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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 08:09

         Ces mises à mort de têtes de gondole m’ont tonifiée pour tout le week-end. J’ai essayé de vous faire participer à ma joie, mes belins-belines, à cette joie un peu grinçante qui vous submerge lorsqu’un autre que vous, dont vous révérez l’intelligence, la culture et le bon goût, dénonce avec une vigueur que vous souhaiteriez vôtre ce qui vous fait mal dans le monde auquel vous appartenez, j’entends ici aujourd’hui la galaxie Gutenberg. C’est qu’il ne s’agit pas de prendre un porte-voix et de crier votre vérité à la cantonade si votre vérité ne correspond pas au politiquement admis sur l’orbite littéraire. Une dame se voulant visiblement cultivée m’a interrompue une fois dans une conversation privée que j’avais avec une amie dans une file d’attente et où j’étripais Beigbeder, ce faussaire en littérature qui fascinait les imbéciles et savait en profiter cyniquement – elle a pris sa défense avec une ardeur qui ne s’amendait même pas d’une excuse pour interruption discourtoise, elle m’a vanté son intelligence (ce que je ne niais pas : l’homme est parfaitement conscient de son imposture), son style, sa vision de la société, bref philosophie, humour, connaissance du monde, il pratique tout à la fois. J’ai tenté de définir cette facilité racoleuse à être suivi comme une « littérature à l’épate », une « littérature à l’estomac » : rien à faire ! La dame s’enflamme au nom de la vraie littérature : tant pis pour moi si je ne la (re)connais pas (elle n’ose pas me parler de raisins verts, de jalousie professionnelle, mais son œil l’exprime – comment lui dire que devant ces aliments frelatés malignement garantis par des éditeurs qui abusent de leur réputation il faut bien que de temps à autre une voix s’élève pour justifier le choix de la qualité ?). Je ne puis que battre en retraite en hochant la tête : je suis triste de n’avoir pu convaincre, mais pour la dame je pars la tête basse d’avoir été ouvertement prise en flagrant délit d’envier un écrivain majeur dont je ne suis pas digne de cirer les chaussures. ..

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lucette desvignes
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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 16:40

         Vous m’avez souvent entendue – pas tout à fait récemment, en tout cas, c’est vrai : très bien, on s’en occupe ! – vitupérer les faussaires de la littérature, les forbans de l’édition, les bateleurs de foire dont soudain s’entichait un éditeur au point de vous inonder le marché avec des contrefaçons d’écriture littéraire qui trouvaient preneur parmi les veaux du troupeau bêlant. Je vous ai même cité plusieurs formules lapîdaires d’Eric Chevillard, mon maître à penser sur ce sujet. J’y reviens, réconfortée de découvrir qu’un livre entier de réflexions sur ce point a pu être consacré par Pierre Jourde (et en Pocket, donc à la portée de toutes les bourses) à ces auteurs qui (en sachant au fond qu’ils ne sont pas des écrivains) jouent à l’écrivain sérieux voire génial dont le génie est confondant et impossible à démontrer – c’est même ce qui prouve son existence, comme dans le Solo du Jardinier de Giraudoux où le silence divin est considéré comme une irréfutable preuve de l’existence divine. C’était merveilleux, et combien tonique, de découvrir que Les Particules élémentaires était un «roman bricolé », que Beigbeder est intellectuellement apparenté à « un animateur prépubère de NRJ à casquette à l’envers », que Darrieusseck c’est de la « littérature pour fête de la bière », qu’Angot « vend comme grande littérature une bouillie verbale complaisante », que Bobin « est à la littérature ce que sont les paires d’individus en bleu marine qui sonnent à votre porte en vous demandant si vous voulez connaître la vérité » (ne vous laissez pas embobiner), que Pascale Roze – anagramme-de-Zéro, mais Zéro absolu  - a mis au monde « l’enfant mort-né de la modernité et du roman-photo »… Je réclamerais volontiers un second tome, avec Marc Lévy, Gavalda, Jardin, Zeller, ah ! quelles saines lectures que ces mises à mort de têtes de gondoles !

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lucette desvignes
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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 08:46

Biographies, journaux, mémoires, écrits par eux-mêmes ou par de fervents fidèles… ce genre littéraire qui souvent est cousin du journalisme ne m’a jamais séduite. En fait, peu me chaut ce qui a pu arriver à telle ou telle grande figure (ou individualité totalement inconnue) et ce que les uns ou les autres ont bien pu en penser, voire leur faire. C’est donc tout à fait par hasard que je me suis laissé entraîner à plonger dans le journal de Vézelay de Romain Rolland pendant les années de guerre, et seulement d’ailleurs parce que, venant d’achever une préface sur la Shoah en Côte d’Or, j’étais curieuse de savoir ce qu’allait penser de l’anéantissement des Juifs ce grand cerveau ennemi de la guerre. Or j’en ai été pour mes frais. Moi qui révérais ce militant « au-dessus de la mêlée », j’ai déposé là ma considération pour son ouverture d’esprit et de cœur. Il m’est apparu tout autre pendant cette occupation qui lui imposait la coexistence avec nos vainqueurs : il aurait pu se contenter d’une certaine objectivité, mais non ! Il ronronnait de pouvoir dire qu’à des niveaux divers de culture les Allemands, soldats ou officiers, saluaient en lui l’écrivain de Jean-Christophe, qu’on venait de loin presque en pèlerinage pour l’assurer qu’on le lisait dans tous les milieux en Allemagne… Je crois bien qu’il ne s’est jamais soucié des Israëlites de la région, ni non plus de ceux qui de divers pays d’Europe constituaient de lamentables troupeaux à exterminer dans les pires conditions : les mentions au problème y sont rares et jamais nettes. Pour lui les Allemands étaient toujours estimables (même quand des réquisitions abusives de couvertures ou de chevaux parmi la population soulevaient l’indignation) et j’ai été sans cesse chiffonnée par l’incroyable indulgence qu’il réservait à l’infâme Châteaubriant, le collabo de la première heure, résolu à défendre les nazis jusqu’au bout puisqu’il fera partie du méprisable convoi de Sigmaringen autour de Pétain, de Céline et de Le Vigan. Que d’autre part, sous prétexte de largeur d’esprit en matière religieuse, il laisse sa femme sous l’influence pernicieuse de Paul Claudel, ne fait que confirmer sa faiblesse et même sa veulerie devant tous les problèmes. En voilà un que son journal n’aura pas servi à grandir…

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lucette desvignes
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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 08:40

         Biographies, journaux, mémoires, écrits par eux-mêmes ou par de fervents fidèles… ce genre littéraire qui souvent est cousin du journalisme ne m’a jamais séduite. En fait, peu me chaut ce qui a pu arriver à telle ou telle grande figure (ou individualité totalement inconnue) et ce que les uns ou les autres ont bien pu en penser, voire leur faire. C’est donc tout à fait par hasard que je me suis laissé entraîner à plonger dans le journal de Vézelay  de Romain Rolland pendant les années de guerre, et seulement d’ailleurs parce que, venant d’achever une préface sur la Shoah en Côte d’Or, j’étais curieuse de savoir ce qu’allait penser de l’anéantissement des Juifs ce grand cerveau ennemi de la guerre. Or j’en ai été pour mes frais. Moi qui révérais ce militant « au-dessus de la mêlée », j’ai déposé là ma considération pour son ouverture d’esprit et de cœur. Il m’est apparu tout autre pendant cette occupation qui lui imposait la coexistence avec nos vainqueurs : il aurait pu se contenter d’une certaine objectivité, mais non ! Il ronronnait de pouvoir dire qu’à des niveaux divers de culture les Allemands, soldats ou officiers, saluaient en lui l’écrivain de Jean-Christophe, qu’on venait de loin presque en pèlerinage pour l’assurer qu’on le lisait dans tous les milieux en Allemagne… Je crois bien qu’il ne s’est jamais soucié des Israëlites de la région, ni non plus de ceux qui de divers pays d’Europe constituaient de lamentables troupeaux à exterminer dans les pires conditions : les mentions au problème y sont rares et jamais nettes. Pour  lui les Allemands    étaient toujours estimables (même quand des réquisitions abusives de couvertures ou de chevaux parmi la population soulevaient l’indignation) et j’ai été sans cesse chiffonnée par l’incroyable indulgence qu’il réservait à l’infâme Châteaubriant, le collabo de la première heure, résolu à défendre les nazis jusqu’au bout puisqu’il fera partie du méprisable convoi de Sigmaringen autour de Pétain, de Céline et de Le Vigan. Que d’autre part, sous prétexte de largeur d’esprit en matière religieuse, il laisse sa femme sous l’influence pernicieuse de Paul Claudel, ne fait que confirmer sa faiblesse et même sa veulerie devant tous les problèmes. En voilà un que son journal n’aura pas servi à grandir…

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lucette desvignes
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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 08:33

         Biographies, journaux, mémoires, écrits par eux-mêmes ou par de fervents fidèles… ce genre littéraire qui souvent est cousin du journalisme ne m’a jamais séduite. En fait, peu me chaut ce qui a pu arriver à telle ou telle grande figure (ou individualité totalement inconnue) et ce que les uns ou les autres ont bien pu en penser, voire leur faire. C’est donc tout à fait par hasard que je me suis laissé entraîner à plonger dans le journal de Vézelay  de Romain Rolland pendant les années de guerre, et seulement d’ailleurs parce que, venant d’achever une préface sur la Shoah en Côte d’Or, j’étais curieuse de savoir ce qu’allait penser de l’anéantissement des Juifs ce grand cerveau ennemi de la guerre. Or j’en ai été pour mes frais. Moi qui révérais ce militant « au-dessus de la mêlée », j’ai déposé là ma considération pour son ouverture d’esprit et de cœur. Il m’est apparu tout autre pendant cette occupation qui lui imposait la coexistence avec nos vainqueurs : il aurait pu se contenter d’une certaine objectivité, mais non ! Il ronronnait de pouvoir dire qu’à des niveaux divers de culture les Allemands, soldats ou officiers, saluaient en lui l’écrivain de Jean-Christophe, qu’on venait de loin presque en pèlerinage pour l’assurer qu’on le lisait dans tous les milieux en Allemagne… Je crois bien qu’il ne s’est jamais soucié des Israëlites de la région, ni non plus de ceux qui de divers pays d’Europe constituaient de lamentables troupeaux à exterminer dans les pires conditions : les mentions au problème y sont rares et jamais nettes. Pour  lui les Allemands    étaient toujours estimables (même quand des réquisitions abusives de couvertures ou de chevaux parmi la population soulevaient l’indignation) et j’ai été sans cesse chiffonnée par l’incroyable indulgence qu’il réservait à l’infâme Châteaubriant, le collabo de la première heure, résolu à défendre les nazis jusqu’au bout puisqu’il fera partie du méprisable convoi de Sigmaringen autour de Pétain, de Céline et de Le Vigan. Que d’autre part, sous prétexte de largeur d’esprit en matière religieuse, il laisse sa femme sous l’influence pernicieuse de Paul Claudel, ne fait que confirmer sa faiblesse et même sa veulerie devant tous les problèmes. En voilà un que son journal n’aura pas servi à grandir…

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lucette desvignes
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 09:24

         La persistance d’un temps de rêve depuis des jours et des jours – un peu frais mais tonique dès le petit matin, délicieusement ensoleillé pour souligner les couleurs d’un printemps bien engagé dans la bonne voie, presque déjà trop chaud l’après-midi mais réservant pour la soirée des températures et des clartés incroyablement tendres – vous ferait aisément oublier qu’ailleurs, sur le reste de la planète et même si là-bas aussi le printemps devrait être à son summum d’agréments, on continue à s’étripailler, à torturer tout ce qui peut être soupçonné de différence (essentiellement d’ailleurs de religion : c’est peut-être cela le pire de toute l’histoire du monde que de voir s’égorger se bombarder se déchirer dans les plus vicieux raffinements de l’horreur des populations qui se réclament d’un credo autre ou s’entêtent à adhérer à la foi qui les expose au martyre). Mon amie musulmane à qui je demandais si elle était chiite ou sunite ouvre de grand yeux : elle et les siens ne sont ni l’un ni l’autre, ils font le ramadan quand il est décrété, font leurs cinq prières par jour, s’efforcent que leur djihad quotidien leur apporte la paix au moment du bilan du soir (on est loin alors des sens effroyables donné au mot depuis quelque temps, au point d’être devenu un terme de ralliement pour le mal) et partagent tout ce qu’ils ont et n’ont pas. Et ils se sentent aussi violemment menacés par les fondamentalistes que je peux le ressentir personnellement – en fait, maintenir son équilibre philosophique individuel est indispensable à la sérénité, mais en même temps c’est la chose au monde la plus irritante, la plus inacceptable pour les intégristes de tous les bords. Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche ! La question ne s’est pas simplifiée depuis Poitiers ou Crécy…

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lucette desvignes
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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 08:37

         Autrefois – oui, je vous le concède : autrefois est souvent ma référence, qu’il s’agisse de temps immémoriaux ou de ceux de mon enfance, et c’est bien rare que j’y fasse allusion pour dénoncer une faiblesse de l’époque passée, quelle qu’elle puisse être ; c’est au contraire pour souligner les déficiences, les erreurs, les cruautés voire les abominations de nos agissements contemporains – autrefois, donc, quand on voulait de l’ivoire (parce qu’alors on en faisait des tas de choses : colliers, bibelots, sculptures, coupe-papier ou serre-livres, tous objets devenus hors mode et dont en tout cas on peut se passer le plus facilement du monde ) on s’adressait à l’Afrique, le grand fournisseur des défenses que les habitants du cru allaient chercher dans les cimetières d’éléphants.  Pas besoin de chasse, de ruse, d’exposition au danger : tout juste le transport à effectuer, et croyez-moi c’était déjà bien suffisant comme peine. Je ne pense pas que la demande d’objets d’ivoire ait véritablement augmenté, mais en fait, l’ivoire étant considéré comme un bon placement (je vous demande un peu !) on s’est mis à trouver insuffisantes les réserves de leurs dents abandonnées par les éléphants dormant de leur dernier sommeil. Alors, malgré l’interdiction de les chasser, malgré l’insolence des richissimes « sportifs » venus à coups de millions tirer sur des bêtes inoffensives pour faire des photos glorieuses et emporter des trophées pour la décoration de leur salon, le braconnage se développe avec la bénédiction de tous. On se sert de strychnine ou de cyanure pour tuer les bêtes, c’est propre et vite fait : c’est quand même heureux qu’à notre époque on n’arrête pas le progrès…

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lucette desvignes
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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 09:05

         Pour la première fois je viens de rêver de mon ordinateur. Cela vient des efforts que j’ai faits hier pour adopter le maniement d’un portable qu’après des mois de délaissement j’ai décidé de mettre en fonction –ce qui exige de moi, l’ennemie viscérale de tout ce qui est électronique voire simplement électrique , une tension extrême et un apprentissage douloureux. Donc, marquée par mes efforts, je les transfère inconsciemment à mon ordi que je baptise portable (et certes je peux porter l’écran, le clavier et même la souris au bout de son fil mais je crois qu’on a fait mieux) et j’erre de par les rues et dans les prés humides et gargouillants (ici c’est la lecture approfondie hier soir des Eaux du Pré-au-Loup sur lesquelles une superbe étude du chantier Daillie m’a permis d’avoir de nouvelles lumières) et je ne sais où poser mon instrument de travail et pourtant le travail presse. J’installe l’ordi sur un lit, il s’enfonce, on me tend une planche à roulettes pour glisser dessous, il faudrait changer la cartouche et je n’en ai pas pris avec moi, j’écris donc sur un petit morceau de papier tiré de ma poche, et au crayon mal taillé, les notes d’une interview dont mon journal attends le CR. Une femme (chez laquelle autrefois j’ai logé  une nuit en chambre d’hôtes à Paris, une vraie petite bonbonnière) a tué sa fille et m’explique, avec le calme de la vengeance satisfaite, que cette dernière avait séduit son amant – normal : une jeune beauté au milieu d’un couple où l’homme ressent le démon de midi – puis après son geste a mis le feu à la maison. Les gens d’en face – l’amant, je crois, mais il cache son visage derrière un masque – bredouillent des choses incompréhensibles, tandis qu’une épouse, championne du harcèlement vengeur, accuse son homme (l’amant peut-être ?) des dégâts des eaux qui ont détruit son horloge et ses deux héliomètres ( ?). J’aimerais noter, avec ce crayon qui ne marque pas et sur ce papier où il n’y a plus de place, si les dégâts des eaux sont dus à l’action des pompiers, mais je suis interrompue par le  bruit de vaisselle de la maison voisine où ma mère et ma sœur débarrassent la table alors que je n’ai pas encore déjeuné. J’en suis là, mes belins-belines, et je ne sais pas où sont passés mon ordi en promenade ni sa souris au bout de son fil.

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lucette desvignes
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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 08:56

         Pour la première fois je viens de rêver de mon ordinateur. Cela vient des efforts que j’ai faits hier pour adopter le maniement d’un portable qu’après des mois de délaissement j’ai décidé de mettre en fonction –ce qui exige de moi, l’ennemie viscérale de tout ce qui est électronique voire simplement électrique , une tension extrême et un apprentissage douloureux. Donc, marquée par mes efforts, je les transfère inconsciemment à mon ordi que je baptise portable (et certes je peux porter l’écran, le clavier et même la souris au bout de son fil mais je crois qu’on a fait mieux) et j’erre de par les rues et dans les prés humides et gargouillants (ici c’est la lecture approfondie hier soir des Eaux du Pré-au-Loup sur lesquelles une superbe étude du chantier Daillie m’a permis d’avoir de nouvelles lumières) et je ne sais où poser mon instrument de travail et pourtant le travail presse. J’installe l’ordi sur un lit, il s’enfonce, on me tend une planche à roulettes pour glisser dessous, il faudrait changer la cartouche et je n’en ai pas pris avec moi, j’écris donc sur un petit morceau de papier tiré de ma poche, et au crayon mal taillé, les notes d’une interview dont mon journal attends le CR. Une femme (chez laquelle autrefois j’ai logé  une nuit en chambre d’hôtes à Paris, une vraie petite bonbonnière) a tué sa fille et m’explique, avec le calme de la vengeance satisfaite, que cette dernière avait séduit son amant – normal : une jeune beauté au milieu d’un couple où l’homme ressent le démon de midi – puis après son geste a mis le feu à la maison. Les gens d’en face – l’amant, je crois, mais il cache son visage derrière un masque – bredouillent des choses incompréhensibles, tandis qu’une épouse, championne du harcèlement vengeur, accuse son homme (l’amant peut-être ?) des dégâts des eaux qui ont détruit son horloge et ses deux héliomètres ( ?). J’aimerais noter, avec ce crayon qui ne marque pas et sur ce papier où il n’y a plus de place, si les dégâts des eaux sont dus à l’action des pompiers, mais je suis interrompue par le  bruit de vaisselle de la maison voisine où ma mère et ma sœur débarrassent la table alors que je n’ai pas encore déjeuné. J’en suis là, mes belins-belines, et je ne sais pas où sont passés mon ordi en promenade ni sa souris au bout de son fil.

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lucette desvignes
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 07:52

         Je sais bien qu’en dessous de 12 ans ils ne doivent en théorie pas regarder, puisqu’on l’indique aux parents en déclinant le carré blanc d’autrefois. Tout de même… J’ai vu par raccroc cet épisode de Game of Thrones,  que j’ai découvert sur nos écrans ouvert à tous alors que je croyais la série jalousement réservée à Canal+ - on annonçait la conclusion et c’est en général un bon moyen de se faire une idée de la valeur de l’ensemble. Las ! Je ne veux pas m’étendre sur le caractère débile de ce machin : thème, jeux de physionomies, décors, atmosphère, dialogues,  tout était minable, et racoleur dans son indigence. Moi qui avais cru, lorsque la série s’était annoncée, qu’il s’agissait d’un remake de House of Cards, excellente série d’intrigues politiques autour du roi empêtré dans ses problèmes sentimentaux et d’un Premier ministre capable de tout – je tombais de haut. Mais ce que je veux signaler c’est l’impression d’élégante facilité à couper le cou d’un ennemi qui ne peut que marquer les jeunes et tendres esprits. A plusieurs reprises, on voit démontrée (oui, je dis bien, démontrée) une impeccable technique d’égorgement : le cou étiré parce qu’on lève rudement le menton et en travers, presque en décrivant un demi-cercle, la lame d’une épée ou d’un poignard qui dessine d’un seul coup une ligne immédiatement rouge – ensuite le sang coule à flots, la tête tombe, le corps s’effondre. L’enfant spectateur ne peut qu’admirer la perfection du geste : c’est si beau, ce dessin immédiatement marqué en rouge, et surtout c’est si simple ! Il ne rêvera désormais que de s’essayer à son tour, au prochain conflit qu’il aura à la récré avec un autre gamin qui ne sera pas de la même paroisse…

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lucette desvignes
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