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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 10:59

         J’ai accompagné hier un vieil et cher ami dans son dernier sommeil. Je n’étais pas retournée au crématorium depuis presque quinze ans, et j’ai été ahurie des changements que j’y ai trouvés. D’abord il y a plusieurs bâtiments qui n,’ont plus l’air d’une remise, mais qui de l’extérieur, malgré une certaine recherche d’élégance dans leur design, évoquent plutôt un centre commercial sélect qu’autre chose. A l’intérieur, luminosité tamisée, murmures de jets d’eau, bassins impeccables, toute une atmosphère de détente pour ceux qui restent sinon de réconfort. L’affichage est discret et efficace (indication des horaires de fonctionnement correspondant à tel ou tel nom par panneaux comme dans une gare, plantes vertes, passages feutrés mais tout de même effectifs du maître des cérémonies quand il s’agit, parmi les foules qui attendent en s’entretenant à voix basse, de sélectionner celle à qui l’entrée des lieux du dernier adieu est enfin permise). Tout se déroule sans accroc, chaque famille organisant la cérémonie à son gré de manière à mieux, plus tendrement, évoquer le disparu et entourer ceux qui restent. Et tout autour, un domaine à l’américaine : une esplanade, des bosquets, des  avenues qui se recoupent, des ronds-points pour éviter ( ?) de se perdre, des pelouses aussi impeccables que le macadam  du circuit routier, des étendues d’herbe soignée, des rideaux d’arbres… Et à proximité – juste une avenue à traverser – le golf ; signe éminent de classe et de fortune. De quoi évoquer – mais avec distinction – la moralité peinte sur les enseignes des bistrots d’autrefois donnant sur les cimetières : « Ici c’est mieux qu’en face ». Ce n’est pas dit en ces termes, c’est sous-entendu – mais  l’invitation, ou du moins la constatation,  est la même.

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lucette desvignes
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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 10:20

         Je n’ai rien à vous enseigner aujourd’hui, mes belins-belines, sauf que le chagrin de la perte d’un vieil et cher ami ne se partage pas. Chacun a son poids écrasant de peine sur le cœur, chacun est conscient qu’autour de soi et tout près de soi il y a d’autres proches qui souffrent, dont le chagrin écrase le cœur, étouffe les larmes, brouille la conscience. Chacun devine et sait en profondeur que la douleur est là, intense, au sein de cette effervescence d’émotions, que chacun la porte en soi, que l’ensemble de ces douleurs crée un réseau de chagrin englobant tout le monde. Mais chacun demeure avec son poids de peine, avec sa douleur tout entière. On peut s’illusionner  sur ce cercle de souffrance en résonance, on peut s’imaginer que le partage de la douleur permet un allègement

du fardeau qui vous délabre. Mais non, on le croit seulement. Privée de la présence qu’une vie entière de compagnonnage avait transformée en un double soudé, la tendresse mutilée subit un arrachement auquel aucune force de sympathie ne peut rien. C’est seulement après le plus intense de la douleur que l’apaisement pourra venir, lentement, sans jamais cicatrises la blessure : alors on pourra s’ouvrir à la chaleur de l’amitié, percevoir  cette vague de douceur qui a dés le début enveloppé l’être souffrant, accepter l’offrande d’une douleur semblable. Mais il faudra du temps, et l’arrachement se subit dans le désespoir sans qu’on puisse imaginer  que l’apaisement pourra venir quelque jour de l’amour des autres.

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lucette desvignes
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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 11:26

         Notre champion (au sens premier, celui qui dans un tournoi défend les couleurs de sa dame) est revenu d’Israël tout rêveur. Il croyait être à peu près tout seul là-bas, à serrer notre cousin presque frère avec douleur et affection dans ses bras (puisque le cousin presque frère avait décrété des funérailles nationales pour celui qui avait sciemment fait capoter les accords d’Oslo, c’est qu’il fallait révérer en Shimon Perez le grand capoteur des accords d’Oslo – notre champion aurait pu aussi s’aviser que s’il avait fait capoter les accords d’Oslo c’ était par trahison de ses engagements et adhésion définitive à un sionisme de pointe, mais voilà : il n’a pas pris conscience de cette évidence, il ne peut pas tout voir ni tout comprendre, notre champion). Tout rêveur donc il en est revenu, car il s’est trouvé un peu perdu dans cette foule mondiale où tout le monde s’embrassait en le dépassant d’une tête. Il avait bien emmené le copain Sarko avec lui (pas vraiment copain mais lui aussi ex-président désavoué par son bilan : tout juste ce qui l’attend lui-même en mai prochain, donc ça vous crée des liens), mais le copain Sarko avait lui aussi bien du mal à respirer hors de la foule en se dressant sur ses ergots, si bien qu’on ne peut pas vraiment dire que la France ait été représentée au mieux dans cette affaire Perez et c’est parfait ainsi, car elle n’avait rien à faire à célébrer l’ennemi des Palestiniens après qu’il eut fait semblant de vouloir la paix. Je ne suis sûre ni de mes lunettes ni de ma vue, mais je n’ai pas aperçu là-bas Hubert Védrine…Ou bien, comme disent les Suisses ?

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lucette desvignes
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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 10:27

         Parlons-en encore, oui, puisque le monde entier va en parler au moins encore aujourd’hui . Ils sont tous là-bas, la mine contrite, les larmes ouvertement ravalées, les embrassades se faisant d’une étonnante tendresse. Bill Clinton là depuis un jour déjà, par affection personnelle, en grande kippa noire (faut ce qu’y faut), la foule des autres (tout le gratin occidental, même des têtes couronnées ou assimilées, ça devrait tenter les djihadistes du coin). Je ne comprends d’ailleurs pas que les pays islamistes s’abstiennent de venir congratuler la dépouille : certes le défunt avait participé aux accords d’Oslo (ces accords anciens et obsolètes qui reconnaissaient à la Palestine le droit d’exister), mais puisque Rabin avait été assassiné en essayant de les mettre en pratique lui-même, autre prix Nobel de la Paix, n’avait qu’une chose à faire : reprendre le flambeau et continuer - s’il l’avait fait les choses ne se seraient certainement pas dégradées pour la Palestine comme elles l’ont fait malgré tous les efforts trop lointains du monde juste. Une chose à faire, oui : faire respecter les accords d’Oslo, et c’eût été un vrai titre de gloire, une vraie raison de l’admirer, une vraie justification de son Nobel. Il a eu peur de choisir cette voie, l’exemple tout frais de Rabin assassiné l’ayant refroidi ; il a préféré bricoler dans la politique locale, c’est en fait ses 93 ans de survie tranquille qu’on célèbre aujourd’hui. Pas moi : je respecte toutes les opinions, mais je ne tolère pas les lâchetés ou les compromissions de ceux qui trahissent leur idéal ou leur mission (suivez mon regard).

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lucette desvignes
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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 12:07

Mea Culpa immédiat : N° 2306, Un de moins, rien de plus..., ligne 4 à partir du bas, lire "Palestiniens". Sorry...

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lucette desvignes
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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 09:41

         Bons ou mauvais, les grands hommes ou prétendus tels ont toujours des funérailles magnifiques. Voyez Shimon Perez, l’éternel perdant aux élections de son pays, l’éternel second : demain les directeurs des affaires du monde viendront de toute part à Tel-Aviv pour verser une larme sur sa dépouille. Qu’on le vénère en Israël, certes on le peut. C’est lui qui a engrené là-bas la technique du nucléaire (même que c’est la France qui lui a donné l’indispensable coup de main que personne ne lui offrait) et chaque fois qu’officiellement il a pu développer pour ses congénères des protections de victimes contre les viles attaques des « baddies » avec les maudites pierres jetées par leurs gamins, il n’a jamais manqué de le faire. Il n’a jamais défendu la paix que du bout des lèvres, fermant les yeux si l’occasion se présentait pour lui d’intervenir d’une façon qui eût pu avoir une efficacité  parlante. Il a sur la fin, quand il n’avait plus aucune chance de s’imposer en haut lieu, cultivé une popularité facile, celle des jeunes rencontrés au hasard des rues et avec lesquels il est si commode de faire ami-ami quand on est déchargé de toute responsabilité. Donc, le monde entier va venir se recueillir et évoquer combien on l’aimait. C’était un Nobel de la Paix – tiens donc ! et qu’en a-t-il fait ? A-t-il protesté contre la construction du mur de la honte ? contre l’extension éhontée des colonies israéliennes par expulsion des Palestinitnes implantés ? contrre l’éradication du passé palestinien ? contre le martyre de Gaza ? Rien de tout cela. Mais il faut dire aussi qu’un autre Nobel de la paix, de l’autre côté de la Mare aux Harengs, celui qui disait « Yes, we can : »n’en a rien fait non plus..

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lucette desvignes
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 11:23

         J’ignore totalement comment ça se passe pour vous, mais en ce qui me concerne lorsque j’attends un visiteur dont je révère l’amitié je me sens tout « in a flutter », comme on dit Outre-manche, toute frémissante, quoi, tout époulaillée comme on dit à Saint-Etienne. Et il s’agit de canaliser toute cette énergie pour mettre les petits plats dans les grands. Le résultat immanquable c’est la confection d’un baba au rhum. On se demande pourquoi c’est si simple et pourquoi tout le monde s’en régale tant. Il est vrai que les babas des pâtissiers, plantés dans leur caissette plissée comme de petits fromages et tout gluants d’eau sucrée, n’ont aucun rapport avec ma vieille recette traditionnelle des fermes saône-et-loiriennes. Mais, me direz-vous, on est là bien éloigné de Nantes ou de Bordeaux, de ces points incontournables de l’introduction en France de l’élixir tiré de la canne à sucre ? Pourquoi ne pas utiliser la gnaule, la goutte,, les ressources locales en somme, comme en Poitou-Charentes ils arrosent leurs pâtisseries avec de l’armagnac, comme les Marocaines parfument les leurs à l’eau de fleur d’oranger ? Mes belins-belines, ne pensez pas tout de suite à une trahison des habitudes régionales si je mets du rhum sur mon baba ! Dites-vous bien au contraire que c’est un indiscutable signe de goût que dans ma Bourgogne du sud on ait su, avec sévérité et expertise, sélectionner ce qu’ailleurs pouvait présenter de meilleur. Est-ce qu’on a sélectionné le Graves, le Sauternes, l’Entre-Deux Mers, le Cabernet-Sauvignon, allons allons? Quel besoin aurait-on de s’encombrer ? De canne à sucre, certes, on manque en Bourgogne, mais pour tout le reste… On a ce qu’il faut, bien d’accord, on a même su l’imposer au reste du monde.

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lucette desvignes
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 09:50

         Ces heures ensoleillées de manière enchantée (c’est vrai : nulle part ailleurs on ne peut trouver la même luminosité magique se reflétant sur le doré des vieilles pierres et sertie par des hectares de vigne en sa gloire – voilà neuf ans de suite que je le vérifie, cela ne peut être mis en doute) qui se sont déroulées à leur rythme joyeux,au milieu d’un déluge de livres de tout poil dont les plus gros avec leurs illustrations éclectiques permettent d’anticiper l’époque des cadeaux de Noël, vous font planer sur un petit nuage. On ne parle que de littérature et de bons vins, on retrouve les copains auteurs, on rencontre des fidèles pour lesquels ce rendez-vous est devenu un must, bref on échappe à la réalité maussade, qui est soucis, contraintes, ennuis, malentendus, tracas d’arrière-plan impossibles à faire décoller de la conscience. Pendant ce week-end vous étiez gonflée à l’hélium  - une lévitation qui vous assimilait à une espèce de distinction royale ou princière grâce à vos écrits qui faisaient se déplacer les foules (locales seulement, hélas ! et non planétaires ainsi qu’on pourrait le souhaiter : il y a là un bémol à ne pas ignorer sur la partition). Et voici que c’est le lundi d’une  nouvelle semaine… C’est dur pour le préparateur en pharmacie d’enfiler sa blouse blanche par-dessus le slip de bain de ses baignades dominicales, ou pour le boulanger de se remettre en gilet de flanelle après avoir posé le costume du dimanche qui lui a permis le repas fin au restaurant…Mais c’est comme ça que le monde fonctionne, et on n’apprécierait pas les ivresses des fins de semaine spécialement aménagées si elles duraient tous les jours…

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lucette desvignes
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 19:34

         Mes belins-belines, certes j’ai eu l’air de vous abandonner, puisque je ne reprends contact avec vous que lamentablement tard : il y a encore un beau soleil rougissant, mais sa timidité même indique qu’il va bientôt nous jouer la fille de l’air, c’est donc qu’il est plus tard que tôt, en tout cas plus tard qu’à mon habitude. Que s’est-il donc passé dans la journée ? des fâcheries avec les voisins ? des ruptures avec des amis ? des remords de paroles trop vives et inconsidérées ? Rien de tout cela, mes agneaux, mais le dévouement au service du livre et de la lecture. C’était le premier jour du week-end du Salon « Livres en Vignes », et vous n’eussiez tout de même pas voulu que j’y renonçasse ? L’atmosphère (ce vieux château de moines du XIIIème siècle servant de cadre à une manifestation culturelle tout ce qu’il y a de contemporain, avec des masses d’auteurs venus de Paris pour nous apporter leurs lumières, mes agneaux – oui, comment eussiez-vous voulu que je n’y fusse point ?) .  Je me devais d’y être, et j’y fus, après bien des angoisses pour le déplacement auxquelles de gentils confrères attentifs aux besoins des vieilles dames ont apporté solution  J’ai donc pu retrouver les copains habituels des réunions d’écrivains, faire la bise aux amis fidèles venus me voir (non point dans ma gloire, mais plutôt comme un des fauves encagés devant lesquels piétinent les foules désoeuvrées), bref tout s’est passé comme prévu dans ce contexte de vendanges que nous offraient les vignobles à perte de vue autour du Château. C’est cette exaltante carte postale que je vous envoie ce soir, mes belins-belines, comme preuve que vous n’étes jamais éloignés de mon cœur.

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lucette desvignes
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 08:28

         Alors, là ! mais alors,là ! mes belins-belines, je galège ! Vous avez une petite idée du moment où ça nous emmènerait, le N° 5.000 ? Nous n’en sommes même pas à 2.500, qui serait la moitié du parcours, et que je n’atteindrai qu’après encore 200 contacts avec vous. Déjà ça, « j’y vois gros ! » - comme disait le chauffeur de la deux chevaux en découvrant que le trente tonnes lui fonçait dessus à toute allure. Alors, vous pensez, pour les 2.500 blogs qui resteraient à pondre… Il faudrait une deuxième vie, et même sereine comme je suis devenue en mon grand âge je ne suis pas sûre d’avoir envie de recommencer. Je suis même sûre que non… mais ça c’est une autre histoire ! Pour en rester à ce programme impressionnant de blogs à vous livrer, il va falloir que je cherche dans mes livres des sujets qui vous plaisent. La grammaire et l’orthographe, c’est parfois barbare et sans charme, mais on ne peut pas plus les supprimer que les flux de migrants, qu’on s’ingénie pourtant au niveau supérieur à bâillonner vigoureusement (si tant est qu’on puisse bâillonner un flux de migrants – j’ai toujours eu l’amour des associations inédites). Et puis le théâtre et la littérature, dont il me semble bien que j’ai été parcimonieuse tous ces temps, mes commentaires sur le cinéma vous incitant fortement à prendre les chaînes en surnombre si vous voulez suivre et profiter de mes conseils.. De toute manière, ne vous en faites pas pour les programmes : avec l’actu si foisonnante je trouverai toujours quelque chose d’intéressant à vous tendre, moi qui tiens le crachoir à bout de bras depuis si longtemps (autre association inédite : je vous dis, chez moi c’est une fontaine jaillissante…).

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lucette desvignes
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