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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:06

         Décidément, je refuse de croire que Peckinpah jugeait désastreuse la violence de notre société et qu’il tâchait d’en montrer les effets destructeurs sur la mentalité. J’ai regardé hier The Wild Bunch (La Horde sauvage)que j’avais déjà vu il y a très longtemps : dès la première séquence, on se rappelle avoir déjà regardé cette scène monstrueuse où des enfants mexicains jouent avec un scorpion qu’ils ont livré aux fourmis. On ne sait s’il faut s’effarer davantage de cet affrontement de cauchemar ou du sourire satisfait, jouissif, des gamins et des deux gamines qui, pour corser le spectacle avant de le conclure, mettent un feu de brindilles sur la masse convulsée et entretiennent ce feu avec soin et gourmandise ; en tout cas, ce symbole qui sert d’illustration parallèle au récit me paraît clair – il ne durerait pas tant si le réalisateur le trouvait insupportable. C’est aussi une histoire où s’affrontent l’armée régulière mexicaine, les rebelles mexicains, une poignée de bandits sudistes démobilisés et une poignée de minables embauchés par les Chemins de Fer pour capturer les premiers qui pillent les trains : dans ces luttes croisées et impitoyables, la violence est permanente, explosive, sinistrement justifiée selon les groupes. Je me demande si ce n’est pas pour ce film que Peckinpah avoue avoir utilisé je ne sais plus combien de dizaines de milliers de cartouches. Il n’y a vraiment pas de quoi se  sentir glorieux : on peut certainement combattre la violence qui par malheur gangrène notre société sans se livrer à pareil déploiement de cruauté et d’hémoglobine.

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lucette desvignes
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 08:38

         Ne croyez pas, mes  belins-belines, que je découvre seulement aujourd’hui le problème de la violence à l’image, c’est-à-dire dans son insertion au niveau de conscience des enfants et adolescents qui en banalisent l’effet destructeur pour mieux en faire un élément institutionnalisé dans leur quotidien et leurs réactions. C’est seulement que j’en ai l’occasion – ne me dites pas que je n’ai pas eu des belles occasions de vous entretenir, savamment ou subtilement, d’autres choses qui vous ont fait réfléchir, mes délicieux gazouillis se fondant volontiers sur l’actualité des faits ou des modes. Mais précisément la violence, en plus de sa banalisation effarante, sert de thème à toute l’oeuvre d’un réalisateur (Peckinpah, entre autres) ou pose des problèmes pour lesquels le spectateur est bien embarrassé de trouver une solution. Je pense à cette History of Violence de David Cronenberg qui tâche d’aller si au fond des choses. C’est un peu comme dans L’Impasse,  où Al Pacino sorti de prison tient absolument à se tenir à l’écart des anciens contacts mais est ramené malgré lui, par le fait des autres, dans un cycle fatal où il perd la vie. Ici la reconstruction du malfrat a été totale : le père de famille qui enseigne à son fils le « tends l’autre joue » au risque de le désorienter a été horrible autrefois, et lorsque des hommes du passé le cernent enfin sous son nouveau nom et sa nouvelle personnalité, pour se défendre et sauver sa famille il doit retrouver sa mentalité de destructeur et supprimer par la violence tous les éléments de son passé. Le fils, de lui-même et pour sauver son père, participe à ce carnage. La sérénité familiale a volé en éclats, mais les individus physiques ont été épargnés, et si la mère ne voit que le mensonge et la violence dans la vie du père, les enfants constatent qu’il a fallu mettre la défense de leur existence au premier plan : c’est par cette admission de la conduite de leur père qu’ils vont maintenir en place les structures de la famille. Conclusion ambiguë que le spectateur ne peut que partager.

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lucette desvignes
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 08:47

         Je n’ose pas en croire mes oreilles ! L’animateur qui, toutes les dix minutes, rappelle docilement à ce public clairsemé du dimanche que je signe mes livres les plus récents, vient de faire une annonce si grosse que je doute de la fidélité de mon audition. Qu’il vante l’autorisation exceptionnelle de payer par chèque, lequel ne sera débité qu’en février, ou qu’il annonce des réductions fantastiques (des -25 %, des -40 %) sur je ne sais pas quoi, il me paraît tout à fait dans son rôle de bonimenteur attirant la clientèle par ses offres et formules irrésistibles. Là où je m’étonne de voir de la grosse charcuterie paysanne assimilée à de la littérature, c’est lorsque je l’entends (mais dois-je en croire mes oreilles ? Voir plus haut : je crains de combiner mes phobies avec mon  ouïr plus  que déficient) faire de la réclame pour Marc Lévy sous une forme ahurissante. J’ai cru entendre « Si vous prenez deux Marc Lévy vous avez droit à un troisième qu’on vous met sur le lot ». Et j’hésite alors entre deux conduites à tenir : soit  je souhaite de tout mon cœur que ça ne marche pas, c’est un procédé parfait pour du saucisson ou du boudin mais indigne pour des livres, soit je souhaite que ça marche pour que la formule fasse comprendre à l’auteur que ce qu’il fait n’est pas de la littérature même si ça se vend (mais peuchère ! il y a longtemps qu’il sait qu’il n’écrit pas de la littérature, Marc Lévy, il est parfaitement au courant et il a bien raison de se pas s’arrêter en si bon chemin – celui que lui ouvre la médiocrité de son lectorat – du moment que ça lui profite si bien. Trois Marc Lévy pour le prix de deux, c’est la formule que je pratique pour les brioches pur beurre, ça me convient parfaitement. Mais je vous avoue que je ne me procurerai jamais des bouquins signés Marc Lévy, même si c’est un des chouchous de « Lire », même si on m’en donne trois pour le prix de deux.

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lucette desvignes
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 08:51

Je vous dois peut-être de préciser et analyser cette virulence contre le minimalisme. Je n’ai rien contre le déroulement lent d’un texte ou d’un film, si la phrase ou l’image sont pleines de sens, ou de beauté, ou de puissance (je pense en particulier à ces chefs d’œuvre du cinéma soviétique, où les gros plans des visages nous laissent tout le temps de deviner les mobiles, les sentiments, les émotions des personnages avant même que la gestuelle se mette en marche), mais je récuse l’usage du ralentissement systématique qui, limité à une simple réduction de tempo, n’est guère chargé d’exprimer quoi que ce soit (sauf bien sûr s’il s’agit de l’inénarrable lenteur des garagistes du merveilleux Trafic de Jacques Tati qui viennent de voir à la télé les premiers pas des astronautes sur la lune). Tout ce qui n’est pas reproduction banale d’une réalité banale, n’amenant à rien et ne suscitant pas le moindre désir d’en tirer commentaire, est acceptable par cette invitation même à s’intéresser à la chose –l’image, le geste, le tempo, le décor, l’éclairage, :le mouvement, le dialogue ( qui peut si misérablement se réduire à : « Je vous gêne ? – Mais non, pas du tout. J’ai bientôt fini. - Prenez votre temps ») pourvu que les choses soient dites, faites, évoquées en dehors de la platitude de nos gestes quotidiens, si mécaniques, si dénués de pensée donc d’intelligence. Me paraît grièvement coupable le désir d’un écrivain de rester à ce niveau pâquerettes qui ne justifie en rien qu’il se soit mis à écrire, et, malheur ! à publier… Mais, mes belins-belines, il y a assez de gens avides de ne pas se fatiguer les neurones s’ils se décident à lire pour que le livre en question devienne un succès !

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lucette desvignes
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:42

          Je ne pensais pas, l’autre jour, que j’aurais de sitôt l’occasion de vous reparler du minimalisme. C’est aussi que je n’aurais jamais imaginé qu’on pût, d’un livre écrit sous le signe du minimalisme, Une femme de ménage, avoir l’idée de tirer un film. Je me précipitai donc sur la chose, sûre de ne pas être déçue puisque je n’en attendais rien, mais tout de même pas certaine que ce serait une pareille nullité. Et qu’est-ce que Jean-Pierre Bacri est bien allé faire sur ce terrain de sables mouvants, une fois le pied posé impossible d’échapper à l’engloutissement qui guette ? A force d’imposer son air amer, bougon, mal aimé de la vie, on lui a confectionné un rôle-type réducteur qui se reproduit de plus en plus automatiquement d’un film à l’autre. Lâché par sa femme, il a besoin d’une femme de ménage – facile, enjouée, s’imposant peu à peu, jusqu’au moment où, sur la plage où il l’a emmenée en vacances, il comprend qu’elle l’utilise et préfère un amant plus jeune. Admirez l’originalité de l’intrigue ! Et que dire de son traitement « littéraire », puisque scrupuleusement calqué sur le roman de Christian Oster), soit une succession de démarches banales : je prends ma veste, j’ouvre ma porte, je sors dans la rue, je vais au bistrot, je commande, j’attends, je repère la fille, on se met d’accord, elle s’en va, je m’en vais aussi, elle fait mon ménage au balai pour pouvoir écouter son ignoble musique, je mets des boules Quiès pour ne pas l’entendre, on déjeune ensemble, puis elle demande de rester (pour un ou deux jours, dit-elle, car elle a rompu avec son petit ami et elle ne sait où dormir…)? Vous voyez le palpitant du récit. Je ne veux pas dire que j’aime les fioritures inutiles dans le déroulement d’une histoire, mais que ça se déroule, bon sang de bois ! Que ça se déroule !

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:29

          Je ne pensais pas, l’autre jour, que j’aurais de sitôt l’occasion de vous reparler du minimalisme. C’est aussi que je n’aurais jamais imaginé qu’on pût, d’un livre écrit sous le signe du minimalisme, Une femme de ménage, avoir l’idée de tirer un film. Je me précipitai donc sur la chose, sûre de ne pas être déçue puisque je n’en attendais rien, mais tout de même pas certaine que ce serait une pareille nullité. Et qu’est-ce que Jean-Pierre Bacri est bien allé faire sur ce terrain de sables mouvants, une fois le pied posé impossible d’échapper à l’engloutissement qui guette ? A force d’imposer son air amer, bougon, mal aimé de la vie, on lui a confectionné un rôle-type réducteur qui se reproduit de plus en plus automatiquement d’un film à l’autre. Lâché par sa femme, il a besoin d’une femme de ménage – facile, enjouée, s’imposant peu à peu, jusqu’au moment où, sur la plage où il l’a emmenée en vacances, il comprend qu’elle l’utilise et préfère un amant plus jeune. Admirez l’originalité de l’intrigue ! Et que dire de son traitement « littéraire », puisque scrupuleusement calqué sur le roman de Christian Oster), soit une succession de démarches banales : je prends ma veste, j’ouvre ma porte, je sors dans la rue, je vais au bistrot, je commande, j’attends, je repère la fille, on se met d’accord, elle s’en va, je m’en vais aussi, elle fait mon ménage au balai pour pouvoir écouter son ignoble musique, je mets des boules Quiès pour ne pas l’entendre, on déjeune ensemble, puis elle demande de rester (pour un ou deux jours, dit-elle, car elle a rompu avec son petit ami et elle ne sait où dormir…)? Vous voyez le palpitant du récit. Je ne veux pas dire que j’aime les fioritures inutiles dans le déroulement d’une histoire, mais que ça se déroule, bon sang de bois ! Que ça se déroule !

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 08:29

          Je ne pensais pas, l’autre jour, que j’aurais de sitôt l’occasion de vous reparler du minimalisme. C’est aussi que je n’aurais jamais imaginé qu’on pût, d’un livre écrit sous le signe du minimalisme, Une femme de ménage, avoir l’idée de tirer un film. Je me précipitai donc sur la chose, sûre de ne pas être déçue puisque je n’en attendais rien, mais tout de même pas certaine que ce serait une pareille nullité. Et qu’est-ce que Jean-Pierre Bacri est bien allé faire sur ce terrain de sables mouvants, une fois le pied posé impossible d’échapper à l’engloutissement qui guette ? A force d’imposer son air amer, bougon, mal aimé de la vie, on lui a confectionné un rôle-type réducteur qui se reproduit de plus en plus automatiquement d’un film à l’autre. Lâché par sa femme, il a besoin d’une femme de ménage – facile, enjouée, s’imposant peu à peu, jusqu’au moment où, sur la plage où il l’a emmenée en vacances, il comprend qu’elle l’utilise et préfère un amant plus jeune. Admirez l’originalité de l’intrigue ! Et que dire de son traitement « littéraire », puisque scrupuleusement calqué sur le roman de Christian Oster), soit une succession de démarches banales : je prends ma veste, j’ouvre ma porte, je sors dans la rue, je vais au bistrot, je commande, j’attends, je repère la fille, on se met d’accord, elle s’en va, je m’en vais aussi, elle fait mon ménage au balai pour pouvoir écouter son ignoble musique, je mets des boules Quiès pour ne pas l’entendre, on déjeune ensemble, puis elle demande de rester (pour un ou deux jours, dit-elle, car elle a rompu avec son petit ami et elle ne sait où dormir…)? Vous voyez le palpitant du récit. Je ne veux pas dire que j’aime les fioritures inutiles dans le déroulement d’une histoire, mais que ça se déroule, bon sang de bois ! Que ça se déroule !

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lucette desvignes
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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:40

         Il faut toujours aller au-delà des apparences, mes belins-belines, si vous souhaiter connaître la vérité, que ce soit la vérité des humains  ou la vérité des choses. Ce n’est pas moi qui ai inventé ni proclamé que les apparences sont trompeuses, la chose a eu cours bien avant moi. Je médite cependant de temps à autre sur ce qu’impliquent certaines propositions, qui ont l’air tout à fait innocentes, par exemple si vous les puisez dans un catalogue vous offrant des surgelés. Je ne sais pas si vous avez déjà frissonné en voyant offertes à votre gourmandise des crevettes ou langoustes « décortiquées, crues » : avec ou sans virgule, cela veut dire qu’on les a arrachées à leur carapace avant de les congeler, libre à vous ensuite de les cuisiner à votre idée. La mention « cuites, décortiquées » peut tout de même soulager quelque peu les âmes sensibles. Dans un autre secteur ,mais toujours « la bouffe » (et avant Noël je vais m’abstenir de vous parler de l’usine aux mille vaches, ou des porcelets castrés sans anesthésie, ou des dindes canards poulets pintades cailles traités comme on le rêve dans les pires cauchemars, ou des bêtes d’élevage dont la fête se célèbre à l’abattoir : je m’en voudrais, mais si vous avez le temps réfléchissez deux minutes) je voudrais vous signaler que les haricots verts extra-fins cueillis et éboutés à la main en Afrique ont, pour le régal de l’Europe, pris la place des cultures vivrières d’origine, qu’ils mobilisent un arrosage à la main lui aussi et que, devant l’extension de ces cultures de grand luxe, les femmes doivent aller chercher l’eau d’arrosage, à pied, de plus en plus loin, tant il n’est pas venu à l’idée des propriétaires de plantations de diminuer au maximum l’effort humain. Je ne vous incite pas à ne pas manger de crustacés ni de haricots verts extra-fins, certes, mais je vous invite à ouvrir les yeux au-delà des apparences pour tout ce dont vous vous régalerez pour les fêtes : ce n’est même pas la peine de regarder avec attention, la réalité des choses se voit facilement…..

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 10:10

         La violence au cinéma, donc à la télévision puisque tant de films passent sur le petit écran, est monnaie courante. Et je crois qu’on aura beau mettre en garde les parents contre les spectacles qui pourraient déranger leurs enfants (campagne de prévention qui se fie sottement sur les limites d’âge proposées par les catégories d’interdiction : interdit à moins de dix ans, interdit à moins de douze ans… jusqu’à moins de dix-huit ans, seuil où on se demande bien ce qui reste encore interdit du violent ou indécent spectacle de la vie selon le cinéma) : même à l’intérieur d’une catégorie « permise »,  leur progéniture peut soudain se voir plongée dans des visions tantôt dérangeantes, tantôt incitatives de paillardise et de  règlements de comptes que des censeurs blasés ou distraits ont laissé passer en oubliant leur fonction. J’ai revu hier soir un des derniers films du cycle Peckinpah, que j’avais évité car je ne trouve pas qu’il s’insurge sincèrement contre cette violence : il la décrit trop souvent dans toute sa frénésie  pour l’attaquer au fond. Mais j’avais égaré mon journal de télé et, par automatisme, je me suis  branchée à 20h40 sur TCM, sûre d’avoir, sauf exception rare, quelque chose d’intéressant à me mettre sous les yeux. Tant pis pour moi ! Ces Chiens de Paille, je les avais déjà vus… Et la violence ici est montrée sous son aspect le plus ravageur, pas simplement les fusils de chasse utilisés contre des humains, mais la violence d’hommes décidés à en détruire un autre, chez lui, parce qu’il est l’étranger et que sa femme est une provocation ambulante. Après cette montée sournoise et collective du désir, la lutte finale de l’homme seul, pratiquement à mains nues, contre quatre agresseurs représentant l’animalité pure, est certainement une des scènes les plus violentes que j’aie vues, et on ne peut s’empêcher de penser que Peckinpah a adoré la filmer, sans se préoccuper de l’impression produite ni de la morale à tirer de son film…

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lucette desvignes
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 19:25

Aveu vespéral d’impuissance

 

 

Je dois vous l’avouer, mes belins, mes belines,

Je n’ai pas grande envie de vous communiquer

Le bel enseignement dont je vous imagine

Friands et – oui, j’ose le mot – tout assoiffés.

 

Jour après jour, pour enrichir vos ignorances

Je n’hésite jamais à me couper en deux,

Voire en quatre si nous rencontrons une urgence :

A savoir, un niveau mental calamiteux

 

Qu’avec douleur et tout par un coup je constate,

Alors qu’en général j’accepte bien souvent

 (Avec une largeur d’esprit dont je me flatte)

De ne pas voir vos lacunes et manquements.

Voici donc pour ce soir un malheureux programme,

 

 

 

 

Le programme réduit des transports engrèvés :

Car je n’ai plus d’idée, non Monsieur, non Madame,

Et, vous le voyez bien, mon cerveau est vidé.

 

Ce n’est plus lui qui organise et qui commande,

Je n’ai plus qu’un réflexe au niveau de mes doigts,

Tout juste si je peux, tant ma faiblesse est grande,

Vous dire que je manque à ce que je vous dois.

 

Rien d’autre à mon crédit, mes belins, mes belines :

Tout ce que je peux faire, avec peine et chagrin,

C’est tous vous assurer de mes pensées câlines,

Avec l’espoir de vous retrouver tous demain.

 

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lucette desvignes
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