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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 08:57

            Je n’arrive pas à comprendre la sévérité du jugement porté par Tata Télérama sur Gatsby le magnifique, ce film étincelant et si profond où pour ma part je retrouve si bien l’atmosphère de The Great Gatsby( je dirais presque que je ne comprends pas cet acharnement répétitif, mais c’est seulement qu’à chaque programmation de films déjà présentés on nous refile les quelques lignes prononcées une ancienne fois puisque le travail a déjà été fait, donc nulle variation d’opinion possible). Voilà plusieurs occasions de m’irriter au passage, et après nouvelle vision samedi soir je m’irrite carrément. Comment dire que l’adaptation du roman est « luxueuse mais vaine », qu’il n’y a « aucun frisson, aucune blessure, aucune douleur » ?  La perception est frappante, au contraire, entre cette atmosphère tourbillonnante et évaporée d’une classe riche, médisante et raciste (autant à l’égard des origines modestes que des couleurs de peau)  et le parvenu dont on ignore le passé guerrier mais qu’on se plaît à charger de tous les crimes, ce qui fait ressortir la ténacité de son attachement silencieux  et la futilité bancale d’une liaison  désormais acceptable pour la femme puisque Gatsby est devenu riche. Que toute l’histoire soit vue à travers les regards observateurs et critiques du cousin qui sert de lien entre Gatsby et ce milieu pervers est précisément une réussite : la cruelle et permanente irresponsabilité de la femme, l’infamie du mari, la vanité essentielle de leur existence suppriment toute possibilité de sentiment profond. C’est seulement chez Gatsby, cible de toutes les haines et victime de tous les malentendus, que réside l’intensité de la passion : l’observateur, lui, ne s’y trompe pas.

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lucette desvignes
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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 09:02

            Dès la première image, on est fixé : elle demande le divorce, car elle veut fuir l’Iran et élever sa fille dans un autre contexte, lui refuse de partir pour se consacrer à son vieux père qui souffre d’un Altzeihmer et veut garder la fille. Son départ, temporaire, oblige le mari resté seul à prendre une garde à la journée : or la femme dans le dénuement qui accepte ces tâches n’ose dire à son mari qu’elle vient chez un célibataire et doit s’occuper des soins intimes d’un vieil homme, car en bon musulman il lui refuserait ce travail et ils sont aux abois. De malentendu en geste d’énervement, une crise grave (portée devant le juge) oppose les deux ménages : l’employeur jugé responsable (donc meurtrier) de la chute dans l’escalier où l’aide soignante a perdu son bébé et sa femme qui cherche l’apaisement par la vérité d’une part, le ménage du chômeur d’autre part, ulcéré de sa situation humiliante et accusant à tort et à travers. Le dialogue de ce beau film semble ininterrompu, volubile, marqué par la vérité des détails au fur et à mesure qu’ils se découvrent et s’affrontent : le vieux père est-il ou non attaché dans son lit ? l’employeur savait-il que l’aide était enceinte ? pourquoi a-t-elle laissé le vieillard seul ? le bébé n’était-il pas déjà mort avant sa chute ? Les choses se règlent dans le bancal et l’incertain, comme la décision de la fille que le juge fait choisir celui de ses parents avec lequel elle désire rester. La déchirure existe à tous les niveaux des rapports civils et affectifs : entre classes sociales, entre amis,  dans les couples, entre générations… Le regard des enfants sur les adultes en dit long. Mais bien des choses seraient réglées sans problème si les rapports des humains n’avaient pas le poids que prend chaque geste dans le contexte iranien d’ Une Séparation : on comprend la décision de la mère de vouloir, ailleurs, élever sa fille dans d’autres conditions.

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lucette desvignes
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 08:59

             Je n’aimais déjà pas cette Scarlett Johannson, je l’ai toujours jugée sans

talent et seulement propulsée parmi les stars par la déliquescence intellectuelle de ce cher Woody, devenu ce pauvre Woody depuis qu’il l’a prise comme égérie de la dernière chance. Alors qu’en dire, à présent  que je l’ai vue en démonstratrice du soda-maison made in Israël (en spot publicitaire grassement payé, où elle vole un emploi à une actrice moins bien en cour, exactement comme Depardieu mangeant des nouilles il y a quelques années à la place de l’ancien  titulaire de la pub) ? C’est que je connais depuis belle lurette l’histoire du soda-stream, appareil fabriqué en Palestine occupée et outrancièrement passant pour produit israëlien, non seulement aux USA où le Tout pour Israël est de règle, mais aussi en Europe où les importations israëliennes maquillées ont droit de cité et exposent aux poursuites pénales les citoyens français incitateurs au boycott de ces marchandises introduites frauduleusement. Cette propagande éhontée se paye cher : OXFAM vient de rayer ladite démonstratrice de ses fonctions d’ambassadrice des déshérités… C’est moi, en fin de compte, qui juge conséquente cette radiation bien méritée, car la dame, elle, est toute fière de ses exploits et se moque de cette répudiation - OXFAM, pensez un peu ! des gens qui s’occupent des pauvres et des affamés, la belle affaire d’être montrée au doigt par ces gens-là !.. 

 

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lucette desvignes
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 08:35

         Il n’est pas étonnant que cet Inch’Allah si poignant ait su immédiatement trouver tant d’écho. Tout ce qu’on pouvait imaginer de la vie quotidienne à Ramallah est présenté sans fard ni emphase : ignoble mur tagué vu de loin et de près, immondices non collectés qu’au contraire les gamins et leurs mères trient sans arrêt pour y trouver des choses à utiliser – un jouet cassé réparable, un morceau de tôle, une planche, une boîte, quelque chose à brûler – difficultés et blocages pour passer aux check-points, accouchement dans une voiture d’un bébé mort-né auquel il aurait fallu tout de suite de l’oxygène mais auquel le soldat israëlien refuse l’accès de l’hôpital malgré les supplications de la famille, délabrement des intérieurs où il ne reste presque plus de meubles…Le tout dans un bruit de sirènes, d’explosions, d’alertes soudaines : la mort rôde et frappe, un camion écrase un enfant comme s’il s’agissait d’une chose banale, les sentences de prison tombent – vingt-cinq ans pour le père du bébé mort …La doctoresse canadienne qui possède un laissez-passer a des amis chers en Israël et en Palestine, elle tâche de soigner partout où elle le peut, mais on ne peut être des deux côtés à la fois, et ses amis palestiniens la renient de n’avoir pas su intervenir pour sauver l’enfant, tandis que la jeune mère révoltée fait exploser en kamikase un magasin où les victimes s’accumulent. La violence ne fait que croître, on a sans cesse le cœur serré. Deux images finales : l’affiche représentant la nouvelle martyre prend sa place sur les murs parmi celles de tous ceux qui l’ont précédée, quant au petit frère qui ne connaît pour jouer que la boue et les ordures il finit par creuser un trou dans le béton du mur à la hauteur de ses yeux pour, émerveillé, apercevoir deux arbres du côté israëlien...

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lucette desvignes
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 09:24

 

 

         John Ford n’a jamais passé pour un progressiste en matière de vision politique : il lui a fallu longtemps avant de démêler la vérité sur la grandeur et la dignité des tribus indiennes et de la rétablir avec énergie et sincérité. Certes il a l’amour des êtres humains et son Le Soleil brille pour tout le monde, qui n’est jamais programmé, redonne aux prostituées du Wild West une place inattendue dans la société, au grand dam des bourgeoises acariâtres figées dans leurs ligues de vertu. Mais sur le plan des idées on le range facilement aux côtés des autres grands borgnes de Hollywood, Hawks ou Huston, qui militaient ouvertement à droite. C’est pour cela qu’on peut s’étonner de l’intensité du message final des Raisins de la Colère, où au moment de leur sortie on ne trouvait pas trace, selon la critique, de la présence du metteur en scène : tout était de Steinbeck, l’histoire, les dialogues, les personnages, Ford n’avait rien ajouté de personnel. Et c’est bien vrai que le chef d’œuvre de Ford n’aurait pas existé sans le chef d’œuvre de Steinbeck. Mais il est notable que l’influence globale du cinéma soviétique, avec ses gros plans émouvants, sa peinture de la misère dans ses détails les plus véristes, ses contrastes en noir et blanc pleins de sens, a coloré cette épopée si typiquement américaine, au point de faire résonner la profession de foi de Henry Fonda le hors-la-loi (ce Jean Valjean des  Etats du Sud) comme une prophétie aux accents inspirés, même prononcée à voix basse et en  adieu à la mère : vu les idées de John Ford, il faut lui rendre hommage de n’avoir pas détourné la morale de l’histoire...

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lucette desvignes
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 16:58

Mea Culpa  N°1570 : biffer ces deux paradis fiscaux (et non biffez… je devais être en train de compter mes billets, pardon !).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         John Ford n’a jamais passé pour un progressiste en matière de vision politique : il lui a fallu longtemps avant de démêler la vérité sur la grandeur et la dignité des tribus indiennes et de la rétablir avec énergie et sincérité. Certes il a l’amour des êtres humains et son Le Soleil brille pour tout le monde, qui n’est jamais programmé, redonne aux prostituées du Wild West une place inattendue dans la société, au grand dam des bourgeoises acariâtres figées dans leurs ligues de vertu. Mais sur le plan des idées on le range facilement aux côtés des autres grands borgnes de Hollywood, Hawks ou Huston, qui militaient ouvertement à droite. C’est pour cela qu’on peut s’étonner de l’intensité du message final des Raisins de la Colère, où au moment de leur sor

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tie on ne trouvait pas trace, selon la critique, de la présence du metteur en scène : tout était de Steinbeck, l’histoire, les dialogues, les personnages, Ford n’avait rien ajouté de personnel. Et c’est bien vrai que le chef d’œuvre de Ford n’aurait pas existé sans le chef d’œuvre de Steinbeck. Mais il est notable que l’influence globale du cinéma soviétique, avec ses gros plans émouvants, sa peinture de la misère dans ses détails les plus véristes, ses contrastes en noir et blanc pleins de sens, a coloré cette épopée si typiquement américaine, au point de faire résonner la profession de foi de Henry Fonda le hors-la-loi (ce Jean Valjean des  Etats du Sud) comme une prophétie aux accents inspirés, même prononcée à voix basse et en  adieu à la mère : vu les idées de John Ford, il faut lui rendre hommage de n’avoir pas détourné la morale de l’histoire…

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lucette desvignes
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 09:00

         Il se peut fort bien, mes belins-belines – puisque la mode s’en est répandue un peu partout – que vous ayez déposé déjà depuis longtemps vos possessions financières dans l’un des paradis fiscaux auxquels apparemment nos gouvernants ont décidé de faire la chasse. Comme une vague de moralité et de civisme s’est répandue sur le pays (ah ? vous n’aviez pas remarqué ? mais puisqu’on vous le dit, qu’on va faire la chasse à tous les mauvais citoyens ! et qu’on veut de la transparence partout !), il est possible que vous vous laissiez attendrir par les appels à citoyenneté : ramenez vos fonds au pays, soyez intègres, décidez-vous à payer vos impôts et on ne vous taxera pas d’amende. S’il en est ainsi, mes agneaux, vous avez encore le choix : certes, si par hasard vos paradis sont en Europe (Suisse, Lichtenstein, Luxembourg), pas de chance ! les banques offrant généreusement des comptes à numéros sont dans le collimateur de nos contrôleurs ; mais tout de même, ouf ! vous pouvez encore vous en sortir. Vous changez de cap, vous visez les Bermudes ou bien Jersey, ça ne vous dépaysera pas trop ! M. Moscovici, qui nage dans nos finances comme un poisson dans l’eau, vient de biffez ces deux paradis de la liste noire que ses services avaient établie : il y connaît peut-être des gens auxquels il ne voudrait pas faire de peine, en tout cas vous pourriez profiter de l’aubaine et y déplacer votre portefeuille, il sera bien au soleil là-bas ou en vacances à Jersey. Allons, ne soyez pas timides, ne laissez pas perdre une occasion de faire comme les grands, ce sont les grands qui nous donnent le bon exemple.

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lucette desvignes
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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:23

         Il y avait bien longtemps que je n’avais pas revu High Noon,  ce train qui en sifflant trois fois déclenche les affrontements affolant la ville – seul contre quatre, le shérif est condamné d’avance et tout le monde se terre en se voilant la face. J’en avait conservé un souvenir si précis que… j’attendais même la projection d’une plante d’intérieur par une fenêtre pour détourner l’attention d’un tueur et permettre au héros solitaire de récupérer une arme (comme quoi mes souvenirs s’empruntaient à Rio Bravo, et je me suis trouvée vexée d’avoir fait la confusion). C’est que, cette solitude du shérif vieillissant, elle était soulignée avec un sérieux qui finissait par prendre à la gorge – c’est peut-être dans la phase d’action qu’on ne comprend pas parfaitement qu’il puisse se défaire des  quatre malfrats l’un après l’autre, il semble même qu’il y ait un corps en trop. Mais la lâcheté collective avec ses mauvais prétextes ou ses abandons individuels, qui est le thème essentiel du film et symbolise la pleutrerie de tous devant le maccarthisme et ses listes noires, est analysée de manière prenante.  Cette sobriété élégante de Gary Cooper, affrontant seul la mort puisque c’est là son devoir, résonne superbement à travers tout le développement de l’événement, et l’abandon de son étoile de fer-blanc dans la poussière, en guise d’adieu à cette foule de poltrons, a sur le public des spectateurs une valeur cathartique réconfortante. Et j’avais oublié que la chanson se déclinait tout au long du film, sans ajout supplémentaire – de quoi suivre les paroles sans problème, ces paroles écrites pour la circonstance : Si toi aussi tu m’abandonnes…

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 09:06

… tout baigne même si bien qu’on s’attend à voir la belle Tess devenir l’égérie de l’association : on ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin, avec une équipe si merveilleusement rodée, aux compétences si bien utilisées, même si pour Tess il ne s’agit que de charme et non de neurones en activité. Or, après avoir constaté que chaque partenaire a claqué sa part généreusement, on découvre que le gangster dépouillé  par les Onze entend récupérer son magot et qu’ils sont tous menacés. Bien que ce Douze soit annoncé aussi palpitant que le Onze et qu’autour d’un œuf Fabergé inestimable le concours de vol soit organisé sans retard, j’ai eu pour ma part du mal à suivre (mon grand âge sans doute). J’ai bien constaté qu’une fois de plus le dépouillé se trouvait marron, mais je n’ai plus retrouvé l’entrain de la première combine. Au moins avec Ocean’s Thirteen, les moyens de nouveau se sophistiquent, et à treize Clooney et Pitt remettent sur pied une de ces arnaques inimaginables dont ils sont le secret. Ils iront même jusqu’à s’attaquer à Al Pacino, le vieux roublard que jamais personne n’a possédé. Et les treize finiront par l’avoir, dans une pyrotechnie de machines, de stratagèmes menés sur tous les fronts, de fausses rumeurs, de manœuvres invraisemblables qu’on ne cherche même plus à suivre, tant elles se situent au niveau des surdoués, mais qui précisément lassent et perdent de leur acumen. Surtout, on peut déplorer de voir Clooney et Pitt réduits à parader en smoking de soie, surveillant leur domaine – le contexte des casinos où ils se trouvent comme poissons dans l’eau – sans avoir à faire montre d’autre chose que d’une présence un peu guindée, qui contrôle sans plus avoir à mettre son doigt dans le pâté, comme on dit là-bas, après avoir tout combiné dans les moindres détails. On peut espérer qu’il n’y aura pas d’Ocean’s Fourteen, en tout cas je ne vous en reparlerais plus, vous devriez trouver quelqu’un d’autre…

 

 

 

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lucette desvignes
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:50

         Il n’y eut paraît-il nul enthousiasme lorsque George Roy Hill présenta L’Arnaque.  On se demande bien pourquoi, car c’est le modèle parfait de la tromperie mise sur ^pied par une bande de filous astucieux : on la suit avec jubilation de bout en bout, avec ses aléas et ses rebonds ; l’idée est superbe, le tempo endiablé, les mécanismes bien huilés (même si, bien sûr, la chance a été du côté des joyeux malfrats, ce qui fait de cette farce « hénaurme » une énorme invraisemblabilité, mais il suffit que le public croie en sa possible réalisation pour y donner son accord malgré la morale). Ouvertement les trois moutures dues à l’imagination diabolique de Danny Ocean – en une bande de onze, puis de douze, puis de treize – ne font que raconter une arnaque gigantesque dans tous ses détails techniques. On devrait donc passer de la mise en scène « à la papa » de L’Arnaque à la minutie d’une machination du XXIème siècle, à grand  renfort de technologies de pointe. Avec Ocean’s eleven, le premier du lot, on voit se mettre en route le cerveau, se lançant dans une équipée monstrueuse de défis et de dangers (avec les compétences bien utilisées de chacun, et il en faut) où la reconquête de son ex-femme joue autant que les gains gigantesques obtenus par l’opération. La fin tourne rond : les sommes incroyables des trois casinos les plus huppés de Las Vegas passent des coffres du gangster dont les défenses devaient être invincibles aux mains de la bande, mais en outre George Clooney récupère l’amour de sa femme et tout baigne...

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lucette desvignes
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