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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 08:39

         Plus j’y pense, plus je me sens consternée du foutoir que je vais laisser derrière moi. Certes, j’en laisse jovialement un derrière moi quand je ferme à clé ma porte palière pour aller prendre l’air du dehors, mais c’est le mien, celui dans lequel je me trouve fort bien, celui qui s’est habitué à moi et auquel mes chats eux aussi se sont habitués. Je ne parle pas de cet état permanent où les chats et moi évoluons fort allègrement et très à l’aise. Je parle de celui qui, après moi, aura pris par le fait de mon absence même une allure définitive, donc exposée à la critique du premier venu sans possibilité de réplique de ma part. Pardonnez-moi de fixer mes pensées, depuis deux ou trois jours, sur ce sujet qui pourrait paraître lugubre : vous le savez, les temps de Toussaint et d’Armistice ont sur moi le même effet que l’affaissement des énergies de la terre au moment où elle passe à une quasi mort de trois ou quatre mois. Ne vous étonnez donc pas que mon souci soit pour l’instant fixé sur la masse des « dépouilles » (comme disait autrefois une femme de ménage qui avait tout un vocabulaire bien à elle) que je vais laisser derrière moi comme la mer abandonne, avec des algues et des coquillages, les sacs en plastique indestructibles qui n’auront pas réussi à étouffer au passage les dauphins, mérous et autres lamproies. C’est d’ailleurs symbolique : il y a des détritus dont on ne peut venir à bout, or j’ai bien peur qu’on ne soit obligé de faire un grand feu de joie derrière moi (car jetés à la mer mes papiers divers et manuscrits pourraient bien se retrouver dans le cloaque de la Mer des Sargasses – mais, me direz-vous, puisque vous ne serez plus là pour le voir.. )…

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lucette desvignes
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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 14:37

Mea Culpa immédiat : N°2071 – ligne 4, lire « sans qu’on s’en rende compte » au lieu de « sans qu’on s’en rendre compte ».

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lucette desvignes
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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 13:52

         On ne peut pas du tout prévoir où « ça » va se passer : dans votre lit ? dans la rue ? dans un accident de la route ou d’avion ? ou, pourquoi pas, après une veille de nouba, trop mangé trop bu ? (On peut tout juste souhaiter que « ça » se passe sans qu’on s’en rendre compte). En revanche, on peut fort bien prévoir comment la chose pourra s’insérer dans les mœurs sociétales. L’homme de l’art funéraire pourra vous suggérer tout ce qui concerne la cérémonie, tarifs et déroulement : avec ou sans prêtre, avec ou sans discours, avec ou sans musique, avec ou sans incinération. Il peut même vous proposer, avec ce tact si frappant de la profession, un supplément d’une ou deux nuits dans une chambre tout confort où vos amis et connaissances pourront venir vous payer leurs respects sans augmenter le désordre dans votre domicile. Vous pourrez ainsi payer votre note et partir tranquille, en sachant ce qu’on va faire de vous. Mais il ne pourra pas vous donner une idée de ce que derrière vous on va pouvoir faire de tout ce dont vous vous entouriez et qu’il faudra débarrasser de votre logis. Vous imaginez : les cadres et leurs photos, les tableaux, les bibelots, les tapis, la vaisselle, les papiers, les disques, les livres… Vous imaginez le volume ? le poids ? le peu de temps qui vous sera imparti pour faire place nette ? Voilà de la matière pour alimenter vos pires cauchemars…

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lucette desvignes
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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 10:06

 

         Lorsque je parle de genre, je ne veux en aucun cas faire allusion à ce qui semble si stupidement avoir conditionné une vision aberrante de l’éducation du jeune âge, à savoir ces distinctions ahurissantes entre jouets pour filles et jouets pour garçons et toutes les théories fumeuses qui se sont rattachées à cette vue de l’esprit se croyant originale et féconde. Je veux me cantonner dans les genres littéraires ou artistiques, lesquels ont eux aussi – et comment ! – le droit de s’affirmer à l’intérieur de catégories bien précises. Y aurait-il une relation entre mon habitude de ne jamais mélanger les mets servis sur mon assiette  (« Mélange donc, disait ma mère, c’est bien meilleur – Mais, disait mon père, cette petite n’aime pas mélanger, elle est comme moi, ne la force pas ») et le franchissement indu des catégories individuellement définies ? Toujours est-il que je n’aime pas l’opéra parce qu’il mélange le texte ou l’inspiration littéraire (pauvres livrets, bien souvent) et la musique qu’il oblige à servir la parole au lieu de s’exprimer per se, par la symphonie ou la musique de chambre. Je n’aime pas non plus le mélange des genres au cinéma : je me rappelle qu’il y a très longtemps, à ma première vision d’Arsenic et vieilles dentelles, je n’avais pas trouvé réjouissante cette incursion d’un neveu à tête de monstre dû à la fabrication d’un Frankenstein au petit pied dans ce milieu bourgeois où s’entassaient déjà les cadavres (que j’avais, eux, parfaitement acceptés). Le genre mélo, lui aussi, me paraît haïssable, lui qui amène à une conclusion souriante des épreuves qui se voudraient tire-larmes. Au fond, comme le  disait ma mère sur un ton pincé, il n’est pas si facile de me plaire…(Pardon, s’excusait  Jack Rollan après avoir fustigé les égoïsmes et les travers de notre société – mais il ajoutait toujours « au revoir, à mardi prochain » et tous  les auditeurs  étaient au rendez-vous).

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lucette desvignes
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 09:24

         Même dans les maisonnées bien en ordre (je ne vous parle pas de la mienne : après un seul coup d’œil vous déclareriez qu’elle ne mérite pas de rentrer dans la catégorie) on finit par entasser des montagnes de choses qui ne servent plus à rien, qu’on garde quand même (par tradition, par sentiment, par lassitude) et qui, pour ceux qui viennent après, nouveaux occupants ou descendants de défunts, représentent la tâche d’Hercule sommé de nettoyer les écuries d’Augias. Mais, me direz-vous pleins de bonnes intentions, et Emmaüs ? Avez-vous pensez qu’ils tirent parti de tout pour le remettre en circulation, ou qu’à défaut ils fournissent le mobilier ou la vaisselle les plus indispensables pour des gens qui n’ont plus rien ? Avez-vous pensé à la vague de migrants qu’il va falloir loger, dont il va falloir reconstituer les possessions les plus         élémentaires ? Bien entendu qu’on y a pensé. Emmaüs, c’est comme les vide-grenier : cela redonne de la vie, sinon de la valeur, à des tas de choses oubliées et en même temps on se sent regonflé d’être si bon, de se livrer à des actions si charitables – bref, Emmaüs c’est la solution inévitable pour débarrasser les pîèces où on a vécu. Voire ! dit Panurge : les meubles en bois blanc, bien sûr, mais les autres,  anciens ou non, beaux ou quelconques ? les chaises de cuisine, oui, mais les  fauteuils du salon, la bergère, le canapé en cuir ? le service de table de tous les jours, certes, mais celui des grandes réunions de famille, celui qu’on se transmet déjà depuis deux générations ? Et les disques, tonnerre, chez ceux qui ont aimé la musique ? et les livres, les montagnes de livres, chez ceux qui ont aimé lire ? Il  faudrait une pelleteuse pour rassembler tout cela, un tracteur pour l’emmener, les quais de Seine pour héberger au moins ces derniers…On pense avec accablement à ce déménagement qu’il faudra bien affronter. Cependant un héritier, malgracieux et soupçonneux, marque les confrères à la culotte  comme s’il leur prêtait à tous des intentions inavouables et  paraît prêt à les prendre sur le fait fauchant un vase ou glissant une vieille montre-gousset dans leur poche. On ne sait pas s’il sera une bonne aide le jour du grand vidage, mais c’est sûr qu’il sera d’abord le surveillant des autres…

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lucette desvignes
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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 07:36

         Ces dames de la météo (comme on dirait, chez Giraudoux, les demoiselles de la poste ou, chez Sartre, les demoiselles du téléphone) s’efforcent de faire leur boulot aussi bien que possible. Elles débitent par cœur leur petit boniment, tâchant à peu près de le faire coïncider avec la portion de la carte où nous convoque leur geste gracieux, surtout préoccupées de tout faire rentrer dans l’horaire qu’on leur a imparti, beaucoup plus que par le souci de se faire comprendre. Les diverses  représentations de la France dans toutes ces zones de turbulences ou d’anticyclone, qui paraissent curieusement différentes quand on passe d’une chaîne à une autre, autoriseraient facilement à croire qu’en divers points de l’Hexagone on pourrait trouver du beau temps ou échapper à la pluie si on pouvait s’y rendre en vitesse. On nous a annoncé des nuages par grandes zones, le Nord-Est trinquant spécialement comme à l’habitude. Hé que non pas, Mesdames ! C’est du brouillard qui s’est installé, et si j’en crois l’expérience pratique de mes jeunes années le long de la Saône, il est installé pour un bon moment. Les nuages, Mesdames, peuvent se résoudre en pluie, le brouillard en s’épaississant devient de l’ouate. Vos prévisions sont souvent erronées, et si vous croyez vous rattraper en insistant sur la météorologie constatable (qui est censée effacer tout ce qui a été dit précédemment en prévoyant de travers) cela ne vous blanchit pas comme neige : constater le présent est à la portée de tout le monde, c’est la divination du futur proche et moins proche qui vous poserait comme prophétesses – et qui vous donnerait une incontestable autorité. Mais ce n’est pas le cas, Mesdames, ce n’est pas le cas…………….

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lucette desvignes
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 08:16

         J’ai aimé le   quatuor coloré de Gilda Piersanti (Rouge abattoir, Jaune Caravage, Vert Palatino, Bleu catacombes) sans d’ailleurs regretter que tout l’arc-en-ciel n’y fût point passé. On finit par se lasser des meilleures idées de séries (je pense par exemple aux enquêtes selon l’alphabet de l’attachante Kinsey Milhone : je crois que j’ai abandonné à T, et c’est peut-être un record). J’ai donc regardé avec intérêt ce Bleu catacombes en version télé française, en acceptant avec un soupir, d’entrée, de supporter les marmonnements de Patrick Chesnais qui sous toutes  ses incarnations à l’écran ne perd jamais son impossibilité à se faire comprendre (on comprend mieux sa femme muette, car elle écrit sur un petit carnet). L’épisode glisse trop vite sur la double identité de l’inspecteur De Luca et son côté nympho nocturne, dommage… C’était la pincée de harissa sur le mélange d’épices violentes de l’épisode, où les têtes coupées ne sont identifiées que si on retrouve les corps décapités. Certes, un petit tour aux catacombes (la toute petite portion qu’on nous en fait découvrir, sur les centaines de kilomètres qui existent) est toujours plaisant pour l’enrichissement culturel des foules, mais l’agencement de la vengeance qui sous-tend toute l’intrigue cafouille un peu : on peut même se demander comment le Commissaire réussit à aller jusqu'au bout de son enquête…Souvent pourtant une belle histoire criminelle a des chances d’être bien traduite en images et de donner naissance à un bon polar pour l’écran… Pas cette fois, Charlotte !

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lucette desvignes
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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 08:29

         Je ne sais pas si ce sont les problèmes de coordination des scénaristes qui ont trouvé une fois pour toutes une solution simpliste, mais je relève dans mon soap EastEnders un véritable truc pour l’enchaînement des zones d’intérêt – les Pakistanais, les Jamaïcains, le genre famille à Rikiki où surgissent à chaque détour de récit des membres oubliés, ou dédaignés, ou perdus et retrouvés(des frères, une mère, un père malfrat passé pour mort, une meurtrière qui a fini son temps…oh il y a le choix malgré la banalité de la structure), lesquelles zones d’intérêt ne sont pas du tout délimitées par racisme, mais par la complexité de l’intrigue qui dresse les générations l’une contre l’autre. Pour passer d’une zone à une autre, rien de plus simple que de prolonger le geste terminant la séquence. Celui qui ouvre une porte est immédiatement remplacé par celui qui entre chez lui, la transition s’effectue de manière automatique. De même, un mouvement non terminé (on se prépare à trinquer) se continue par d’autres personnages en d’autres lieux mais dans l’immédiateté du coup d’œil, comme si le narrateur n’avait pas une seconde à perdre entre ses morceaux de récit qui, simultanés ou en stricte succession, sont censés donner l’impression d’une activité humaine incessante et diversifiée. Depuis quelques mois aussi, le rôle des poussettes avec dedans un bébé interchangeable (il y a eu plusieurs naissances en une année) a imité celui des portes ou des flûtes à champagne. On peut multiplier le système : d’une voiture à une autre, d’une cafeteria à une autre, d’un pub à un autre, d’un lit à un autre…Le passage s’effectue par glissement d’images, rien qui demande un effort au spectateur dans sa passivité, laquelle finit par refléter les automatismes de caméra. Il faudra que je voie si les séries à la française innovent ou non dans leur style de narration…Si je m’y décide, je vous tiendrai au courant, bien entendu.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 08:25

         Je ne sais pas si ce sont les problèmes de coordination des scénaristes qui ont trouvé une fois pour toutes une solution simpliste, mais je relève dans mon soap EastEnders un véritable truc pour l’enchaînement des zones d’intérêt – les Pakistanais, les Jamaïcains, le genre famille à Rikiki où surgissent à chaque détour de récit des membres oubliés, ou dédaignés, ou perdus et retrouvés(des frères, une mère, un père malfrat passé pour mort, une meurtrière qui a fini son temps…oh il y a le choix malgré la banalité de la structure), lesquelles zones d’intérêt ne sont pas du tout délimitées par racisme, mais par la complexité de l’intrigue qui dresse les générations l’une contre l’autre. Pour passer d’une zone à une autre, rien de plus simple que de prolonger le geste terminant la séquence. Celui qui ouvre une porte est immédiatement remplacé par celui qui entre chez lui, la transition s’effectue de manière automatique. De même, un mouvement non terminé (on se prépare à trinquer) se continue par d’autres personnages en d’autres lieux mais dans l’immédiateté du coup d’œil, comme si le narrateur n’avait pas une seconde à perdre entre ses morceaux de récit qui, simultanés ou en stricte succession, sont censés donner l’impression d’une activité humaine incessante et diversifiée. Depuis quelques mois aussi, le rôle des poussettes avec dedans un bébé interchangeable (il y a eu plusieurs naissances en une année) a imité celui des portes ou des flûtes à champagne. On peut multiplier le système : d’une voiture à une autre, d’une cafeteria à une autre, d’un pub à un autre, d’un lit à un autre…Le passage s’effectue par glissement d’images, rien qui demande un effort au spectateur dans sa passivité, laquelle finit par refléter les automatismes de caméra. Il faudra que je voie si les séries à la française innovent ou non dans leur style de narration…Si je m’y décide, je vous tiendrai au courant, bien entendu.

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lucette desvignes
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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 08:27

         Je dois avoir un fond de primitivisme, en fin de compte… Je pense toujours avec attendrissement à ce mardi soir de la télé quand elle était encore fille unique : c’était le soir de la dramatique. Autrement dit, une soirée théâtre (et ce n’était pas « Au Théâtre ce soir », je puis vous le garantir) sur sept soirées de programmation – on croit rêver… Avec tout le choix de chaînes dont je dispose actuellement, je ne peux absolument pas imaginer que je vais, un seul mardi par mois, trouver pareil régal culturel. Dans ce contexte déjà si éloigné, j’ai vu des spectacles inattendus, des Arlequins des années 1720-1750, Le Bouquet (de Meilhac et Halévy, une perle), le monument qui s’appelait Les Perses d’Eschyle… et je ne parle que des tout débuts, où la hardiesse des réalisateurs rencontrait l’enthousiasme du grand public, à cause de sa qualité. On a pris l’habitude (comment faire autrement ?) de classer les soirs selon les chaînes ou les modes d’ensemble : le soir des docus, le soir des discussions de graves problèmes, le soir de l’horreur, le soir du polar… Ce consensus du goût pour l’hémoglobine et l’enquête vite faite (56 minutes : ça risque d’être bâclé) fait que le vendredi on est polar dans tout l’Hexgone, et pas sûr de trouver quelque chose de valable, la parfaite connaissance qu’on finit par avoir des manies ou tourments du commissaire enquêteur permettant certes d’anticiper ses réactions dans son contexte mais pas, hélas, d’éviter la lassitude devant les stagnations et les redites. Je termine sur l’évocation du petit vieux distingué des Belles de Nuit qui à chaque génération se retrouve avec les mêmes imprécations contre son époque et regrettant un « Ah ! autrefois… » tellement, tellement mieux…

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lucette desvignes
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