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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 09:13

         J’ai à peine le temps, mes belins-belines,de m’informer de ce qui se passe chez nous mis à part le foot. Donc peu de loisir de vous trouver un thème porteur à développer pour votre gouverne de la journée ou comme source de méditation, principalement si c’est situé dans un domaine qui fâche – et qu’il y en a, donc, de ces domaines qui fâchent ! S’ils fâchent, c’est parce qu’à leur sujet toutes les opinions sont permises (toutes, certes non ! à mon avis le révisionnisme n’est pas une position à tenir, aveugle, indigne, provocateur, cynique qu’il est – mais il y en a bien d’autres moins inacceptables qui se prêtent à la discussion même si le ton tourne tout de suite à la fâcherie). Pardon de ne pas avoir renouvelé mon stock de propos dont on pourrait discuter le bien ou le mal fondé : vous allez dire que décidément je vous abandonne trop facilement pour aller faire des signatures ici ou là. Mes agneaux, quand on vous le propose il ne faut pas refuser. Aujourd’hui ça va se passer sous des tentes comme au marché (dont d’ailleurs nous serons tout près, les auteurs invités et moi, pour donner une idée de l’activité intellectuelle de la région : gageons que les ménagères, voire les familles puisque nous sommes samedi, une fois les paniers pleins des produits les plus frais au meilleur prix et obligés de passer devant la galerie des écrivains, nous contempleront avec de grands yeux, se demandant ce qu’on peut vraiment faire dans la vie à se consacrer à l’écriture ou à la lecture). Un petit coup d’œil aux fauves sous leur tendue (et heureusement qu’on l’a encore, cette tendue, vu la pluie qui va se déclencher d’une minute à l’autre), c’est assez de dévolu à la culture, on peut reprendre les cogitations sur l’Euro que n’avait même pas interrompues plus d’une seconde l’étalage de toutes ces couvertures de bouquins.

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lucette desvignes
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 09:00

         Au fond, savez-vous, je m’en moque totalement, moi, du surmenage des grands que nous avons nous-mêmes portés là où ils sont pour faire semblant de s’activer pour nous (exactement comme eux se moquent de nous offrir le bonheur qu’ils nous avaient promis). S’ils sont surmenés, s’ils s’usent à la tâche (qu’ils disent), ils peuvent se retirer, cesser cet éparpillement d’adrénaline en pure perte, retrouver le tempo qui lie le grand-père à ses petits-enfants. C’est de ma journée à moi que je voudrais vous parler, en comparaison avec cette effervescence inutile. Car moi aussi j’effervesce, et comment ! Dès le matin (je n’ose plus jamais préciser « dès les aurores », mes aurores à moi se situant manifestement en dehors des aurores de la définition du NPLI – mais à mon âge tout de même on peut bien s’autoriser à ne pas vaquer dès le potron-minet des classes laborieuses) et en faisant passer les minets avant moi, je prépare les soucoupes, je distribue les croquettes, je change l’eau du bol ad hoc  - c’est un bin’s incroyable, surtout depuis que s’est répandue la mode des sachets valables pour un repas. Certes cela devrait simplifier la manutention, mais la sélection individuelle à partir d’un éventail impressionnant de préparations pose un nouveau problème : il ne faut pas donner du thon à celui qui ne rêve que de poulet, l’agneau a ses adeptes mais les adeptes se lassent et retournent vite au poisson blanc ou à la dinde, faut donc être en alerte, le mieux serait de disposer toutes les soucoupes en place avec des garnitures variées et de les laisser se débrouiller en jouant les chaises musicales. Mais je n’ai pas le temps de réaliser cette dévolution idéalement conçue : ils trépignent, me laissent à peine prendre des ciseaux pour ouvrir les sachets plus vite, m’entourent avec insistance en faisant des huit dans mes jambes. Bref quand la phase déjeuner des fauves est enfin terminée, j’ai à peine la force de me faire un bol de thé. D’ailleurs en attendant que l’eau arrive à ébullition il me faut remonter les volets du séjour et fermer ceux du bureau (le soleil donne sur mon ordi avec violence, je dois nous protéger, ma vue et lui, ou sinon je ne vois rien du tout). Le bol avalé et avant de prendre ma douche (je vous l’avoue, mes agneaux, je vous contacte encore en nuisette tant vous me manquez), je fonce sur l’ordi pour vous rejoindre, et c’est même seulement dans les phases de crise que je consulte mes mails avant de vous saluer. Alors la journée s’éclaire, je vous vois tous devant moi, je plonge. Inutile de préciser que, même une fois mon blog envolé vers vous, j’ai d’autres tâches à affronter…

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lucette desvignes
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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 10:00

         Ah ! mes belins-belines, que la vie est compliquée des fois ! Je ne parle pas des journées des politiciens chargés de régler les affaires du monde : ils savent qu’ils ne règleront rien du tout, qu’ils soient à la tête des agissants ou simplement leurs teneurs de pan de liquette, ils laissent donc couler en profitant du fromage de l’heure (c’est raisonnable : savent-ils si le peuple les choisira une nouvelle fois pour défendre ses intérêts comme les leurs ? autant vaut prendre leurs précautions et de se munir d’avance contre les jours incertains et même houleux qui se préparent). De leur lever jusqu’à des horaires qui font grandiose (pauvres politiciens qui ignorent la vie de famille, les horaires à respecter pour la soupe  ou les loisirs, la détente du week-end pour jouer avec le petit dernier  - ou le fils d’icelui, car voyez-vous le temps passe), les malheureux se sentent investis d’une mission largement trop héroïque pour leur médiocrité, ils font donc semblant pour la galerie, ils ont l’air de se multiplier en de nobles tâches qui vont vite les user (qu’on croit : en réalité ils sont increvables, se tirant des pires situations, verdict public, sondages, révélations au grand jour de leurs trafics, infamies, fraudes et détournements) – bref ils s’agitent sur la scène de la capitale ou de préférence devant les caméras, ils haranguent (attention au H aspiré), ils discutent en langue de bois, ils serrent des mains, ils embrassent les bébés dans les bras des mères s’il s’en trouve… Ah ! que d’activité mes belins-belines ! Ma commisération pour eux m’a entraînée à vous en tracer un portrait pitoyable, mais c’est de ma journée à moi que je voulais vous parler. On fera ça demain si vous le voulez bien.

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lucette desvignes
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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 10:26

                   Vous savez tous ce qu’est une atmosphère de fête de village, faite de menus éléments joyeux – un gamin qui s’échappe pour aller voir les manèges, les ménagères qui se hâtent pour pouvoir se mettre en tenue pas trop tard après déjeuner, les hommes désoeuvrés qui blaguent autour du petit blanc servi à la terrasse, les chiens qui jappent parce qu’ils sentent un courant insolite traversant les rues, les derniers exercices des musiciens dont certains ont déjà mis leur casquette de fanfare pour mieux se sentir inspirés… bref toute l’ambiance de Jour de Fête , en somme, que la terre entière a vu au moins deux fois. Eh bien, mes belins-belines, on dirait que tous les problèmes sérieux ont disparu, qu’il n’est plus question ni de faim dans le monde, ni d’exactions criminelles par les puissants sur les démunis, ni de guerres interminables, ni de chômage, ni du panier de la ménagère : c’est que chacun organise sa campagne pour la présidentielle, chacun à sa manière, par calculs méticuleux destinés à convaincre les plus sérieux, par défilé de pancartes, par harangues sonores dispersées à tout vent…Toute réflexion un peu grave sur l’état de notre société en train de s’effondrer est bannie pour quelque temps : sans vouloir se mettre d’accord bien sûr – mais le fait est là : à eux tous ils créent l’atmosphère -  les concurrents qui surgissent de tous les bords et de tous les coins se lancent dans la bataille, comme si la votation était pour la semaine prochaine…Les programmes vont s’affronter, toujours mirifiques, et tout autant les promesses : «  Il faut, nous allons, je déciderai, la transparence, l’autorité… ». Certains, surtout parmi les néophytes, s’enivreront de leur propre éloquence : reste à savoir si l’ivresse des candidats saura se transmettre aux badauds du spectacle…

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lucette desvignes
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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 09:15

         C’est qu’aux USA, dès qu’on arrive dans les contrées de l’ouest où se multiplient les diverses formes de déserts (sable, buissons de sauge déracinés et poussés par le vent, paysage lunaire, rochers marbrés selon les strates minérales…), la sécheresse devient une obsession endémique. Il n’y a pas d’eau (beaucoup d’anciens cours d’eau sont à sec, à peine visibles dans un contexte général de pierre et de rocs, les lacs souvent étendus sont des marais salants avant d’être des mers mortes comme la Vallée de la Mort) et ce n’est pas la consommation de la population qui peut remédier à cette pénurie. On s’y efforce, toutefois : il faut lire, même dans les meilleurs hôtels, les incitations à restreindre la consommation citoyenne. «Renoncez au verre d’eau glacée qu’on vous sert au restaurant à peine êtes-vous assis »  (et on vous assène la monstrueuse quantité de gallons que ce sacrifice économiserait sur l’ensemble du territoire, et on y ajoute le calcul de l’eau qu’il faudrait pour laver ces verres, avant de vous adjurer de garder vos draps et serviettes de toilette un jour de plus, de nouveau avec un gain d’eau de lessive ahurissant). Je peux aussi mentionner les consignes matinales : une douche plutôt qu’un bain, et sous la douche couper l’eau pendant le savonnage avant de rincer… Je vous le dis, dans tout l’ouest touristique c’est une obsession constante. Mais les grandes firmes y voient une occasion de magouille pulpeuse : ainsi les tractations souterraines entre cités portent sur la cession d’une nappe phréatique qu’on fait passer secrètement d’une région à une autre après achat à prix d’or. Nestlé (toujours aux aguets pour des dollars sous prétexte d’hygiène, Nestlé qui au moment du Sahel vendait en masse du lait en poudre aux Biafrais qui manquaient d’eau pour le délayer…) songe à installer une usine d’eau en bouteilles en plein Arizona, magnifique état marqué par ses étendues désertiques (Forêt pétrifiée, parcs nationaux de rochers étonnants, Monument Valley, Castle Valley…). Industrialisation massive d’un état qui n’en a que faire (puisque son « truc » c’est son imprenable splendeur qui fascine le touriste) – l’indigne projet de Nestlé vaincra-t-il les résistances citoyennes ?

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lucette desvignes
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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 08:39

         J’ai évoqué hier, mes belins-belines, la probable raréfaction des denrées alimentaires pour un avenir assez proche (je parle des populations qui se disent les plus évoluées : nous savons tous qu’en marge de nos appétits et arts de gâcher les victuailles des millions de gens crèvent de faim minute après minute, dans la pénurie absolue de quelque chose à se mettre sous la dent et sans même une goutte d’eau bonne à boire – on fait des choses pour eux, c’est vrai, il y a des bénévoles aux côtés des médecins des ONG qui se dévouent sans vouloir se laisser gagner par le désespoir, mais la  faim dans le monde est le grand cancer qui guette l’humanité). Et certes les problèmes de fourniture en viande vont devenir insolubles, et la conversion d’une grande partie de la société au végétal sera sans doute une réponse valable voire nécessaire. Mais l’eau représente encore un autre grave danger par la disparition progressive des nappes fossiles, par la  désertification des terres africaines, par le gâchis qu’on en fait sans tenir compte de ce qu’on va léguer aux générations qui montent. Les consignes draconiennes qui vous sont imposées même dans les hôtels de luxe en Californie pour la douche ou l’absurde verre d’eau glacée par lequel aucun bon Américain ne saurait démarrer son dîner au restaurant, témoignent de l’inquiétude latente des régions défavorisées à cet égard ou succombant à la surpopulation touristique. Les USA sont depuis longtemps à la pointe de la recherche en ce domaine, au niveau avoué ou secret, et peut-être aimerez-vous demain que je vous en parle…

         J’ai évoqué hier, mes belins-belines, la probable raréfaction des denrées alimentaires pour un avenir assez proche (je parle des populations qui se disent les plus évoluées : nous savons tous qu’en marge de nos appétits et arts de gâcher les victuailles des millions de gens crèvent de faim minute après minute, dans la pénurie absolue de quelque chose à se mettre sous la dent et sans même une goutte d’eau bonne à boire – on fait des choses pour eux, c’est vrai, il y a des bénévoles aux côtés des médecins des ONG qui se dévouent sans vouloir se laisser gagner par le désespoir, mais la  faim dans le monde est le grand cancer qui guette l’humanité). Et certes les problèmes de fourniture en viande vont devenir insolubles, et la conversion d’une grande partie de la société au végétal sera sans doute une réponse valable voire nécessaire. Mais l’eau représente encore un autre grave danger par la disparition progressive des nappes fossiles, par la  désertification des terres africaines, par le gâchis qu’on en fait sans tenir compte de ce qu’on va léguer aux générations qui montent. Les consignes draconiennes qui vous sont imposées même dans les hôtels de luxe en Californie pour la douche ou l’absurde verre d’eau glacée par lequel aucun bon Américain ne saurait démarrer son dîner au restaurant, témoignent de l’inquiétude latente des régions défavorisées à cet égard ou succombant à la surpopulation touristique. Les USA sont depuis longtemps à la pointe de la recherche en ce domaine, au niveau avoué ou secret, et peut-être aimerez-vous demain que je vous en parle…

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lucette desvignes
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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 09:51

         Je constate depuis quelque temps (quelques mois ?) une tendance qui se généralise dans la portion du public qui regarde la pub  à la télé. Est-ce pour succéder aux réclames insistantes de foie gras qui ont rempli le petit écran jusqu’à l’écoeurement (et je parle seulement du domaine gastrique, pas du domaine moral, parce que celui-là, alors…) ? Bref, il me plaît d’imaginer que c’est en saine réaction que le végétal s’insinue dans les pubs comme il essaie de s’insinuer dans nos habitudes carnassières. Il y a même une séquence où des amis à table révèlent, à l’invité qui se régale du moelleux et de bon goût de sa viande, qu’il s’agit d’une composition aux céréales capable de tromper les plus fins palais. Et la pub se multiplie pour le retour aux sources, céréales sainement élevées sans pesticide ni OGM,  avec incitation directe : « Et si vous passiez au végétal ? » Vous pensez bien que je ne peux pour ma part qu’applaudir à cette initiative. Comme par ailleurs on monte en épingle l’excellence des mélanges reconstituants à base de quinoa, de boulgour, de blé (si bien présentés et colorés par des mélanges avec poivrons, tomates séchées, basilic ou coriandre… qu’on en mangerait), mon optimisme foncier dès qu’il s’agit d’un éclaircissement de  notre horizon ou d’un espoir humanitaire ne peut que se réjouir. Cette voie du végétal pour remplacer le criminel système carné de notre société occidentale me paraît bien aussi défendable que la culture des vers, insectes, larves, œufs de bestioles variées qu’on envisage sérieusement de plus en plus souvent dans les laboratoires pour calmer l’appétit de populations devenues innombrables…

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lucette desvignes
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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:14

         J’avais eu l’occasion, lorsque j’étais membre de la Commission consultative des programmes de FR3 – c’était la grande époque où on pouvait trouver « du littéraire » sur la grille régionale – de constater qu’aucune production défendable ne pouvait naître autrement que d’un beau texte bien écrit. Les réalisateurs me voyaient d’un sale œil : ils prêchaient, eux, pour l’inspiration au petit bonheur la chance (je ne caricature qu’à peine). La démonstration était facile à faire que si Le Chien qui avait vu Dieu  était de loin la meilleure des réalisations locales, c’est qu’un nommé Dino Buzzati avait écrit le texte, donné l’idée, suggéré le décor. Et les exemples étaient nombreux à aller dans ce sens. C’était la grande époque, certes, le début des années 80. On avait encore quelque révérence pour l’écrit, et l’image qui voulait s’imposer sur l’écran savait qu’elle avait tout à gagner à s’inspirer de ce qu’un auteur avait déjà  entièrement mis en scène dans le cadre de sa prose. Sans doute l’amour-propre s’en était-il mêlé, chaque réalisation souhaitant avec de plus en plus de désinvolture et de provocation s’affirmer sans l’aide d’un texte d’auteur comme source. En tout cas, le problème faisait débat, était posé et discuté (avec âpreté souvent, j’en suis témoin). De nos jours, on s’inspire d’une bande dessinée qui traite (quelle originalité !) d’une chômeuse déprimée par le ras-le-bol de son quotidien familial et qui décide de rompre avec la famille sans laisser d’adresse. Quelques banalités de la plus belle eau (rencontres, auto-stop, frayeur de l’aventure et étreintes faciles, hospitalité large ouverte à tous les niveaux de la bourgeoisie ou de la bohème…) rendent le récit hautement improbable, avec une vague coloration de La Vieille Dame indigne…Voilà, on a fait le tour. Mais si on lui accole l’étiquette de road movie, bingo ! C’est le  coup de baguette magique qui permet de vous présenter la chose comme un film digne de vous intéresser une soirée…Lulu … avec comme sous-titre La Femme nue…pour racoler les derniers indécis (qui d’ailleurs resteront sur leur faim) : bel exemple de médiocrité pleine de suffisance amenant de l’eau à mon moulin…

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lucette desvignes
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 11:53

         J’aime les gens qui ont un franc parler, qui n’envoient pas dire des vérités sous des couleurs et contorsions telles qu’en fin de compte on ne sait plus ce qu’on doit en penser. Il est vrai que parfois ce n’est qu’un vernis, qu’une attitude relevant d’un manque de sensibilité et de nuances dans ce qu’on énonce : de quoi frôler le manque d’égards, voire le manque de raffinement, et ce n’est certes pas cette catégorie-là de prétendus diseurs de vérités que je veux aujourd’hui monter en épingle. Je veux parler des auteurs, penseurs, journalistes, écrivains qui n’hésitent pas à parler selon leurs convictions, sans se soucier de l’impression que vont produire ces convictions sur le public. A une époque où la langue de bois triomphe à tous les niveaux, où les opinions fluctuent allègrement au gré des sinuosités de la conjoncture, où l’objectif s’analyse souvent comme l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes à la multitude, il n’est pas souvent question de laisser éclater des manières de penser qui se trouvent à heurter la majorité des lecteurs ou des auditeurs. J’ai aimé, donc, par contraste avec ceux qui cherchent à rallier tous les suffrages en édulcorant le profond de la pensée et en restant apparemment à la surface des choses pour plaire à tous, des écrivains qui d’un titre à l’autre maintiennent fièrement leur cap personnel, proclamé dès la première ligne. Le Club des Ecrivains en a récemment donné deux exemples bienvenus :  et je souligne que les habitués de la Cloche ne sont pas du genre à approuver leurs positions, mais que tout de même ils ont pu les accepter et même reconnaître sans problème le talent consacré à les mettre en lumière : je veux citer ici André Comte-Sponville et la présentation flamboyante de son athéisme serein, d’autre part Isabelle Alonso et  sa glorification des volontaires espagnols de la malheureuse toute jeune république, lesquels emplissent encore des fossés anonymes de fusillés par les forces franquistes. Ici et là, des opinions clairement énoncées, matériau de base de l’entretien oral ou du texte écrit. ont permis à chacun, sinon  d’adhérer (ce que personne ne visait) du moins de comprendre et, pour quelques heures, d’admettre avec cordialité la variété des interprétations du monde, ce qui est le signe même de l’honnêteté citoyenne.

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 12:16

         Vous le savez sans doute, je n’ai aucune bigoterie, et le panthéon des    saintes et saints protecteurs me laisse totalement indifférente. J’ai pourtant un petit faible pour le « Poverello », ce petit Saint François d’Assise qui prêchait la pauvreté et ^préférait la compagnie des animaux  (avec lesquels il causait et se faisait entendre sans le moindre problème) à celle des humains. A ces points si positifs de son individualité, je dois ajouter un manque d’objectivité total de ma part qui peut expliquer ma partialité à son égard : je viens d’être faite Chevalier de Saint François d’Assise par la SPA des Cailloux de Dijon qui fonctionne de manière exemplaire depuis tant d’années, avec reconstruction et aménagement des boxes pour chiens (avec une petite aire libre individuelle), quarantaine pour nouveaux arrivants, chatterie modèle, infirmerie fonctionnelle…Cette dignité que j’ai acceptée avec émotion – mon mari était le second à l’avoir obtenue -  reconnaît qu’avec mes onze chats je dirige comme un petit refuge. La distinction de Compagnon de Saint-François d’Assise d’autre part est attribuée à des gens au grand cœur qui acceptent d’adopter un « cas » des Cailloux : un vieux chien asthmatique, une chatte borgne, un cabot à trois pattes, une minette de quinze ans… c’est-à-dire des malheureux qui resteraient au refuge jusqu’à leur mort s’ils ne rencontraient pas des adoptants sentimentaux. J’ai assisté l’autre soir à cette longue distribution de diplômes de Compagnons à tous ces adoptants si méritants, avant de recevoir le mien, celui de Chevalier. Je n’oublierai pas de sitôt une atmosphère chaleureuse qui pendant quelques heures semblait ignorer que les humains existent aussi en dehors de ce petit cercle. Surtout, comment trouver les mots pour qualifier le merveilleux dévouement, la gestion exemplaire, la présence magique  et les initiatives généreuses de celle qui est l’âme de cette SPA ? Comment suggérer au Poverello d’inventer une décoration suprême et de venir la lui remettre en douce, loin des podiums mais  devant tous ses amis réunis ?

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