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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 10:05

         Qu’une recension d’un de mes ouvrages récents mentionne « une auteure dont la lecture fait toujours plaisir » ou « cette écrivaine talentueuse », ou qu’une dédicace s’écrive (avec tendresse, je ne le nie pas) à « une professeure précieuse », le résultat est le même : je me mets à mordre. Ces féminins racolés à grand renfort de e (seule marque de notre féminin) sont une hérésie, même si la mode, au début plutôt moqueuse, s’est enracinée parmi nous comme mauvaise herbe sous le soleil du matin. Personne n’avait mis en doute la féminité des auteurs, docteurs, professeurs de sexe féminin avant la grande révolution des obsédées de l’égalité sexuelle (aussi irréalisable, sauf dans l’égalité des salaires et des promotions, que dans la nature où le mariage gay demeure une aberration per se). Je ne vois pas pourquoi les mâles, désireux d’affirmer une autorité que ces suffragettes d’un nouveau genre mettent en danger grammatical, ne se décident pas à masculiniser les estafettes, les ordonnances, les vigies, les recrues e tutti quanti : ne serait-ce pas là une démonstration d’intelligence ? Je ne cesse de penser, sur ce chapitre de réflexion, aux Romains si imbus de leur masculinité qui acceptaient sans complexe de se voir désignés par des noms féminins lorsque, précisément, on mentionnait leur profession : Scurra, nauta, poeta…, le bouffon, le matelot, le poète, personne ne s’aviserait de faire un impair à propos de leur virilité, il suffisait que l’adjectif l’accompagnant fût au masculin : scurra malus, nauta malus, poeta malus… Comme chez nous, avant la « grande » révolution sexuelle, on disait sans état d’âme ni confusion «  le mari du professeur de français », « ce docteur si attentive à ses malades », « l’écrivain préférée de ma jeunesse ». Tout le monde s’y retrouvait et le grotesque n’avait pas envahi la presse imprimée ni la télé, si stupidement choisies comme modèles.

 

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lucette desvignes
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 10:18

         J’espère bien ne pas avoir médité toute la nuit sur le même sujet, mais la vérité est que dès les yeux ouverts ce matin je me retrouve en face d’une structure de polar (plus exactement de « thriller », puisque la police est invisible) et que je ne cesse de la décortiquer. Le film, Hipotesis, est sans grand relief, mais sa formule est intéressante et assez originale (quoique, non impossible à copier, elle doive avoir été reprise ailleurs, peut-être en mieux). Le personnage principal est un avocat criminaliste dont les séminaires à l’Université sont célèbres. Un très brillant étudiant ami de sa famille s’inscrit à son cours et discute des intentions et réalisations criminelles à propos du meurtre d’une étudiante qui a eu lieu pendant le premier cours. Vite convaincu de la vérité des théories du garçon, donc jaloux intellectuellement (et peut-être se sentant menacé car il y a des zones d’ombre dans son comportement) il s’irrite aussi sur le plan sentimental de voir qu’il tombe amoureux de la sœur de l’étudiante morte, à laquelle il s’intéressait aussi. Au doyen de la fac qui tâche de le raisonner il expose la probable culpabilité du garçon (arrivé en retard à ce premier cours) : il y a donc concurrence de théories, chacune visant l’un ou l’autre et le doyen étant l’arbitre qui devine la paranoïa du professeur, lequel détourne de leur sens tous les éléments du problème et crie au complot (dont il détaille tous les aspects) jusqu’à attaquer le garçon pour le tuer Le drame en soi n’a rien de spécialement prenant, mais le cheminement pour arriver à la culpabilité du maître est dégagé par le raisonnement théorique, loin de la police dont les investigations restent indépendantes de ce conflit interne. La solidité  et le brillant de la discussion compensent  l’absence d’hémoglobine et d’équipe policière : la formule est à retenir, elle devrait permettre de mettre sur pied des réalisations d’une autre envergure que ce premier jet encore à améliorer.

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lucette desvignes
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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 09:27

        

 

 

 

Mea Culpa N°1857, 9 février : ligne 1, lire « mes » chats (au lieu de « me ») et ligne6 à partir de la fin, « en vitesse » et non « au vitesse ». Pardon…

 

         Je n’apprécie guère le mélange des genres, j’en ai déjà parlé : ainsi, la toute première fois que j’ai vu Arsenic et vieilles dentelles  (mais c’était il y a bien longtemps, tout au début de ma longue expérience du cinéma) je n’avais pas aimé qu’à cette atmosphère de douce dinguerie vienne se superposer la tonalité Frankenstein du dernier quart du film – oui, il m’a fallu du temps pour m’y habituer et l’apprécier à sa juste valeur). Je n’ai donc guère de raisons d’estimer Douglas Sirk, dont les mélodrames empanachés cherchent à tirer les larmes de situations sentimentales un peu compliquées, un ou deux baignant même dans un pathos insupportable. Toutefois Le Temps d’aimer et le Temps de mourir confié à des comédiens peu attendus  s’impose à l’attention et au respect. Il faut dire aussi que l’origine de ce grand film est le roman d’Eric Maria Remarque, dont la haine et le dégoût de la guerre infusent l’œuvre sur le second conflit mondiale comme A l’Ouest rien de nouveau criait déjà son horreur de la sinistre guerre des tranchées. Je crois que Godard disait qu’il n’avait jamais ressenti la guerre au cinéma avant d’avoir vu ce film tourné en temps de paix. C’est que ce gigantesque, incessant, presque unique décor de ruines bombardées, de quartiers disparus, de pans de murs qui s’écroulent, de survivants qui se cherchent, se conjugue avec l’horreur du front de l’Est au moment de la retraite : partout le désespoir, la conviction que   l’Allemagne est écrasée, la crainte des « taupes » qui continuent à clamer leur foi en la victoire et à dénoncer les sceptiques. A chaque palier de l’émotion se trouve posée la question de la responsabilité du soldat : à quel point doit-il, ou peut-il, passer de l’obéissance aveugle et rigide à une réflexion sur le droit de tuer parce que c’est son devoir ? C’est là le grand et ravageant problème qui secoua  l’après-guerre allemand, et dont le film donne une illustration pleine de gravité et de douleur.  

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lucette desvignes
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 10:19

         Je ne vous parle pas trop souvent de me chats, n’est-ce pas ? Eh bien aujourd’hui, j’ai envie de commencer ma semaine par eux, comme ils commencent ma journée. Le réveil sonne, aussitôt Clélie et Django (qui attendaient sans aucun doute ce signal de branle-bas collectif) bondissent sur mon oreiller en évacuant Bulle qui y a passé sa nuit, contre mon visage – d’ailleurs il ne s’agit pas d’une évacuation : Bulle sait qu’elle doit leur laisser la place et se retire dignement. Place aux lécheurs de mon nez : j’ai renoncé à m’en protéger, ces deux-là se sont imbus de la fonction pré-nettoyage et m’appliquent leur technique personnelle d’hygiène – je subis pendant une demi-minute, puis je me lève : il est temps de s’intéresser aux autres présents au petit lever, qui ont investi ma descente de lit et lèvent en chœur leur museau vers moi : Hysope (qui met une double intensité d’adoration dans l’œil qui voit),  Papy (qui poliment a quitté le lieu où mes jambes tentent toute la nuit de rivaliser avec son étalement, il sait que c’est à lui de venir me saluer), Maxence, le chef, l’impérial, qui a lui aussi courtoisement quitté le deuxième oreiller où il a passé sa nuit et se mêle docilement à la troupe sans réclamer de préférence : c’est dès qu’il est question de bouffe qu’il s’arroge le droit d’être servi le premier - des fois qu’il en resterait plus pour les autres, hein ? on sait jamais), Max aussi (qui était le chef avant l’arrivée de Maxence et, pacifique dans l’âme, a renoncé à toutes ses prérogatives et ne se pousse pas au premier rang, comme le font habilement les politiciens en mal de pub), et puis Rookie, le rouquin dernier recueilli et enfin guéri de sa dermite, qui traîne un peu à l’arrière et qui, s’il est sûr de mon affection, n’est pas sûr encore que les autres le considèrent comme de la famille. Je distribue des bonjours sonores en modulant ma voix selon les individus, je caresse au vitesse mais tout le monde a sa part. Le cortège se dirige vers la cuisine pour le breakfast, où l’on retrouve Petit Siam, un adorable                        Siamois couleur de blé mûr dans toutes ses nuances, qui ne quitte pas la cuisine où il s’est annexé une chaise à douillet coussin et qui se contentera sans aigreur d’être servi le dernier… Je me dis souvent que si tout le monde commençait sa journée de la sorte il y aurait moins de violence et d’horreurs aux vingt-quatre heures…

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lucette desvignes
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 09:46

 

Ce matin je vous fais défaut,

Oui mes belins, oui mes belines,

Car j’ai rendez-vous, il le faut,

A Beaune avec de l’aspirine.

 

L’aspirine n’est pas pour moi :

Elle est pour tous ces volontaires

Qui affrontent les dures lois

De l’orthographe ou la grammaire.

 

Je ne devrais pas m’en vanter,

Mais ces pièges que j’accumule

Sont dus à ma sévérité

Puisqu’on s’adresse à ma férule

 

Afin de concocter au mieux

Une dictée pleine d’embûches 

Qui fassent s’arrondir les  yeux

Des candidates qui trébuchent

 

Devant les pluriels, les accords,

Les si, les mais de toute espèce,

Les subjonctifs d’esprit retors…

Que de pièges ! Oui, la paresse

 

De l’esprit n’a que faire ici :

Il faut plutôt qu’elle s’apprête

 Pour être capable, au jour dit,

A ces défis de tenir tête…

 

J’ai négligé les candidats,

Mais ils sont tout pleins de vaillance,

Ils veulent voir ce que sera

 Le niveau de leur résistance

 

A ces tortures du cerveau

Qu’on leur impose avec tendresse :

Ne m’en voulez pas, mes agneaux !

Dans la dictée, trouvez l’ivresse…

 

 

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lucette desvignes
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 09:40

 

Ce matin je vous fais défaut,

Oui mes belins, oui mes belines,

Car j’ai rendez-vous, il le faut,

A Beaune avec de l’aspirine.

 

L’aspirine n’est pas pour moi :

Elle est pour tous ces volontaires

Qui affrontent les dures lois

De l’orthographe ou la grammaire.

 

Je ne devrais pas m’en vanter,

Mais ces pièges que j’accumule

Sont dus à ma sévérité

Puisqu’on s’adresse à ma férule

 

Afin de concocter au mieux

Une dictée pleine d’embûches 

Qui fassent s’arrondir les  yeux

Des candidates qui trébuchent

 

Devant les pluriels, les accords,

Les si, les mais de toute espèce,

Les subjonctifs d’esprit retors…

Que de pièges ! Oui, la paresse

 

De l’esprit n’a que faire ici :

Il faut plutôt qu’elle s’apprête

 Pour être capable, au jour dit,

A ces défis de tenir tête…

 

J’ai négligé les candidats,

Mais ils sont tout pleins de vaillance,

Ils veulent voir ce que sera

 Le niveau de leur résistance

 

A ces tortures du cerveau

Qu’on leur impose avec tendresse :

Ne m’en voulez pas, mes agneaux !

Dans la dictée, trouvez l’ivresse…

 

 

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lucette desvignes
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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:15

         Autant je suis restée de marbre devant Match Point, pourtant auréolé d’un consensus plus que favorable, autant je me suis réjouie hier soir de ce Scoop, délicieuse fantaisie qui jongle avec l’après-vie et la magie et qui n’a pas la prétention de « faire » dans le mélodrame bourgeois en porte à faux, avec des psychologies sans vérité et une intrigue trop facilement menée, en dehors de toute réalité. Qu’un magicien, ayant enfermé sur scène dans sa guérite trafiquée une volontaire sortie du public, rouvre cette porte après que la volontaire a reçu d’un journaliste tout juste décédé les données du scoop qu’elle va ensuite tâcher de mener à son terme, donne à notre Woody l’occasion de se montrer comme on l’aime, c’est-à-dire bredouillant, changeant d’idée à la minute, extravagant dans ses inventions d’identité ou de comportement. Drôle de couple que cette journaliste en herbe, décidée à percer sur la piste du « Tueur aux Tarots », flanquée de ce magicien « pour goûter d’enfants » (ainsi décrit-il lui-même ses limites) et lancée sur la piste dangereuse d’un flirt poussé avec le fils de lord qui tue les brunes aux cheveux courts. Blonde aux cheveux longs, elle ne s’expose guère dans la première phase de son enquête, qui veut dire insertion par la galanterie dans ce milieu aristocratique où Woody et  sa créature se font naturellement remarquer. Tout s’arrange, la journaliste prouve (le cœur gros) que  le fils de lord est un serial killer : la voilà lancée, tandis que le pauvre Woody, qui pour voler à son secours a inséré sa voiture dans un platane, passera son éternité à enseigner à ses compagnons d’infortune qui s’ennuient dans l’après-vie ses plus étonnants tours de cartes. C’est quand même dans cette légèreté d’une enquête policière un peu cocasse que le réalisateur excelle, comme par exemple dans ce « Crime mystérieux à Manhattan » qui rafle tous les suffrages et que je vous conseille de ne pas rater la p^rochaine fois.

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lucette desvignes
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 10:28

         « Il y a des anniversaires qu’on ne célèbre pas », dit mélancoliquement une pub des Restos du Cœur : en effet, voilà trente ans qu’ils marnent pour tâcher de donner ce dont ils disposent à ceux qui manquent de tout, et la joie n’est pas présente comme elle l’est lorsqu’on se réjouit en famille ou entre copains des seize ans d’une adolescente, des vingt ans d’un pote, des quarante ans d’un père de famille fêté par sa progéniture, ou des cinquante-six ans de mariage d’un vieux couple. J’ai connu tout cela, même les cinquante-six ans de mariage – ça s’est arrêté là. D’autres anniversaires sont plus douloureux et se souhaitent en apartés solitaires – treize ans déjà, quarante ans  déjà bientôt, cinquante-huit ans déjà, comme le temps passe…Et on constate quand même qu’on est toujours là, que les vides se creusent autour de vous, de plus en plus nombreux, et qu’on ne peut même pas deviner quand ce sera votre tour de tirer votre révérence. J’ai toujours le même étonnement lorsque je date un chèque : oui, 2015, alors que je pensais toujours – et sans chagrin – que je ne verrais pas l’an 2000…

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lucette desvignes
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 10:01

         Quoi que je puisse vous offrir, mes belins-belines, et quoique je porte toute une attention sourcilieuse et raisonnée en direction de vos progrès, je ne saurais garantir que vous allez sous ma férule savoir l’orthographe « de plante et de racine », comme on dit dans mon cher Marivaux. Car quelles que soient les règles que je puisse édicter pour vous rappeler aux bases de l’expression française correcte, et quelque sérieuses et de bon aloi que puissent être devenues vos facultés d’attention et votre bonne volonté, il n’en restera pas moins que l’orthographe n’est pas chose facile. C’est pour cela que je vais aller samedi 7 à Beaune à 14h30 pour faire la dictée du Zonta : non pas en tant qu’élève, que bénévole de l’épreuve, mais bien en tant qu’écrivain ayant concocté un petit texte où s’accumulent les causes d’erreur et les chausse-trapes. Les difficultés de la langue s’égrènent au long du récit – seulement quelques-unes d’ailleurs, vous imaginez bien qu’elles ne peuvent pas toutes y passer ! L’épreuve se passe dans la bonne humeur ; d’une fois à l’autre (c’est-à-dire d’une année à l’autre) des petits pièges se répètent, permettant aux candidats à l’amélioration de fixer quelques souvenirs, repères et repaires, tache et tâche, serre et sert, quelque et quelle que… et puis quelquefois qui s'écrit en un seul mot. Ah ! les accords, ah ! les pluriels douteux… Le tout se déroule dans l’anonymat des copies, la correction des copies est immédiate de même que le corrigé donné sur grand écran et commenté par mes soins – avant le petit coup de l’étrier pour remonter le moral (mais sans alcool puisque c’est mauvais pour la santé). Venez donc, c’est désormais le premier week-end de février pour ne pas correspondre à la Saint-Vincent tournante qui draine les foules : l’orthographe ne draine pas les foules aussi puissamment mais tout de même vous ne regretterez pas d’être venus.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 12:21

 

a         Mes belins-belines, pour un peu je ferais donner mon alexandrinite et je la laisserais vous pondre une suite de petits quatrains qui nous tiendraient lieu, aujourd’hui, de sujets de méditation profonde. Mais je ne peux pas vous faire ça ! Déjà que trop d’entre vous trouvent que les mirlitonnades ne sauraient remplacer une saine leçon d’orthographe, de grammaire, de littérature ou même de philosophie ainsi que je me sens moralement tenue de vous la présenter quotidiennement. Je dois d’ailleurs ajouter, par souci de vérité eu égard à ma réputation, que mainte gente dame au contraire se réjouit de ma délicatesse de style et de ma facilité à poétiquer dès que le cœur me le susurre : précision nécessaire à opposer aux grincheux rabat-joie qui voudraient toujours me voir marner solennellement sans vouloir que je m’accorde un instant de détente. Mais rien que d’imaginer leur mécontentement devant ce qu’ils appelleraient froidement des manquements à mon devoir, voilà que j’en prends des chaleurs ! Est-on en république oui ou non ? La liberté n’est-elle pas inscrite au fronton de nos mairies ? N’a-t-on pas le droit de souffler un peu lorsqu’on s’est inscrit au rang de classe laborieuse ? Réponses fières et dégagées : oui, nous sommes en république. Oui, la liberté est inscrite au fronton de nos mairies. Oui, on a bien le droit de souffler un peu lorsqu’on fait partie des classes laborieuses. Mes belins-belines, trois Oui fiers et dégagés valent consensus national : souffrez donc qu’aujourd’hui je repousse à demain d’aérer de graves questions, aujourd’hui malgré le froid je me sentais comme une allure de printemps. A demain !

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lucette desvignes
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