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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 09:43

         On peut aussi se demander si l’équipe de Charlie au massacre de laquelle était dû ce grand branle-bas d’honneurs, de célébrations et d’amitié (pour ne rien dire du déploiement diplomatique, bien organisé sauf « absence des manquants » et qui, pour parachever les photos de famille impressionnantes d’unité, a paralysé le cortège des marcheurs) n’aurait pas été éberluée de se voir ainsi reconnue, alors que tant de gens ignoraient ce qu’était Charlie Hebdo  et que tant d’entre eux n’auraient jamais voulu le lire. Eberluée jusqu’au fou rire peut-être de se voir transformée en objet de culte alors que, à part bien sûr la liberté d’expression qui commandait toutes ses positions, elle n’avait jamais fait montre de la moindre révérence aux autorités quelles qu’elles fussent, nationales, gouvernementales, politiques ou religieuses, au contraire les sabrant vertement dès que l’occasion lui en était offerte par l’actualité. Comme quoi, en profitant d’un événement surtout s’il était aussi révoltant que ce carnage, on peut faire marcher les foules en leur imposant une version à laquelle elles puissent adhérer sans problème. Ce « Bien Vivre Ensemble » était certes une grande leçon morale à tirer du sang et de la haine, et Charlie Hebdo n’a jamais souscrit à autre chose, toutefois quand on voit le parti qu’ont tiré de l’émotion de la foule étendue à toute la planète les gouvernements et surtout le nôtre, enfin applaudi et consolidé, avec Marseillaise dans l’hémicycle et standing ovation pour le premier ministre, oui, je crois que cela les ferait bien rire.

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lucette desvignes
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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 14:13

         Mes belins-belines, je passe par-dessus mon exaspération de voir que le blog prévu pour aujourd’hui, tout rédigé tout prêt depuis hier soir tard, relu ce main au moment d’être envoyé, a tout simplement disparu. J’ignore comment cela se fait, et tous mes aides électroniciens en sont arrivés à penser que j’avais sans le savoir des pouvoirs néfastes sur tout ce qui est mécanique, électrique, électronique, téléphonique… Laissons là cette question qui me fâche (car ils laissent tous entendre que si je savais un peu mieux me servir des merveilleux instruments que le progrès met à ma portée, ou si j’étais moins étourdie, tout marcherait sur des roulettes chez moi et non par à-coups dommageables). Je veux bien accepter ma responsabilité de paysan du Danube dans ces catastrophes mineures, même si cela me coûte – à la fois de reconnaître que oui, ils doivent tous avoir raison et d’autre part que privée d’un texte bien léché je dois me remettre à la tâche. Toutes ces excuses et justifications cependant ont pris du temps et je ne pourrai traiter le sujet que j’avais choisi pour aujourd’hui dans ses divers développements. Je me contenterai donc ce mardi d’aborder les réflexions qui naissent de cette journée « Dimanche Charlie », et pour vous laisser attendre dans la sérénité (une fois n’est pas coutume) je voudrais évoquer pour vous cette impression réconfortante de marcheurs venus de tous les horizons et qui, connaissance faite avec leurs voisins eux aussi marcheurs pour défendre la liberté d’expression, se trouvaient si bien, si à l’aise dans cette atmosphère du « vivre ensemble » enfin constituée, fût-ce éphémèrement, qu’ils traînaient sur place en retardant la minute où tout de même il faudrait admettre la séparation… C’était une belle réflexion à faire au soir de ce dimanche, mais il y en a d’autres.

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lucette desvignes
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 11:28

         Bien évidemment il y a des esprits chagrins, défaitistes par nature, pour critiquer cette adhésion absolue de la nation contre la barbarie et pour la défense de la liberté d’expression, et bien évidemment aussi il y a sur le Web des militants du crime exaspérés de voir   leur coup si bien préparé désavoué par un pays unanime à se regrouper en face d’eux. Et certes cela reste inquiétant parce que la menace est réelle et qu’une exaspération meurtrière n’a aucune chance d’être contrôlée, loin de là, par ces brigades noires qui massacrent dans une soif de haine et dans l’aveuglement. Oui, que sur la toile aient fleuri des « Je suis Kouachi » en réplique grinçante à l’hommage désolé rendu à Charlie par le pays tout entier, cela n’a rien d’étonnant : la toile est le défouloir, d’une certaine manière le crachoir, de toutes les haines, puisqu’elle garantit (presque) l’impunité et que l’anonymat y prospère. Je ne me voile pas la face devant ces graves sujets d’inquiétude : il y a dans l’ombre d’autres massacres qui se préparent, qui sont peut-être imminents, qui pourront atteindre chacun de nous, et l’avenir proche est lourd de zones obscures ou sanglantes. Mais tout de même ce déferlement des masses à un  niveau planétaire, criant qu’elles refusent cette haine, cette violence, ce mépris de la vie humaine, cela n’a pas pu ne pas consterner les assassins qui dans les coulisses attendent leur tour. Sans doute n’avaient-ils pas escompté qu’il y aurait autant d’individus par le monde pour les rejeter, pour s’indigner que leur criminelle et démente déformation d’une religion qu’en théorie ils se chargent de défendre aboutisse au culte du sang et de l’horreur. C’était  hier une sublime réponse à une question qu’ils n’avaient même pas su comment poser autrement  qu’en suivant les pires réflexes de sauvagerie et d’abjection.

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lucette desvignes
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 16:27

         Quand les manifestations s’ébranleront dimanche – à Paris, certes, le phare sur lequel le monde entier aura le yeux fixés, avec les images inoubliables de la Tour Eiffel s’éteignant cinq minutes en signe de deuil ou de la une de  Libération sur fond noir ou sur fond rouge, la mort et le sang, Nous sommes tous Charlie, mais tout autant dans la province où le  cœur de la nation bat bien aussi fort que dans sa capitale – il faudrait qu’aux côtés de tous les citoyens venus défendre la liberté d’expression et pleurer ceux qui la défendaient il y eût une masse, une foule, de Musulmans de bonne volonté. Il y en a tant, et il faut qu’on le sache, et ils ne doivent pas être apeurés, craignant de se montrer parce que la population de la rue est trop prompte aux amalgames, aux préjugés, à l’ignorance de l’autre. Il faut qu’ils se montrent, au contraire, qu’ils montrent leur indignation, leur chagrin de voir à quelles extrémités sont capables de conduire les déviations fanatiques de leur religion. Il faut qu’ils montrent combien ils souffrent de voir l’islam métamorphosé en culte de la haine, de la violence, du cynisme poussé jusqu’à la folie. Il faut qu’ils montrent qu’ils n’ont rien à voir avec les intégrismes avides de sang et de destruction, et qu’ils ont honte de ce que les criminels déments d’Allah voudraient imposer à la planète.

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lucette desvignes
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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 08:36

 

         Mon blog d’hier, déposé de bonne heure parce qu’il était prêt depuis la veille, a risqué de paraître bien décalé avec le choc qui secoue la France. C’est dans la matinée que j’ai appris l’horreur du carnage de Charlie Hebdo, et la révolte, la colère, l’abattement, la désolation m’ont envahie depuis, comme tout citoyen ou toute citoyenne de la République. Cette proclamation solennelle «  Je suis Charlie », « nous sommes Charlie » et sa conjugaison dans les écoles «  je suis, tu es, il est Charlie, nous sommes Charlie », affichée partout, parfois en lettres gigantesques sur de grands immeubles, parfois sur des tatouages provisoires, et même sur le ruban de poignet d’un nouveau-né, est comme un grand cri poussé par des millions de poitrines. Je n’imaginais même pas que si rapidement, si spontanément, obéissant à un même mouvement d’horreur et à une même proclamation de l’attachement à nos libertés d’expression, la population tout entière se manifesterait avec cette ferveur dans la douleur. Les bougies et les fleurs ne veulent pas dire grand-chose, dans la mesure où c’est une mode qui se répand chez nous depuis la mort de Lady Diana, encore que tout de même elles soient déposées par des gens frappés en profondeur par l’événement. Ce qui signifie le plus, et le plus douloureusement sans doute, c’est cette union, cette uniformité dans la consternation, ce sont ces gens debout sous la pluie attendant la minute de silence pour mieux s’associer au deuil du pays, cet arrêt de la vie pendant une minute dans les métros, les bus, les taxis, ces glas des églises et des cathédrales, ces roulements de tambour rythmant l’expression du  chagrin national. Qu’à l’expression de cette douleur ressentie par tous se mêlent indissociablement, et l’horreur de voir les libertés essentielles assassinées, et la résolution de les défendre jusqu’au bout, est signe d’une mobilisation générale contre les actions barbares et le fanatisme. Puisse-t-elle durer assez longtemps pour s’imposer.

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lucette desvignes
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 08:24

 

         Je reçois beaucoup, et de plus en plus, de pétitions concernant la souffrance des animaux, en particulier le révoltant et constant martyre des animaux de ferme, auxquels il faut ajouter les malheureuses bestioles qui ne connaissent même pas les fermes puisqu’elles sont continuellement enfermées dans le noir dans des cages à peine plus grandes que leur volume normal et au sol remplacé par des grilles. Inutile de préciser qu’avec si peu d’égards pour les poules et les dindes tant qu’elles produisent, des œufs ou de la viande, les traitements infligés aux vieilles volailles ne rendant plus assez est effroyable : on les tasse en les pilonnant dans des énormes récipients poubelles, on les ébouillante pour « une mort plus douce » (durée : 30 minutes environ). De plus en plus nombreuses les investigations en secret par des enquêteurs mine de rien qui photographient sous le manteau ou interviewent le personnel sans en avoir l’air révèlent au public les horreurs qui président à la réalisation du breakfast (je vous parlerai du bacon une autre fois) – et avec l’accroissement de la population sur le globe et l’adoption des menus américains la quantité d’œufs consommée chaque jour est ahurissante. Un certain malaise se répand à découvrir cette honte des traitements adoptés par ces usines à bêtes pour ne pas avoir à réduire le profit : assez efficace, si elle était bien suivie, est cette recommandation d’une association nationale de contrôle de l’inhumanité de l’élevage en batterie, puisqu’il s’agirait de ne prendre qu’un œuf au lieu de deux au petit déjeuner et de faire du lundi une journée nationale sans viande, en particulier sans poulet. Quand on a vu comme moi le volume de poulet rôti qu’une famille peut faire disparaître le samedi soir dans les restaurants où, pour un prix modique, on peut retourner deux ou trois fois au buffet sans supplément, on peut rester sceptique quant à l’enthousiasme avec lequel cette proposition pourra être suivie.

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lucette desvignes
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 09:48

         J’avais lu Mr Ripley il y a très longtemps, et j’avais toujours trouvé que la version de René Clément, Plein Soleil, qu’on nous offre avec une telle générosité sur les diverses chaînes de télévision, schématisait singulièrement les problèmes de cet adolescent pauvre plongé soudain en pleine atmosphère des riches, Italie, bateau, fines parties, alcool à gogo… Lui qui a été privé de tout jusqu’alors se met à envier l’autre, qu’il est chargé de ramener à son père, et à son amitié pour lui se mêle peu à peu la sourde envie de lui ressembler, et, pourquoi pas ?  de prendre sa place. Le corps de l’autre dans son suaire, qui loin de disparaître en pleine mer est resté accroché à l’hélice, dénonce le meurtre sans équivoque, et cette ligne simpliste des faits a une force certaine – même si on peut déplorer la niaiserie de l’égérie, pauvre Marie Laforêt confinée là dans un rôle ridicule.  On pouvait se demander si cette simplification des données n’était pas nécessaire pour faire ressortir l’évolution psychologique du meurtrier. Mais j’ai vu hier la version que Minghella a tirée du roman, et il a conservé toutes les ambiguïtés qui rendaient le livre si riche, sans limiter le drame à une rivalité à trois sur un bateau (en quelque sorte un « huis clos en plein air ») et en donnant au meurtrier, récidiviste pour sa propre sûreté, de nombreuses occasions d’avoir à se défendre, à la tête des deux identités qu’il assume, brillamment d’abord puis de plus en plus dans un stress intense mais dominé, dans une atmosphère peuplée de jeunes richards mondains (ski à Cortina, amours troubles) s’étonnant de voir la transformation de ce vilain petit canard égaré parmi eux alors que l’autre a disparu. Et que la conclusion soit si ambiguë et si paradoxale, signant à la fois le respect du roman et la finesse de Minghella (Deeply, Truly, Madly, si déchirant et si subtil) ne fait qu’ajouter du prix à ce film brillamment entré en rivalité avec Plein Soleil, malgré un Delon en superbe sortie d’adolescence.

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lucette desvignes
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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 10:36

         La seule proximité que j’aie pu jamais avoir avec le Pape, c’est celle dont me gratifiait l’excellent Louis Muron sur Radio Fourvière, il y a bien des années. Il m’interviewait une nouvelle fois, lui qui en pleine ivresse journalistique m’avait appelée « le Zola féminin » après la sortie du Livre de Juste, et se félicitait de la diversité de ses choix, précisant qu’il faisait venir à son micro qui il voulait : « J’interviewe le Pape (c’était Jean-Paul II la semaine précédente), j’interviewe Lucette Desvignes, je suis libre de mes choix »… L’association avait beaucoup fait rire et je l’avais toujours gardée dans un petit coin de ma mémoire. Elle me revient à propos de  cette belle formule papale au moment de Noël, lorsque l’avènement de la paix sur la terre est demandé pour « les hommes de bonne volonté ». Jules Romain l’avait retenue pour son interminable saga, et le bénévolat si fréquent (ou si réclamé) de nos jours dans les associations caritatives en est, étymologiquement, l’illustration. La bonne volonté implique dès le départ l’intention de se tourner vers l’autre, donc de se préparer à accepter de l’autre divers traits insolites : l’origine, le caractère, l’ethnie, la couleur de peau, la religion ou la philosophie, les mœurs, la pauvreté et ses annexes terribles – la maladie, la saleté, la mauvaise grâce à force de misère et d’amertume – bref, tant de choses auxquelles notre instinct égoïste réagit par la négative. Et certes il faut faire un effort pour être de bonne volonté, il faut surmonter ses préjugés, son intolérance, son orgueil, ses manies, sa conception personnelle et routinière du quotidien … Parfois c’est un gros effort (et pour les bénévoles, un gros sacrifice de temps, de peine, de fatigue, de souci, de liberté). Sur le plan le plus grave, celui des affrontements entre nations (parce qu’ils brassent les problèmes et font d’abord souffrir les innocents inaptes à se défendre), la bonne volonté a tant à faire qu’elle se décourage vite, débordée de tout côté ; comment ne pas admirer l’inusable patience avec laquelle les Palestiniens continuent à opposer aux armes des colons la résistance pacifique qui les expose à  des représailles sans motif ?

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 09:54

 


OP

 

 

C’est en effet d’une vraie campagne qu’il s’agit, menée par les Israëliens de bonne volonté qui ont réfléchi à cette équivalence entre la Shoah et la Nakba. En désaccord total avec la rigueur aveugle des gouvernements divers sous l’influence du Likoud et du sionisme, un nouveau mot est brandi par les Israëliens écoeurés des exactions de leur armée et désireux de remplacer la voix des armes par la pensée et sa parole : Zochrot, en hébreu « se souvenir ». A condition de se remémorer non seulement les horreurs passées de la Shoah, mais encore et surtout vu l’urgence se rappeler ce qu’a été la Nakba pour les Palestiniens, six à huit cent mille expulsés (devenus près de cinq millions en six décennies, répartis dans les camps de fortune au Moyen-Orient pour une précaire survie). De plus en plus, devant les arguments d’un équitable partage du souvenir, on se remémore comment toute une population a été anéantie, et la réflexion fait des progrès dans la conscience israëlienne. Toute une pédagogie de cette justice du souvenir a été mise en place, auprès des citoyens comme dans les écoles, par l’action des bénévoles. Mais les enseignants, qui avaient pris le courant avec enthousiasme, se voient freinés par la crainte des châtiments, car le gouvernement vient d’interdire l’association et son analyse du mot Zochrot : comment pourrait-il tolérer en effet qu’on aille sur place visiter les 400 villages rasés, rechercher les traces enterrées et détruites, retrouver une géographie minutieusement supprimée en même temps que l’histoire dans les manuels scolaires– autrement dit, pourrait-il tolérer qu’on « utilise la mémoire comme une clé du chemin vers la paix » ?

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lucette desvignes
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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 09:23

 

 

 

         On pourrait donc bien considérer ces deux termes, la Shoah et la Nakba, comme des équivalents rigoureux traduisant la douleur et la désolation de deux peuples ayant connu ou connaissant un sommet de martyre et de souffrance. Il est important d’admettre cette équivalence pour démarrer une vision plus efficace d’une solution possible. Pendant soixante ans, et par le biais de cette disposition mondiale qui déniait à la Palestine le titre d’état puisqu’on l’avait livrée sans son accord à l’occupation officielle et définitive d’Israël, tout le monde (ou presque) admit qu’il était normal pour le nouvel occupant de détruire l’ancien dans ses biens et son espace vital, sans reconnaître à l’attaqué le droit de se défendre comme il le pouvait. L’escalade de la violence et de la haine dressant les deux peuples l’un contre l’autre, chacun utilisant les moyens à sa portée (et faute d’armes  recourant au matériau humain puisqu’il n’y avait pas d’autre solution), l’état de fait menait à négliger les bases du problème. C’est seulement devant le nombre croissant des réfractaires à l’armée et à ses méthodes (donc par le biais de l’inquiétude interne et non par ouverture à une réflexion en profondeur) que la nécessité se fit jour pour Israël de prendre le problème par un angle nouveau. C’est le fait d’une tendance qui se développe avec vigueur parmi les penseurs, écrivains, hommes de bonne volonté (pour employer le terme de la période de Noël désignant les humains résolus à améliorer leurs relations avec les autres afin de se mettre en accord avec leur conscience) et qui gagne du terrain malgré l’opposition délibérée des force gouvernementales. C’est pourtant toute une campagne qui démarre…………..A

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