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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 13:50

            Les utopies, qui drainent depuis des siècles la méditation des penseurs sur une organisation idéale de la société – plus juste, plus solidaire, plus protégée, plus égalitaire, donc sans les occasions de friction ou de jalousie qui gangrènent les sociétés toutes autant qu’elles sont et causent leur chagrinante condition – paraissaient cantonnées dans le domaine de la réflexion théorique, donc à étudier sous l’aspect historique. Or il semble que le Liberland (terre de la Liberté comme dans le film Libertyland) ait envie de passer à la pratique : 7 km2, sur la rive ouest du Danube, coincé entre la Croatie et la Serbie nouvelle mouture, territoire abandonné par les traités… Une poignée d’habitants, assez nombreux tout de même pour avoir une ville érigée en capitale, Siga, et pour parler d’une même voix : pas d’impôts, liberté totale dans les activités commerciales ou assimilées, refus de l’endettement Une constitution est en chantier, une représentation officielle au niveau diplomatique s’organise (trouveront-ils assez d’ambassadeurs ? question à 10€), bref ils sont tout prêts à se faire reconnaître par l’ONU. Bravo les petits ! dirait Couderc, de mémoire ensoleillée. Pour sûr c’est marrant…Toutefois un nouveau pays (qui se rêve peut-être royaume un jour ou l’autre, qui sait ?) peut inquiéter quelque peu, vu le choix de ses modèles : Monaco et le Liechtenstein, merveilleux paradis fiscaux où évidemment on ne paye pas d’impôts… Beaux exemples, à défaut de programme réfléchi !   Je leur conseille vivement de s’assurer d’abord et avant tout de bonnes relations avec les Ïles Caïman : on a vu comment l’amitié avec ces sources de bonheur a profité au petit Luxembourg, devenu désormais le top de l’Euirope…

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lucette desvignes
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 11:14

         Je crois bien vous avoir promis de vous donner une recette pour terminer un conte de Noël. J’aurais pu préciser qu’il  ne s’agirait pas du paragraphe terminal, célébrant en beauté la neige au dehors, la douceur du foyer en famille et la chaleur que met au cœur l’amitié entre les êtres : ça, c’est à vous de voir, si vous vous êtes lancé dans l’écriture d’un conte de Noël vous devez trouver la touche juste, la note exacte qui fasse sourire le lecteur en terminant le texte. Ce qui me tourmentait, moi, c’était comment terminer une entreprise qui remontait déjà à près de trente ans, celle d’écrire une belle histoire pour le numéro de Noël de la revue de la confédération animale de Lyon et Sud-Est. Au bout de vingt-cinq ans, ne croyez-vous pas que l’inspiration gagnait l’autorisation  de se tarir ? Je pouvais toujours le craindre, même si l’espoir de trouver encore une idée merveilleusement inédite continuait à se cacher dans un petit coin de ma cervelle. Après tout, quand un citron a été pressé jusqu’à l’écorce, il n’a plus de jus, c’est là une vérité qui saute aux yeux de tout le monde. Bon, moi j’avais payé de ma personne, j’avais fait mon devoir (en plus, c’était une chose que personne ne m’avait demandée, même si on avait bien été heureux à la SPA de Lyon de me voir entreprendre cette tâche de longue haleine – et non seulement l’entreprendre mais y rester fidèle sans y manquer une seule fois), donc je pouvais mettre la clé sous le paillasson. C’était pour dire au revoir qu’il fallait « faire ça bien »…. Parfait, mes belins-belines ! On convoque un maximum de participants : il y en a qui manquent pour diverses raisons, mais ça fait quand même une jolie troupe qu’on rameute, et quand ils vous disent « Joyeux Noêl ! » tous ensemble, je vous assure que ça tient lieu d’au revoir… même si l’échelle est tirée !

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lucette desvignes
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 16:34

         Heureusement, mes belins-belines, que vous avez en moi une femme de tête. Je veux dire, avec la tête encore bien vissée sur les épaules, car, voyez ce qui se passe quand trop de marmitons gâtent le bouillon en s’affairant de manière intempestive, mon ami anglais en visite pour ses quelques jours annuels avec moi a décidé de mettre de l’ordre dans mon ordinateur et a tenté de, sinon réussi à, le faire. Bien entendu je suis toute contente quand on effectue le ménage dont je ne prends jamais l’initiative par paresse (mis à part naturellement l’enregistrement de mes blogs par ordre alphabétique : 2.000 la semaine prochaine, imaginez un peu !) et bien entendu aussi je n’ose pas accuser sa sollicitude mais enfin je ne retrouve pas la moitié de blog que j’avais déjà écrite pour votre intense plaisir (non non, ne protestez pas : je sais par vos aveux multiples que votre jouissance est intense dès que ma prose apparaît sous vos yeux).   J’en suis donc marrie penaude confuse, car ne vous avais-je pas promis de vous donner une recette pour en finir avec les contes de Noël ? Il me semble bien que c’était le thème abordé, mais que voulez-vous, les choses étant ce qu’elles sont (ce qu’elles peuvent être, hélas !) je ne vous parlerai pas aujourd’hui de ce sujet essentiel, on peut le reporter à lundi, pour aujourd’hui bon week-end, tout dimanche à venir est bon à prendre.

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lucette desvignes
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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 18:33

         J’ai beau avoir à m‘attaquer aux corrections de dernière lecture du petit nouveau-né à venir (que vous allez pouvoir admirer, mes belins-belines, dès le début de septembre et qui s’intitulera La vie à deux, tout simplement), cela ne me détourne point de mes devoirs vis-à-vis de vous : vous me connaissez assez bien maintenant pour savoir que je reste fidèle à mes engagements antérieurs, même si (cela peut arriver, cela m’arrive) je les ai pris à la légère. Donc, malgré la bousculade de ces relectures attentives pour lesquelles on n’a parfois pas de solutions satisfaisantes (et il ne s’agit pas de traîner et prendre son temps : derrière les relectures il y a transcription des corrections, envoi du bon à tirer, impression, graphisme  et collage de la couverture… bref toutes ces petites surfilures qui ennuyaient tant les petites mains, autrefois, quand on ne leur laissait que ça à faire dans l’atelier où elles apprenaient le métier auprès de la maîtresse couturière – ça ou coudre les boutons, c’était bien encore le reste !) oui, malgré l’absorption du moi pensant dans la mécanique des corrections ultimes pour assurer la bonne fin de gestation du nouveau recueil de nouvelles, il me faut bien vous envoyer mon blog. Pesant, surchauffé, ébouriffé par le ventilateur, énervé par son petit ronronnement presque imperceptible dont on se demande s’il n’énerverait pas moins s’il était plus fort, voilà le tableau de l’actu, à partir de docu inestimables. Dès demain je vous donne la recette de la fin des contes d’hiver (ma recette à moi : pour le Conte d’Hiver de Shakespeare, prenez une édition autorisée, moi je ne pourrais rien vous en dire).

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lucette desvignes
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 08:47

         Ou je suis bien mal renseignée, ou quelqu’un qui a suivi le déroulement de mes blogs depuis quelques mois sait parfaitement à quoi s’en tenir sur mes rapports (si j’ose dire) avec DSK. Lui dont, il y a bien des années, je suivais avec ravissement et fidélité les entretiens hebdomadaires avec André Santini sur l’actualité politique et économique du pays, avait brutalement laissé au vestiaire sa toge d’économiste puis de grand maître du FMI pour trousser les femmes de chambre au moment de devenir président de la République (tout le monde sait bien qu’il l’aurait été). La suite, je ne vous la raconte pas, vous la connaissez : des horreurs de dépositions, d’enquêtes, de condamnations, d’exhumation de faune des bas-fonds, de gros mots et de grosses menaces pour rien du tout…Mais ce n’est pas de ce personnage-là que je vous parle aujourd’hui : je rappelle les faits pour ne pas être soupçonnée d’indulgence ou de favoritisme du monsieur. Je veux seulement signaler que, se rappelant les énormes, immenses, monstrueuses fonctions dont il a été investi dans sa phase fonctionnelle, prenant soudain conscience   qu’il a commandé aux distributions des richesses et à l’écrasement de certains pays, voilà qu’il se livre à un Confiteor inattendu, voilà qu’il laisse entendre que tout ce qu’il a recommandé de faire (et que Lagarde, qui ne se rend pas mais qui ne meurt pas non plus, hélas ! a suivi en y ajoutant sa hargne personnelle d’amateur de corrida au sang) c’était une tragique erreur de vue, d’appréciation, de jugement. Il aurait fallu…., il n’aurait pas fallu…, maintenant le mal est fait en profondeur, et ce n’est pas rattrapable…. Pour son intelligence et sa lucidité au moins, on peut le rétablir dans une certaine estime, même si, en effet, l’équilibre de la planète a été en partie grâce à ses soins irrémédiablement démoli.

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lucette desvignes
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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 08:32

         Avec l’image terrible des enfants du Biafra s’est vulgarisée la notion de Sahel – dans mon jeune temps les déserts (déjà bien assez effrayants comme cela) se limitaient au Sahara, au Kalahari, au désert de Gobi, qu’on nous faisait retenir, je pense, à cause des sonorités exotiques, sans grand souci de nous les faire localiser sur une carte. La notion de désertification s’est imposée à la conscience adulte et je dois dire que j’ai été bouleversée d’apprendre que l’extension du désert était imparable partout où elle se manifestait. Certes j’ai appris par-ci par-là qu’il pouvait y avoir remède : un monastère copte d’Egypte nous a offert des concombres et des raisins cultivés localement, donc en plein Sahara, parce que les moines avaient su creuser assez profond pour avoir de l’eau. De même, j’ai été reçue dans une merveilleuse plantation de mandariniers et de dattiers construite en vingt ans où des canalisations de l’eau du Nil faisaient oublier l’océan de sable tout proche. Mais dans le Sud marocain je sais que le désert avance inexorablement, recouvrant les arganiers pourtant si essentiels à l’économie du pays. Et dans le sud tunisien, encore plus au sud que Tataouine, un jeune guide m’a amenée au milieu du sable aux ruines d’une maison qui était celle de son grand-père, dans la jeunesse de qui une famille y avait été élevée avant d’être noyée par les vagues de silice crissante et gloutonne. Si j’étais ingénieur ou chercheur, avec l’intention d’être utile à mes semblables, je tâcherais d’abord de trouver une parade à cette agression paisible et meurtrière, plutôt que de découvrir dans quelles conditions et à partir de quand on pourra aller en vacances sur la lune.

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lucette desvignes
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 09:12

         Il y a une soixante d’années, on avait, pour frapper les populations et faire naître en elles un peu de pitié, répandu partout par les médias le type de l’enfant biafrais, moribond à force de malnutrition, squelettique malgré un ventre     énorme. Depuis, grâce (si l’on peut dire) aux catastrophes naturelles, aux guerres, aux conflits raciaux et politiques de toute sorte qui se sont installés à demeure sur le continent africain, ce profil tragique s’est banalisé : il n’est pas une association d’aide aux populations affamées qui ne se soit régulièrement servie de ces photos d’enfants-squelettes, de bébés-cadavres, d’êtres exsangues en train de mourir dont seule une étincelle de vie, qui capte votre regard comme un ultime et vain coup de poignard, atteste qu’il y a encore un souffle dans ces chairs flétries qui bientôt ne seront plus. Comme beaucoup de notions « mondialisées », avec cette inquiétante maîtrise d’Internet qui impose malgré soi d’être rencontré par l’actualité, le concept de « lutte contre la faim »est devenu familier, et il est très évident que le problème de la faim dans le monde est passé d’un niveau limité de notoriété à une généralisation de l’information qui s’appuie sur des chiffres, des statistiques, des précisions géographiques pour être accréditée sans discussion. Est-ce que pour autant la compassion et l’aide active des particuliers ont profité de cette vulgarisation des données pour prendre un véritable élan ? Je le voudrais bien, mes belins-belines, et je suis toute prête à le croire… Encore faudrait-il  voir des progrès toujours plus nets…Sœur Anne, les voyez-vous ?

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lucette desvignes
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 08:38

         Je fais avec consternation le tour de mon petit jardin. Tout est mort – et pourtant on a arrosé,  mais certainement pas autant qu’il aurait fallu, la conscience civique joue très fort chez moi, voyez-vous. Les choses, donc, étant non seulement ce qu’elles ont été mais  aussi telles on a dû les laisser, offrent un spectacle navrant. Les phlox dont j’attendais monts et merveilles sont tous morts, mais morts jusqu’à la racine, sans aucun espoir que ma collection multicolore puisse survivre jusqu’au printemps prochain. Les hortensias sont morts, et j’aimerais mieux vois les branches dépouillées comme en décembre plutôt que cette moisson déprimante de minuscules inflorescences regrignées qui témoignent sardoniquement de ce qu’elles avaient, avant la canicule, eu l’intention et le désir de faire. Mes rosiers tiges sont morts, encerclant la base de leur tronc  d’une foultitude de rejets en buisson, chant du cygne poignant démontrant quand même quelle vigueur ils ont tenté de déployer pour survivre, en vain. Mon petit saule crevette est mort, un petit arbre qui depuis huit printemps m’avait enchantée par sa forme parfaitement ronde aux milliers de pointes rose tendre. Seul le lilas des Indes reste ostensiblement guilleret, tout heureux d’avoir retrouvé cette année ses températures texanes. Quand je prends conscience de mon chagrin devant ce désastre dé la verdure, je songe en même temps que ce bout de jardin n’est pas destiné à assurer ma survie ni celle de ma famille. Quel doit être le désespoir des paysans en face de leurs terres calcinées où ils devaient récolter leur subsistance et de quoi faire vivre leurs proches dans l’aisance ? Et ce n’est pas la hantise du meurtrier été 1976, avec les centaines d’images de mort qu’il m’a laissées – tel ce pré à la terre mise à nu vers Rive-de-Gier où le paysan avait tué sa vache affamée avant de tourner sa carabine contre lui -  qui me réconcilie avec la canicule.

 

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lucette desvignes
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 08:33

 

 

      Je fais avec consternation le tour de mon petit jardin. Tout est mort – et pourtant on a arrosé,  mais certainement pas autant qu’il aurait fallu, la conscience civique joue très fort chez moi, voyez-vous. Les choses, donc, étant non seulement ce qu’elles ont été mais  aussi telles on a dû les laisser, offrent un spectacle navrant. Les phlox dont j’attendais monts et merveilles sont tous morts, mais morts jusqu’à la racine, sans aucun espoir que ma collection multicolore puisse survivre jusqu’au printemps prochain. Les hortensias sont morts, et j’aimerais mieux vois les branches dépouillées comme en décembre plutôt que cette moisson déprimante de minuscules inflorescences regrignées qui témoignent sardoniquement de ce qu’elles avaient, avant la canicule, eu l’intention et le désir de faire. Mes rosiers tiges sont morts, encerclant la base de leur tronc  d’une foultitude de rejets en buisson, chant du cygne poignant démontrant quand même quelle vigueur ils ont tenté de déployer pour survivre, en vain. Mon petit saule crevette est mort, un petit arbre qui depuis huit printemps m’avait enchantée par sa forme parfaitement ronde aux milliers de pointes rose tendre. Seul le lilas des Indes reste ostensiblement guilleret, tout heureux d’avoir retrouvé cette année ses températures texanes. Quand je prends conscience de mon chagrin devant ce désastre dé la verdure, je songe en même temps que ce bout de jardin n’est pas destiné à assurer ma survie ni celle de ma famille. Quel doit être le désespoir des paysans en face de leurs terres calcinées où ils devaient récolter leur subsistance et de quoi faire vivre leurs proches dans l’aisance ? Et ce n’est pas la hantise du meurtrier été 1976, avec les centaines d’images de mort qu’il m’a laissées – tel ce pré à la terre mise à nu vers Rive-de-Gier où le paysan avait tué sa vache affamée avant de tourner sa carabine contre lui -  qui me réconcilie avec la canicule.

         Je fais avec consternation le tour de mon petit jardin. Tout est mort – et pourtant on a arrosé,  mais certainement pas autant qu’il aurait fallu, la conscience civique joue très fort chez moi, voyez-vous. Les choses, donc, étant non seulement ce qu’elles ont été mais  aussi telles on a dû les laisser, offrent un spectacle navrant. Les phlox dont j’attendais monts et merveilles sont tous morts, mais morts jusqu’à la racine, sans aucun espoir que ma collection multicolore puisse survivre jusqu’au printemps prochain. Les hortensias sont morts, et j’aimerais mieux vois les branches dépouillées comme en décembre plutôt que cette moisson déprimante de minuscules inflorescences regrignées qui témoignent sardoniquement de ce qu’elles avaient, avant la canicule, eu l’intention et le désir de faire. Mes rosiers tiges sont morts, encerclant la base de leur tronc  d’une foultitude de rejets en buisson, chant du cygne poignant démontrant quand même quelle vigueur ils ont tenté de déployer pour survivre, en vain. Mon petit saule crevette est mort, un petit arbre qui depuis huit printemps m’avait enchantée par sa forme parfaitement ronde aux milliers de pointes rose tendre. Seul le lilas des Indes reste ostensiblement guilleret, tout heureux d’avoir retrouvé cette année ses températures texanes. Quand je prends conscience de mon chagrin devant ce désastre dé la verdure, je songe en même temps que ce bout de jardin n’est pas destiné à assurer ma survie ni celle de ma famille. Quel doit être le désespoir des paysans en face de leurs terres calcinées où ils devaient récolter leur subsistance et de quoi faire vivre leurs proches dans l’aisance ? Et ce n’est pas la hantise du meurtrier été 1976, avec les centaines d’images de mort qu’il m’a laissées – tel ce pré à la terre mise à nu vers Rive-de-Gier où le paysan avait tué sa vache affamée avant de tourner sa carabine contre lui -  qui me réconcilie avec la canicule.

         Je fais avec consternation le tour de mon petit jardin. Tout est mort – et pourtant on a arrosé,  mais certainement pas autant qu’il aurait fallu, la conscience civique joue très fort chez moi, voyez-vous. Les choses, donc, étant non seulement ce qu’elles ont été mais  aussi telles on a dû les laisser, offrent un spectacle navrant. Les phlox dont j’attendais monts et merveilles sont tous morts, mais morts jusqu’à la racine, sans aucun espoir que ma collection multicolore puisse survivre jusqu’au printemps prochain. Les hortensias sont morts, et j’aimerais mieux vois les branches dépouillées comme en décembre plutôt que cette moisson déprimante de minuscules inflorescences regrignées qui témoignent sardoniquement de ce qu’elles avaient, avant la canicule, eu l’intention et le désir de faire. Mes rosiers tiges sont morts, encerclant la base de leur tronc  d’une foultitude de rejets en buisson, chant du cygne poignant démontrant quand même quelle vigueur ils ont tenté de déployer pour survivre, en vain. Mon petit saule crevette est mort, un petit arbre qui depuis huit printemps m’avait enchantée par sa forme parfaitement ronde aux milliers de pointes rose tendre. Seul le lilas des Indes reste ostensiblement guilleret, tout heureux d’avoir retrouvé cette année ses températures texanes. Quand je prends conscience de mon chagrin devant ce désastre dé la verdure, je songe en même temps que ce bout de jardin n’est pas destiné à assurer ma survie ni celle de ma famille. Quel doit être le désespoir des paysans en face de leurs terres calcinées où ils devaient récolter leur subsistance et de quoi faire vivre leurs proches dans l’aisance ? Et ce n’est pas la hantise du meurtrier été 1976, avec les centaines d’images de mort qu’il m’a laissées – tel ce pré à la terre mise à nu vers Rive-de-Gier où le paysan avait tué sa vache affamée avant de tourner sa carabine contre lui -  qui me réconcilie avec la canicule.

 

         Je fais avec consternation le tour de mon petit jardin. Tout est mort – et pourtant on a arrosé,  mais certainement pas autant qu’il aurait fallu, la conscience civique joue très fort chez moi, voyez-vous. Les choses, donc, étant non seulement ce qu’elles ont été mais  aussi telles on a dû les laisser, offrent un spectacle navrant. Les phlox dont j’attendais monts et merveilles sont tous morts, mais morts jusqu’à la racine, sans aucun espoir que ma collection multicolore puisse survivre jusqu’au printemps prochain. Les hortensias sont morts, et j’aimerais mieux vois les branches dépouillées comme en décembre plutôt que cette moisson déprimante de minuscules inflorescences regrignées qui témoignent sardoniquement de ce qu’elles avaient, avant la canicule, eu l’intention et le désir de faire. Mes rosiers tiges sont morts, encerclant la base de leur tronc  d’une foultitude de rejets en buisson, chant du cygne poignant démontrant quand même quelle vigueur ils ont tenté de déployer pour survivre, en vain. Mon petit saule crevette est mort, un petit arbre qui depuis huit printemps m’avait enchantée par sa forme parfaitement ronde aux milliers de pointes rose tendre. Seul le lilas des Indes reste ostensiblement guilleret, tout heureux d’avoir retrouvé cette année ses températures texanes. Quand je prends conscience de mon chagrin devant ce désastre dé la verdure, je songe en même temps que ce bout de jardin n’est pas destiné à assurer ma survie ni celle de ma famille. Quel doit être le désespoir des paysans en face de leurs terres calcinées où ils devaient récolter leur subsistance et de quoi faire vivre leurs proches dans l’aisance ? Et ce n’est pas la hantise du meurtrier été 1976, avec les centaines d’images de mort qu’il m’a laissées – tel ce pré à la terre mise à nu vers Rive-de-Gier où le paysan avait tué sa vache affamée avant de tourner sa carabine contre lui -  qui me réconcilie avec la canicule.

 

         Je fais avec consternation le tour de mon petit jardin. Tout est mort – et pourtant on a arrosé,  mais certainement pas autant qu’il aurait fallu, la conscience civique joue très fort chez moi, voyez-vous. Les choses, donc, étant non seulement ce qu’elles ont été mais  aussi telles on a dû les laisser, offrent un spectacle navrant. Les phlox dont j’attendais monts et merveilles sont tous morts, mais morts jusqu’à la racine, sans aucun espoir que ma collection multicolore puisse survivre jusqu’au printemps prochain. Les hortensias sont morts, et j’aimerais mieux vois les branches dépouillées comme en décembre plutôt que cette moisson déprimante de minuscules inflorescences regrignées qui témoignent sardoniquement de ce qu’elles avaient, avant la canicule, eu l’intention et le désir de faire. Mes rosiers tiges sont morts, encerclant la base de leur tronc  d’une foultitude de rejets en buisson, chant du cygne poignant démontrant quand même quelle vigueur ils ont tenté de déployer pour survivre, en vain. Mon petit saule crevette est mort, un petit arbre qui depuis huit printemps m’avait enchantée par sa forme parfaitement ronde aux milliers de pointes rose tendre. Seul le lilas des Indes reste ostensiblement guilleret, tout heureux d’avoir retrouvé cette année ses températures texanes. Quand je prends conscience de mon chagrin devant ce désastre dé la verdure, je songe en même temps que ce bout de jardin n’est pas destiné à assurer ma survie ni celle de ma famille. Quel doit être le désespoir des paysans en face de leurs terres calcinées où ils devaient récolter leur subsistance et de quoi faire vivre leurs proches dans l’aisance ? Et ce n’est pas la hantise du meurtrier été 1976, avec les centaines d’images de mort qu’il m’a laissées – tel ce pré à la terre mise à nu vers Rive-de-Gier où le paysan avait tué sa vache affamée avant de tourner sa carabine contre lui -  qui me réconcilie avec la canicule.

 

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 09:16

         Je n’ai bien entendu rien regardé sur mes étranges lucarnes de ce qui constituait le clou du 14 juillet pour les populations actuelles, à savoir le défilé des armées de la nation : un petit échantillon à chaque fois, comme distribué à la pincée de saupoudrage mais vibrant témoin de tout ce qu’on a en réserve pour se défendre au cas où (tout le monde sait bien que si le cas où se produisait on n’aurait même pas le temps d’intervenir, ça se passerait d’une manière si inédite et les autres devant etre tellement plus rapides et mieux adaptés aux changements de techniques que nous, qu’on n’aurait pas la moindre occasion de montrer nos belles armes toutes neuves). Moi j’aime mieux réfléchir à toutes les ouvertures que le 14 juillet 1789 offrait au développement de l’Histoire, mais les populations préfèrent ouvertement panem et circenses. Parfait. Je dois dire quand même que j’ai tiqué d’apprendre, après coup (je suis souvent en retard d’une guerre) que l’invité pompier de la France c’était un assassin, le bandit mexicain responsable de la disparition de cette flopée d’étudiants et d’étudiantes qu’il a fait s’évanouir du paysage politique du pays, comme ça, d’un claquement de doigts. Je sais bien qu’on n’y regarde jamais de très près, chez nous : on invite Kadafi à  camper sous la tour Eiffel, on appelle Netanyiaou « mon cher ami  Benyamin » - non, on n’est pas bien délicat sur la qualité de criminalité dont nos chers hôtes peuvent se vanter, mais voyez-vous, même avec l’habitude que j’ai dû prendre des pratiques de notre diplomatie j’ai tiqué. Oui, j’ai tiqué.

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