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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 15:01

         Vous l’avez déjà remarqué (et peut-être même est-ce pour vous un tic irritant qui vous fait lire avec des grincements de dents les blogs conçus en fonction du rapprochement des dates), j’aime bien souligner qu’à la numérotation de mes bafouillis quotidiens peut correspondre un événement historique qu’il est bon de rappeler, fût-ce de manière sommaire. J’aurais pu le faire depuis que s’est égrenée la période incluant l’horrible Grande Guerre : célébrations sanglantes d’anniversaires abominables, où la chair à canon se diluait dans la fange des tranchées, tandis que pour la mémoire nationale on conservait une étiquette cocoricante, Verdun, Ypres, Montmédy, la Somme, le Chemin des Dames…Mais mon abstention a été volontaire : la télévision s’est suffisamment emparée du sujet sous ses aspects les plus variés et les plus désolants sans que j’y mette mon grain de sel. 732, Charles Martel à Poitiers ça débouche sur un recommencement de civilisation qui va construire le Moyen Âge. 1214, Bouvines, première bataille où est censé s’exprimer le sentiment national.   14 juillet 1789, prise de la Bastille, on croirait qu’on vient de venir à bout de l’arbitraire et des injustices. Nuit du 4 août 1789 , on croirait qu’on vient d’établir l’égalité entre tous les hommes… Bref je pourrais continuer en sélectionnant - ce que j’ai aimé faire à chaque fois - les dates qui ouvrent sur du nouveau, du meilleur, du lumineux, du chaleureux… Or nous en arrivons au N°1923, mes belins-belines, aujourd’hui même, et demain nous en serons au N°1924, et figurez-vous que je ne sais pas quoi accoler à ces deux dates. C’est 1926 qui m’intéresse, voyez-vous, et j’aurais bien aimé  que le N°1926  pût coïncider avec ce vendredi à venir, eh bien non, ils ne coïncideront pas. Tant pis, on célébrera la Fête du Travail  en décalé (par-delà le week-end, naturellement, puisque je fais comme vous, je fais le pont). A plus ! (voyez si je suis branchée, hein ?).                                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ntmédy

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lucette desvignes
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 08:28

         Si je vous parlais hier des comédiens anglais et de leur style particulier, c’est bien parce que la Comédie Française  de notre temps (où on aurait du mal à retrouver les Hélène Perdrière, Micheline Boudet, Catherine Samie, Jean Piat, Jacques Toja, Robert Hirsch ou Pierre Leproux – et pour cause, mais ils ont tous marqué leur public) a semblé s’efforcer de retrouver leur manière. Beaucoup d’efforts, certes, beaucoup de bruit, beaucoup de gymnastique (Labiche n’avait pas besoin de ces étirements, culbutes, chorégraphies bâclées et musiques de bas étage, même si en son temps les couplets chantés y allaient de leur charme désuet). Ce n’était pas non plus un renouvellement  réussi de mise en scène que ces rideaux en plastique , même justifiés par les travaux dans l’appartement, dans lesquels on s’entortillait avant de disparaître, ou ces parois métalliques sur lesquelles se collaient les chaises en fer jetées à la volée. Ne pratique pas l’absurde qui veut, au pays de Voltaire… Même si les accoutrements colorés des personnages, visant au grotesque, nous mettaient dans le bain au premier coup d’œil, cela n’entraînait pas absolution automatique pour le mauvais goût, les déplacements ridicules parce que mal conçus et mal exécutés. Je ne regrette pas le jeu réaliste, qu’il eût fallu de toute façon exprimer avec une délicatesse non prévue dans ce traitement de grosse farce. Mais je me désole que les Français (ainsi les appelle-t-on : au temps de Marivaux on les appelait les Romains) en soient réduits à une imitation servile et loupée d’une tonalité  comique pour laquelle  ils ne sont pas faits. Mieux valait une grâce surannée contemporaine du texte que cette fausse modernité de carnaval empruntée maladroitement à l’Outre-Manche. 

 

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lucette desvignes
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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:58

         Depuis toujours les comédiens britanniques ont le sens inné de la farce : qu’ils franchissent avec allégresse la frontière de la comédie pour atterrir et se vautrer dans l’effervescence la plus absurde peut être une occasion merveilleuse de jouissance délirante pour le spectateur (mais je conçois parfaitement que d’autres regardants restent sur le sable sans pouvoir suivre). Je me suis livrée à ces réflexions samedi soir – tard : était-ce programmé à cette heure presque nocturne pour déjà opérer le tri du public ? – en regardant peut-être le plus authentique de nos écrivains de comédie, notre Labiche et son chapeau de paille d’Italie. Avant Feydeau et ses mécanismes calculés à la perfection, Labiche a offert au théâtre français ses lettres de noblesse avec ses sujets bourgeois étalant les petites mesquineries, les petites vanités, les petites jalousies de la vie familiale ou sociale et, à mon humble avis, il faut le jouer avec grâce et légèreté pour souligner le trait. L’équipée à travers tout Paris (suivi par sa noce en huit fiacres) du pauvre Fadinard dont le cheval a mangé le matin même le chapeau d’une dame occupée à bien faire dans les taillis et que l’écornifleur poursuit jusque chez lui pour exiger un chapeau de remplacement immédiat, est déjà en soi une idée désopilante : l’agrémenter de diverses plongées (la noce aux trousses  suant, soufflant, bâfrant à l’occasion du banquet préparé pour d’autres) chez une modiste, chez une baronne se préparant à recevoir un illustre ténor italien pour un concert, voire chez le mari de la femme au chapeau dévoré tient du prodige, et rien n’est plus drôle que le déroulement de cette aventure insensée dans des décors où les quiproquos mensongers se succèdent. Or qu’a fait la Comédie Française de ce petit bijou hilarant ? La réponse a besoin du détail….

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lucette desvignes
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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:56

         Depuis toujours les comédiens britanniques ont le sens inné de la farce : qu’ils franchissent avec allégresse la frontière de la comédie pour atterrir et se vautrer dans l’effervescence la plus absurde peut être une occasion merveilleuse de jouissance délirante pour le spectateur (mais je conçois parfaitement que d’autres regardants restent sur le sable sans pouvoir suivre). Je me suis livrée à ces réflexions samedi soir – tard : était-ce programmé à cette heure presque nocturne pour déjà opérer le tri du public ? – en regardant peut-être le plus authentique de nos écrivains de comédie, notre Labiche et son chapeau de paille d’Italie. Avant Feydeau et ses mécanismes calculés à la perfection, Labiche a offert au théâtre français ses lettres de noblesse avec ses sujets bourgeois étalant les petites mesquineries, les petites vanités, les petites jalousies de la vie familiale ou sociale et, à mon humble avis, il faut le jouer avec grâce et légèreté pour souligner le trait. L’équipée à travers tout Paris (suivi par sa noce en huit fiacres) du pauvre Fadinard dont le cheval a mangé le matin même le chapeau d’une dame occupée à bien faire dans les taillis et que l’écornifleur poursuit jusque chez lui pour exiger un chapeau de remplacement immédiat, est déjà en soi une idée désopilante : l’agrémenter de diverses plongées (la noce aux trousses  suant, soufflant, bâfrant à l’occasion du banquet préparé pour d’autres) chez une modiste, chez une baronne se préparant à recevoir un illustre ténor italien pour un concert, voire chez le mari de la femme au chapeau dévoré tient du prodige, et rien n’est plus drôle que le déroulement de cette aventure insensée dans des décors où les quiproquos mensongers se succèdent. Or qu’a fait la Comédie Française de ce petit bijou hilarant ? La réponse a besoin du détail….

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lucette desvignes
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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 08:09

         Ces mises à mort de têtes de gondole m’ont tonifiée pour tout le week-end. J’ai essayé de vous faire participer à ma joie, mes belins-belines, à cette joie un peu grinçante qui vous submerge lorsqu’un autre que vous, dont vous révérez l’intelligence, la culture et le bon goût, dénonce avec une vigueur que vous souhaiteriez vôtre ce qui vous fait mal dans le monde auquel vous appartenez, j’entends ici aujourd’hui la galaxie Gutenberg. C’est qu’il ne s’agit pas de prendre un porte-voix et de crier votre vérité à la cantonade si votre vérité ne correspond pas au politiquement admis sur l’orbite littéraire. Une dame se voulant visiblement cultivée m’a interrompue une fois dans une conversation privée que j’avais avec une amie dans une file d’attente et où j’étripais Beigbeder, ce faussaire en littérature qui fascinait les imbéciles et savait en profiter cyniquement – elle a pris sa défense avec une ardeur qui ne s’amendait même pas d’une excuse pour interruption discourtoise, elle m’a vanté son intelligence (ce que je ne niais pas : l’homme est parfaitement conscient de son imposture), son style, sa vision de la société, bref philosophie, humour, connaissance du monde, il pratique tout à la fois. J’ai tenté de définir cette facilité racoleuse à être suivi comme une « littérature à l’épate », une « littérature à l’estomac » : rien à faire ! La dame s’enflamme au nom de la vraie littérature : tant pis pour moi si je ne la (re)connais pas (elle n’ose pas me parler de raisins verts, de jalousie professionnelle, mais son œil l’exprime – comment lui dire que devant ces aliments frelatés malignement garantis par des éditeurs qui abusent de leur réputation il faut bien que de temps à autre une voix s’élève pour justifier le choix de la qualité ?). Je ne puis que battre en retraite en hochant la tête : je suis triste de n’avoir pu convaincre, mais pour la dame je pars la tête basse d’avoir été ouvertement prise en flagrant délit d’envier un écrivain majeur dont je ne suis pas digne de cirer les chaussures. ..

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lucette desvignes
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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 16:40

         Vous m’avez souvent entendue – pas tout à fait récemment, en tout cas, c’est vrai : très bien, on s’en occupe ! – vitupérer les faussaires de la littérature, les forbans de l’édition, les bateleurs de foire dont soudain s’entichait un éditeur au point de vous inonder le marché avec des contrefaçons d’écriture littéraire qui trouvaient preneur parmi les veaux du troupeau bêlant. Je vous ai même cité plusieurs formules lapîdaires d’Eric Chevillard, mon maître à penser sur ce sujet. J’y reviens, réconfortée de découvrir qu’un livre entier de réflexions sur ce point a pu être consacré par Pierre Jourde (et en Pocket, donc à la portée de toutes les bourses) à ces auteurs qui (en sachant au fond qu’ils ne sont pas des écrivains) jouent à l’écrivain sérieux voire génial dont le génie est confondant et impossible à démontrer – c’est même ce qui prouve son existence, comme dans le Solo du Jardinier de Giraudoux où le silence divin est considéré comme une irréfutable preuve de l’existence divine. C’était merveilleux, et combien tonique, de découvrir que Les Particules élémentaires était un «roman bricolé », que Beigbeder est intellectuellement apparenté à « un animateur prépubère de NRJ à casquette à l’envers », que Darrieusseck c’est de la « littérature pour fête de la bière », qu’Angot « vend comme grande littérature une bouillie verbale complaisante », que Bobin « est à la littérature ce que sont les paires d’individus en bleu marine qui sonnent à votre porte en vous demandant si vous voulez connaître la vérité » (ne vous laissez pas embobiner), que Pascale Roze – anagramme-de-Zéro, mais Zéro absolu  - a mis au monde « l’enfant mort-né de la modernité et du roman-photo »… Je réclamerais volontiers un second tome, avec Marc Lévy, Gavalda, Jardin, Zeller, ah ! quelles saines lectures que ces mises à mort de têtes de gondoles !

r

 

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lucette desvignes
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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 08:46

Biographies, journaux, mémoires, écrits par eux-mêmes ou par de fervents fidèles… ce genre littéraire qui souvent est cousin du journalisme ne m’a jamais séduite. En fait, peu me chaut ce qui a pu arriver à telle ou telle grande figure (ou individualité totalement inconnue) et ce que les uns ou les autres ont bien pu en penser, voire leur faire. C’est donc tout à fait par hasard que je me suis laissé entraîner à plonger dans le journal de Vézelay de Romain Rolland pendant les années de guerre, et seulement d’ailleurs parce que, venant d’achever une préface sur la Shoah en Côte d’Or, j’étais curieuse de savoir ce qu’allait penser de l’anéantissement des Juifs ce grand cerveau ennemi de la guerre. Or j’en ai été pour mes frais. Moi qui révérais ce militant « au-dessus de la mêlée », j’ai déposé là ma considération pour son ouverture d’esprit et de cœur. Il m’est apparu tout autre pendant cette occupation qui lui imposait la coexistence avec nos vainqueurs : il aurait pu se contenter d’une certaine objectivité, mais non ! Il ronronnait de pouvoir dire qu’à des niveaux divers de culture les Allemands, soldats ou officiers, saluaient en lui l’écrivain de Jean-Christophe, qu’on venait de loin presque en pèlerinage pour l’assurer qu’on le lisait dans tous les milieux en Allemagne… Je crois bien qu’il ne s’est jamais soucié des Israëlites de la région, ni non plus de ceux qui de divers pays d’Europe constituaient de lamentables troupeaux à exterminer dans les pires conditions : les mentions au problème y sont rares et jamais nettes. Pour lui les Allemands étaient toujours estimables (même quand des réquisitions abusives de couvertures ou de chevaux parmi la population soulevaient l’indignation) et j’ai été sans cesse chiffonnée par l’incroyable indulgence qu’il réservait à l’infâme Châteaubriant, le collabo de la première heure, résolu à défendre les nazis jusqu’au bout puisqu’il fera partie du méprisable convoi de Sigmaringen autour de Pétain, de Céline et de Le Vigan. Que d’autre part, sous prétexte de largeur d’esprit en matière religieuse, il laisse sa femme sous l’influence pernicieuse de Paul Claudel, ne fait que confirmer sa faiblesse et même sa veulerie devant tous les problèmes. En voilà un que son journal n’aura pas servi à grandir…

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 08:40

         Biographies, journaux, mémoires, écrits par eux-mêmes ou par de fervents fidèles… ce genre littéraire qui souvent est cousin du journalisme ne m’a jamais séduite. En fait, peu me chaut ce qui a pu arriver à telle ou telle grande figure (ou individualité totalement inconnue) et ce que les uns ou les autres ont bien pu en penser, voire leur faire. C’est donc tout à fait par hasard que je me suis laissé entraîner à plonger dans le journal de Vézelay  de Romain Rolland pendant les années de guerre, et seulement d’ailleurs parce que, venant d’achever une préface sur la Shoah en Côte d’Or, j’étais curieuse de savoir ce qu’allait penser de l’anéantissement des Juifs ce grand cerveau ennemi de la guerre. Or j’en ai été pour mes frais. Moi qui révérais ce militant « au-dessus de la mêlée », j’ai déposé là ma considération pour son ouverture d’esprit et de cœur. Il m’est apparu tout autre pendant cette occupation qui lui imposait la coexistence avec nos vainqueurs : il aurait pu se contenter d’une certaine objectivité, mais non ! Il ronronnait de pouvoir dire qu’à des niveaux divers de culture les Allemands, soldats ou officiers, saluaient en lui l’écrivain de Jean-Christophe, qu’on venait de loin presque en pèlerinage pour l’assurer qu’on le lisait dans tous les milieux en Allemagne… Je crois bien qu’il ne s’est jamais soucié des Israëlites de la région, ni non plus de ceux qui de divers pays d’Europe constituaient de lamentables troupeaux à exterminer dans les pires conditions : les mentions au problème y sont rares et jamais nettes. Pour  lui les Allemands    étaient toujours estimables (même quand des réquisitions abusives de couvertures ou de chevaux parmi la population soulevaient l’indignation) et j’ai été sans cesse chiffonnée par l’incroyable indulgence qu’il réservait à l’infâme Châteaubriant, le collabo de la première heure, résolu à défendre les nazis jusqu’au bout puisqu’il fera partie du méprisable convoi de Sigmaringen autour de Pétain, de Céline et de Le Vigan. Que d’autre part, sous prétexte de largeur d’esprit en matière religieuse, il laisse sa femme sous l’influence pernicieuse de Paul Claudel, ne fait que confirmer sa faiblesse et même sa veulerie devant tous les problèmes. En voilà un que son journal n’aura pas servi à grandir…

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 08:33

         Biographies, journaux, mémoires, écrits par eux-mêmes ou par de fervents fidèles… ce genre littéraire qui souvent est cousin du journalisme ne m’a jamais séduite. En fait, peu me chaut ce qui a pu arriver à telle ou telle grande figure (ou individualité totalement inconnue) et ce que les uns ou les autres ont bien pu en penser, voire leur faire. C’est donc tout à fait par hasard que je me suis laissé entraîner à plonger dans le journal de Vézelay  de Romain Rolland pendant les années de guerre, et seulement d’ailleurs parce que, venant d’achever une préface sur la Shoah en Côte d’Or, j’étais curieuse de savoir ce qu’allait penser de l’anéantissement des Juifs ce grand cerveau ennemi de la guerre. Or j’en ai été pour mes frais. Moi qui révérais ce militant « au-dessus de la mêlée », j’ai déposé là ma considération pour son ouverture d’esprit et de cœur. Il m’est apparu tout autre pendant cette occupation qui lui imposait la coexistence avec nos vainqueurs : il aurait pu se contenter d’une certaine objectivité, mais non ! Il ronronnait de pouvoir dire qu’à des niveaux divers de culture les Allemands, soldats ou officiers, saluaient en lui l’écrivain de Jean-Christophe, qu’on venait de loin presque en pèlerinage pour l’assurer qu’on le lisait dans tous les milieux en Allemagne… Je crois bien qu’il ne s’est jamais soucié des Israëlites de la région, ni non plus de ceux qui de divers pays d’Europe constituaient de lamentables troupeaux à exterminer dans les pires conditions : les mentions au problème y sont rares et jamais nettes. Pour  lui les Allemands    étaient toujours estimables (même quand des réquisitions abusives de couvertures ou de chevaux parmi la population soulevaient l’indignation) et j’ai été sans cesse chiffonnée par l’incroyable indulgence qu’il réservait à l’infâme Châteaubriant, le collabo de la première heure, résolu à défendre les nazis jusqu’au bout puisqu’il fera partie du méprisable convoi de Sigmaringen autour de Pétain, de Céline et de Le Vigan. Que d’autre part, sous prétexte de largeur d’esprit en matière religieuse, il laisse sa femme sous l’influence pernicieuse de Paul Claudel, ne fait que confirmer sa faiblesse et même sa veulerie devant tous les problèmes. En voilà un que son journal n’aura pas servi à grandir…

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lucette desvignes
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 09:24

         La persistance d’un temps de rêve depuis des jours et des jours – un peu frais mais tonique dès le petit matin, délicieusement ensoleillé pour souligner les couleurs d’un printemps bien engagé dans la bonne voie, presque déjà trop chaud l’après-midi mais réservant pour la soirée des températures et des clartés incroyablement tendres – vous ferait aisément oublier qu’ailleurs, sur le reste de la planète et même si là-bas aussi le printemps devrait être à son summum d’agréments, on continue à s’étripailler, à torturer tout ce qui peut être soupçonné de différence (essentiellement d’ailleurs de religion : c’est peut-être cela le pire de toute l’histoire du monde que de voir s’égorger se bombarder se déchirer dans les plus vicieux raffinements de l’horreur des populations qui se réclament d’un credo autre ou s’entêtent à adhérer à la foi qui les expose au martyre). Mon amie musulmane à qui je demandais si elle était chiite ou sunite ouvre de grand yeux : elle et les siens ne sont ni l’un ni l’autre, ils font le ramadan quand il est décrété, font leurs cinq prières par jour, s’efforcent que leur djihad quotidien leur apporte la paix au moment du bilan du soir (on est loin alors des sens effroyables donné au mot depuis quelque temps, au point d’être devenu un terme de ralliement pour le mal) et partagent tout ce qu’ils ont et n’ont pas. Et ils se sentent aussi violemment menacés par les fondamentalistes que je peux le ressentir personnellement – en fait, maintenir son équilibre philosophique individuel est indispensable à la sérénité, mais en même temps c’est la chose au monde la plus irritante, la plus inacceptable pour les intégristes de tous les bords. Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche ! La question ne s’est pas simplifiée depuis Poitiers ou Crécy…

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