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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 12:58

La partie citoyenne et honnête de la population française a raison de se convulser d’horreur et de dégoût devant le déferlement de haine raciste de ces tout derniers temps. Je crois qu’un point historique a été atteint : qu’une gamine de douze ans s’exhibant en pourvoyeuse de bananes avec des termes ignominieux apparaisse sur le front des manifestations adultes, c’est plus qu’insupportable, c’est consternant et révulsant – d’autant que la mère doit mouiller sa larme d’émotion et de fierté à voir sa progéniture si déterminée et si intelligente (pensez donc ! à peine douze ans et elle passe et repasse à la télé !). A ranger au même niveau  d’ignominie, le spectacle offert par une élue du Front National avec sa pantomime simiesque à faire vomir. Je reviens là-dessus parce que les deux faits si tendrement parallèles auraient dû avoir été immédiatement supprimés, à peine auraient-ils vu le jour. Or qu’ont fait nos chers médias payés par la République toujours en place, donc fondée sur les trois valeurs gravées au fronton de nos mairies ? Ils s’en sont emparés comme d’une proie réjouissante, ils en ont multiplié les reproductions, ils les ont entourées d’une caressante mansuétude, introduisant dans ce qu’ils appellent la banalisation des idées un élément ludique à exploiter indéfiniment. J’aurais honte d’être commentateur à l’info, moi, mais pour pouvoir se montrer déjà (on ne sait jamais, n’est-ce pas ?) ouverts aux idées nouvelles ceux que nous voyons régulièrement ont oublié qu’ils devraient avoir, sinon de l’objectivité, du moins un peu de décence et de dignité.

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lucette desvignes
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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 14:03

Mea Culpa : Dans « La Dernière Caravane », lire « prodigué » et non « prodigués ». En réalité la faute est à imputer au fonctionnement débile d’Internet ce matin, où j’ai dû batailler pour me faire admettre et sur lequel media j’avais effectué à deux reprises (pour être sûre) la correction d’une première fausse manœuvre. C’est à vous décourager d’être honnête.

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lucette desvignes
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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 11:10

         Il est habituel de dire, dans un commentaire sur un western de qualité médiocre, qu’il est sauvé par l’admirable qualité des paysages du Wild West – et certes le genre nous a souvent prodigués des panoramas exceptionnels. Je dois dire pourtant que le western de Delmer Daves vu hier sur Cinéma Classic bat tous les records de beauté et d’originalité dans la localisation de son intrigue : sans arrêt des vues à couper le souffle, des angles de vision qui se déploient en panoramiques grandioses, et vraiment cela s’intègre si directement à la trame de la narration qu’on s’y croit et qu’on est happé par l’histoire. Certes, chez Daves comme chez Capra, il y a ce parti pris d’exalter ou de faire reconnaître les qualités humaines, compassion, dévouement, courage, entêtement à proclamer sa vérité – ce qui ne va pas sans une teinte de naïveté, celle du seul contre tous qui triomphe enfin comme une salamandre traverse le feu sans dommage – avec bien entendu le manichéisme de la poignée de personnages secondaires qui passent de l’hostilité à la gratitude : côté rapports humains, le noir et blanc des individus est une facilité, même s’il est nécessaire de créer des tensions terribles au sein d’un petit groupe en danger, même s’il faut bien montrer que les gens de cœur ont l’instinct généreux de deviner la vraie nature de ce demi Comanche injustement accusé et maltraité par la justice des blancs. Ne manquez pas The Last Wagon (La dernière Caravane) lorsqu’il reviendra en boucle sur vos petits écrans. Et Richard Widmark vous surprendra par sa beauté…

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lucette desvignes
19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 08:34

         Ce n’est certainement pas avec Thaïs qu’on va me rabibocher avec l’opéra. Je ne raffole pas de Massenet, bien que j’aime ses sonates pour piano si rarement extraites des ténèbres où elles sont tombées. Toutefois c’était une bonne occasion de regarder sur Mezzo ce que pouvait bien donner la résurrection d’un opéra âgé de près de cent cinquante ans. J’ai tenu un petit quart d’heure, non compté le sommaire où chaque interprète donnait un échantillon de ses performances vocales et plastiques. Avec tous les moyens et toute l’ingéniosité du monde, on n’arrivera jamais à faire tenir debout un opéra, genre par nature mâtiné perruche et cochon d’Inde. Au décor traditionnel de carton pâte avait été substitué un univers de bande dessinée, les braves moines qui peuplaient ce coin du désert disséminés entre les rochers arides comme des pions sur un échiquier avant la partie. J’aurais pu passer par-dessus les singeries effectuées en chœur pour témoigner de la ferveur locale, mais comment accepter ce récitatif – un des pires que je connaisse, et j’en connais beaucoup –  pour présenter le frère Athanaël avant son retour ? Je ne vois pas pourquoi on donnerait ses lettres de noblesse à cette enfilade de sons sans mélodie ni rythme perceptible, sans d’autre part les reconnaître au rap qui expose lui aussi ce qu’il a sur le cœur avec au moins un rythme tonitruant. Je comprends mieux pourquoi la Méditation de Thaïs (partie émergente de l’iceberg englouti) sur laquelle les crincrins s’exercent pour les récitals d’élèves de fin d’année, a eu, elle, la vie dure : c’est qu’elle suivait une ligne mélodique sirupeuse capable d’émouvoir les épiciers, et sans doute pouvait-elle être suivie avec un peu d’intérêt, récompense que refusait d’accorder le reste de l’oeuvre je le suppose. C’est peut-être là un jugement téméraire, mais ne me demandez surtout pas de retourner vérifier si j’ai tort ou raison…

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lucette desvignes
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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 09:10

          Il est bon de ne pas laisser passer la moindre occasion d’approfondir ou de préciser une notion, une nuance, un élément de connaissance non encore totalement enregistré. C’est selon ce principe que je reviens sur Le Grand Saut, car j’avais été frappée par une critique qui semblait faire de Capra le modèle absolu des Coen. Certes la critique de la société construisant vicieusement ses multinationales ou ses entreprises gigantesques sans le moindre égard pour les petits qui font pourtant tourner la machine à faire des sous se retrouve comme chez Capra : le suicide annoncé du haut d’un gratte-ciel, la journaliste qui joue le double jeu avant de se repentir, la neige, l’apparition de l’ange – tout cela trop voyant pour ne pas être asséné. Mais quant à dire « Tim Burton n’est pas James Stewart » et en faire un élément d’infériorité dans le jugement d’ensemble, il me semble que c’est précisément là qu’on peut distinguer et opposer les  tonalités de la satire. James Stewart, la bonne pâte d’homme, plein de sens moral et évoluant dans un univers de petites boutiques, d’artisanat de la solidarité, de présence de l’humanité chaleureuse, était irremplaçable ; or il faut bien voir que l’univers où Tim Burton essaie de se trouver une place n’a plus rien de commun avec  le premier, et avec son air farfelu qui hésite entre le génie et le crétinisme il incarne parfaitement le loser de notre époque broyé par la déshumanisation des rapports sociaux. Il n’est d’ailleurs tiré d’affaire que grâce au testament dévolu par l’ange pitoyable et compréhensif de type Capra (chez qui tout s’arrange dans la bonne humeur, la charité naïve et la foi), événement anachronique qui n’a aucune justification dans le contexte d’acier et de vide moral d’une firme qui fabrique des hulla hoops pour imposer son empire.

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lucette desvignes
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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 11:09

Je n’ai pas grand-chose à vous dire, mes belins,

Non plus qu’à vous, bien sûr, mes fidèles belines.

Je vais donc y aller de mes petits quatrains :

C’est, à défaut d’idées, le recours de routine.

 

C’est vrai : je vous ai dit qu’une alexandrinite

S’empara tôt de moi, lorsque j’étais enfant.

Sans m’en soigner, comme on me soignait mes rhinites,

On a laissé le mal suivre tout son penchant.

 

Dès que j’ai su, crayon en main et avec zèle,

Griffonner hardiment des pleins et des déliés,

Je transcrivais, si bancale et piètre fût-elle,

Une flopée de vers incertains mais rimés.

 

Au vrai, personne n’a signalé ce prodige,

Cette Minou Drouet toujours en pantalons,

Comme une fleur s’épanouissant sur  sa tige

A pondre des quatrains rimés mais sans raison.

 

C’est pourquoi aujourd’hui mes belins, mes belines,

Pour vous prouver qu’au moins je ne vous oublie pas,

J’ai changé le produit que fournit mon usine :

Rien dans la tête - mais je vous salue bien bas.

 

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lucette desvignes
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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 10:19

            Que le gouvernement, aux prises avec des difficultés dont il n’avait pas mesuré le caractère  écrasant et dépourvu d’initiatives nouvelles (les seules qui auraient pu remettre de l’ordre dans la Maison France, au lieu de suivre, copier et amplifier les pires décisions déjà prises et reconnues catastrophiques – celles précisément qu’il fallait corriger) se débatte avec l’opposition – toutes les oppositions – et la rue, cela peut passer. On peut même dire que c’est de bonne guerre : quand on n’est qu’un apprenti sorcier on ne propose pas de faire des miracles. Il semble donc normal d’adopter, quand on est « à la télé », une sorte de ton condescendant pour décrire les faits et gestes du chef de l’état, sans les vibrations vocales réservées à celui qui  règne au sommet d’une pyramide dorénavant chancelante. Ce qui est inacceptable, ce sont les bassesses où se vautrent les braillards de l’ignominie en attaquant une femme noire (dont il y a peu on applaudissait les qualités, la droiture, l’énergie, la vision claire) pour le simple fait qu’elle appartient à un gouvernement qui n’a plus la cote. La manière dont elle a été attaquée, avec la honteuse utilisation des enfants tout réjouis de cette occasion de carnaval, est en dessous de tout, ignoble, criminelle. Quant à la pantomime à laquelle les chaînes de TV ont accordé un si aimable asile et, ensuite, une telle diffusion,  elle méritait l’emprisonnement immédiat, la radiation des listes électorales, la condamnation automatique à l’indignité nationale. Mais la télé donne à tout ce cirque une allure bon enfant dont la vilenie et le venin sont carrément gommés : se prend-elle au jeu comme par l’effet d’une mode temporaire dont elle ne veut pas voir le danger, ou – et c’est là une interrogation brûlante – est-elle coupablement partie prenante dans ces remous d’apocalypse ?

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 10:36

         Au cas où (mais qui me dira si c’est bien le reflet de la vérité ? qui de vous, mes belins-belines, osera me dire s’il me faut changer de cap ?) vous auriez  pu en suivant mes conseils voir ce récital Coen puisqu’il était offert par une des chaînes de base, donc sans décodeur, j’espère que vous avez pu vous documenter et apprécier comme il convenait ce répertoire au style aussi étrange que fascinant. Evidemment, si déjà au temps des Raisins verts  vous frissonniez et détourniez les yeux de Jean-Christophe Averty passant ses baigneurs en celluloïd à la moulinette, il y a peu de chance que vous ayez goûté les giclements d’hémoglobine sur le visage ou colorant la neige. Je persiste cependant à croire que ces représentations décalées et déjantées des éléments d’un récit filmique sont un excellent exercice intellectuel pour arriver à cette distanciation qui avec Brecht a réussi admirablement à créer une approche sui generis du théâtre, laquelle admet nécessairement le décollage d’avec la réalité pour la restituer après l’avoir pensée, changée de sens, détachée de tout sentiment primaire. Dans cette recréation, avec quinze ans d’avance, des comportements vicieux des grandes firmes qui brassent des milliards par jeu – et en créant la crise – si les thèmes de Capra se retrouvent si facilement, c’est pour en souligner la naïveté : l’ange au hulla hoop en guise d’auréole, cet ange qui lègue la firme tout entière à ce président si discutable, n’est bien sûr pas de ce monde. Un autre merveilleux lui fait concurrence, celui de l’horloger de la grande machine, si humain, si sage, apaisant les difficultés des individus en les amenant à s’interroger sur eux-mêmes.  Faut-il s’étonner que ce vieux sage ait la voix de cet autre noir qui dans O’Brother philosophait si sereinement en ramant sur une voie ferrée toute droite après avoir pris trois forçats évadés à son bord ?

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lucette desvignes
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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 08:35

         Il ne faudrait tout de même pas que, toute pleine de mon admiration pour le style de cinéma des frères Coen, j’en néglige mes efforts comptables. Certes j’essaie (j’essaie, mes belins-belines : qui dira dans quelle mesure j’y réussis ? qui me prouvera que votre attention et votre docilité sont arrivées sous ma férule à rehausser le niveau de votre bagage intellectuel ? qui même me garantira que vous avez grâce à moi appris à éviter quelques fautes saignantes de style ou d’orthographe ? je vous le répète : j’essaie, mais mais mais). Donc je mets le maximum de cœur et de dévotion dans mes rapports avec vous, mais il ne faut pas que je me laisse entraîner par trop de ferveur lorsque je me mets à encenser mes idoles. Il s’agit de ne pas trop décoller avec la tête dans les nuages, il faut rester les pieds en contact avec le plancher des vaches (ces pauvres vaches… mais on en reparlera un autre jour). Si, donc, je me mets en mesure de respecter ce respectable programme, je m’aperçois que le présent blog porte le N°1503… C’est vous dire si les considérations intellectuelles ou artistiques comptent d’abord pour moi. Pour autant il ne s’agit pas de faire passer mes exploits sous silence, ma vanité en souffrirait trop dommageablement. Je vous signale donc avec modestie, juste en passant, que nous avons dépassé la quinze centième, mes belins-belines. A vous de faire votre bilan, voire tout simplement votre examen de conscience. Merci de me faire connaître vos résultats, s’ils sont bons.

 

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lucette desvignes
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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 09:09

         Bien m’en a pris (complément d’attribution et non complément d’objet direct : pas d’accord)  de vous parler du Big Lebowski tout récemment. J’avais tenu, pour votre gouverne mes belins-belines, à l’entourer de quelques autres titres de la même couvée, mais j’étais loin de me douter qu’on allait avoir droit à pareil récital en restant sur Arte. La chaîne a dû détrousser les vendeurs de pellicule amoureux des Frères Coen pour pouvoir programmer selon son cœur, et True Grit avait été affiché il y a peu. Quant à Inside Llewyn  Davis, dont les échos sont partout élogieux (« une de leurs plus belles réussites ») il ne sortira sur le petit écran que d’ici deux ans, il va falloir se déplacer si on veut le voir avant. En tout cas, ce Fargo et ce Blood simple que j’avais simplement évoqués, voilà qu’ils nous ont été offerts hier soir. Oui, il y a de l’hémoglobine. Oui, la  tonalité est parfois celle des Raisins verts de douce mémoire, avec ce refrain séparant les séquences de baigneurs en celluloïd passés à la moulinette. Oui, on y descend les gens comme on vous prendrait une tour ou un cavalier aux échecs.  Oui, on ne sait jamais en fin de compte ce que devient l’argent mal acquis. Mais je n’ai jamais dit qu’il fallait prendre la moralité des films d’Ethan et Joel sans faire intervenir la mécanique de vos petites cellules grises et votre sens de l’humour. Mais tout de même, vous n’avez pas eu besoin d’un mode d’emploi, si ?

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lucette desvignes
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