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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 09:01

         Je n’ai jamais pense que le sport fût une école de modestie et d’humilité. Une école d’endurance, certes, voire de sacrifices en des domaines divers ; un entraînement à obtenir de son corps un maximum au prix de molestations incessantes, de fatigues, d’épuisement (je laisse délibérément de côté le domaine intellectuel qui ne peut que souffrir de cette rude préférence pour le physique). Quand l’entraînement à mort n’a pas réussi à assurer la sortie hors de l’ombre, il doit rester une amertumr ineffaçable (aux USA les adolescents martyrs du sport dont le père attend le succès public avec une rigueur parfois démente ont tous un père qui veut recommencer en eux l’exploit jamais consommé). Mais que dire à partir du moment où une aptitude spéciale se fait remarquer ?  Le joueur devient denrée marchande, on l’évalue selon les rachats par-dessus les frontières, son prix – si à chaque palier il se maintient dans cette forme éblouissante – s’envole, en fait un gibier auquel seuls les clubs possédés par des milliardaires ou leurs équivalents peuvent prétendre. Leur effigie trône sur les Tee-shirts ou les mugs, leur nom est déjà bredouillé par le marmot qui en est à ses tout premiers débuts d’éloquence. Ils symbolisent leur  pays natal mieux que ne le fait le chef de leur gouvernement, ce qui nourrit les discussions et les querelles lorsqu’il s’agit pour eux de rester fidèle au pays en renonçant à un pactole ou d’accepter une offre mirobolante au prix d’une trahison. Bref on les suit avec passion, on examine leurs performances à la loupe  On va jusqu’à les sacrer : le roi Pelé, le roi Ronaldo (et, voyez-vous, ils y croient, ils se sentent d’essence royale). On peut donc sourire (au moins sourire) de la vanité avec laquelle ils endossent leur personnage définitif. Mais j’aime surtout cette modestie d’un nouveau champion exceptionnel qui, lorsqu’on l’appelle déjà le roi de Manchester, corrige gentiment : pas le roi, le dieu !

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lucette desvignes
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 10:10

MEA CULPA immédiat : Blog N° 2255 : Lire dans le titre « Dès le milieu… » (et non « Dèsq »).. Les doigts trop longs – et trop pressée…

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lucette desvignes
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 10:01

         Dès le milieu des années 1930, Mademoiselle Chanel, Coco pour les intimes, avait noué avec le Ritz de grands liens d’amitié. Non pas seulement, pourriez-vous penser, parce qu’elle se rendait souvent pour des célébrations joyeuses au bar célèbre où devait se perpétuer la tradition d’Hemingway : au contraire, lorsqu’elle se réfugiait au bar, c’était pour se mettre dans un coin en dissimulant son visage sous un chapeau noir (coquetterie surajoutée aux autres : tout le monde la connaissait et la reconnaissait). Non seulement pour des invitations à dîner, reçues ou offertes, à une table des plus distinguées de Paris, mais bel et bien pour y vivre, logement et pension, comme un ouvrier célibataire pourrait le faire dans un quartier pauvre (mais naturellement mutatis mutandis, c’est-à-dire en respectant bien les changements de catégorie hôtelière : elle y occupait une suite luxueuse avec camériste  et bien entendu toute sorte de services spéciaux selon ses caprices de suprême diva de la haute couture). Moi qui suis viscéralement opposée à l’étalage des richesses ou du train de vie (sans doute à cause de la modestie sage de mes revenus : que ferais-je bien si j’étais membre du gratin de la haute ? question à 50 € ), j’ai plutôt tendance à me moquer de cet amour du luxe utile ou inutile qui nous est brandi à la face, à distinguer les plumes du paon du corps de l’oiseau, et à comprendre les mouvements sociaux des usines ou de la rue où les poings se lèvent. Et puis, si cette provocation imprudente de grande dame riche me paraît à tous égards condamnable, je ne m’estime pas atteinte pour autant dans mon intégrité personnelle et cela ne fait naître en moi aucune aigreur ni envie. Je voudrais seulement vous laisser sur une image impensable, mais certifiée : au début de la guerre, le Ritz avait fait aménager pour ses clients un abri anti-bombardement vite connu comme le mieux décoré de Paris ; au cours d’une des toutes premières alertes, on vit Mademoiselle Coco apparaître pour s’y installer,  suivie d’une soubrette qui portait son masque à gaz sur un coussin. N’est-ce pas là une belle image à conserver pour les jours de pluie ?

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lucette desvignes
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 10:04

         Derrière cette réaction d’horreur qui saisit tout individu un peu sensible à l’annonce des attentats qui sont désormais inclus dans les aléas de notre quotidien, que se cache-t-il, non pas honteusement bien sûr mais comme éléments constitutifs de cette stupeur ? L’incrédulité devant le monstrueux disparaît vite : oui, l’horreur s’est bel et bien produite, et l’incroyable est devenu fait réel, avéré, concrétisé dans la souffrance et la mort. Il faut du temps pour enregistrer selon nos mesures la dimension géante de pareils faits-divers : nous avons déjà perdu la notion d’énormité des pertes dont se charge la guerre, même si nous n’oublions pas la dimension de la Shoah qui a pu nous apparaître comme quelque chose au chiffre abominable : depuis lors, au cours des années et même des générations, les chiffres agités par les financiers et les économistes ont par leur dimension folle émoussé notre perception du nombre. Cependant elle se réveille dès lors qu’il s’agit d’humains fauchés ou mutilés parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. C’est plutôt cette indifférence du sort de chacun exercée par la réalité du fait qui frappe : nul lieu sûr contre cet aveuglement pour la prochaine fois – car en même temps s’installe la certitude qu’il y aura une prochaine fois. C’est ainsi que la peur gagne, malgré les démonstrations de vaillance et de résilience spontanément liées à la compassion et au partage de la douleur. La sincérité du bouleversement n’a pas à être mise en doute, mais le dosage de la peur, contrairement aux sondages qui traduisent l’effondrement des popularités, ne fera sans doute que croître et embellir.

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lucette desvignes
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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 08:29

         Il y a des jours comme ça, où vous sentez que l’énergie déborde. Inutile d’envisager de la gastronomie fine : personne ne figure sur l’agenda des invitations cette semaine. Inutile de prévoir du jardinage fin, dans lequel s’épuiserait rapidement ce trop plein de forces : la terre est comme du ciment, on nous a promis des orages qui ne viennent pas, le béton triomphe, tant pis. Inutile de chercher un dérivatif au farniente dans l’écriture : tant que l’immersion dans un nouveau roman ne s’est pas réalisée, c’est de la petite bière, les nouvelles ne peuvent calmer la fièvre d’écrire, tout ce qu’elles font c’est, comme le sucre, d’enclencher l’addiction et générer de nouveaux sujets à traiter en vitesse.  Ces variations sur la parole et le silence que je vous ai annoncées il y a quelques semaines déjà dûment passées chez l’imprimeur (et certes le recueil relié avec son beau titre et sa couverture de plastique a fière allure : on le croirait déjà sorti de chez l’éditeur) n’ont plus qu’à être acceptées par quelqu’un de cette qualité fonctionnelle (admirez au passage le culotté « n’ont plus qu’à… »). Les glanes abondantes et sévères d’une succession difficile traversée dans les angoisses de toute sorte n’ont plus  qu’à être peaufinées avant d’être livrées à la lecture publique où, comme dans un livre à clés, le lecteur  fouillera parmi le texte ainsi que les enfants le lundi de Pâques à la recherche des œufs éparpillés dans le jardin. Et j’ai même commencé un Mon (tout petit) Dictionnaire amoureux de l’Hospitalisation, à partir de nombreuses notes rédigées à l’occasion de ce séjour de vacances du mois d’avril, mais je dois vous avouer qu’à la simple évocation  de l’originalité du café au lait de là-bas, mon estomac se révulse et mon entreprise se trouve coupée à la racine. Même mon énergie de la journée baisse les bras…Il me faut d’urgence imaginer un autre exutoire pour ce trop plein malmené (et j’entends ici la voix pointue de Fabrice Lucchini invisible nous incitant à la télé à « moins de déchets : ça déborde ! »). Oui, ce soir j’ai de l’énergie que je ne sais à quoi employer. Si seulement ça pouvait se mettre en conserve pour « les jours sans »,  comme sous l’Occupation !

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lucette desvignes
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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 09:16

         Hier je vous ai cherché (avec bec et ongles et me battant les flancs) un sujet inédit de méditation, probablement à approfondir selon vos inclinations personnelles. Pourtant je ne voudrais pas vous laisser ignorer, en le tenant caché sous le manteau comme une tare, le compte de nos blogs : hier, donc, c’était la 2250ème. De quoi faire pâlir d’envie le théâtre le mieux en faveur, du Ionesco par exemple, Les Chaises ou La Cantatrice chauve, sans oublier parmi toute une liste merveilleusement tonique et originale le cher Amédée ou comment s’en débarrasser qui peut nourrir tant de remarques d’esthétique théâtrale ou de questionnements sur le sens ou la philosophie de son texte. Je sais bien qu’on peut exécrer Ionesco, mais me semble-t-il c’est de la même manière que celle dont on peut exécrer Picasso, alors je ne me mets pas en branle de guerre pour tenter de convaincre ! si on aime on aime, si on n’aime pas on n’aime pas ; et la messe est dite. Mais pour en revenir à notre petite 2250ème, même si elle ne constitue pas un événement à soulever l’enthousiasme des foules, elle mérite tout de même qu’on s’y attarde un instant. Jusqu’à la deux millième je crois j’offrais le champagne et les petits fours virtuels pour célébrer en compagnie. Or maintenant que les temps sont de plus en plus durs, je limite mes frais d’agence et de fonctionnement : vous devrez donc vous contenter d’une appréciation théorique, d’une cérémonie réduite à son plus simple appareil, pas de discours tonitruant ni de ma part ni de la part d’un individu de marque spécialement invité pour donner du lustre à l’événement.  Non, mes belins-belines, on se contente d’entériner la satisfaisante constatation qu’on continue à tenir ce blog à bout de bras, qu’il nous sert de lien d’amitié entre vous tous en diaspora fidèle (du moins je l’espère) de par le monde et moi sur ma chaire précaire mais têtue, bref on va continuer cahin-caha comme par le passé, il y a encore à faire avant le troisième mille…

………….

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lucette desvignes
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 10:21

Pour entamer au mieux la semaine nouvelle

En trouvant dans l’actu un beau sujet pour vous

Qui, sans jamais trop vous triturer la cervelle,

Vous façonne l’esprit, l’intellect ou le goût,

 

Je me plonge, non point dans la littérature

Des journaux pour lesquels je n’ai point d’intérêt,

Ni non plus dans « Critique de la Raison pure »

Qui pour vous et pour moi est dépourvue d’attrait,

 

Mais bien dans la télévision qui désinforme :

Depuis qu’on la nommait « l’Intoxe »sous Giscard,

L’information a revêtu comme uniforme

Celui des caquenauds, des sournois, des bavards,

 

Des cramponnés aux basques de la gouvernance,

Des complices de mainte falsification

Qui assénée avec aplomb et assurance

Passe pour vraie aux yeux de la population.

 

Un seul exemple : après la triste horreur de Nice,

Au lieu de prévenir les prochains attentats,

On s’efforce de dédouaner la police,

Et on demande de revenir sur leurs pas

 

Aux témoins qui ont souligné une carence

Dans un dispositif qui se voulait parfait

Mais qui, insuffisant pour contrer la violence,

A laissé arriver d’abominables faits.

 

Vous allez voir ainsi, mes belins, mes belines,

Comment vont se montrer nos présenteurs d’actu :

Selon les courants d’air soufflant dans leur usine,

C est affaire d’Etat … ou on n’en parle plus !

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lucette desvignes
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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 08:44

         Au fond, on se demande bien pourquoi nos médias bien-aimés se donnent tant de mal pour venir faire parler à leur micro des Israéliens compétents pour nous aider dans la lutte contre les terroristes, eux qui, les pauvres, sont depuis plus de soixante ans en territoires occupés (c’est eux qui occupent, donc c’est eux qui pillent et volent et tuent, avec en face d’eux des Palestiniens qui depuis plus de soixante ans défendent comme ils le peuvent leur lieu de vie, leurs villages, leurs plantations d’oliviers et de dattiers, leurs maisons, leur eau). Pas besoin, non, de ces interventions entourées de respect : il suffisait de faire une liste pour dessiner les profils, la situation se clarifiait tout de suite. Ainsi, profil du terroriste : mépris farouche de la vie humaine, désir maladif d’imposer sa façon de voir à autrui, ambition viscérale de terroriser, besoin instinctif de supprimer tout ce qui ne pense pas de même manière, haine de l’autre, recours naturel à la violence et à la  torture, dédain absolu des règles établies par le reste du monde, refus d’accepter les codes de guerre reconnus par tous, caractère souterrain des préparations, caractère brutal et inattendu des opérations de mort spectaculaires (Plomb durci, Défense des frontières etc.)… Mais sapristi, voyez mon étourderie ! Est-ce que ce ne seraient pas là les principes du cousin presque frère ? Ce profil-là, on le connaît aussi hélas et depuis longtemps. On n’avait pas besoin de l’affubler d’une étiquette pour s’y reconnaître !

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 08:42

         Lorsque la  situation d’une nation apparaît comme inextricable, douloureuse, angoissante, la question qui se pose ou devrait se poser est « Que faire ? ». Oulianov, autrement dit Lénine, a utilisé la formule de manière retentissante : Chto diélo ? avant d’essayer d’organiser la Russie d’après la révolution de 17 et même d’avant. Je ne pense pas qu’il faudrait donner cet exemple à notre attelage réuni sous le même joug (ce qui ne les empêche pas de tirer chacun à Hue ! ou à Dia ! comme unique démonstration de personnalité) . Pourtant, dans les circonstances tragiques qui ont installé un climat de consternation désolée et d’inquiétude de tous les instants dans notre pays, il serait indispensable d’avoir une vision claire, précise, équilibrée de la situation et des éventuelles menaces à venir. Or il se trouve que tout semble avoir été tenté, sinon exécuté jusqu’au bout de manière efficace. Il semble même que les idées efficaces ne se sont pas transformées en actions de même type (paperasseries ? indolence ? mauvaise communication entre services ? délaissement de services compétents au profit d’actions spectaculaires au nom retentissant qui ne servent rigoureusement à rien ?). Vers qui donc se tourner pour avoir une simple idée de ce qu’il faudrait faire ? Qui donc est spécialiste en lutte armée contre les terroristes ? Mais Israël, bien sûr, luttant si vaillamment contre les terroristes palestiniens (vous vous souvenez que nos résistants étaient appelés terroristes par tous ceux qui voulaient les voir au diable ?). Voilà au moins une conduite sur laquelle prendre exemple , et c’est d’autant plus normal que c’est notre cousin presque frère Benyamin  qui régit cette politique, que nous lui faisons des mamours admiratifs depuis si longtemps déjà, à tel point que nos chers médias toujours aux aguets pour savoir la direction du vent en font tout un plat, interviews, questions aux anciens généraux israéliens, aux chefs des services secrets,  bref du gouvernement jusqu’aux commentateurs à sa solde on vit à l’heure de Tel-Aviv dans ses pompes et dans ses œuvres. Dire que c’est de ça, oui, de ça ! que nos pilotes attendent  des conseils… On croit rêver, cauchemar pénible et poisseux – mais non ! La radio et la télé s’en donnent à qui mieux mieux pour exhiber venus de là-bas des gens d’expérience, aguerris, compétents. Non, ce n’était hélas pas un cauchemar…

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lucette desvignes
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 09:42

         3 heures 10 pour Yuma… Dans la série des trains américains qui sifflent trois fois ou qui sont le dernier pour Gunhill, celui-ci est un remake, et je l’ai regardé car on le disait honnête. Je me demande toujours pourquoi un réalisateur reprend un sujet déjà devenu familier à tout le monde pour en donner sa mouture personnelle. Il y a sans doute là-derrière une grosse part de vanité : vous allez voir ce que vous allez voir, un sujet pareil a été proprement bâclé la dernière fois…(Je laisse naturellement de côté le fanatisme technologique qui pousse un metteur en scène à refaire strictement les mêmes séquences, comme je crois cela a été fait pour cet affreux Hitchcock avec Anthony Perkins et la fille poignardée sous la douche sans qu’on en voie rien : je persiste à trouver que c’est un des pires films de Sir Alfred, de construction comme de sujet ou de vérité psychiatrique, et que le porter aux nues comme un film culte est parfaitement aberrant – mais ce que j’en dis…). Eh bien certes ce remake-ci n’a presque aucun rapport avec son modèle, qui était un classique du genre, célèbre pour la durée entière d’un film avec le héros habituel menotté et sous bonne garde. C’était simple de scénario, facile à suivre, un peu construit selon des séquences théâtrales et utilisant les types de la comédie humaine du Western sans désir de changer les critères. Davantage d’ambition avec Brian de Palma, comme il fallait s’y attendre. Beaux gros plans comme Sergio Leone mais aussi Eisenstein lui ont appris, insistance sur l’expression des faces difficiles à distinguer sous leurs chapeaux,  désir de  faire un héros d’un brave paysan poussé au pire par la misère et la provocation et qui jusqu’au bout refuse le pire. Je ne sais plus comment le prisonnier était mis dans son train avec le premier film ; avec le deuxième j’ai eu plus de mal, dans les scènes de bagarre avec tous ces chevaux, à démêler les bons des mauvais (mis à part que le mauvais était loin d’être mauvais,  troublant Russell Crowe), mais je n’oublierai pas la fin de ce remake, éminemment morale puisque le menotté monte de lui-même dans le train qui l’emmènera au pénitencier après avoir vu ce dont un pauvre fermier était capable… 

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lucette desvignes
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