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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 10:13

         Je m’étonne parfois qu’on puisse juger de la valeur d’un livre au nombre des traductions qu’on en fait. « Déjà traduit en cinq langues ! » claironne-t-on. Qui dit mieux ? En douze langues,en vingt-trois langues !...Cela me paraît  surtout être le résultat de deux choses. D’abord, qu’il y a eu une conjonction favorable d’éléments pour réussir ce projet (écrivains connaissant un traducteur, rencontres heureuses avec des traducteurs intéressés aux salons et foires du livres où s’activent les éditeurs, impondérables de la chance et du hasard, puissance du titre éveillant l’attention du traducteur qui imagine sur-le-champ une traduction séduisant… Je vous donne un exemple, Le Nom des Singes immédiatement traduit en anglais comme Naming the Jungle). La deuxième chose – et non, à mon avis, la moins importante – est le style de l’ouvrage. Plus la phrase est simple, non seulement avec des mots de tous les jours mais surtout une structure évidente, avec un vocabulaire que je dirai simpliste s’il ne regorge pas de plusieurs sens à la fois en face desquels le traducteur peut s’égarer (au cas où son instinct divinatoire n’est pas parfait),  et plus la traduction sera facile et sans danger . On ne devrait donc pas s’étonner si tant d’ouvrages minimalistes qui sont tant à la mode depuis deux ou trois décennies en France et en Navarre sont automatiquement retenus à l’étranger par des traducteurs s’essayant dans le métier : pas de danger de s’égarer, il n’y a qu’une ligne de pensée et elle est tout ce qu’il y a d’ordinaire, de banal – même que, paraît-il, c’est voulu ! On pourra revenir sur le minimalisme une autre fois, quand je n’aurai vraiment, mais vraiment plus rien d’autre à vous offrir.

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lucette desvignes
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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 14:44

 

 

         °Plongée comme je le suis dans l’écriture d’une préface pour l’ouvrage de mon ami Alain Bélassène sur la Shoah en Côte d’Or à paraître ce printemps, je n’ai guère le cœur à rire ni même à sourire. Chaque fois qu’on fait devant moi allusion à cette horreur qu’est un génocide, je me sens accablée par « le chagrin et la pitié » qu’une chose pareille puisse jamais se concevoir dans le cerveau humain.  Tu n’as pas la même couleur de peau que moi ?  la même langue ? la même religion ? la même philosophie ? les mêmes habitudes pour te nourrir ou te divertir ? Donc tu mérites de disparaître à mes yeux, plus de contact avec toi, plus de relations quelles qu’elles soient. Je ne te connais pas mais je ne veux pas te connaître, donc je me méfie de toi, j’ai pour toi de l’aversion, de l’incompréhension, tout cela n’est pas loin de la haine. Hors de ma vue ! regroupe-toi avec tes semblables : mes semblables à moi, oui les miens, sauront vite organiser ces expulsions, ces chasses à la bête, ces chasses à l’homme – car tu n’es qu’un sous-homme, un Untermensch, retrouve tes semblables et débarrassez-nous de votre présence et de votre vue.  Et ne résistez pas : nous sommes la force, nous faisons la loi, nous vous considérerons comme une espèce nocive, nous nous considérerons comme en droit de vous abattre. Les « Plus jamais ça ! » de bonne volonté des gens de cœur ne sont pas  écoutés, tous les jours une nouvelle ethnie se trouve exposée à l’extermination dans le sang et la souffrance. Aussi, pour m’extraire de ces sombres pensées, ai-je eu plaisir à revoir (douzième ? treizième fois peut-être) l’admirable Avanti ! d’un Billy Wilder âgé de 67 ans. Justement, et dans un tout autre registre, il s’agit de comprendre l’autre, de lui ouvrir les yeux sur le reste du monde – l’Italie des années 50 à découvrir, avec tous ses Italiens et son café, sa bonne humeur et sa tendresse, par un Américain étroit d’esprit et engoncé dans ses habitudes conventionnelles… La conversion n’a rien de tragique ici : mais elle a nécessité les mêmes soins attentifs, la même bonne volonté de l’un s’appliquant à amener l’autre à adopter les mêmes façons de voir – la morale en creux, en somme, tout en lumière, du même schéma dialectique…

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lucette desvignes
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 08:30

         Il y a peu, au salon du livre de Chalon, j’avais retrouvé deux anciennes élèves que j’avais menées, l’une à l’EN, l’autre au bachot, soixante ans plus tôt, et nous nous étions retrouvées presque de plain-pied. Samedi j’ai signé à Tournus mes deux bouquins sortis cette année, Italie, ô Italies…et Les Treize Contes de Noël de Lucette Desvignes (et bien d’autres encore : il y avait le choix) et entre autres rencontres agréables j’ai retrouvé deux lectrices qui me sont fidèles depuis trente ans puisqu’elles achètent tous mes livres dès qu’ils paraissent. L’une d’elles, qui avait fait travailler ses élèves de collège sur mon recueil Famille, familles (1988 : c’est vous dire) avait donné comme composition française le sujet suivant : «  D’après Pousse-Café que vous avez étudié, imaginez la chambre de la grand-mère et décrivez-la en vous inspirant du style de Lucette Desvignes »- un beau cadeau d’anniversaire, dites-moi : j’avais reçu  une vingtaine de copies enthousiastes pour le premier mai, comme preuves naïvement touchantes que mon message était passé. Heureusement que samedi on m’a ramenée chez moi en voiture (j’arrivais devant ma porte à l’heure même où mon train eût dû s’ébranler à la gare de Tournus) car je suis repartie chargée d’un beau petit bouquet de houx et de gui et d’une bûche de bouleau argenté  dans laquelle on avait planté trois jacinthes prêtes à s’épanouir, lesquelles ce matin embaument mon salon. Certes c’est fatigant de se déplacer ainsi (pour aller, taxi pour la gare, train, pas de taxi à l’arrivée, marche dans le brouillard un peu à tâtons…) mais quel réconfort que ces échanges dans une librairie où tout respire l’amour du livre et de la lecture, où les clients feuillettent tranquillement avant d’acheter, où le libraire est là pour conseiller … et où les lecteurs viennent bavarder quelques minutes avec l’écrivain dans un mélange de respect et de cordialité chaleureuse… Mes belins-belines, il y a encore par-ci par-là quelques rares secteurs préservés…

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lucette desvignes
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 19:26

         J’avais vu une première fois Sailor et Lula sans que m’en soit resté d’autre souvenir que ce Love me tender, love me true que chante Nicholas Cage à la manière d’Elvis. Je n’avais même pas noté que le réalisateur était David Lynch, mais cette fois-ci (il y a trois ou quatre jours) je l’ai regardé, car je m’intéresse à toutes ses manifestations artistiques, de Blue Velvet à Elephant Man, ou de l’impressionnant Twin Peaks  à l’inépuisable Mulholland Drive. Regarder, cela veut dire observer, analyser – ne pas seulement attendre la fin du déroulement de l’histoire, qui en soi n’est pas grand-chose. Mais Lynch a le chic pour désarticuler, me semble-t-il, la perception du réel chez ses personnages. Les jeux forcés des acteurs, suivant le rythme peu alerte de leurs cerveaux, permettent de pénétrer dans leur mentalité assez primaire : ainsi celle des amants de la mère qui ne la traitent pas comme la meurtrière débauchée et à demi-démente qu’elle est, ou celle des amants fidèles malgré deux séjours en prison et dont  la conversation élémentaire souligne l’indigence mentale : « J’ai p’têt’ pas été toujours un gars bien », reconnaît avec lenteur le héros deux fois emprisonné qui, second couteau d’un mafieux, a supprimé à mains nues l’un des amants de la mère, ou l’amante qui répond sans hâte : «  l’essentiel est qu’on soit ensemble » (elle énonce ce constat comme une banalité, en se faisant les ongles de pieds alors qu’ils ont des tueurs à leurs trousses…)….Et c’est cette dissociation qui est savoureuse. Mais peut-être faut-il, comme pour les frères Coen, avoir un goût spécial pour le cinéma insolite…

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lucette desvignes
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:20

         Je n’ai aucune tendresse pour les séries françaises. Policières, médicales, se voulant le reflet de la réalité dans les familles françaises, aucune ne trouve grâce à mes yeux. Banales d’intrigue, indigentes de dialogue, minables de jeu d’acteurs, débiles lorsqu’elles s’essaient à l’humour, insupportables voire lamentables lorsqu’elles ont la prétention d’adopter les mœurs et le parler « d’époque »…. Il n’y a peut-être qu’Un Village français » qui mérite l’attention, et je l’ai loupé, alors que le sujet aurait dû me retenir et que la présence de Robin Renucci donnait des garanties sérieuses de qualité. Bon, j’ai manqué le coche…J’ai été tentée de voir, pour pouvoir la juger, la série qui est entrée, dit-on, dans une nouvelle phase, avec personnages rafraîchis, dialogues plus alertes et situations plus osées. Ce n’est pas ce dernier trait qui m’y a incitée, je vous le précise tout de suite – mais on avait tellement l’air de dire que le soulagement de la nation était sans limites puisque la nouvelle saison de ce feuilleton admirable continuait à nous apporter la ration hebdomadaire de jouissance pure, que j’ai tâté de vingt minutes de Fais pas ci, fais pas ça – déjà qu’il m’avait fallu passer par-dessus pareil titre abominable. Si vraiment ces personnages sont censés être taillés dans le bois qui fait nos flûtes humaines et actuelles, j’aime mieux tout de suite planter là la planète qu’ils peuplent… Quel saint de la télé nous rendra, faute de nouveautés acceptables, nos vieux Navarro et nos vieux Nestor Burma, ce dernier avec sa dèche, son saxo, sa malchance et sa gouaille ?  Rien n’était génial là-dedans, et en leur temps je les ai parfois bien critiqués – eh bien, figurez-vous, mes belins-belines, que je ne suis pas toute seule à avoir la nostalgie des plaisantes 90 minutes qu’ils nous faisaient passer une fois par semaine…………….

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lucette desvignes
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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 09:38

         On me propose, en cadeau de Noël gratuit, bigre ! (et en sous-entendant que l’importance du lot vise à pallier les déficiences de fin d’année des programmes Télé) un ensemble  de 25 DVD représentant la fine fleur du cinéma français. Quand dans les 25 on peut apercevoir Emmanuelle ou La Folie des Grandeurs, ou encore Les Hussards, la question qui se pose c’est, d’abord de savoir qui a établi cette liste et selon quels critères (j’ai bien peur que seul ait compté le bénéfice retiré par les producteurs), ensuite et surtout que veut dire « meilleur »  surtout si l’on mélange les genres ? Quelques titres sont de toute évidence nos grands titres de gloire : La Grande Illusion, Les Enfants du Paradis, The Artist, La Grande Vadrouille, Les Tontons Flingueurs…Mais la plupart des autres titres relèvent d’un subjectivisme avéré : pourquoi Bienvenue chez les ch’tits  et non Trafic ? Pourquoi Ventura dans Les Misérables et non dans Le Deuxième Souffle ? On  pourrait discuter sans fin. Alors que dire des listes péremptoires des magazines de lecture qui chaque mois vous proposent les dix meilleurs polars, ou les dix meilleurs romans historiques, ou les dix meilleurs romans étrangers, ou les dix meilleurs récits de voyages ? C’est même, en ce cas, une faute de goût et de flair que d’imposer délibérément des   choix dont on ne peut même pas discuter puisqu’il s’agit de titres encore non connus – voire un manque de finesse d’imaginer qu’il y ait des valeurs   fixes pour chaque œuvre littéraire, lesquelles valeurs ressemblent fort à des notes que ces correcteurs se plaisent à donner en les prenant pour des étalons et en se prenant pour le pavillon de Breteuil à Sèvres…

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lucette desvignes
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 09:16

         Mea Culpa immédiat : N°1813 : Ligne  8, lire «  indignement » et non « indignent ».

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lucette desvignes
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 09:03

         Surprise, surprise, hier à l’Assemblée , mes belins-belines !... Vous avez bien vu ? Vous vous êtes bien pincés pour vous prouver que vous ne rêviez pas ? Eh ben dites voir, comme on dit à Chalon, enfin un petit pas vers la reconnaissance de la Palestine comme état auquel on refuse l’existence depuis plus de soixante ans ! Il a fallu que passant par-dessus les préjugés et les appartenances à une gauche et une droite qui se détestent nos cher élus pour une fois essaient de dignement représenter leurs représentés, ceux qui les ont élus pour être dignement représentés et qui se sentent indignent trahis si souvent. Il y a eu bien sûr des démonstrations de violence, des protestations véhémentes, tant l’inféodation à Israël apparaît comme la démarche naturelle de nos deux pays (mais d’où ça viendrait, cette idée saugrenue ?). C’est tout de même la reconnaissance d’une réalité inacceptable qui est sortie des urnes parlementaires, et il n’y a qu’à voir la réaction de notre ami Benhiamin (je crois que j’ai un blocage sur ses nom et prénom, à celui-ci) pour comprendre la portée de ce geste collectif. Quant à imaginer que cela va changer quoi que ce soit, dans l’immédiat tout au moins, à ce malheureux peuple martyr qui survit sans eau sans électricité sans fuel sans nourriture à côté de ses décombres, il ne faut pas rêver : il y a tant d’obstacles encore à surmonter, ce vote n’est qu’un tout petit pas en avant. Mieux que rien tout de même, et vous faisant croire pour une fois que nos élus servent à quelque chose.

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lucette desvignes
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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 08:46

         J’aurais bien voulu, mes belins-belines, m’inspirer de la numérotation de mes blogs pour vous faire quelques commentaires historiques, au fur et à mesure que nous rencontrions des dates intéressantes. En effet, rien de tel que l’Histoire pour se prêter à des discours de haute volée, philosophiques ou autres, sur le destin des grands hommes ou des nations. On voit ainsi comment s’effectue une ascension fulgurante ou, tout aussi bien propice à commentaire, une chute tarpéienne de la plus belle eau. On peut aussi méditer sur la manière dont l’une ou l’autre ne tient qu’à un fil (on attendait Grouchy, et voilà que c’est Blücher qui pointe son nez). Ou encore, par les recherches faites dans les souterrains de l’Histoire, on vous découvre des vérités stupéfiantes révélées longtemps après coup et qui vous ravagent au bulldozer les réputations les mieux assises (sauf que parfois la rumeur vous a tricoté de si belles auréoles à certains criminels de guerre ou de la politique  qu’on ne peut pas les déboulonner). Nous avons donc franchi, depuis 1789 dûment célébré, Austerlitz 1805, Iéna 1806, Eylau 1808, Friedland la malnommée 1809… J’aurais pu vous en parler si je n’avais pas eu à réserver mes gazouillis à des sujets d’une autre urgence. Maintenant on arrive à 1812, la retraite de Russie, puis 1813 victoire de Leipzig (est-ce que vous vous rappelez que l’Oncle Germinal des Nœuds d’Argile, conscrit de treize ans envoyé à la bataille comme le Conscrit de 1813 d’Erckmann  & Chatrian, a laissé une jambe sur le terrain, ce qui par la suite l’a empêché de danser mais a formé sa saine et farouche philosophie ?). Et puis il y aura 1848 et même 1871 : comptez sur moi pour vous en toucher deux mots quand le moment sera venu…

         J’aurais bien voulu, mes belins-belines, m’inspirer de la numérotation de mes blogs pour vous faire quelques commentaires historiques, au fur et à mesure que nous rencontrions des dates intéressantes. En effet, rien de tel que l’Histoire pour se prêter à des discours de haute volée, philosophiques ou autres, sur le destin des grands hommes ou des nations. On voit ainsi comment s’effectue une ascension fulgurante ou, tout aussi bien propice à commentaire, une chute tarpéienne de la plus belle eau. On peut aussi méditer sur la manière dont l’une ou l’autre ne tient qu’à un fil (on attendait Grouchy, et voilà que c’est Blücher qui pointe son nez). Ou encore, par les recherches faites dans les souterrains de l’Histoire, on vous découvre des vérités stupéfiantes révélées longtemps après coup et qui vous ravagent au bulldozer les réputations les mieux assises (sauf que parfois la rumeur vous a tricoté de si belles auréoles à certains criminels de guerre ou de la politique  qu’on ne peut pas les déboulonner). Nous avons donc franchi, depuis 1789 dûment célébré, Austerlitz 1805, Iéna 1806, Eylau 1808, Friedland la malnommée 1809… J’aurais pu vous en parler si je n’avais pas eu à réserver mes gazouillis à des sujets d’une autre urgence. Maintenant on arrive à 1812, la retraite de Russie, puis 1813 victoire de Leipzig (est-ce que vous vous rappelez que l’Oncle Germinal des Nœuds d’Argile, conscrit de treize ans envoyé à la bataille comme le Conscrit de 1813 d’Erckmann  & Chatrian, a laissé une jambe sur le terrain, ce qui par la suite l’a empêché de danser mais a formé sa saine et farouche philosophie ?). Et puis il y aura 1848 et même 1871 : comptez sur moi pour vous en toucher deux mots quand le moment sera venu…

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lucette desvignes
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 08:57

         Figurez-vous, mes belins-belines, que certaine maison d’édition n’a rien récolté à la dernière distribution des prix et, vu sa notoriété, prend ça au plus mal. Figurez-vous donc qu’elle députe sur les ondes, dans une médiocre émission littéraire qui brasse les bobards, s’autorise les grands rires sots pour cacher l’inculture et dénigre sans goût ni tact ni sens de la littérature – beau terrain pour la vengeance , n’est-ce pas ? - un pigiste sans attache fixe dont la grande spécialité est la vilenie fielleuse et une pauvre idiote dont on se demande ce qu’elle est venue faire dans la critique littéraire avec son nom qui se dévisse. Ces deux sicaires vont donc s’attaquer à un ouvrage primé dont le niveau d’écriture les dépasse de mille coudées, si bien qu’ils vont y aller de tout leur cœur en faisant coïncider leur mission vengeresse et leur sentiment propre. Ils font flèche de tout bois : l’une ne dépasse pas la P.100 parce qu’elle n’a pas compris si les personnages sont morts ou vivants, l’autre découvre que l’auteur, dont il n’avait jamais entendu parler, a  publié une bonne trentaine de livres, cette ignorance crasse  n’apportant pas vraiment une preuve de sérieux dans la conception de son travail de critique. La sottise et le fiel rivalisent  donc pour démolir  ce roman, dont heureusement deux autres critiques ont pris la défense avec virulence – des vrais ceux-là, qui ont lu le livre, qui ont suivi l’écrivain depuis des années, qui se sont réjouis chaleureusement d’une récompense qu’ils désiraient pour lui depuis longtemps. Le pétard de l’éditeur en mal de vengeance était mouillé : la pauvre sotte n’a fait qu’étaler sa sottise, le vicieux sa méchanceté d’impuissant, on ne peut pas dire qu’ils s’en sortent avec les honneurs. D’autant qu’un tollé de protestations s’est levé contre cette inculture et ces grincements non fondés : mes belins-belines, allez voir sur Facebook, ou sur le Clavier cannibale,  le beau ratage d’un scénario de vengeance masquée.

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lucette desvignes
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