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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:57

         Aujourd’hui, mes belins-belines, nous arrivons à une belle date. 1900, Belle Epoque, Moulin rouge, French cancan, Toulouse Lautrec, le flamboiement des couleurs des Impressionnistes ‘(et des Nabis, donc : c’était leur heure, à eux aussi, et celle des Fauves, et les couleurs vous attaquaient, Gauguin, Derain, Maurice Denis  - pas trop violentes, ses couleurs à lui me semble-t-il - ou Bonnard…continuez la liste, merci !). Mais sur ce fond coloré présenté dans le désordre j’inscris ma petite note personnelle : ce N° 1900 de mon blog, c’est la borne milliaire de mon entreprise obstinée. 1900 pages envoyées au quotidien… mes belins-belines, pour un peu je n’en reviendrais pas moi-même ! Quand j’avais atteint le N°1000, nous avions fêté ça au champagne avec des amis chers. Aurons-nous le courage d’attendre encore cent pages de plus ? Cela en fait, des semaines à traverser la tête haute… Alors, bouclant mon âme ainsi qu’en un corset ( coucou Cyrano ! J’ai moins de panache mais je suis encore là, c’est ce qui compte) je vais me lancer dans la centaine à négocier. En espérant que j’aurai assez d’idées pour vous assurer votre pâture spirituelle…

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lucette desvignes
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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 16:36

         Mes belins-belines, mes émules, vous ai-je bien fait circuler dans le vestibule de mes scrupules ? J’en ai encore dans mon réticule, savez-vous, mais je préfère faire l’âne qui recule devant l’abondance de pareil pécule. Le week-end de mon côté a été merveilleusement fécond, car à partir du chantier Daillie dont je vous ai déjà entretenus à plusieurs reprises il y a quelques semaines, nous avons eu l’impression (nous : le petit groupe des quatre mousquetaires piochant sur le chantier pour ramener un peu de lumière sur un écrivain trop oublié) que nous avions donné le coup d’envoi. En effet, après deux ou trois communications publiées dans la Lettre de l’Académie rhodanienne puis quatre belles prestations vendredi à la Mairie du 7ème à Lyon  - salle des Mariages : ça ne s’invente pas – tout illustrées par des lectures de Mia Daillie, l’assistance a enfin pu « toucher du doigt » que François-René Daillie n’était pas un mythe, et même acheter quelques-uns de ses livres. La journée en car de samedi – départ 8h devant la Brasserie Georges -  a permis la découverte de cet étonnant paysage du Clunysois du Sud, territoire des maquis de la région, en suivant en pèlerinage les lieux dont parle Le Divertissement, ce grand roman sur la résistance universitaire et ses ramifications dans le maquis (Beauberry, Le Maugré, Cluny, où la Résistance à l’armée nazie a payé un lourd tribut à nos chances de libération). Le souvenir et l’émotion, la littérature en ses prolongements dans la réalité, ont donné à la journée une coloration de recueillement et de poésie dont les prunus en fleur au long des petites routes de campagne peu fréquentées pourraient volontiers être le symbole.

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lucette desvignes
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 20:22

         Evening Song

 

 

Lorsque je vois le jour passer au crépuscule

Sans que la moindre idée assaille mon cerveau,

Point n’est besoin pour moi de voir à ma pendule

Si déclarer forfait est la chose qu’il faut.

 

Tous les enseignements logés sous ma férule

Renâclent à donner le moindre rejeton.

Ils me laissent dans la posture ridicule

De qui s’acharne en vain à presser un citron.

 

C’est vrai. Pas le moindre pipi de libellule

Ne sort de mes neurones triturés en vain.

Je pourrais essayer de prendre des gélules

A déguster avec un verre de bon vin.

 

Mais ce serait comme dans l’ignoble édicule

Qui se baptise ferme et déclare héberger

Mille vaches  élues pour bien coincer la bulle

Et dans le plein bonheur couler des jours dorés.

 

Bourrées d’hormones délayées dans la fécule

Pour faire naturel dans l’alimentation

Qu’on falsifie, qu’on triture et qu’on manipule,

On les soutire comme un fût, sans considération.

 

J’aurais trop peur, en ingurgitant mes granules,

De réduire ma vie à juste quelques mois :

Devant ce raccourci terrible je recule,

Elle ne peuvent pas, mais moi je peux, ma foi !

 

Les trayeuses installées avec leurs tentacules

Aspirent leur substance aussi bien que leur lait.

Foie ou poumons, côlon, estomac, vésicule :

Il faut produire et rendre l’âme, s’il vous plaît !

 

En vous disant ces inepties de funambule,

Tristement vraies pour le bétail, mais autrement

Fausses jusques au fond des  moindres particules

Dès qu’il s’agit de mon personnel traitement,

 

Je demeure obsédée dans mes moindres cellules

Par ces ponctions taillant au plus vif du vivant ;

Et, mes agneaux, certes je ne suis pas crédule,

Mais voilà que ce soir je vais m’imaginant

 

Que vous me pressurez jusqu’à l’ultime bulle

En extrayant de moi ce que je peux donner :                                         

Même s’il est bien clair que vraiment j’affabule

J’ai grand besoin de me refaire une santé.

 

 

 

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lucette desvignes
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 08:42

         A lundi pour du sérieux, mes belins-belines. Vous aurez droit demain soir à une canzonetta-berceuse en guise de consolation.

Bon week-end !

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lucette desvignes
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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 08:20

         C’est une bonne idée que d’avoir dévolu chacun des cinquante-deux dimanches de l’année à une célébration – recueillement pour la journée des Déportés, tonicité pour la Journée de la Femme (même si elle ne tombe pas un dimanche), gravité pour la Journée de la Terre menacée de toute part et de toute manière… Trop de gens en effet acceptent les jours qui viennent comme ils viennent, sans jamais approfondir des problèmes existentiels tels que la pollution, l’esclavage industriel ou l’élevage concentrationnaire, sans réfléchir aux conséquences inévitables sur la santé, ou la morale, ou la liberté. Une piqûre de rappel une fois par an n’est pas trop demander pour faire cesser, au moins quelques instants, le ronronnement monotone du traintrain machinalement pratiqué et subi. Ainsi la Journée de l’Eau, si facile à faire couler de nos robinets, si dangereuse lorsqu’elle n’est pas potable et que des millions d’individus en sont réduits à la chercher dans des conditions impensables.. Un geste, au moins, devrait de notre part accompagner l’évocation de ces situations de par le monde où on ne peut utiliser une eau saine : ne pas la gâcher, en limiter l’usage – et il me semble que les mots d’ordre, peut-être pas assez répandus ni criés encore, devraient être capables de fédérer toutes les bonnes volontés du moment, ne fût-ce que pour une journée. Pas de douche le jour de l’eau, histoire de s’associer en pensée avec tous ceux qui en sont privés. C’est cela, le geste citoyen…C’est celui, admirable, des désespérés de voir à quel martyre sont soumises les poules pondeuses et les bêtes d’abattoir, et  qui font de leur lundi un jour sans viande avec un seul oeuf au petit déjeuner. Croyez-moi, il faut de l’énergie – et du cœur - pour pratiquer cette  abstinence-là.

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lucette desvignes
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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 09:45

         Ce qu’il y a de bien avec la CIA - depuis quelques lustres qu’on la dénonce comme une force secrète dans l’Etat capable de fomenter les pires complots ou de se lancer dans les affaires les plus tortueuses et les plus meurtrières pour assurer, en marge de la politique officiellement pratiquée par le pays, la suprématie américaine à n’importe quel prix, celui de l’honneur ou des vies humaines - c’est qu’on peut en faire d’innombrables sujets de films où on la crédite des plus ignobles exactions. J’ai vu qu’on reprogrammait pour la énième fois Les Trois jours du Condor : je le connais par cœur, et je tâche toujours de comprendre l’utilité de cette petite cellule de CIA qui fait travailler des écrivains  dévoreurs de texte imprimé pour en extraire une idée de complot en train de s’organiser. L’idée me paraît extravagante qu’on puisse aboutir, à partir d’un roman sans valeur mais traduit en toutes les langues des « pays à pétrole », au dévoilement d’une affaire secrète qui va entraîner la mise à mort de toute              l’équipe. Qu’après cette mise en place on découvre un monde de tueurs à gage à l’air le plus respectable qui soit,  d’hommes de main s’ introduisant dans les demeures et les bureaux avec la mitraillette prête à l’action, de rescapés du carnage traqués mais résistant à tous les pièges par leur astuce, la construction est aisée, même si elle demande une brillante et exigeante réalisation : le résultat final sera toujours que, même si une mini CIA fonctionne en secret au sein de la CIA avec ses barrages et peut ainsi, par ordre du cerveau suprême, être détruite sans le moindre remords, la vérité ne pourra jamais se faire jour tant les  pressions et les menaces sont puissantes contre toute tentative de révélation publique de pareils agissements souterrains.

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lucette desvignes
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 10:40

         Les diverses entreprises ou institutions – qu’elles soient commerciales ou humanitaires – qui ont des rapports avec la population et s’ingénient à leur soutirer de l’argent (money, flouze, pépètes, oseille, cash… ou encore « du comptant », comme disent les paysans chez Marivaux) s’installent peu à peu dans des schémas qui se partagent entre elles officiellement, en tout cas s’imitent mutuellement de manière à peu à peu ne fonctionner que comme un seul homme. Je prends par exemple les associations caritatives : indépendamment des objectifs ponctuels visés par les unes ou les autres, elles ont été longtemps satisfaites de vos chèques, puis elles vous ont, timidement d’abord puis plus énergiquement, demandé d’adopter le prélèvement mensuel si pratique, et maintenant que vous vous êtes exécuté elles vous suggèrent à chaque contact (et c’est fréquent, croyez-moi) d’augmenter votre participation régulière puisque, une fois déduits vos impôts, c’est comme si cela ne vous coûtait rien. Elles ont toutes adopté ce fonctionnement du raisonnement contre l’égoïsme. Autre exemple : les catalogues, d’habillement ou de jardinerie. Jusqu’à telle somme vous avez droit à un cadeau gratuit, si vous dépassez la somme et en atteignez une autre, vous avez droit à un cadeau mystère, et un autre cadeau vous est proposé à un tarif ridicule – 4, 99, n’est-ce pas ridicule pour un cadeau « à ce prix » décrit sur le document en couleurs sur papier glacé ci-joint ? C’est comme une montée aux enchères – et encore, je n’ouvre pas ici le chapitre des sommes colossales qui vous sont attribuées gratuitement chaque fois, à condition d’avoir le N° gagnant mais tout porte à croire que vous l’avez et qu’on va vous faire la surprise de vous le faire savoir si vous voulez bien passer commande.

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lucette desvignes
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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 10:32

         En 2002 – ce n’est pas très ancien : treize ans – lorsque Jospin s’était fait rétamer dès le premier tour, à la surprise générale, le pays s’était dressé comme un seul homme pour faire barrage au Front National. « Il ne nous reste plus qu’à voter Chirac », avait constaté avec amertume Guy Bedos, appelé sur les plateaux de la télévision pour ajouter son grain de poivre aux commentaires. Et c’est bien ce que, naïvement et ne croyant aucune autre attitude possible, la population de l’Hexagone avait fait, gonflant à 78 % la proportion des votes derrière son nom. Bien sûr, on le savait, il mentait, il trafiquait, il trichait dans tous les azimuts, il troussait les filles, il aimait la tête de veau…Mais il avait un bon sourire dans ses complets mal ajustés, et fort de cette confiance inattendue de la nation il avait calmement considéré que le peuple l’avait élu à 78%, ce qui gauchissait cruellement la vérité. C’était alors quelque peu rassurant de songer que, tout canard boiteux qu’il était, il semblait constituer un rempart contre la peste brune. Treize ans plus tard,  aucun rempart de la sorte ne paraît exister : la peste brune est reconnue plaie d’évidence, elle se propage tranquillement, on n’a même pas l’air d’en souffrir, les médias ronronnent pour parler d’elle comme ils parleraient de la sortie du week-end, on emploie encore le terme de barrage mais comme on parlerait de Tignes, plutôt pour souligner la réussite de la promenade au-dessus de la chute d’eau que pour évoquer le danger des fissures entraînant                    l’effondrement. Et personne pour incarner une force de barrage… « Plutôt voter pour la droite dimanche prochain », recommandent gravement les notables du PS de mon secteur. Si c’est tout ce qu’ils ont trouvé comme remède…

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lucette desvignes
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 08:39

         Lorsque je me montrais récalcitrante, mon père, qui était antimilitariste jusqu’au bout des ongles, préférait utiliser l’humour pour me faire céder et scandait avec emphase ce principe essentiel  de l’efficacité militaire : « La discipline faisant la force des armées, il importe que tout supérieur obtienne de ses subordonnés une obéissance passive et une entière soumission de tous les instants » (voyez si je me rappelle docilement ! et cela remonte bien avant mon service militaire…). C’était l’application rigide de ce principe qui envoyait au poteau des traîtres, pour se faire fusiller, des troufions qui au bout de plusieurs semaines d’enfer et d’hébétude dans les tranchées avec la boue, les rats, les explosions incessantes, refusaient de subir plus longtemps ce martyre dément. La seconde guerre mondiale a permis de constater les effroyables résultats de cette obéissance farouche et absolue aux ordres : les criminels nazis s’abritaient tous derrières cette fidélité au drapeau de l’hitlérisme pour vaillamment plaider non coupable lorsque les tribunaux leur demandaient raison des hécatombes de déportés, juifs ou autres, dans les camps d’extermination où régnaient le cynisme et la haine absolue. L’obéissance sans question, l’aveuglement total devant l’horreur des ordres reçus, étaient censés les absoudre de toute responsabilité dans le crime. Cette justification par Hannah Arendt ne peut arriver à me convaincre, surtout avec Heidegger se profilant derrière elle : même pour en arriver à une vision philosophique intense, on ne peut sans risque de se perdre (ou, diraient certains, de perdre son âme) se faire l’avocat du diable.

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lucette desvignes
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 08:32

         La première fois que j’avais lu Les Voyages de Gulliver, je n’étais pas haute et cela devait se passer par le biais d’une édition pour enfants, avec presque autant d’illustrations que de texte. Tout de même j’avais été frappée par ce que Swift laissait entendre de l’énorme quantité de déjections de son héros et de l’abominable (et désespérée) corvée qui incombait aux minuscules Lilliputiens pour tenir la terre propre. Comme quoi Swift le pessimiste avait déjà envisagé l’une des plaies de notre civilisation : la suppression (toujours théorique, jamais satisfaisante) des ordures. Nous avons beau trier les déchets avec une discipline de fer, faire fonctionner les composts privés et les déchetteries sophistiquées, recycler ce qui est recyclable, inventer chaque jour des matières qu’enfin la mère nature pourrait biodégrader, nous sommes rattrapés par ce dont nous ne voulons plus et que nous ne voulons plus voir après usage. Les piles d’un côté, les appareils de toute sorte de l’autre, les plastiques résistant à tout, les rebuts organiques ou chimiques nous défient avec jovialité, comme s’ils prenaient leur revanche. Des continents se constituent à base d’emballages plastiques indestructibles : le golfe du Mexique a hérité d’une planète artificielle aussi volumineuse qu’increvable, tandis que depuis des années d’étranges péniches de déchets toxiques, repoussées d’accès port après port, errent sur l’Atlantique, promenant au hasard leur monstrueuse cargaison en plein vent  et un équipage condamné à la mort parmi cette ignominie. Mais quand vous apprenez qu’une récente histoire pour enfants fait se réveiller le jeune héros sur une planète constituée de détritus, c’est bien que nous sommes tout prêts à adopter l’idée qu’il nous faudra bien un jour avoir cessé de vaincre et nous avouer vaincus…

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lucette desvignes
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