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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 08:53

Je croyais en avoir fini avec le style ampoulé des catalogues lorsqu’ils se mêlent de tutoyer la poésie afin de mieux vous envoûter : j’avais renoncé à ouvrir celui qui se spécialisait dans les beautés stylistiques dont je vous faisais généreusement part à chaque occasion. Eh bien, mes belins-belines, chassez le naturel du  commerce par la fenêtre, il reviendra au grand galop par la porte. Voilà ce qui m’arrive avec un autre catalogue – tout nouveau celui-ci – où je retrouve d’emblée le même clinquant froufroutant. Jugez-en, vous que je tâche à former au goût et à la mesure : « Rare et précieux, ce Collier (NDLR : offert en cadeau gratuit) accompagné de son Bracelet concrétisent une œuvre inédite. Dès le premier regard, on comprend qu’ils sont nés pour transcender l’aura des femmes et répandre autour de celles qui les portent un air des plus nobles. Laissez leur charme agir. Ils sauront faire résonner dans le cœur de chacun cette émotion si particulière que seul le pouvoir de séduction peut provoquer. Avec ses reflets noirs d’une grande profondeur et son éclat pareil à de l’or blanc, cette parure vous ressemble. Délicate, intime, magistrale… Comme seule peut l’être une part de vous-même ». …C’est-y pas bien envoyé, ça ?  Mais de l’Empyrée on retombe vite sur terre. Car le fermoir magnétique de ce collier de perles blanches et noires est ainsi vanté (juste en dessous de l’illustration du bijou) : « On s’est déjà toutes cassé les dents (pardon, les ongles) sur des fermoirs récalcitrants. Il vous suffit de rapprocher les deux embouts, et clic… le système magnétique fait le reste. C’est aussi simple que ça. Et vous pouvez être tranquille : c’est solidement accroché et ça ne s’ouvrira pas tout seul… ». Grandeur et décadence ! On ne peut pas toujours flotter au-dessus des contingences.

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lucette desvignes
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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 09:54

         La chasse scientifique ! Quelle belle appellation pour recouvrir, à partir d’un instinct de carnage hérité des âges les plus sombres et sous couleur d’imposer une vision progressiste des moyens modernes, l’ignoble extermination de milliers de baleines de l’Antarctique sud effectuée par les Japonais jusque dans le sanctuaire des cétacés délimité par les nations évoluées et en absolue indifférence à leurs  protestations virulentes et répétées. .. Il faut dire que la science japonaise se livre à des recherches sur les relations entre le foie des baleines et la vigueur sexuelle des mâles que le reste du monde ne suit pas avec ferveur. Eh bien, mes belins-belines, voilà qu’une des plus éclatantes victoires dues à la patience, à l’énergie, à la fermeté de pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, depuis longtemps en chasse contre ces chasseurs maudits, vient d’être remportée : la Cour internationale vient de conclure plus de quinze ans d’affrontements juridiques au plus haut niveau en interdisant officiellement à cette flotte japonaise de continuer son commerce sous prétexte d’exception scientifique. Vous imaginez si je m’épanouis ! Ces carnages de bêtes en voie de disparition ici ou là sur la planète qui se pratiquent avec tant d’impudeur et d’arrogance, aidés en outre par des lobbies richissimes devant lesquels les gouvernements se font tout petits, sont une des plaies de notre civilisation destructrice – et, voyez, de temps à autre on reçoit un encouragement qui valide l’obstination de la lutte… Il faut continuer à s’indigner : je vous l’ai dit et répété, l’union fait la force, et le massacre des bébés phoques, entre autres horreurs,  a encore besoin de nous.

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lucette desvignes
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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 15:31

Lorsque, avec des arguments relevant du niveau du Café du Commerce, la vox populi se mêle d’étudier les lois de l’hérédité d’une génération à l’autre, elle dispose de deux visions on ne peut plus violemment en contraste. L’un vous brandit avec autorité un Tel père, tel fils illustré d’exemples pris sur le vif, tandis que l’autre, avec la même belle autorité, scande un A père avare, fils prodigue qui se défend tout autant. Je ne me hasarderai pas à me prononcer entre deux vérités aussi solidement ancrées dans le terreau populaire, mais je voudrais vous livrer ici une remarque que je me suis faite à part moi hier, où l’on me donnait des nouvelles d’une famille que j’ai bien connue autrefois. Tranquillement petite-bourgeoise et fière de l’être, ne se posant pas de questions par rapport à l’environnement social et à ses remous, détenant la vérité de toute éternité – bref, avec sa place réservée au paradis à la droite du Père. Eh bien, mes belins-belines, figurez-vous que ces parents modèles risquent de se retrouver tout seuls là-haut pour attendre la résurrection : leurs deux fils, devenus parents et même grands-parents à leur tour les blâment ouvertement de leur avoir donné une enfance privée d’animaux de compagnie malgré leurs réclamations insistantes et sont environnés de chiens et de chats, les chiens de préférence choisis dans les grandes tailles en protestation plus visible. Mais en outre ils ont viré leur cuti, se révélant au cours des années violemment anti religieux, donnant du monde une interprétation où l’humanisme et, donc, un autre style de vote, se sont installés au grand dam de la tradition. Il y a certes des convulsions plus douloureuses au monde, mais les discussions familiales doivent chez ces braves gens lorsqu’ils se rencontrent inclure des phases où l’on marche sur des œufs en ne réussissant pas  à ne pas faire d’omelette

 

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lucette desvignes
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 20:16

 

Je ne peux pourtant pas  aujourd’hui, tout de même,

Me mettre à versifier puisque tombe le soir !

Mon cerveau a considéré que le carême

Etait un heureux temps pour mitonner l’espoir

 

D’une petite grève à portée politique :

Réclamant de souffler après si grands efforts,

Sans me laisser le temps de trouver ma réplique,

Sans préavis, sans rien, voilà qu’il fait le mort.

 

Il ne veut s’ébranler que pour la poésie

(Notez bien - c’est son choix - les termes employés)

Et refuse tout net que la pédagogie,

Ou les sujets auxquels je tâche à vous former,

 

Fassent ce soir le fond de ma littérature.

Il renâcle, le bougre, et j’ai besoin de lui.

Je me sens Chevalier de la Triste Figure

Lorsque son fier coursier trop fourbu s’est enfui…

 

En politique aussi il faut qu’on s’accommode

Du visage inédit de la situation ;

Je vais donc accepter de vous livrer cette ode

Faite pour remplacer le Livre de Raison.

 

Mon cerveau a parlé : la voix de mes neurones

Ne veut plus s’exprimer qu’avec l’alexandrin.

Tant pis pour vous ! Moi, je ne veux fâcher personne…

Je vous dis donc Bonsoir, belines et belins !

                                     

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lucette desvignes
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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 10:04

         La manière dont sont traités les animaux, outre qu’elle est révoltante de ^par sa cruauté et sa gratuité, est proprement ahurissante. Même dans des domaines où il semblerait qu’elle dût être exemplaire, on trouve des comportements même au plus haut niveau qui font froidement et inacceptablement passer la notion de profit au premier plan : ainsi le Zoo de Copenhague, où l’on vient de mettre à mort un girafon d’un an et demi, deux lionceaux de dix mois et deux lions plus âgés, sous prétexte qu’ils coûtaient trop cher à entretenir. Comment peut-on raisonner ainsi, alors qu’un zoo est précisément le lieu privilégié où l’on entoure de soins les représentants des espèces menacées de disparition ? Mais cette indifférence vis-à-vis de la dignité  et de la personnalité des bêtes est générale, malgré quelques tentatives désespérées de réaction. Ici on réalise l’hécatombe des éléphants, comme si le prix de l’ivoire avait augmenté au point qu’on dût en fournir d’urgence le marché mondial. Là c’est aux singes qu’on s’en prend, pour approvisionner la demande de chimpanzés de compagnie, dont on veut tâter avant un léopard ou un serpent python. Et je n’oublie pas les perroquets et autres aras des forêts tropicales qu’on décîme pour le simple profit des oiselleries honteusement aménagées. Et avez-vous entendu parler de cette ferme pour visons d’élevage où l’on va installer 180.000 bêtes ? Vous imaginez ces rangées de cages en long, en large et en travers – et les visons à l’intérieur ? Tout ça pour aboutir à des étoles, des manteaux, des bonnets de fourrure de luxe… Il me semble que dans les années 68 de douce mémoire des commandos barbouillaient de peinture les fourrures des belles dames se pavanant dans les dépouilles de bêtes dont on ne pouvait supprimer l’odeur du sang – comme sur la main de Lady Macbeth  tous les parfums de l’Arabie… C’était il y a bien longtemps…

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lucette desvignes
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 08:54

Il est de tradition, pendant les actualités télévisées que je regarde, de compléter l’image en direct par des images illustrant le propos qui défilent en boucle dans un quart de l’écran, l’autre quart supérieur étant réservé au teneur de micro qui est sur place et dont parfois l’image figée indique qu’il ne parle que par téléphone, sans qu’on le voie – la fosse de l’orchestre, bien entendu, étant occupée par les commentateurs appelés à la rescousse, statisticiens, témoins de la rue, politologues, journalistes propriétaires de l’émission. Le tout bien réglé comme du papier à musique, établi depuis les origines et peaufiné par une pratique régulière. Rien d’étonnant donc à ce qu’on nous ait montré hier soir dans le quart supérieur droit le reporter de faction devant Matignon ou l’Elysée jusqu’au moment où le chef de l’Etat soi-même allait annoncer les chambardements profonds qui vont permettre au pays de voguer sur des eaux plus calmes. Dans la fosse d’orchestre les commentateurs faisaient semblant de retenir leur souffle, car tout le monde savait depuis des lustres que Manuel Valls allait être choisi. Dans le quart supérieur gauche, le président de la République y allait de son petit couplet, juste pour nous confirmer les dernières nouvelles. Puis, après qu’on lui eut réservé un rôle muet (quelques passages où il redisait son texte sans qu’on entendît le son de sa voix), c’est au promu qu’on réserva la primeur du quart gauche, illustrant le passé du promu – gros plans, retours en arrière, passages décidés devant les lieux de ses diverses fonctions – pour compléter son portrait. L’ont-ils fait exprès ? Revenue en boucle une bonne vingtaine de fois, la poignée de mains complice et chaleureuse entre le Premier Ministre et… Guéant. Oui, l’ont-ils fait exprès, ceux qui découpent les actualités anciennes pour illustrer la nouvelle du jour ?

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 08:13

         Nous les avons tous vus, ces pauvres gens : on nous les a montrés abondamment, souvent selon les mêmes prises de vue parce qu’il fallait bien faire durer le suspens le temps qu’il fallait – dix-sept jours ni plus ni moins, dix-sept jours où ces pauvres gens sont restés agglutinés les uns aux autres dans la même horrible angoisse, dans la même incertitude meurtrière, dans le même espoir fou qui diminuait au fur et à mesure du passage des heures. A peine distincts les uns des autres, égalisés par la souffrance par-delà les différences sociales ou ethniques, riches et pauvres, âgés ou jeunes, géniteurs ou adolescents à l’allure déjà orpheline. Agglutinés ensuite, dès que la parole officielle a fait tomber le couperet, dans la même douleur de révolte, bien obligés de se considérer comme égalitairement traités puisqu’il n’y avait pas le moindre survivant. On nous les a encore généreusement montrés dans l’explosion de leur chagrin puisque c’était leur seul recours une fois l’annonce faite. Mais on ne nous les a pas montrés chassés en grappe de leur hôtel (où on avait dû établir une cellule de soutien psychologique, puisque c’est la mode à présent) – oui : il fallait libérer leurs chambres pour la venue des organisateurs, cadres, responsables et acteurs du Grand Prix automobile de Malaisie. Le sport est roi ! Kuala Lumpur : l’exotisme sympathique de ce nom a perdu de son lustre à mes yeux depuis cette évacuation ignominieuse.

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 08:23

         Il est curieux de voir, parmi bien sûr tant d’autres choses à remarquer ici et là, combien les populations votantes sont sourdes et aveugles dès qu’il s’agit pour elles de voter dans le fanatisme. Le nombre de gens qui sont passés au premier tour et qui traînent des casseroles aussi nombreuses que sonores est ahurissant. Mises en examen répétées, condamnations pour fraude fiscale, procès en train qui sentent mauvais, détournements de fonds, affaires d’emplois fictifs… aucun de ces titres de gloire n’est caché, on en a parlé et reparlé, et dans le contexte de méfiance qui se dessine ouvertement à l’encontre des politiciens cette question de l’honnêteté des candidats devrait s’imposer comme essentielle. Il faut croire que non, puisque des ripoux sont passés comme les héros d’un plébiscite. Ou alors, il faut croire que les votants ont voté les yeux bien ouverts, tout heureux de s’affirmer pour ces répréhensibles afin de préciser que le nouvel état de choses désiré ne tiendra pas compte de ces vétilles. Dans certains secteurs même, ça se constate froidement, sur un ton à la Sacha Guitry, puisque, dit-on, on n’aurait plus de candidats dans les Hauts-de-Seine s’il fallait ne pas avoir été condamné par la justice… On peut certes apprécier l’humour de la déclaration, mais on peut aussi s’affliger  du cynisme d’icelle et s’inquiéter de voir s’installer sous les applaudissements  pareil niveau de moralité

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 10:16

         J’aime bien, je vous l’ai dit, rappeler au passage un événement historique flagrant (je ne suis pas historienne au point de chercher la petite bête, je me contente des connaissances moyennes du Citoyen Lambda – un petit peu au-dessus tout de même, je crois) qui corresponde par sa date à la numérotation de mes prestations quotidiennes, celles que je prodigue généreusement pour votre culture, mes belins-belines. Je n’ai pu m’arrêter sur l’assassinat d’Henri IV en 1610, j’étais prise par une analyse du boycott puis par l’effervescence artistique des grands de ce monde se réunissant ici, s’évitant là, le tout pour occuper le temps et les caméras en tentant de parler de paix universelle mais sans intention de la servir – comme on cause la mort sans intention de la donner (ainsi l’honneur est sauf et la conscience demeure en paix, si bien que les pots cassés pour les populations ne peuvent en toute honnêteté que s’inscrire dans la colonne des dommages collatéraux). En son  temps Henri IV avait pourtant trouvé la solution raisonnable qui l’installait au niveau des tout grands, en faisant passer les convictions religieuses après les considérations humaines, je veux dire d’humanité et d’humanisme. C’était là la voix de la sagesse, mais les siècles qui ont suivi nous ont fait croire que c’était trop simple de penser que Paris valait bien une messe, et que chaque religion devait s’armer d’arguments frappants autrement plus convaincants que la discussion. Je ne me mêlerais pas de proposer ne fût-ce que l’ombre d’une analyse dans la confusion que représente le théâtre des opérations au Moyen-Orient, et cependant les guerres de religion y font rage, pour des dégâts encore bien pires pour les populations que ce que la France a pu connaître en ses siècles de honte.

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lucette desvignes
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 09:16

         Le spectacle des guignols était amusant – efficace, aussi : il a bel et bien coûté son élection à Jospin en 2002. Depuis qu’une effervescence indue, côté diplomatique, règne sur les nouvelles télévisées, les guignols amateurs venus de tous les coins du monde  nous offrent à leur tour des shows qu’ils voudraient séduisants et pourquoi pas porteurs, sans pour autant s’engager à quoi que ce soit. D’où ces ballets sur tapis rouge, avec Garde républicaine et honneurs militaires, programme pour première dame seule, Invalides et poignées de mains solennellement agitées devant les caméras – tout ça chez nous, dans l’espoir ( ?) que quelques milliards de commandes ou d’investissements seront à la clé une fois la Chine repartie dans ses foyers. D’où, ailleurs mais non loin, ces mains triplement scellées au-dessus des micros – Obama, Baroso et je ne sais plus qui (pas la Grande-Bretagne en tout cas, qui n’est pas un vrai modèle pour initier l’Oncle Sam à l’Europe et que la Chine boude depuis la visite à Londres du Daï Lama il y a deux ou trois ans). Chacun arbore le plus franc, le plus sincère des sourires, offre la plus chaleureuse des poignées de mains. Chacun va parler de ce qu’il voudrait, mais en termes choisis et en évitant scrupuleusement tout ce qui risquerait de fâcher. On se demande à quoi peuvent servir ces rencontres, limitées au spectacle des ronds de jambes artistiques et tendres embrassades asexuées, avec réceptions coûteuses dont les factures sont acquittées par les contribuables des divers pays (mais n’est-il pas logique de payer sa place quand on va au théâtre ?).

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lucette desvignes
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