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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 08:13

         Mea Culpa N°1742, « La Question de la matinée » ; Ligne 2 à partir du bas, lire « les adresses », le S final ayant sauté à l’impression (vous auriez une autre explication ?).

 

J’ai regardé hier soirThe Iron Spur, autrement dit L’Appât, fort mal nommé en français car on se demande sans cesse ce que le titre désigne exactement : en anglais au contraire cet éperon d’acier sert à la fois à James Stewart pour s’agripper à la falaise rocheuse qu’il escalade péniblement et comme projectile atteignant Robert Ryan à la joue et le faisant perdre l’équilibre. L’histoire n’est pas mal boutiquée et il n’y a pas le moindre temps mort. Toutefois, on peut se demander, au début de l’aventure, comment deux personnes réfugiées en haut de ladite falaise, le bandit et sa compagne, peuvent bien faire pleuvoir sur leurs poursuivants les tonnes de rochers, blocs et grenaille, qui à plusieurs reprises les empêchent de réaliser leur ascension. Bien sûr, quand on visite les studios d’Universal, on vous montre par le menu les trucs visuels qui vous plongent sous l’averse même de ces énormes blocs (comme on vous fait vous imaginer aussi que les requins des Dents de la Mer s’en prennent directement à vous) et je veux bien croire que les acteurs du niveau inférieur ne sont pas atteints par ces éboulements provoqués par ceux du haut. Mais précisément : comment les poursuivis peuvent-ils déclencher pareille masse rocheuse ? Quand on la voit déferler en bondissant dans sa cavalcade meurtrière, on s’étonne que ce déclenchement ait pu être provoqué par quatre mains nues. Mais on peut toujours s’étonner ; le réalisateur n’a jamais songé qu’il devrait fournir une explication logique à ce bel arrangement de son scénario…

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lucette desvignes
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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 09:49

         L’éternelle, la lancinante, l’inévitable question que se pose toute ménagère chargée de famille dès le matin , c’est « Qu’est-ce qu’on va bien manger à midi ? », avec le sentiment d’une écrasante responsabilité. D’ailleurs, même si elle reste toute seule, elle a jusque dans sa retraite le réflexe de cette hésitation, puisqu’elle déroule devant la bouchère patiente et résignée son petit monologue qui semble chercher l’aide extérieure : « J’ai fait du pot-au-feu lundi, mardi j’ai fait les restes en vinaigrette, mercredi j’avais une côte de porc, jeudi un filet de dinde, vendredi, ah vendredi j’ai fait de la morue, alors quoi pour finir la semaine ? Pourquoi pas du collier d’agneau, que je vais faire avec des pommes de terre, et puis pour demain dimanche une cuisse de poulet, pourquoi pas, hein Ma’me Michu, qu’est-ce que vous en pensez ? » Ma’me Michu s’en balance, et comment !, elle attend seulement la décision pour pouvoir passer à une autre cliente, mais le dialogue fait partie des rites de l’achat. Même pour les végétariens la question se pose : riz, coquillettes, semoule, tomates, carottes, patates douces, pommes de terre, riz, coquillettes, semoule….et on recommence. On soupire de lassitude, on est vaguement exaspéré par la récurrence de la question. Si on veut éviter de se la poser, il faut aller en Somalie, au Centrafrique, au Soudan, au Nigeria, en tant d’autres endroits dont je pourrais vous donner les adresse : là-bas, on peut même éviter de se poser la question plusieurs jours de suite.

 

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lucette desvignes
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 09:12

      Les chaînes de cinéma fonctionnent volontiers par cycles, ce qui permet, autour de thèmes fédérateurs, le regroupement des meilleurs (en théorie) films de la catégorie. Quelquefois le regroupement permet d’amener au jour des films anciens plus ou moins avortés qu’on ferait mieux de pieusement conserver dans les oubliettes, ou dont les performances feraient rougir de honte les acteurs en fin de métier. Il y a aussi des thèmes qui prêtent le flanc à la critique, reconstitués dans les studios d’avant-guerre sans grand souci de  vérité : je pense à ces histoires boutiquées à partir de la fascinante et mystérieuse Légion étrangère lorsqu’elle se justifiait encore au Maroc ou dans le sud algérien, et qui romançaient jusqu’au tragique (ou du moins jusqu’à un pathétique larmoyant) la rencontre en ces lieux déshérités d’anciens assassins reconvertis dans l’honneur militaire et de filles au lourd passé qui se régénéraient douloureusement par l’amour. Le Morocco de Josef von Sternberg qui peint les déchirements d’un couple romantique destiné à ne pas exister n’est certes pas à laisser aux oubliettes, comme, sur un thème très proche, Le Grand Jeu avec Marie Bell et Pierre-Richard Wilm. Il a en outre le mérite de dater de 1930, càd des débuts du parlant, et Marlène, la grande découverte du réalisateur, affirme déjà qu’elle pourra être une vraie star. Mais comment peut-on attribuer 3* (ou 3T) à un film censé donner à Gary Cooper une irrésistible beauté alors qu’il apparaît comme toujours entre deux vins et que, sous son képi de travers, il a tout simplement l’air et le comportement d’un adolescent ridicule ?

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lucette desvignes
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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 17:49

         La publication des Mémoires a toujours quelque chose d’un peu agressif. Les auteurs paraissent avoir attendu d’en être arrivés au bilan final – eux-mêmes retirés de la bataille et occupant ainsi sainement leurs loisirs – pour que les vérités éclatent au grand jour, ces vérités qu’on a longtemps cachées au public. On découvre alors, soit directement en se fiant aux dires de l’auteur, soit par la bande, dans les portraits ou anecdotes racontées faisant intervenir d’autres personnages, qu’il y a eu des scandales, des mensonges, des forfaits, des trahisons entre diplomates ou gouvernants, bref entre autorités publiques qui nous on laissé croire à des vérités totalement fausses (c’est parfois pervers : vous vous rappelez le tour de passe-passe des faux-faux passeports des faux navigateurs ? Tout ce que je me rappelle de l’aventure, laquelle a bien failli nous priver à jamais de la sympathie néo-zélandaise, c’est qu’avec des vrais faux, et des faux vrais personne ne savait plus où il en était). Quand il s’agit de la publication des rancoeurs à la suite de la rupture d’un couple, le public se sent moins directement concerné puisqu’il ne s’agit pas de l’Histoire, donc des affaires publiques mais bien davantage titillé par les détails croustillants dont l’auteur émaille son récit. Où ça devient rigolo, c’est quand les révélations et lamentations de l’auteur concernent à la fois le public et l’alcôve : même si un scandale d’alcôve (ou de Lambretta, à vous de voir) a bel et bien eu lieu déjà en public dans cette aventure à trois, c’est culotté d’en rajouter une louche. Et un tirage à 200.000, dites donc ! On va peut-être parler d’autre chose que du chômage ou de la déflation pendant deux ou trois jours.

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lucette desvignes
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 23:21

Le 3 septembre, encore un peu avant minuit…

Belines et Belins, voici le soir qui tombe.

Je vais faire, je crois, ce que je fais toujours

Quand, sans me consacrer aux tâches qui m’incombent,

Je rédige pour vous un quatrain plein d’amour.

Je vais donc , en grattant ma pauvre tête vide,

Essayer de rimer quelques alexandrins.

En général, je tâche d’éviter un bide,

Les vers coulent de moi comme l’eau d’un moulin.

Ah ! je ne prétends point que ma manufacture

Egale en poésie mon discours quotidien.

Cependant, mes agneaux, je crois que d’aventure

Vers ou rimes, ce que je ponds se défend bien.

Alors, pardonnez-moi si, cette fois encore,

A défaut d’un sujet que j’aurais pu traiter

Et sans chercher l’inspiration jusqu’à l’aurore,

J’ai trouvé grand et noble de vous contenter

En composant cahin-caha mais tout en rimes

Un billet qui vous offre un amical bonsoir.

Demain matin mon blog vous reviendra en prime,

Oui, vous l’aurez ! Promis ! Ne perdez pas l’espoir !

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lucette desvignes
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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 08:09

         Tout le monde connaît la rouerie du Sodastream, la machine à gazéifier l’eau, qui, fabriquée en territoires occupés illégalement, donc palestinienne, se fait passer pour israëlienne pour bénéficier de tarifs douaniers intéressants (même schéma que pour les avocats etc., cultivés en Palestine et vendus comme israëliens : c’est un schéma si simple, pourquoi ne pas en profiter, dites voir un peu ?). Or le boycott de la chose, qui dure déjà de manière à porter ses fruits, a alarmé le PDG qui fonctionne dans la colonie israëlienne de Mishmor Adumim : c’est du « terrorisme financier », dit-il tristement, et cela l’oblige à fermer l’usine. Plus exactement à la délocaliser – puisqu’elle se reconstruit, devinez où ? mais tout simplement sur des terres volées aux Bédouins du Neguev, ces   Bédouins que l’épuration ethnique chasse de leurs villages ancestraux. Vous pensez, quand on a commencé à exploiter un bon filon, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin ! Les protestataires manifestent donc devant Fr2 et FR3, dont certaines émissions (‘Questions pour un champion par ex.) sont sponsorisées par Sodastream, afin de terminer ce partenariat honteux : pendant l’Occupation chez nous, si certains acteurs s’adonnaient à la Kollaboration parce que c’était la solution de facilité, ils ne l’ont pas emporté en Paradis, vous vous rappelez ce qu’on a fait d’eux à la Libération ?

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lucette desvignes
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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 09:23

         Décidément, Israël (le seul pays au monde qu’on appelle par son petit nom, comme son armée d’ailleurs – histoire de cacher la réalité hideuse sous une apparence de bénignité et d’amicale disposition) a dû juger qu’on parle trop de Gaza tous ces temps, qu’on compte trop de morts du côté des Palestiniens, que Gaza fait trop figure de région martyre au milieu de ses décombres. Stratégiquement compétent,  le gouvernement israëlien décide donc de transférer ailleurs des tactiques d’invasion qui faisaient figure de modestes manœuvres pour s’entretenir la main (en cas d’attaque, probablement) et de diriger les projecteurs sur un secteur moins marqué par l’actualité militaire. Voilà donc qu’on se tourne vers la Cisjordanie, où la guerre larvée fait ses ravages en catimini depuis des décennies, avec des colons armés jusqu’aux dents et totalement dépourvus de scrupules, au détriment d’agriculteurs dispersés incapables de s’opposer à l’arrachage de leurs oliviers chargés de fruits (et vous savez ce que signifie l’olivier au Moyen Orient : c’est non seulement l’arbre de la paix, mais surtout le symbole de la survie : c’est un arbre en quelque sorte sacré, qui met de longues années avant de produire et qui peut durer éternellement pour nourrir les hommes). Ah ! les Gazaouis, bien qu’écrasés finalement, leur ont donné du fil à retordre ? Parfait : Les 400 hectares de terres qu’Israël a décidé de confisquer à son profit vont pouvoir se conquérir sans peine : les paysans n’ont même pas un fusil, que pourront-ils faire devant les blindés qui justement peuvent à présent quitter Gaza ? Sur ces terrains il n’y a ni école ni hôpital à éventrer, mais des masures dont Tsahal va ne faire qu’une bouchée. Et le butin offert aux soldats, comme de juste. Que voilà donc un plaisant week-end accordé aux vaillants combattants tout juste retirés des zones brûlantes…

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 09:25

         Voici arrivé le week-end – ce que nos amis canadiens nous reprochent d’appeler autrement que « la fin de semaine » (c’est qu’ils descendent des Poitevins oui ou non ? à les en croire ils ne supporteraient pas l’influence anglaise à laquelle dans l’hexagone nous nous soumettons si lâchement) – et on regarde le ciel, on teste la chaleur de l’air, on souhaite que la luminosité du soleil tienne le coup jusqu’au soir, bref on se soucie surtout de la météo parce qu’on a pour ces deux jours de liberté des tas de projets qui s’accommoderont seulement du beau temps. Pari perdu ces derniers temps, où le samedi et le dimanche étaient voués à la pluie et au froid. Aujourd’hui donc il fait beau, le ciel n’offre que des nuages inoffensifs, on peut aller dans son verger ramasser les mirabelles tombées dans la nuit. Et c’est si tonique de les ramasser dans l’herbe, où elles luisent comme de petits bijoux… Ailleurs, en des lieux dont je vous laisserai seulement deviner le nom, les gens cherchent aussi en se baissant. Il n’y a pas d’herbe, pas de mirabelles, pas de fraîcheur de rosée. Il y a des éboulis, des gravats, de morceaux de béton, des pierres, des plâtras. On y cherche ce qu’on peut trouver, un plateau cabossé, un reste d’étagère, un verre à thé rescapé, un bout de couverture, un coussin éventré comme un hôpital ou une école. C’est de la recherche manuelle indépendante : quand on est à plusieurs, on essaie de creuser avec des outils de fortune, on sait qu’il y a des femmes et des enfants écrasés là-dessous. Là aussi, malgré la poussière dévorante, on aimerait autant qu’il ne plût point.

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 07:58

         Il y avait bien longtemps que je ne vous avais invités, mes belins-belines, à vous pencher sur les beautés du style commercial. Style d’emphase, destiné à accrocher au moyen d’adjectifs démesurés, mais se voulant du même coup poétique, hors des sentiers battus pour insister mieux sur l’exceptionnel de l’objet décrit. Je vous ai déjà transcrit des logorrhées dithyrambiques sur des bracelets montres ou des sacs à main (toujours appartenant à la catégorie « cadeau gratuit », ce qui rend d’autant plus douteux le caractère de valeur intrinsèque de la chose). Le verbe étant souverain, je vous en redonne une petite giclée. Ainsi pour « l’allure emblématique du patchwork de cuir » (on est derechef dans les sacs à main) qui « vous transporte dans un monde où la création a gardé toute son authenticité. Les lignes ondulent et se croisent sur une mosaïque pleine de noblesse. Et dès le premier regard on comprend que ce sac à main cultive le raffinement dans ce qu’il a de plus original. Ses teintes ébène lui donnent une force brute, et ses rondeurs une note de charme particulier. S’il en est un qui peut devenir le symbole d’une certaine distinction féminine, nonchalante, indémodable et hors du temps, c’est bien lui. Avec ses anses de longueur variable, c’est une divine compagnie qui réconcilie le luxe et la décontraction ». Si je ne craignais de vous lasser, je vous citerais bien encore ce qui concerne le porte-monnaie assorti, car il « affiche une double ambition : vous accorder tout le crédit dont vous rêvez et veiller sur vos intérêts en leur donnant de la valeur… Il ne demande qu’à se glisser dans votre sac pour jouer une cohérence de bon aloi, et il prouve de façon séduisante qu’on peut aimer le sens pratique sans forcément perdre le sens du panache ! »Je vous laisse digérer.

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lucette desvignes
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 09:27

         Je me souviens (le souvenir n’est pas le privilège de Pérec, tout de même) je me souviens de la consternation de mes parents, il y a longtemps, d’apprendre que les plus beaux services en porcelaine de Limoges (Royale ou Havilland, par exemple) ne recevaient pas l’agrément des USA à cause de la fragilité de leur décor doré qui ne s’accommoderait pas des lave-vaisselle autochtones. Evidemment, à l’époque, on ne savait pas en France ce que c’était qu’un lave-vaisselle, mais on était quand même éberlué que ce principe fût érigé en règle commerciale pour éviter l’importation des beautés dont la production américaine était incapable. Les circonstances ont certes changé, toutefois le fameux principe de précaution qui a déjà fait des ravages et que nonobstant on continue à brandir comme sauveteur de l’humanité nationale sévit en tout domaine et en vertu d’aveugles et absurdes théories. C’est ainsi que s’élaborent, dans le secret des laboratoires (qui sont, on le sait, non point des garanties de protection bactérielle mais des officines où se fabriquent des produits ou des interdictions mûs par le simple profit financier, quelle que puisse être la conséquence sur le public), des règlements qui qualifient les œufs. On pourrait attendre qu’interviennent essentiellement les notions de goût, de fraîcheur, de conditions d’élevage, de qualité de la nourriture : ne serait-ce pas normal que l’œuf pût être jugé d’après sa fonction de base, le plaisir qu’on puisse avoir à le déguster ? Eh bien non, mes belins-belines. C’est par l’analyse chimique que la composition d’un œuf admis à la vente est fixée, au risque de refouler comme indigne l’œuf des élevages à l’ancienne. Cela me rappelle la condamnation par de nombreux pays de nos meilleurs fromages, sous prétexte que le lait cru procède à leur fabrication donc qu’il n’y a pas le moindre barrage aux microbes dès le départ…Moi j’appelle ça de la mauvaise foi sur toute la ligne, mais si vous baptisez ça précaution d’hygiène et préservation de la santé publique vous avez toutes chances de l’emporter sur ma vision trop primitive des choses.

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lucette desvignes
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