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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 15:15

         Dès qu’un événement est susceptible de léser une catégorie de nos ressortissants dont nos chers médias peuvent avec consternation brandir les souffrances, vous pouvez être sûrs qu’on va les découvrir dans leurs pompes et leurs œuvres. Ainsi, en marge des remous causés par la décision du Brexit au Royaume Uni désormais fracturé, on attire notre attention sur le cas douloureux de ces Français qui se sont établis en Angleterre il y a quelques années et qui se retrouvent dans l’incertitude à la suite du vote qui  extrait la Grande-Bretagne hors de la communauté européenne.  Est-ce qu’on va nous prendre à la Sécu ? s’inquiètent les uns. Qu’est-ce qu’on va payer comme impôts à présent ? se plaignent les autres. Il faut dire qu’en principe ces bons Français ont quitté leur pays pour des raisons financières, essentiellement le dégrèvement d’impôts (fort bien porté chez les artistes et auteurs) comme chez les coureurs cyclistes ou  en formule 3. Certes le désir d’élever leurs enfants en bilingues est à mes yeux d’une importance majeure et ennoblit leur décision, mais sont-ils si nombreux à raisonner ainsi ? Bref on nous demande de les plaindre, de nous mettre à leur place, de nous inquiéter pour leur devenir : ne va-t-on pas les expulser à leur tour ? quelle incertitude pour leur sort ? Allons bon ! on commençait à s’habituer au malheur des réfugiés de tout poil et en vrac, ne va-t-il pas falloir à  nouveau  tirer nos mouchoirs pour ceux-ci ? des Français, dites donc, des Français ! C’est tout de même autre chose que des migrants, non ?

lucette desvignes
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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 09:29

         Je me sens ce matin aussi nerveuse que n’importe quel citoyen britannique, j’ai hâte que le verdict soit sorti des urnes et je crains ce qu’il peut être. Le genre plébiscite a pour avantage de clarifier la question : oui ou non ? pour ou contre ? Au moins il n’y a pas d’embrouille comme si souvent dans les questions du domaine politique où se noient divers enjeux contradictoires. Ici au moins c’est presque aussi clair qu’au moment du retour de la Sarre à son corps maternel, l’Allemagne, lorsque les bulletins de vote réclamaient le rattachement à grand renfort de JA énorme écrasant le NEIN tout petit. C’est qu’il n’y a pas que l’Europe et  le rattachement à l’Europe qui comptent : les antagonismes nationaux des Gallois et des Ecossais veulent en même temps s’exprimer contre le joug anglais qui a commencé à branler dans le manche. Et d’autre part dans chaque parti les opinions s’affrontent, les gens de gauche contre, les gens de droite pour. Et puis il y a ceux qui disent qu’ils vont voter A à cause de leur entourage et qui déposeront un B dans l’urne puisque personne ne verra ce qui se passe dans ces ténèbres sacrées. Bref les plus fins experts sont bien empêchés de donner un pronostic qui tienne debout. Dans un mouchoir… résultats serrés… impossible de prévoir… Et puis ces dix pour cent qui n’ont jamais fait part de leur intention de voter, qui n’iront peut-être pas accomplir leur devoir (c’est moins rigoureux que chez nous : j’ai appris hier que dans certain quartier huppé de Londres la votation se faisait dans la vaste cuisine d’un pasteur, on n’aurait jamais « c’te idée-là  par cheux nous ». Ce qui n’empêchera pas les résultats d’être définitifs, et ne concernant pas que les seuls Britanniques…

lucette desvignes
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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 11:06

         Je crois bien me rappeler – après tout ce n’est pas si lointain – qu’après des années de souffrance et de discrimination raciale le monde entier avait pris conscience qu’il fallait délivrer les noirs d’Afrique du Sud du joug des blancs installés depuis des décennies sur leur terrain. Les agriculteurs canadiens boycottaient avec un succès éclatant le matériel Massey-Ferguson, les oranges Outspan représentaient officiellement   une tête d’enfant noir pressée à mort, les meneurs du mouvement de révolte, Mandela en tête (même si je crois il était encore en prison) suppliaient le monde entier de boycotter les produits sud africains de quelque nature qu’ils soient, afin d’établir en face des sentiments humanitaires le seul adversaire à considérer, la balance commerciale du pays. Et c’est le boycott qui avait amené les dirigeants du pays à céder, à reconnaître que l’apartheid n’était pas un système de gouvernement digne et acceptable. Oui, le monde entier avait vu le résultat, avait établi le lien de  cause à effet de ce boycott pratiqué largement. – et si les uns s’en étonnaient, les gens de cœur s’en félicitaient. Or le même problème se pose en Palestine depuis soixante ans (depuis que ses frontières avaient été officiellement délimitées en la réduisant et en expulsant des centaines de milliers d’habitants sans droit de retour) : Israël s’est installé sur leur terrain et les traite comme des représentants d’une race inférieure, les abreuvant d’humiliations incessantes, d’injustices, de mesures discriminatoires, leur réservant des traitement indignes sans cesse renouvelés pour leur pourrir la vie. Tout naturellement, après tant d’années où le régime nazi, loin de s’améliorer, se précise impunément, l’arme des consommateurs du monde s’impose : boycott boycott boycott, seul moyen pacifique de protestation contre un comportement assassin que la planète contemple sans bouger le petit doigt…Il est même facile de boycotter en restant dans la légalité, puisqu’Israël vend frauduleusement comme s’ils venaient d’Israël les produits palestiniens des territoires indûment occupés. Mais notre cousin presque frère a vu le danger que cette entente commerciale protestataire pouvait représenter ; il a froncé le sourcil, fait sa grosse voix : « Comment ! Arrêtez-moi ça tout de suite ! ». Notre pauvre moribond en train de se noyer (la réforme, les Nuit Debout, les défilés monstres, tout ça fait trop pour lui) a tout juste la force d’appeler Alliot-Marie à son secours : « Vous qui aviez la poigne nécessaire, permettez que je vous emprunte vos amalgames puisqu’ils vous ont si bien réussi » - du coup, on condamne les boycotteurs, interpellations, amendes, peines de prison etc. Ah ! mais, vous croyiez que le maître était impuissant ? Eh bien vous allez voir ce que vous allez voir !

lucette desvignes
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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 09:35

         Pendant le Ramadan, les musulmans doivent obéir à des consignes strictes pour leur alimentation, avant et surtout après cette grande série d’heures d’abstinence qui ne doit pas interrompre leurs obligations professionnelles. Parmi ces consignes de nutrition figurent les  dattes, puissant reconstituant doté de nombreuses qualités. Le marché des dattes revêt donc pendant le Ramadan une importance considérable. Aussi Israël juge-t-il que c’est le moment idéal pour l’alimenter, histoire de faire fleurir dans les gondoles des grandes surfaces ces tentants petits fagots de tiges ondulées sur lesquelles s’accrochent ces olives blondes aux transparences ambrées. C’est aussi le moment pour le consommateur de se méfier : on nous fait croire que ces dattes sont des produits d’Israël, or elles proviennent de Palestine, la malheureuse terre exsangue dont petit à petit le nom sera rayé de la carte comme son existence si on continue à laisser faire. Il y a tricherie sur l’origine du produit, une magouille destinée à l’introduction en fraude sur le marché européen qui fait des prix doux à so, enfant chéri Israël. Et tout le monde est au courant, et c’est tout juste si on a le droit d’en parler, puisque si on vous engage à passer votre chemin devant des dattes aussi séduisantes on risque l’arrestation, l’amende, le procès, la prison. Mais puisque je vous le dis !

lucette desvignes
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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 09:24

         Pendant le Ramadan, les musulmans doivent obéir à des consignes strictes pour leur alimentation, avant et surtout après cette grande série d’heures d’abstinence qui ne doit pas interrompre leurs obligations professionnelles. Parmi ces consignes de nutrition figurent les  dattes, puissant reconstituant doté de nombreuses qualités. Le marché des dattes revêt donc pendant le Ramadan une importance considérable. Aussi Israël juge-t-il que c’est le moment idéal pour l’alimenter, histoire de faire fleurir dans les gondoles des grandes surfaces ces tentants petits fagots de tiges ondulées sur lesquelles s’accrochent ces olives blondes aux transparences ambrées. C’est aussi le moment pour le consommateur de se méfier : on nous fait croire que ces dattes sont des produits d’Israël, or elles proviennent de Palestine, la malheureuse terre exsangue dont petit à petit le nom sera rayé de la carte comme son existence si on continue à laisser faire. Il y a tricherie sur l’origine du produit, une magouille destinée à l’introduction en fraude sur le marché européen qui fait des prix doux à son  enfant chéri Israël. Et tout le monde est au courant, et c’est tout juste si on a le droit d’en parler, puisque si on vous engage à passer votre chemin devant des dattes aussi séduisantes on risque l’arrestation, l’amende, le procès, la prison. Mais puisque je vous le dis !

lucette desvignes
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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 09:13

         J’ai un peu tendance à juger vulgaire  parce que trop relâchée et trop fort énoncée, témoignant donc d’un certain manque de polissage dans les manières, l’expression en général clamée au milieu des rires ou avec les rires tout proches « Celle-là, c’est la meilleure de l’année ! ». Mais aujourd’hui, ce que je viens d’apprendre m’autorise, me semble-t-il, à recourir à cette formule populaire qui, au fond, traduit bien l’incrédulité  devant une chose qui a du mal à passer. D’ailleurs c’est probablement vrai : je dois détenir avec cette nouvelle le pompon du ridicule accordé dan s l’année. Que je ne vous fasse pas languir plus longtemps ! Si vous recherchez des niches fiscales bien pépères, telles que notre administration des impôts les tolère, en voici une inédite et parfaite : faites un don à l’armée israélienne, cela vous permettra d’ôter 66%  sur le montant à payer (vous connaissez la formule adoptée par toutes les associations quémandeuses : « ainsi, un don de 80 € vous revient en réalité à 27, 20 € »). Pas besoin de s’acoquiner avec une banque qui fonctionne Îles Caïman : pourquoi chercher si loin, puisque vous avez la solution sous la main ?  L’armée israélienne, Tsahal pour l’appeler par son doux petit nom, voilà ce qu’il vous faut. Et vous avez la garantie du copain de Benyamin, l’encouragement de son cousin presque frère, mais oui, celui qui règle nos destins encore pour une petite année.(ça va faire long, ça, ça va faire long…). Est-ce que ce n’est pas ,     franchement, la meilleure de l’année, celle-là ? Comment ? Cela ne vous fait pas rire ? Pas rire du tout ? Eh bien moi non plus ! Ce serait même rudement le contraire, voyez-vous…

lucette desvignes
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 10:34

         Pendant la guerre de 39-45, tenant compte du coût du chauffage de l’eau

imposé à la nation, le roi de Grande-Bretagne avait fait peindre dans toutes les baignoires dépendant de son autorité une limite à ne pas dépasser : le civisme prenait des bains rapides, sans traîner dans la mousse parfumée comme avant guerre.  Scrupuleusement, la nation avait suivi cette consigne,  et sans aller jusqu’à la peinture de l’émail chaque citoyen respectait cette limite à ne pas dépasser au moment de ses ablutions. Cette ingérence de l’autorité dans la gestion des ressources naturelles a laissé sa trace  dans les décisions de l’ONU : savez-vous que l’ONU, bonne fille, toute pleine de bonnes intentions, a estimé que 7litres50 devait être le minimum d’eau à utiliser par individu dans sa journée?. Beau calcul sans effet sur les innombrables territoires répandus sur la planète où l’eau est rare et où l’eau à boire, l’eau non polluée, est un luxe inaccessible. On peut cependant se référer à ce calcul pour juger de ce que peut être la situation en Palestine : la distribution de l’eau ayant été confiée à Israël pour tout le territoire occupé (sacrée idée, ça), l’apartheid fonctionne parfaitement. Un litre 20 par tête de pipe palestinienne, 750 litres pour les Israéliens, étant bien entendu que cette eau généreusement dispensée aux colonies provient des gisements palestiniens. D’ailleurs, les robinets peuvent se fermer sans préavis : ainsi dans la région de Jenine où ils sont fermés depuis quarante jours. Il faut même une permission des autorités, facile à refuser, pour recueillir l’eau de pluie par ses propres moyens. Inutile de décrire la situation lorsque des villages entiers, leurs habitations réduites en poudre par les bulldozers en quelques minutes, se trouvent  rayés de la carte avec la population expulsée au hasard des routes : ils n’ont même pas le temps d’emporter une timbale ou une gourde, et il n’y a rien à regretter puisque de toute façon ils n’ont rien à boire.

lucette desvignes
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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 09:40

MEA CULPA  immédiat : N°2220, ligne5 : lire « foulé » et non pas « foulés ».

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lucette desvignes
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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 09:30

         Puisque je ne vous cache rien, mes belins-belines, de mes déboires, espoirs ou émotions dans leur grande diversité, j’ai bien dû vous parler de mon garage. Je suis presque amenée à dire « mon garage », puisqu’il s’est érigé frauduleusement, bien qu’avec la bénédiction de l’urbanisme local, exactement sur ma limite mitoyenne de propriété. Je pourrais vous énumérer ses entorses au droit de voisinage foulés aux pieds : construction sur une limite séparative qui devrait consister en plant vif ou en grillage, volume trop grand, hauteur trop grande… mais je ne veux pas reprendre les interminables conclusions de mon avocat au cours des années (eh oui, ça fait déjà cinq ans que ça dure). Je devrais pouvoir vous dire  «  J’ai gagné mon procès, ouf !ouf !ouf ! » puisque je l’ai gagné, le Tribunal de Grande Instance ayant sans problème déclaré la bâtisse  « surdimensionnée et à démolir ». Mais voyez-vous , une fois le petit doigt dans l’engrenage, votre bras se trouve happé jusqu’à l’épaule.. L’appel de mon voisin a donc empêché la démolition de s’opérer, et son avocat semble disposé à naviguer en eau trouble : mon conseil ayant souligné que l’autre partie n’avait pas remis son dossier d’appel  dans les délais requis, on n’a pas en haut lieu retenu ce retard comme entraînant une faille dans le déroulement juridique, on a sèchement supprimé l’incident sans explication, et on a repoussé la prochaine confrontation (avec ou sans plaidoirie, je ne sais) au printemps 2017, càd  près de trois ans après la proclamation de ma relative victoire. Il n’est pas difficile dans le cas de mon voisin d’imaginer que plus ça tarde, plus il a de chance : vu l’âge de son adversaire (moi et personne d’autre, mes belins-belines), le temps qui passe milite en faveur d’une dégradation de mes facultés intellectuelles, donc de ma volonté d’en découdre, donc du ralentissement de l’action menée contre lui. Et certes   si l’on imagine le schéma ou la Cour de Cassation devrait intervenir, ça nous repousse assez loin pour que, gâteuse ou non, je sois toute prête à aller retrouver mes ancêtres. Avec un peu de chance même peut-être (la chance entièrement du côté des autres, mais ce ne serait pas la première fois), je les aurais même déjà rejoints…

lucette desvignes
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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 16:29

         Affronter pendant des semaines et des mois, au cours de douloureuses et acerbes empoignades, des héritiers qui n’avaient normalement pas droit à la succession et qui – grâce à quelles manœuvres auprès du défunt à venir, à  quelles persuasions insidieuses et perfides, grâce peut-être aussi à quel conseil mal orienté de la part du notaire qui a inspiré le testament ? – se trouvant tout à coup sur la liste des élus se comportent comme en terrain conquis et bousculent tout le reste, héritiers légitimes comme principes généralement admis de respect des volontés du défunt… C’était, oui c’était une bagarre débilitante, à cause de l’invasion du mental par cette obsession de guerre et par ce sentiment d’impuissance en face du comportement des Bandar-Logs. Une atmosphère d’hostilité de tous les instants qui ne vous quittait guère même la nuit. Et en corollaire – c’était peut-être ça le pire – ce dégoût de soi qu’on finissait par prendre à force de voir se généraliser sur toute une famille l’instinct de la razzia, de la prédation, du détournement, du larcin, de la main basse à poser lourdement sur tout butin possible : on avait beau, précisément, faire la différence entre les comportements des uns et des autres, on se sentait coupable et chagriné d’appartenir à la même catégorie d’être humains dont ils exhibaient avec fierté le plus mauvais profil…Bon, la page est tournée – pour l’essentiel du moins. Les volontés du défunt ont été respectées, vaillamment et chèrement – ce qui n’était pas prévu dans le déroulement de cette succession qui devait se faire dans l’harmonie. Mais, je le répète, la page est tournée, le pire est derrière moi, je n’ai  plus à me demander à chaque mouvement de pion sur l’échiquier si c’était bien ce qu’il fallait jouer et ce que mes partenaires allaient dire de mes insuffisances. L’air est devenu plus respirable et mes nuits plus calmes, mais      l’horizon plus vide aussi : dites, je ne vais tout de même pas me mettre à m’ennuyer, si?         

lucette desvignes
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