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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:22

         Sur ma lancée, j’aurais pu vous tenir longtemps encore hier, mais j’ai appris une chose étonnante concernant Israël. Je vais donc vous parler de cet article (une fois n’est pas coutume, n’est-ce pas ?) parce que précisément, dû à la plume d’un très célèbre journaliste israëlien, il rend un son inattendu – et, de plus, il insiste, une manière efficace de persister et signer. C’était pourtant un Américain élevé dans la pure tradition sioniste, pure et dure, oui – et qui, tout naturellement, après avoir milité dans plusieurs associations juives de droite, avait regagné Israël pour s’y enraciner. Là encore, soutien du régime comme un pilier de rugby : pour tout ce que les divers gouvernements israëliens décidaient, surtout celui de Notre ami Benyamin, les justifications se multipliaient. Excuses, compréhension de la difficulté de gouverner, besoin de se défendre…l’ami Benyamin avait toujours raison, même quand les protestations indignées de l’ensemble des nations et l’évidence des mensonges du gouvernement commençaient à le gêner aux entournures. Puis un détail a frappé ce brave homme : les colons qui jettent des pierres sur l’armée et la police, au lieu d’être punis, sont récompensés par l’autorisation de construire 300 nouveaux logements (devinez où ils vont les bâtir ?) ; quand ce sont des gamins palestiniens qui jettent des pierres sur les soldats ou les flics, ils sont battus et emprisonnés pour de longs mois sans jugement (on les châtie ainsi dès qu’ils ont 13 ans) . Y aurait-il donc en Israël deux poids deux mesures ? Le brave homme continue à mettre 4 au bout de 4. Halte-là ! Mais oui, c’est de l’apartheid, oh horreur, est-ce possible ? Mais oui, c’est possible. Et pourtant  Netanyiaou jure que non, que cette étiquette infamante n’est pas pour Israël. Mais le brave homme, de plus en plus consterné, se rend compte de la vérité, qu’il avait jusqu’alors écartée de sa vision par amour des justifications pour les exactions israëliennes commises partout (Plomb durci,  Gaza 2014, Cisjordanie où les colons se comportent souvent comme des sauvages). Il crie clair et net, avec désolation mais force : « Oui, hélas, nous sommes devenus une nation où l’apartheid fonctionne parfaitement, je veux m’en dissocier, je ne veux plus être complice » (j’exprime ça avec mes mots à moi, mais c’est bien cela que j’ai lu dans cet article qui doit faire en Israël le même effet que dans le monde l’histoire DSK un jour maudit  dans un hôtel de New York….

 j

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lucette desvignes
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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 10:15

         Oui , je vous ai manqué hier, mes belins-belines (non comme « manqués » dans la foule à la sortie de la gare, mais bien en complément d’attribution, Oh comme vous m’avez manqué ! – donc, pas l’accord : vous voyez que je ne manque aucune occasion de tester vos capacités en orthographe ; car combien d’entre vous, mes agneaux, se sont dit en lisant mes premiers mots : « Oh elle a fait une faute !  » ?). Que voulez-vous, quand la famille est là… Je ne veux pas dire que vous disparaissiez totalement de mes pensées : en effet vous devenez même un sujet de conversation, on me presse de toute part de cesser cette tâche   qui ne rime pas à grand-chose, qui ne touche personne ou presque, qui mange mes forces créatives au dépens d’autres activités plus – j’allais dire « rentables », mais la rentabilité n’a jamais été pour moi, en quoi que ce soit, un élément déterminant (je me rappelle par exemple qu’en 69, donc dans le sillage meurtri de l’effervescence soixante-huitarde, l’administration dans un grand désir de se montrer à l’écoute des revendications étudiantes avait (brièvement) institué une sorte de calcul de rentabilité intellectuelle pour chaque enseignement : les collègues qui laissaient tout passer, l’ivraie comme le bon grain, plafonnaient avec des 96% de résultats en Licence, tandis que ceux qui comme moi utilisaient quand même la formule des examens terminaux pour rendre justice, ou non,  aux performances individuelles, s’en tiraient honteusement avec des 56% de succès… Dommage que l’administration, toujours elle, se fondât sur ces chiffres pour estimer la capacité des enseignants).

Donc aucune activité pour moi ne peut être plus « rentable » que le  bref contact avec les fidèles qui correspondent avec moi, donc derechef  le blog quotidien ne m’apparaît pas comme une besogne à remplacer par une autre pour davantage de profit…

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lucette desvignes
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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 09:14

         Je sais bien que le fait d’être sollicitée par plusieurs chaînes ouvertes aux pétitions de tout genre me fait entrer, du moins de façon théorique, en contact avec les situations critiques des uns et des autres, souvent alors qu’une intervention d’urgence, de police ou au contraire de justice, s’impose. En particulier aux Etats-Unis les pétitions de toute sorte pleuvent, et il faut réfléchir avant de s’associer à une protestation qu’on souhaiterait efficace. Il y a de tout, en effet, de la pétition pour avoir le droit de promener son cochon familier dans les rues d’une ville qui veut refouler les porcs dans les zones d’élevage aux réclamations virulentes  contre les vendeurs de voitures d’occasion aux prix les plus bas parce que les tires achetées ne présentent pas un maximum de garanties de solidité et de bon fonctionnement.  Il y a aussi les mères qui demandent la libération de leur progéniture arrêtée pour trafic de drogue alors que leurs enfants leur ont juré qu’ils ne touchaient pas à ces infâmes produits – cynisme et naïveté sont souvent présents dans cette présentation de   drames sociaux ou familiaux. Ce matin j’ai relevé la dénonciation par une mère de la police qui a    tué son fils lequel s’amusait au parc avec un revolver-jouet, comme son petit camarade qui avait déjà été abattu par la police dans les mêmes conditions quelque temps auparavant. Pas question pour moi de défendre par principe la police américaine,  dont je ne connais que trop les vices, les faiblesses ou les erreurs. Pourtant, si deux gamins ont été descendus pour s’être amusés avec de faux revolvers, ceux-ci doivent être bien imités et sans doute aussi les gestes des gamins les brandissant doivent-ils avoir fait illusion aux forces de l’ordre. Je sais bien qu’aux USA on tire souvent d’abord et on questionne après, mais tout de même. Simple question : dans quel état cela se passait-il et les gamins étaient-ils blancs ?

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lucette desvignes
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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 11:49

         Même si l’été perd de sa violence après l’orage du 15 août (lequel ne se produit jamais, mais la date-butoir a acquis une valeur de vérité d’évangile), l’esprit  vacances traîne encore ici et là, l’atmosphère baignades n’a pas fait sécession et, du coup, je me vois autorisée à reparler de Tel-Aviv sur Plage, qui au chapitre du succès touristique et politique a fait un flop à peu près total. Les gens qui s’y pressaient étaient presque tous des Juifs pro-israëliens, venus pour faire nombre (et si la lecture de tracts pro-palestiniens importés de Gaza-Plage a été faite par beaucoup d’entre eux avec attention, sans  bien entendu  les faire changer d’opinion, ce n’était pas le but de l’opération). En fait, pour tenter le touriste moyen qui pense déjà à s’aérer l’an prochain  sans savoir encore où, il n’y avait pas grand-chose : la réalité israëlienne offrait des check-points, des fouilles au corps, des queues pour gagner ce territoire, de la flicaille en abondance (dame ! je vous ai fait le calcul la dernière fois : cinq cents policiers pour 200 mètres de rivage, ça fait deux flics et demi par mètre – une sorte d’avant-goût   du régime de là-bas, oui, comme si vous y étiez, sauf qu’ici c’étaient les forces de l’ordre des contribuables du pays et non l’armée  de là-bas qui venaient protéger les vacanciers garantis bon teint, après vérification d’identité bien sûr,  et qui oeuvraient en terre étrangère puisque le droit français ne s’appliquait plus sur cette plage exotique pendant cette journée de célébration festive. Les policiers du cru n’avaient pas la mitraillette au flanc, mais ils chassaient les Parisiens non garantis bon teint (un peu bronzés surtout peut-être ?) en les refoulant hors Tel-Aviv Plage avec rudesse. Ah mes amis, quelle belle journée de vacances ! C’est par millions que dès la première occasion les touristes se précipiteront vers Tel-Aviv : après avoir vu comment c’était là-bas, une envie irrésistible d’aller voir par eux-mêmes va s’emparer des foules ! C’est ce qu’on appelle une opération touristique réussie.

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lucette desvignes
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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 18:18

         Il y a quelques mois – un peu plus peut-être – il était fort intéressant de pouvoir comparer les versions de La Recherche que la télé pouvait offrir. L’ensemble, visité en quelques heures, donnait agréablement une sorte d’impression d’avoir frôlé la foule proustienne, d’avoir été, sinon à tu et à toi avec les individus émergeant de la masse, du moins proche d’eux à les toucher. Pour autant rien ne ressortait clairement de la structure que Le Temps retrouvé s’essaie à mettre en lumière, et je dois dire que retrouver Mme Verdurin ou Oriane de Guermantes avec les traits de deux comédiennes successivement ne facilitait pas la besogne. Il était vain d’établir une hiérarchie des valeurs entre ces trois productions (comme, toujours à mon avis, il est inutile de comparer Les Liaison  dangereuses et le Valmont de Milos Forman : ces œuvres-clés de notre littérature sont de toute manière impossibles à rendre dans la totalité de leur force et de leur foisonnement, il peut donc apparaître sage de se limiter à une vision, et chaque version se défend avec ses propres armes).Des trois œuvres en concurrence, celle signée Companeez a été le plus attaquée, et je souscrirais volontiers à ce jugement. Toutefois, puisqu’Arte nous proposait seule hier soir sa contribution proustienne, on pouvait oublier le problème de la rivalité et juger plus facilement « en soi » ce long téléfilm en deux volets. Si on laisse de côté le somptueux de la reconstitution d’époque – décors, toilettes, atmosphère – on voit cette version Companeez comme une sélection de scènes pour le théâtre (c’est d’ailleurs à partir  des coulisses que nous sommes amenés en contact avec les personnages et à nul moment ils ne cherchent à nous faire oublier qu’ils jouent). Les personnages seuls comptent ici (le choix des moustaches est un véritable symbole) et on les voit surtout regroupés en couples ou en trios d’où ressortent les caractères et leurs tics. Certes il était hors de question qu’on pût recréer le schéma ou la structure de l’œuvre, mais il y a eu juxtaposition de saynètes bien plus que façonnage d’une masse globale. Et ce n’est certainement pas ce pauvre être appelé le narrateur (en effet il est toujours près des autres, à côté d’eux, parmi eux sans s’y mêler) avec sa  démarche hésitante, son air d’adolescent un peu niais, ses crises de larmes et son recours permanent à sa grand-mère, qui pourrait servir de lien dramatique efficace……

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lucette desvignes
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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 11:55

         Ne me dites pas que Mme la Mairesse n’était pas un peu gênée aux entournures, même si (puisqu’elle est en vacances – tiens donc !) elle se faisait remplacer par quelqu’un du même tonneau, lequel minimisait la portée politique de cette incursion hébraïque sur nos plages…Tout de même, elle avait mobilisé 500 policiers pour 200 mètres de plage, ce qui fait deux policiers et demi par mètre à protéger, et bien entendu je ne compte pas la brigade fluviale qui dans les parages devait être sur les dents. Et le filtrage était sévère, depuis le grand matin : d’abord pour les armes, puisque les protestataires ne pouvaient être que des terroristes (la mairie de Paris ignore sans doute que la résistance des Palestiniens contre les attaques des colons est une résistance pacifique, elle n’a jamais entendu parler de Bil’in par exemple, tous ceux qui ^protestent contre les exactions israëliennes en Cisjordanie ou à Gaza, sur place là-bas comme ici en France, ne peuvent être que des terroristes, d’ailleurs c’est bien ainsi qu’on les traite), ensuite, une fois la fouille effectuée, filtrage identitaire ethnique (dès que vous étiez un peu bronzé on vous empêchait d’aller faire des pâtés de sable à Tel-Aviv, des gens se  sont retrouvés refoulés sans un mot d’explication, et il ne s’agissait pas pour eux de montrer leur seau et leur petite pelle, ces instruments passaient immédiatement au département de la provocation). J’espère que jusqu’à l’extinction des feux (y a-t-il eu un feu d’artifice ? bonne question – juste avant le 15 août ce serait joliment œcuménique,  de même acabit que lorsque le pape était venu à Paris pour célébrer la Saint-Barthélémy, il y a quelques années) tout s’est déroulé dans le faste des danses de là-bas. Enrico Macias était-il invité ?

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lucette desvignes
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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 10:49

         Il y a diverses manières, pour l’homme sur de sa supériorité, d’extérioriser sa conviction qu’il est bien au faîte de l’échelle animale (die Krone der Schöpfung, telle était la définition que notre dictionnaire tout allemand donnait de l’espèce humaine, der Mensch) : avec des armes et en diminuant au préalable les possibilités de résistance de l’animal, càd en s’arrangeant pour que l’inégalité des chances soit totalement en faveur du Nemrod qu’il souhaite paraître, le fonctionnement est assuré à  cent pour cent. Quel que soit l’animal, d’ailleurs. Faites le tour de la ménagerie : ici on parque les sangliers dans des enclos où les chasseresses surtout (les tendres femelles) viennent viser les solitaires auxquels on a fait perdre l’idée même de liberté, si bien que  pour un peu ils viendraient saluer les visiteurs avec gentillesse en s’offrant de poitrail ou de flanc pour mieux recevoir les balles. Là c’est le même système, mais adapté à l’exotique : dans ces fermes de lions ou de tigres – ou même de léopards ou de panthères, au choix, ça dépend du prix -  vous pouvez tirer votre gibier au moment où il mange, où quand il fait sa sieste de digestion ; c’est qu’alors il y a un risque zéro,  comme de tirer une vache ruminant dans son étable, donc sans être mordu ou déchiré par des griffes de bête sauvage rattrapée à la course,  Si le tombeur de bêtes recherche davantage d’élégance, il choisit la feria, la fête taurine où le taureau a eu les cornes limées pour éviter qu’elles aient le nocif d’une lame, où une ou deux injections d’un subtil soporifique font leur effet sans qu’on devine rien dans l’arène. Mais voilà que les Américains – toujours au premier rang de l’invention – vulgarisent le Hog dogging, spirituel divertissement du Minnesota. HOG, c’est le cochon, ici le cochon sauvage, derechef le sanglier.DOGGING suggère le traitement par les chiens. On fait donc s’affronter un chien bardé de protections comme un flic avec son gilet pare-balles, et un sanglier auquel on a supprimé les défenses. Ce sont là les conditions d’équilibre des agressions perpétrées selon la morale américaine : un petit clin d’œil autour du monde et de son histoire récente vous permettra de juger que je n’ai pas tort.

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lucette desvignes
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 09:16

         Susyia I et II : cela pourrait être le titre d’une des innombrables nouvelles de Pirandello, comme par exemple La Signora Morli una e due ou n’importe laquelle de ses histoires où la double identité, la reconstruction d’un personnage, la prise d’un individu pour un autre sont monnaie courante et soulignent qu’il est bien difficile de croire en l’identité de son voisin. Mais il ne s’agit pas de la vision toujours théâtrale d’un romancier pessimiste : il y a deux villages face à face qui s’appellent Susiya,  au sud est de la Palestine. Et l’un est indiqué par des panneaux touristiques sur les routes entretenues, il est niché dans la verdure car il est rattaché au système hydraulique de Tel-Aviv, il jouit du tout à l’égout, de l’électricité, bref de tout ce qui permet à un village de vivre d’une vie normale et même de prospérer. L’autre n’est indiqué ni sur les cartes ni sur les chemins sauvages comme des pistes mal entretenues, qui vous permettent d’y accéder si vous êtes vraiment pourvu d’entêtement et de persévérance et que jalonnent de rares citernes non encore remplies d’ordures par les soins des voisins. Le dénuement total règne dans cette Susiya palestinienne : est-il besoin de préciser que la première, dotée d’armée et de police, est israëlienne, installée sur l’ancien territoire historique palestinien dont les occupants ont été chassés (même les grottes où ils résidaient ont été transformées en musée archéologique juif) et qu’elle exalte son ancienneté d’implantation (alors que même Ben Gourion pensait que ces occupants des grottes, ces locaux d’une région de cultures annexée  dès 1947 au prix de leur expulsion, étaient sans doute d’anciens Juifs coupés des autres et parlant arabe peu à peu  par suite de cet isolement).  Et l’israëlienne continue à convoiter la minable palestinienne (350 habitants cramponnés à leur passé et à leur nom) : ne doit-elle pas s’étendre puisque Benyamin le Grand  a décrété la construction immédiate de 300 villages agrandissant le territoire des colonies  et qu’il faut bien trouver de la place ? Une mobilisation importante et significative d’intellectuels juifs et de penseurs objectifs de Tel-Aviv et de Jerusalem   est venue manifester sur place pour défendre le droit à survie du village palestinien, afin que le village menacé puisse s’incruster dans sa tradition et sa résistance. Susiya pot de terre contre Susiya pot de fer ?             …………..

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lucette desvignes
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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 10:17

         Au risque de me répéter – car je n’ai pas encore digéré mon indignation  d’hier, à l’annonce de la fiesta programmée sur les bords de Seine au lieudit Tel-Aviv-Plage, avec banderoles flottant au vent, jeux–concours dotés de nombreux prix volés aux territoires palestiniens et présentés comme israëliens pur jus kasher  - je voudrais revenir sur cette provocation israëlienne que je ressens comme une gifle. Les organisateurs de cette monstrueuse initiative ont-ils oublié que les crimes de sang de l’année dernière à la même époque n’ont pas besoin de cette célébration faisant un pied de nez aux pertes humaines et matérielles de juillet-août 2014 pour pérenniser leur souvenir ? que les destructions des maisons, des écoles, des hôpitaux de Gaza, les mutilations des blessés, le destin des jeunes irrémédiablement basculé dans la violence et la vengeance, toutes ces atteintes à l’intégrité morale et organique d’une nation opprimée depuis plus de soixante ans sont présentes aux yeux et au cœur de toute personne un peu objective ? Il n’est pas possible que cette installation sur les berges de Seine, en plein centre des vacances parisiennes (aussi autoritairement réalisée que s’il s’agissait de la prise de possession d’un village de Cisjordanie dont les sanguinaires colons rasent les maisons et chassent les habitants, après avoir déraciné leurs oliviers prêts pour la récolte) ait lieu sans les complicités locales. Or ne nous voilons pas la face : c’est la mairesse de la capitale, toute souriante et prête à aller se baigner sur cette plage si convoitée, qui a donné toutes les autorisations nécessaires, et tous les encouragements : il faudrait savoir si elle y est allée de ses petites subventions et, le cas échéant, il faudrait monter aux cré- neaux, en force.

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lucette desvignes
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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 10:13

         Au risque de me répéter – car je n’ai pas encore digéré mon indignation  d’hier, à l’annonce de la fiesta programmée sur les bords de Seine au lieudit Tel-Aviv-Plage, avec banderoles flottant au vent, jeux–concours dotés de nombreux prix volés aux territoires palestiniens et présentés comme israëliens pur jus kasher  - je voudrais revenir sur cette provocation israëlienne que je ressens comme une gifle. Les organisateurs de cette monstrueuse initiative ont-ils oublié que les crimes de sang de l’année dernière à la même époque n’ont pas besoin de cette célébration faisant un pied de nez aux pertes humaines et matérielles de juillet-août 2014 pour pérenniser leur souvenir ? que les destructions des maisons, des écoles, des hôpitaux de Gaza, les mutilations des blessés, le destin des jeunes irrémédiablement basculé dans la violence et la vengeance, toutes ces atteintes à l’intégrité morale et organique d’une nation opprimée depuis plus de soixante ans sont présentes aux yeux et au cœur de toute personne un peu objective ? Il n’est pas possible que cette installation sur les berges de Seine, en plein centre des vacances parisiennes (aussi autoritairement réalisée que s’il s’agissait de la prise de possession d’un village de Cisjordanie dont les sanguinaires colons rasent les maisons et chassent les habitants, après avoir déraciné leurs oliviers prêts pour la récolte) ait lieu sans les complicités locales. Or ne nous voilons pas la face : c’est la mairesse de la capitale, toute souriante et prête à aller se baigner sur cette plage si convoitée, qui a donné toutes les autorisations nécessaires, et tous les encouragements : il faudrait savoir si elle y est allée de ses petites subventions et, le cas échéant, il faudrait monter aux cré- neaux, en force.

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