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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 08:36

s        Je vois que se poursuit la rétrospective des Laurel et Hardy commencée la semaine dernière. J’avais fait un effort pour voir Si ce n’est toi, c’est donc ton frère, dont je ne suis même pas sûre de citer le titre sans broderie de ma part. Je ne le connaissais pas, et surtout j’augurais bien de ce dédoublement du couple, Stan et Ollie ayant eu chacun un jumeau disparu dans la navigation au long cours mais soudain refaisant surface. On sait combien la duplication de l’individu, qui lui permet d’être pris pour un autre et ainsi de causer de délirants embrouillamini, peut être une source de comique exploitée d’ailleurs de tout temps. Or la perspective d’une duplication du couple comique devait doubler ce schéma, donc entraîner d’hilarantes conséquences. Eh bien non, à part une ou deux idées bien menées, le film ne tirait pas parti de données aussi précieuses. Que deux bourgeois bien installés dans un douillet style de vie puissent être brutalement confondus avec deux marsouins idiots et débraillés aux ^prises avec les forces de l’ordre aurait pu, aurait dû, déclencher le rire. Je n’ai même pas pu leur accorder un sourire… et croyez-moi j’en suis désolée. Ils m’ont tant fait rire quand j’étais étudiante, je suivais la série d’une semaine à l’autre. Je verrai peut-être si  Les Montagnards sont là ! qui était mon préféré me dispose toujours à l’hilarité, mais je me demande qui peut encore s’amuser de ces ficelles mal renouvelées, de ces gags éculés. Est-ce que tout cet attirail était neuf à l’époque, et que nous l’avons trop vu se répéter et s’utiliser jusqu’à l’usure ? Pourquoi les grands acteurs du muet (non seulement Buster Keaton ou Harold Lloyd, mais aussi des moindres comme Bob Pollard ou Chester Concklin, voire Harry Langdon le Pierrot lunaire, continuent-ils à nous faire rire ? Les avons-nous vus moins souvent ? Sont-ils moins usés ?

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lucette desvignes
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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 08:42

         Le temps a beau avoir l’air triste et déprimé, le ciel a beau avoir l’air tout  gonflé de pluie prête à tomber en neige même en plaine, nous avons beau avoir été informés par ces dames de la météorologie que l’hiver approche tardivement mais sûrement, qu’il est là enfin, que les températures vont rentrer dans les « normes saisonnières », je suppose que les présentateurs de nouvelles, qui se sont adoubés nos moniteurs de conscience et de sentiments collectifs, ne constateront sa présence qu’à partir du moment où on commencera à compter les morts de froid. Ils aiment bien ça, les présentateurs de nouvelles ; ils prennent un ton apitoyé pour énoncer les chiffres, mais on les sent heureux d’avoir quelque chose à dire qui puisse frapper l’auditoire, comme au moment des grandes catastrophes, tsunamis, glissements de terrain et coulées de boue, avalanches, tornades, explosions, attentats en nombre. Plus c’est atterrant, plus ils sont contents. On dirait que cela les justifie dans leur fonction d’avoir à se faire les haut-parleurs au moment  des grandes souffrances ou des carnages. Alors attendons-nous  à  les voir s’esbaudir au milieu des journaux qui servent de couvertures dans les recoins des  ruelles ou sous les porches : ils se régalent autant que pour nous donner rendez-vous sur une montagne où doit atterrir une soucoupe volante ou pour nous annoncer l’heure de la fin du monde (ne me dites pas qu’ils ne l’ont pas fait) ou du moins, les week-ends de grandes transhumances, quand les bouchons atteignent des nombres à presque quatre chiffres et que, pour nous impressionner davantage, ils additionnent les petits nombres qui nous laisseraient indifférents…^

 

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lucette desvignes
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 19:37

         Ne croyez pas, mes belins-belines, que vous aurez droit aujourd’hui (voyant l’heure s’avancer sans que mon blog ait fait la moindre mine de se décider à paraître)  à une pièce de remplacement, à savoir un arrangement de versification de mirlitontaine à valeur de propos culturel de genre différent. J’ai au contraire encore tout plein d’idées, ne seraient-ce que les souvenirs de toutes les belles choses que nous avons échangées, le journaliste de Radyonne et moi, autour de mon recueil de nouvelles de chez Rhubarbe (ne croyez pas non plus ici à une enseigne de pâtissier : c’est un des éditeurs les plus exigeants de l’heure actuelle) qui s’intitule La Vie à Deux. La rencontre, le divorce, la méfiance, le doute sur un suicide pourtant bien caractérisé, le désamour qui se glisse dans  l’attention minutieuse, protectrice, accordée à la patiente bien-aimée, la présence – assimilable ou non – d’un troisième élément inattendu dans les tentatives de formation d’un couple, tout cela défile dans cette galerie de vies à deux. Il y a bien sûr une tendresse permanente, non seulement dans les couples eux-mêmes mais encore dans le coup d’œil jeté sur eux  - tendre, oui, parfois ironique, un peu sceptique, et largement ouvert à leur souffrance lorsqu’il y a lieu. Bref, de bien belles choses à lire et de bien belles choses dites : l’émission Wagons-Livres de Yannick Petit, à mon avis, dans son heure de commentaire et de questions, vaut bien certaines grandes émissions fort bruyantes du niveau national. Si le cœur vous chante : mercredi 20 à 21 heures…

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lucette desvignes
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 07:55

         Aurait-il paru nécessaire aux programmateurs des films ralliés à une cinémathèque ou tâchant d’en tenir lieu de faire coïncider leur sujet avec la date ou les actualités temporelles ? Sur deux jours, j’ai pu me régaler avec deux films italiens « du temps de grand-papa », diraient je pense les jeunes de maintenant si on réussissait à les extirper de leurs jeux vidéos pour leur montrer du Fellini, du Bolognini  ou du Monicelli – si bien centrés  sur la célébration du Nouvel An – avec les débordements à l’italienne qui ont lieu même dans les temps difficiles de l’après-guerre, du chômage et des mille petits trucs malhonnêtes pour survivre – tricheries, vol à la sauvette, trafics et impostures de toute sorte. Il Bidone, un des premiers Fellini, et Risatte di Gioia (mal traduit par Larmes de joie  , un film  - à tort - peu connu de Monicelli) font contraster chacun à sa manière l’effervescence un peu désespérée du moment (la foule, les libations, les pétards, les mirlitons et les serpentins) et la misère réelle que les chômeurs de longue durée doivent supporter avec les poches vides. Du coup, l’amertume ne peut manquer de colorer ces pauvres tentatives pour trouver du travail, ou de l’argent, ou quelque chose à voler pour pouvoir le revendre. La Magnani, dans un rôle de pauvre fille sur le retour toujours prête à croire au miracle, est sublime en blonde, avec son sourire crispé. Et j’apprécie hautement que dans ce contexte typiquement romain avec ses traditions (par exemple, celle de jeter par les fenêtres toutes les choses de l’année écoulée qu’on ne voudrait pas retrouver dans l’année toute neuve) les fripouilles soient jouées par des acteurs américains, Ben Gazzara pour le beau voleur toujours déçu, et Broderick  Crawford avec sa tronche sinistre, le vieux filou qui las de gruger les pauvres de pauvres, finit tragiquement de son refus de continuer à tromper. Je veux bien voir encore longtemps du cinéma de grand-papa de ce calibre.

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lucette desvignes
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 15:44

         Je ne vous ai jamais brandi sous le nez, mes belins-belines, un exemplaire de Télérama comme étalon du commentaire à faire sur les films ou les documentaires. J’avais déjà remarqué que n’étaient jamais marquées TT, encore moins TTT, des œuvres dont les réalisateurs ou dialoguistes étaient de notoriété publique catalogués à gauche : on se contentait pour eux d’un dédaigneux T accompagné en outre de termes réducteurs ou franchement dissuasifs. Au moment des prix de l’automne, côté littérature, je n’aimais pas beaucoup que des titres primés n’eussent droit qu’à un bref commentaire après publication des résultats, comme en résignation bon gré malgré et non comme une participation efficace à leur défense pendant les semaines de bagarre. En revanche, j’ai détesté que le poulain choisi par le magazine parmi les candidats au Goncourt se voie déjà dès le 15 août consacrer quatre pages, une couverture, de longs commentaires d’un enthousiasme qui sent le copinage et sublime une réalité bien plus modeste. Mais voici quelque chose de plus grave. Etait-il absolument nécessaire, voire simplement professionnel, de détailler en long, en large et en travers les vertus du plus jeune frontiste élu conseiller municipal, d’indiquer qu’il est tout prêt à quitter ses études pour se vouer corps et âme à cette politique qui exalte l’identité française ? Il n’y a pas vraiment une chaleureuse allégeance à cette vocation enflammée dans le sillage de Marine, mais il faudrait une loupe plus puissante que le mienne pour trouver des points à reprendre. Comme pour attendre l’avenir en se plaçant où il faut pour bien voir – mais surtout pour être bien vu…                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        v

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lucette desvignes
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 09:44

         Ah ! mes belins-belines, je vous ai fait faux bond hier ! Imaginez que je n’ai même pas pu vous bricoler de nouveau un petit mot d’excuse en vers de mirliton tant j’avais été occupée depuis potron-minet jusqu’à l’extinction des feux !C’est que je recevais ces dames du Zonta de Beaune, lesquelles venaient s’enquérir de la longueur et de la qualité de la dictée que je vais lire le premier samedi de février à 14h30 (pourquoi ne pas profiter du passage sur les écrans du monde pour lui faire un peu de pub, hein ?). Le baba au rhum traditionnel aidant, je n’ai pas pu me consacrer à vous le moins du monde. Et ma fin de semaine sera bien occupée aussi : le vendredi consacré à une étudiante qui veut m’interviewer pour le travail de maîtrise qu’elle a à terminer bientôt, et le samedi consacré à un journaliste de Radyonne qui veut me faire monter une nouvelle fois dans son wagon-livres pour commenter « La Vie à Deux » après  « Les Treize Contes de Noël de Lucette Desvignes » chez deux éditeurs différents (et je ne veux pas rater le train : c’est la seule émission littéraire hebdomadaire d’une heure de toute la Bourgogne, vous imaginez ?).. Vous voyez donc qu’au milieu de mes casseroles et du regroupement de mes idées que je laisse volontiers picorer en plein air (pour la qualité des œufs, n’oubliez pas) je ne peux guère vous trouver de sujet à développer pour votre gouverne. Je vais tâcher de faire pour le mieux, dans le minimum de temps qui me restera pour vous. Tout ce que j’entrevois de possible pour l’instant, ce serait de vous donner ma recette de baba au rhum – est-ce que ça peut intéresser quelqu’un ?

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lucette desvignes
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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 10:05

Voici,  comme promis, le petit en-cas de samedi qui n’a pu être acheminé jusqu’à vous, mes belins-belines :

Un  fort méchant sonnet, c’est, en guise d’excuse,

Ce que je peux vous fournir aujourd’hui de mieux.

Vous savez, chercher  des sujets, cela vous use,

 

Qu’on soit Einstein ou le plus sot des bienheureux.

Je pourrais vous trouver matière à me complaindre

Si je pêchais pour le moment dans mes tracas.

J’en suis bien sûre, oh oui : aucun besoin de craindre,

 Suffit de me pencher et prendre dans le tas.

 

Sans trier – ce serait pêche miraculeuse :

Je pourrais discourir jusqu’à demain matin.

Mais je m’en voudrais trop d’être la rabâcheuse

Qui parlerait de ses affaires, mes belins !

 

Et même retenue pour vous, chères belines !

Attendons que mes doux propos soient de retour :

Quand je me trouverai d’une humeur plus câline,

Les beaux sujets aussi retrouveront leur tour.

 

En attendant, « Sonnet »,  vous ai-je dit d’entrée.…

Dès lors, quatorze vers au fond m’auraient suffi

Or si je compte bien la vingtaine assurée

Va me permettre noblement d’aller au lit.

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lucette desvignes
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 10:02

         Oui, mes belins-belines, je reprends du service un dimanche : certains ont dû me taxer d’indolence, de désinvolture au regard des habitudes si solidement prises, voire (il y en a peut-être parmi vous) me soupçonner d’avoir joué la fille de l’air sans avoir pris congé. Or, mes belins-belines, vous connaissez ma fidélité à la courtoisie : il ne pouvait s’agir de cela (sauf qu’un jour cela arrivera, on appellera ça tirer sa révérence mais je n’aurai même pas eu le temps de plier le genou convenablement). Bref, je vous ai manqué à tous samedi, et certes je n’avais pas choisi de vous entretenir savamment faute de sujet adéquat (l’ actualité du samedi n’est-elle pas foot et rugby, arts intellectuels à la fréquentation desquels je ne saurais prétendre ?), mais j’avais prévu  d’y substituer un fort méchant sonnet que j’avais même à l’aide d’annexes versifiées rallongé de deux strophes hors normes. C’est alors, au moment de la livraison, qu’on me proposa une mise en quoi, déjà ? Pas en ordre : il y avait du –sience au bout du nom, je me le rappelle. Je me rappelle aussi que j’ai eu pitié de cette humble fonction, que j’avais continuellement  repoussée, entrouvrant la porte à un « A me présenter ultérieurement » aussi mou que notre gouvernement. J’ai eu pitié, oui, pour la pauvrette, je cédai à sa sollicitation muette. Dès lors tout fut sens dessus dessous sur mon écran. Le Word ne marchait plus, le Outlook express s’effondrait, tantôt ça se bloquait de manière têtue et inamovible, comme un député qui fraude le fisc mais refuse de s’en aller, tantôt des choses défilaient dont je n’avais jamais pressenti qu’elles fussent en fonction dans les profondeurs de la machine. Vous le voyez : la grande panique. Seul recours, et il est blâmable et blâme : couper le courant sans pouvoir arrêter le moulin dans les règles.. Soulagement ce matin à voir que ça marche tout de même… Donc, ce rabibochage comptera ^pour hier, et le fort méchant faux sonnet vous sera offert demain lundi. Plaignez-vous après ça !

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lucette desvignes
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 09:05

         Un ami qui sans cesse milite pour la solidarité, le mieux vivre ensemble, le respect de l’autre, m’a envoyé avec ses vœux une vidéo qui m’a émue, en même temps que j’admirais l’art et l’ingéniosité de l’artiste présenté. Imaginez une douzaine de petites scènes intimes, fleurant la famille, l’amour des enfants et l’amour des jeunes, réalisées à l’aide de graviers intelligemment choisis, regroupés et collés sur une carte. Des graviers, oui, des graviers de rivière, blancs, roses, gris bleu, traversés d’une rayure, noirs, blonds… ceux-là même que les confiseurs s’essaient à copier pour y enfouir leurs pralinés : « Graviers de Saône, Galets de rivière, Sable du Rhône… ». Mais imaginez-les dans des formes variées, tout ronds, effilés, recourbés comme un boomrang,  et disposés en guise de bras, de têtes, de corps, comme des gens qui marchent, qui attendent sur un banc (oh cette scène de la lassitude, peut-être même du désespoir, pour une femme effondrée sur un banc de jardin public – je vous assure que malgré la rigueur de la matière elle vous crie toute sa misère). J’ai aimé aussi ces couples amoureux, dont l’un est debout sous un arbre ployé constitué de tout petits cailloux alignés en une jolie courbe, on croirait presque qu’il s’agit d’un arbre en fleur au printemps. Et puis, magistrale, intitulée les Réfugiés, une fresque miniature d’individus faits de graviers, à la queue leu leu, enchaînés ensemble dans leur cheminement sans solution… Comme j’aimerais avoir sous les yeux, sur mon bureau, ces petites scènes si pleines de vie – et de cœur… Et l’artiste est palestinien, depuis l’enfance jamais sorti d’un camp au Liban, et travaille les cailloux parce qu’il n’a rien d’autre comme matériau à utiliser…

 

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lucette desvignes
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 09:42

         Deux westerns en deux jours…dont une découverte, ce Rio Lobo d’Howard Hawks, le dernier du maître, avec ses grandeurs et ses faiblesses. Un western optimiste, où colonel yankee et capitaine sudiste sont avant même le dernier jour de la guerre copains comme cochons, où les shérifs pourris et les bandits sont annihilés, où les femmes s’en tirent avec les honneurs dans les affrontements. Où même John Wayne, dont tout au long du film l’indomptable donzelle a trouvé l’âge « rassurant », au point d’aller se réchauffer sous sa couverture pendant qu’il dort, s’en va à la fin, comme Charlot mais non pas seul, avec la donzelle à son bras. Et surtout, de superbes vues de chevaux suivant un petit torrent qui coule entre ses pierres sous les hêtres : à elles seules, répétées avec variantes, elles valent le détour. C’est le western bonhomme, avec une grande dose de bonne humeur. Avec le Pat Garret et Billy le Kid de Pekinpah, pas le moindre sourire, mais des intermèdes au couteau ou au revolver. C’est le dernier affrontement de deux êtres qui se sont beaucoup aimés tant qu’ils étaient hors-la-loi et entre lesquels la traque commence dès que le plus vieux, jusque-là considéré comme « le père », devient shérif en dépit de son passé. Dès lors c’est la loi poursuivant le crime – mais Billy s’offre volontairement aux coups de l’autre, et l’autre s’acharne à la poursuite avec masochisme, car l’exécution  de  Billy sans défense et presque soulagé vaut pour lui meurtre impardonnable et, en fait, comme une sorte de suicide. C’est le « crépuscule » du western, où les grands élans conquérants de l’espace et les sentiments frustes et forts comme l’amitié virile n’ont plus voix au chapitre.

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lucette desvignes
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