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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 12:51

         Dans quelque soixante-dix jours environ va se clore une année que l’ONU avait décrétée « Année de la Palestine ». Je m’étais fort réjouie l’an dernier, au moment où la nouvelle s’était répandue, car il me semblait enfin juste qu’on rétablisse le droit à la parole et à l’attention pour un pays qu’on muselait depuis déjà de trop nombreuses  décennies de douleur et d’iniquité. Et je crois que les gens de bonne volonté, ceux dont on parle benoîtement au moment de Noël, ont              attendu eux aussi des choses - des changements, un apaisement, un desserrement de l’étau qui broie ce pays mutilé, bref quelque chose qui pourrait donner une lueur d’espoir à ses habitants en train d’être sciemment et impitoyablement expulsés déracinés dépouillés de tout. On n’a pas voulu voir leur résistance pacifique, leurs démonstrations de patience : ce qui était presque comme une joue tendue a été délibérément interprété comme la plus offensante, la plus violente des provocations. La provocation des pierres et des gamins contre les tanks et l’armement lourd de l’armée la plus sophistiquée et la mieux entraînée du monde… Où est David ? Où est Goliath ? Il conviendrait de ne pas se tromper dans la distribution des étiquettes. Et cette implacable et brutale dépossession des uns au profit des autres, cette oreille sourde tournée  vers le reste du monde qui crie Holà ! avec trop de mollesse, cette lâcheté des nations qui se croient débarrassées de leur devoir moral une fois qu’elles ont dit « Allons allons, il faudrait peut-être remiser les armes, et rétablir la libre circulation des gens sur leur territoire, et ne pas arracher les oliviers d’autrui au moment de la récolte,  et ne pas s’emparer de terres et de maisons qui  ne sont pas à vous, allons allons », cela c’est un tout.  Et il suffirait que la vision du reste du monde fût un peu plus éclairée, comme au temps du despotisme des Lumières, pour que pût basculer ce déséquilibre inacceptable vers un rétablissement de la normalité : chacun chez soi à cultiver son jardin, d’autant que les jardins des uns ont tous été pris sur la surface du jardin des autres.

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lucette desvignes
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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 09:41

         Prendre l’air, c’est prendre l’air du monde. Du reste du monde. Pas forcément l’air des cimes ni l’air marin, ni non plus un air tout neuf selon des déplacements de par le vaste univers, mais tout de même changer d’horizon, laisser là ses quatre murs bien-aimés, quitter son cocon, quoi, et tendre le nez ailleurs. C’est une initiative salutaire, que vous visitiez ou non les richesses de votre zone de destination (car, ne vous trompez pas, il y aura toujours des richesses à explorer là où que vous alliez). Surtout vous remplacez votre solitude – même si vous l’aimez, même si vous l’adorez – par le contact avec ceux que vous avez choisis. Je veux dire que même à l’intérieur d’un groupe où vous trouvez à boire et à manger – pour rester en termes bourguignons – vous pouvez faire votre sélection personnelle et vous réjouir qu’elle rencontre le choix des autres. A deux , c’est une amitié d’une tonalité spéciale, teintée des décennies du passé où elle s’était mise en sourdine avant de reprendre comme un feu de forêt au premier souffle de vent. A quatre, dans un wagon de train où l’on se dispose comme des joueurs de cartes (mais qu’on ne me précise pas la nature du jeu : je ne sais jouer à aucun et je n’y comprends rien) on peut discuter ferme, trouver des solutions aux menus problèmes de l’association, s’ouvrir aux suggestions venues d’ici ou de là : quand on se sépare, à la gare où chacun reprend sa direction, on est tout triste que cela  ne puisse encore continuer un bout de temps, on a même l’impression que par la grâce de cette simple causette à plusieurs on a rechargé ses batteries pour affronter ce qui nous attend une fois seul, oui, ce qui se prépare à vous sauter dessus dans l’espoir peut-être même de vous terrasser…

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lucette desvignes
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 11:10

Expédié le 16 octobre, valable pour le 17 (histoire de vous montrer que vous êtes mon grand souci per fas et nefas).

 

 

         Je vous ai parlé d’Orange l’autre jour, surtout de ces couches ethniques qui depuis les Ligures se sont succédé par vagues depuis deux siècles avant notre ère – des migrants et des conquérants tour à tour, mélangeant les populations à qui mieux mieux (et même, par-delà les ethnies, brandissant leurs religions les uns contre les autres sans jamais s’être calmés ni avoir tiré les leçons des  massacres fratricides des générations antérieures). La notion de Français de pure souche devient ici flageolante : quelle raison de s’opposer aux nouveaux candidats à l’enracinement ? Je vais aller voir ce qu’il en est. Je vous dirai au retour mes impressions sur les relations humaines, telles qu’on les conçoit dans les pays où la corrida, c’est-à-dire la mort dans le sang et la douleur de taureaux hébétés, drogués, aux défenses amoindries, fait partie de l’orgueil régional…

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lucette desvignes
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 07:46

         Une vraie dure à cuire, cette Sandra Bullock (plus dure encore que George Clooney, lequel disparaît avalé dans l’espace (ou peut-être tourne-t-il toujours, qui sait ?). A-t-on idée de pareille romance, deux chargés de mission dans les airs envoyés sur une plateforme qui explose (tous morts sauf eux deux), cette relative chance permettant d’infinies évolutions  au dehors des appareils calcinés, au bout de câbles malins comme tout mais tout aussi assassins : ainsi George grâce aux filins récupère Sandra une fois tous les deux éjectés de leur propre vaisseau, et amène leur étrange couple reformé jusqu’à une station russe (russe, oui – qu’y faire ? il faut bien quand même sauver sa peau,  d’autant que cette station a été abandonnée, donc pas de discussions politiques au programme) avant de se détacher à jamais au bout d’un lien qui se rompt. Toutefois il a su booster l’énergie défaillante de l’astronaute femelle, qui au milieu d’incessantes explosions et catastrophes va finir par retrouver du punch et du sang-froid (il lui faudra tout de même une pîqûre de rappel sous forme d’apparition derrière le hublot de ce brave commandant qui multiplie les encouragements). On croit tout le temps que c’est la fin, mais non : galvanisée par ce dernier message d’un mort, elle s’y retrouve parmi les boutons tirettes poussoirs et pédales d’un Soyouz récupéré au passage, si bien que, seule rescapée, elle nous fait accomplir à ses côtés la rentrée dans l’atmosphère, pas du tout où c’était prévu : elle déploie encore des talents inédits de nageuse sous-marine (il faut la voir ôter son appareil d’astronaute qui se remplirait d’eau et se contenter d’un maillot de bain d’uniforme, deux pièces, très correct , puis nager longuement en sous l’eau pour émerger à proximité d’une rive de sable fin. Espérons que les secours, s’il y en a, se sont mobilisés dans la bonne direction. J’ai eu l’impression – certainement exagérée, comme d’habitude – que la SF américaine n’avait guère grandi depuis Buster Crabbe…

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lucette desvignes
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 08:37

        

         Je viens de passer deux ou trois heures toniques, oui, vraiment revigorantes. C’était la journée de la solidarité d’une association de retraité(e)s, le moment donc où, à l’issue des vacances (car les retraités continuent à se régler sur les rythmes qui ont conditionné leur vie de parents) chacun souhaite partager avec les autres la moisson de souvenirs qu’il a pu rapporter de ses loisirs au soleil ou à la montagne. D’où l’exposition des plus belles photos, mais aussi la présentation au public de tout ce que les équipes regroupées par affinités de goûts ont pu réaliser pendant l’été. Ce sont parfois des projets de longue durée, qui ont permis de tenir toute la mauvaise saison pendant les réunions hebdomadaires où s’échangent les initiatives, les remarques, les encouragements. Ici  on s’est lancé dans la mosaïque, là dans la peinture, plus loin c’était la section de la généalogie,… Eh bien quoi, me direz-vous, c’est comme dans chaque association ! Il y a des ateliers même bien plus variés que ça, peinture sur soie ou sur porcelaine, calligraphie, et l’art du bouquet sec… Vous avez l’étonnement facile, vous ! C’est possible, mais j’aime surtout ressentir des émotions fraternelles, et je les ai ressenties aujourd’hui devant la réalisation d’une petite équipe qui a tenu à sortir les plus anciens de leur solitude, en leur demandant (il a fallu des ruses de Sioux pour décider certains!) de raconter un souvenir d’enfance. Imaginez qu’avec une trentaine de ces petits récits  ils ont fait (ou plutôt l’âme de l’entreprise, qui s’est vouée au projet de toute son énergie, a sollicité les contributions, encouragé les réticences, poussé à la roue pour que tout fût terminé à temps, mis en forme, donné à l’imprimerie) un petit livre touchant de naturel et de fraîcheur. Personne ne pensera à le présenter pour le Goncourt : cela se passe à un tout autre niveau, celui du cœur, de la tendresse, de la camaraderie, de la fraternité. Dans son intention comme dans chaque palier de sa confection, ce petit recueil sert de lien vers les autres : on dirait qu’il tend la main…

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lucette desvignes
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:08

         Je ne peux pas comprendre qu’on recommande aussi chaleureusement la vision du film « le Prophète ». J’en avais déjà vu le début et l’avais abandonné assez rapidement parce que je n’apprécie pas les documentaires, surtout sur la vie carcérale . Or  c’est bien ce que j’ai vu dimanche soir, depuis l’entrée en prison d’un  presque encore adolescent illettré, à moitié arabe (ce qui l’expose aux rebuffades des deux côtés) et qui a du mal à s’exprimer, jusqu’au moment où « il aura appris ». Certes, sans en avoir l’air il s’affine de lui-même dans ses rapports avec les autres, apprend à s’insérer dans un groupe  (les Corses règnent,  s’imposant même aux matons dont ils soudoient certains), apprend à lire et à écrire, comprend et parle corse, arabe et français tout en restant silencieux la plupart du temps, se rendra peu à peu indispensable à un « protecteur », gagne de l’argent à des petits boulots, au bout de quelques années paraîtra prêt pour la réinsertion et profitera de sa liberté de 12h quotidienne pour trafiquer sans qu’on puisse le contrôler. Et certes encore on ne peut que s’intéresser à cette « montée » dans la société qui est la sienne, au développement de son intelligence et de son sens pratique. Mais comment négliger le fait que pour avoir droit à cette « protection » bénéfique il a dû apprendre à tuer un autre prisonnier qui ne plaisait pas au « protecteur » ? La morale de l’ensemble souligne les ravages de la promiscuité, de l’emprise de certains meneurs sur les plus faibles, montre par le menu l’horreur de cette existence qui n’en est pas une et qui ne s’appuie que sur le mal, la rouerie, le vice. Tout de même, malgré la présence implicite d’une banderole « Regardez comme on vit dans les prisons françaises », on reste mal à l’aise quand on arrive à la fin.

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lucette desvignes
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 10:45

MESSAGE A OVER BLOG /

 

Un peu en retard, mais merci d'avoir souhaité bon anniversaire à mon blog.J'aimerais qu'avec le fil à retordre qu'il me donne l'audience fût plus considérable qu'elle ne l'est..Mais c'est gentil à vous de m'avoir témoigné de la sympathie... après toutes ces années. A plus!

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lucette desvignes
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 13:17

Les problèmes du pétrole et de son extraction ont souvent pris pour nous le visage des techniques récentes – plateformes off shore, jaillissements inattendus dans des pays où les compagnies accourent pour prospérer sur le dos des habitants qu’on chasse en général de leurs lieux de résidence. Il se développe pourtant un intérêt presque archéologique pour les toutes premières exploitations, quand à la frontière du Nevada et de la Californie les villageois misérables troquaient selon des tarifs ridicules leurs terrains stériles à peine bons pour les moutons contre des promesses d’enrichissement facile ou de travail sur place. Le sinistre There will be blood dont Day-Lewis est l’inquiétante vedette, brandissant son amour paternel pour accréditer son sens de la famille – du pain, des écoles, une église – auprès des autochtones naïfs et ignorants et les disposer à croire que le paradis va venir s’installer sur leurs terres, résume tous les dangers et toutes les escroqueries du système. L’implantation d’équipes d’ouvriers travaillant sans relâche 12 heures par jour, les risques d’accidents (qui à ce niveau ne peuvent qu’être mortels), la destruction du paysage et de la région (et encore : dans ce film puissant tiré du roman d’Upton Sinclair – vieux d’un siècle déjà, l’imagine-t-on ? – on n’aborde pas la destruction de l’eau potable, qui salinise et ravage tout le secteur), l’intervention rapide des grandes compagnies rachetant les entreprises indépendantes, c’est déjà le schéma de ce qui se passe à chaque découverte de zone pétrolifère, c’est déjà l’analyse consternante de cette venimeuse fièvre de l’or noir qui, malgré les apparences du discours bon enfant des débuts, va entraîner à la folie meurtrière.

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lucette desvignes
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 10:51

         A deux ou trois reprises, la critique de films dérape de manière outrancière dans Télérama.  Je ne veux pas (je ne peux pas d’ailleurs) citer de noms, d’autant que la présentation en quelques lignes du cinéma du jour est souvent reprise de présentations plus anciennes, oven ready, prêtes à mettre au four, dont le premier auteur se perd dans la nuit des temps. Tout de même (et je l’avais déjà signalé, à propos du même article me semble-t-il – mais prêcher dans le désert est une vocation véritable, c’est la mienne) si on ne  sait pas à quel groupe de conjugaisons appartient un verbe , on consulte Bescherelle ou on évite de conjuguer. Ainsi en va-t-il avec le verbe se départir de, que par mécanisme ou par flemme on préfère employer à l’infinitif, avec sans, qui est bien commode. On dérape dès qu’on le conjugue, en lui imposant un « il se départ de » ou un « en se départant de », comme s’il était du troisième groupe ,        alors qu’il appartient au deuxième  et qu’il doit devenir « il se départit de » ou « en se départissant ». On n’a peut-être pas très souvent l’occasion de le loger dans la conversation, mais quand on s’y décide il vaut mieux le faire sans exposer ses insuffisances. Si donc c’est vous qui faites la prochaine présentation de films dans une revue de cinéma quelconque, ne conjuguez pas si vous avez un doute, ou conjuguez à bon escient….

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lucette desvignes
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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 08:56

         Avec Piccoli dans le rôle du Saint Père, je m’attendais à voir dans Habemus Papam une sorte de farce sarcastique avec sans doute un humour douteux (je n’ai pas dit que cela me consternerait). Or j’ai vu un film où la drôlerie,  l’humour, le comique étaient réservés aux seconds couteaux, les cardinaux avec leurs tics, leurs manies personnelles, leur envie de gagner ou leur gourmandise, ou encore la section « Relations publiques » du Vatican telle qu’on nous la présente, ou enfin la présence de ce garde suisse qui doit, dans les appartements de Sa Sainteté, veston posé pour une tenue blanche, faire bouger les rideaux matin et soir pour faire croire que le Pape est bien là. Certes un sommet de drôlerie est atteint avec ce match de volley ball (je ne crois pas me tromper d’étiquette, mais je ne garantis rien) organisé entre cardinaux des deux hémisphères par un psychiatre athée devenu un véritable gourou sportif à l’intérieur du Vatican. Quant au  pape lui-même, c’était au contraire toujours émouvant de voir un homme ignorer pourquoi il est las de vivre et possède dans la douleur le sentiment de son indignité. On suit sa fuite anonyme à travers Rome avec sympathie, surtout quand on découvre que le seul milieu qui le fait vibrer est celui du théâtre, avec le texte de La Mouette qui lui donne enfin l’impression qu’il vit, qu’il comprend quelque chose à la vie – et qui lui donne la sagesse de pouvoir fermement renoncer à un rôle qui n’était pas fait pour lui. Il y aurait bien des choses à dire encore sur le faux parallélisme de ces deux comédiens, celui qui avec ses faiblesses et ses insuffisances croit qu’il a soulevé les foules, et l’autre, qui a manqué sa vocation de comédien et prend conscience qu’il ne doit pas  recommencer une seconde fois…

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lucette desvignes
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