bien caché dans les plis de l’oubli… Et le plus regonflant, savez-vous, c’est de se dire que la source n’est pas tarie, et que les recueils à venir s’accumulent !

lucette desvignes
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 09:19

         Je ne sais pas ce que de l’étranger on peut penser de l‘agitation qui s’est emparée de nos dirigeants (ceux qui nous entraînent droit au gouffre en ayant l’air de nous préparer un pique-nique) mais vue d’ici, sur place, au niveau de l’information tronquée et déformée qui nous est réservée par les médias, on pourrait imaginer un suprême (ultime ?) branle-bas de fourmilière paniquée où chacun tâche de sauver sa peau faute de pouvoir sauver ses meubles. Les menaces de totalitarisme (inconscient ?) tombent d’en haut, les appels à l’union, à la solidarité de parti se multiplient (quelle solidarité avec un parti traître à tous ses engagements ? et d’ailleurs quel parti, qui ne peut même plus brandir un sigle convenant à tous, puisqu’il s’est émietté en remplaçant la notion ancienne de socialisme par celle de la gauche tâchant d’émerger hors de ses cendres ?), on marche, on défile, on manifeste, on palabre, tout le monde prend la parole et personne n’écoute, dirait Vincent Hervouet, bref l’activité habituelle à une nation policée est remplacée ^par une nervosité dont la contemplation d’ensemble donne le tournis. Il faut dire que la même nervosité a gagné les autres nations, chacune se débattant avec des problèmes presque existentiels où l’économie a supprimé tout sentiment : même la réine d’Angleterre vient paraît-il de se permettre un jugement incongru en réponse aux gaffes de son premier ministre.. Une fin de règne, quoi, une fin de planète… et pas en beauté !

lucette desvignes
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 09:58

         Je crois bien, ma parole,  que le poil de la bête est en bonne voie de repousse, si j’en juge par mon agacement devant ces « trois étoiles Télérama » décernées au « Dernier Métro ». Cela fait plusieurs fois qu’il s’offre à la tentation, et je le laissais de côté, le souvenir d’une vision antérieure sans grand enthousiasme ne m’engageant pas outre mesure. Hier cependant je me suis laissé faire, malgré la présence de Depardieu (même pas trop bibendum encore) auquel je ne pardonnerai jamais d’avoir, au sommet de sa carrière, ravi à un comédien cantonné dans les imitations de Don Camillo sa place gagne-pain en bouffant - il n’y a pas d’autre terme - des platées de nouilles à sa place). Et j’en sors, incrédule devant le jugement officiel. Certes, la minutie de la reconstitution de l’atmosphère de la vie parisienne (marché noir, contacts forcés et pénibles avec les occupants s’intéressant au théâtre, éructations au micro des critiques collabo s’attaquant aux Juifs de manière infâme, couvre-feu etc.) est bonne, mais c’était tout de même un minimum ! La pièce dont on suit la naissance jusqu’à la première, et dont heureusement on n’entrevoit que quelques rares scènes, dont plusieurs fois la même (qui devrait être un sommet emportant l’adhésion et qui relève du flop total, tant par la raideur glacée de Deneuve que par la lourdeur de Depardieu dont on ne comprend même pas qu’il ait pu être choisi pour jouer les   séducteurs) est d’un médiocre avéré, et que tout finisse bien sous les vivats peut réjouir les bonnes âmes, mais peut aussi consterner. En outre, quand on vous explique que Truffaut a voulu se peindre à la fois en Deneuve et en Depardieu, vous avez parfaitement le droit de rester sceptique – et, même, de rigoler…

lucette desvignes
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 09:44

         Quand je disais hier que notre ravi s’était découvert un nouveau jouet, à vite mettre en pratique avant une éviction inévitable, j’aurais bien dû aussi faire mention de son complice principal, Monsieur Vals.  Lui, chaque fois qu’il dit une sottise, il la profère sur un ton implacable, tranchant comme une lame, comme s’il avait en lui tant de puissance que sa diction ne pouvait être infléchie vers l’explication calme, vers l’analyse claire et posée. Ce 49-3, qui de tout temps a été considéré comme l’arme suprême d’un gouvernement en pleine panade – j’ai bien compris que vous n’en voulez pas, de cette mesure qui va vous mettre à quia, eh !bien tant pis, on fait jouer au 49-3 son petit air de violon, on fait semblant de ne pas voir que c’est un recours à quelque chose de honteux dans son essence, parfait, ça passe, c’est passé – les fascine tous les deux. N’en ont-ils pas déjà assez fait la main dans la main pour donner de la gauche qu’ils sont censés représenter une image grotesque, viciée, vicieuse ? Il faut croire que cela ne leur suffit pas d’avoir démoli tout ce qui servait et protégeait le peuple (et le peuple qui les avait élus, bigre de bougre !) : ils veulent voir jusqu’où tiendra le bâtiment, déjà tout fissuré et au bord de l’écroulement, lorsqu’ils sortiront de leur manche ce dernier gadget. Et l’habitude une fois prise, il n’y a pas de raison pour ne pas s’en servir chaque fois que cela leur conviendra ; quand ils s’engloutiront dans les derniers remous, c’est peut-être ce hochet pour minus habentes apprentis dictateurs qu’ils brandiront avec satisfaction. Oui, ça existe, dit Vals, pourquoi ne pas l’utiliser ? L’instinct de l’honneur, de la décence, c’est trop tard pour lui apprendre que ça existe aussi…

lucette desvignes
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 09:11

         Quand j’étais au fond de mon lit d’hôpital, je n’accordais que bien peu d’importance à ce qui pouvait se passer dans le monde. D’ailleurs personne ne me tenait au courant des mouvements de foule. Et pourtant, comme j’aurais aimé savoir que les remous secouant les protestataires de « Nuit debout » étaient des remous de fond et non de simples démangeaisons d’épidermes ! La loi du travail – qui va tout de même réussir à passer : le recours au 49-3 vient d’apparaître à notre ravi comme un nouveau joujou dont il n’avait encore pas usé, il veut vite s’en servir avant la fin de son mandat car au fond de lui il sait bien que, candidat ou non, il n’y aura pas place pour lui quand on aura vidé les urnes – cette loi sur le travail, donc, qui taille dans les derniers droits des salariés au mépris de tout ce qui leur avait servi de garantie depuis des décennies, est une de ces lois scélérates dont la loi Alliot-Marie avait offert l’exemple, cette loi indestructible que nul n’a le courage de renvoyer d’où elle vient. Et la réforme de l’éducation de son côté ! Pour faire jeune, pour motiver les jeunes et les amener à la culture, « ils » ont trouvé une manière de s’adresser à eux qui prouve leur débilité : ainsi pour rajeunir le ton des dissertations : «  Ta petite amie vient de te faire part de son intention de rompre. Imagine la lettre que tu lui écris pour la détourner de son projet ». Voilà qui est beau, et noble, et émouvant. Comme je regrette de ne plus avoir à faire pareille dissertation… Je te vous en aurais trouvé des arguments, moi !

lucette desvignes
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 08:32

         Ah mes belins-belines, comme c’est bon de vous retrouver ! Je vous retrouve, vous me retrouvez, nous nous retrouvons.. . C’est Byzance ! Oui, Marie-Hélène, j’ai changé de décennie – c’est la dernière avant le grand poteau du siècle, le terrain est ^peu sûr, il va falloir que je m’aventure prudemment, mais je vais me cramponner, et puis avec vous pratiquement à ma portée je suis sûre que je vais pouvoir tenir le coup avec toute la dignité souhaitable. Je n’ai pas encore retrouvé toutes mes forces, mais pour vous montrer que je n’ai rien perdu de mon sens critique je vous signale que toutes les firmes qui utilisent le traditionnel « En mai fais ce qu’il te plaît »pour leur pub devraient déjà consulter un bon manuel de français. Elles avaient le choix entre « fais ce qu’il te plaît de faire » - un peu grand siècle, mais quelle élégance ! et « fais ce qui te plaît »  qui est le bon sens même. Naturellement elles ont opté pour la formule à rectifier, pas de chance ! Mais depuis quand le domaine de la pub est-il lié par le respect du beau langage ? La règle (qui d’ailleurs pourrait s’analyser comme une coquetterie d’emploi, je n’en disconviens pas) concerne également l’impersonnel « convenir ». Ainsi, « c’est la formule qui convient » ou « c’est la formule qu’il convient d’utiliser », voilà ce qu’il faut dire. Mais j’avoue qu’il y a d’autres fautes bien plus graves : celle-ci, c’était juste pour me mettre en train. Vous allez voir de quel bois je me chauffe, une fois toutes les forces revenues.

lucette desvignes
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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 08:30

         Mes belins-belines, je ne veux pas vous causer de fausse joie, mais je crois bien que dès lundi tout sera reparti pour un tour. Et je ne vous parlerai pas d’hospitalisation ni de bronchite infectieuse ni de toux opiniâtre ni de glycémie : promis, on se consacrera à l’agrément de la reprise de contact avec une ou deux petites incursions du côté de la planète souffrante. A lundi, soyez sages en attendant !

lucette desvignes
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