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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 09:27

         A mon avis, le problème se pose de manière tout à fait différente s’il y a de l’eau tout près de chez vous, si tout est agencé chez vous pour que l’eau puisse couler du robinet ou de la douche au prix d’un seul geste (celui que nous accomplissons machinalement cinquante fois par jour sans y prêter attention). Oui, l’eau vient des ressources locales attestées depuis toujours et à partir desquelles vous avez construit  vos villages, vos maisons – soudain une décision arbitraire, placardée sur vos murs comme une sinistre Bekanntmachung de l’Occupation,  et voilà que vous n’y avez plus droit ! Vous voilà privés d’eau, pour boire, pour vous laver, pour vivre, pour vos cultures : on vous en redonnera un peu sur le soir, vos robinets couleront un peu – dépêchez-vous de boire d’abord, la coupure d’eau inexorable se produira un petit quart d’heure plus tard. Oui, c’est bien votre eau, elle vous appartient comme votre terre, mais justement c’est qu’on veut vous prendre votre terre, donc on vous coupe l’eau pour vous rendre la vie intenable. C’était la méthode nazie de mes jeunes années : pas de viande , pas de sucre, pas de volailles, pas de farine… les nazis ne pouvaient pas en même temps tout piller et confisquer pour eux et leurs familles et laisser à la population française de quoi survivre. En Palestine même méthode, avec raffinement et rouerie supplémentaires : on ne vous expulse pas à coups de trique (cela a déjà été fait il y a plus de soixante ans sans détruire ni votre nation ni votre population réfugiée dans des camps innommables), on vous détruit vos maisons – un commando une nuit dans un village, un autre commando une autre nuit dans une autre bourgade – on détruit vos plantations de dattiers et d’oliviers, on ravage vos cultures au bulldozer, on efface toutes traces de votre civilisation au moyen de falsifications et reconstructions éhontées, bref on vous coupe l’eau, votre eau, puisque tout ce qu’il vous faut pour vivre est réglementé et distribué par Israël, donc utilisé comme chantage et instrument de pression sur la résistance palestinienne. On n’ose pas dire le cubage d’eau dont chaque Israélien a la jouissance par jour, les chiffres atteignent des pîcs monstrueux. Les observateurs étrangers viennent même de donner un nom à cette apartheid d’un nouveau genre : l’hydro-apartheid , une belle étiquette qui sonne à mon oreille comme Wasserapartheid et qui sera difficile à décoller des peaux israéliennes par la suite…

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lucette desvignes
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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 10:19

         Rivalisant avec le pouvoir des images à la télévision, surtout lorsque nos informateurs ont trouvé un filon au pathétique assuré (un fils fusillé dans les bras de son père, un petit corps d’enfant amené sur une plage par la mer… : la singularité du ou des personnages a-t-elle donc plus d’impact sur nos sensibilités que la vision de centaines d’exilés empilés sur des bateaux et dont on sait qu’ils vont périr noyés ?), les illustrations des bulletins d’associations caritatives aux abois envoyés  par dizaines (centaines ?) de milliers sont de plus en plus nombreuses et saisissantes.. A propos de l’eau, par exemple : combien de photos avons-nous vues qui serrent le cœur, enfants buvant l’eau sale des rares flaques, regards insoutenables de ces fratries qui font la queue près de pompes prêtes à rendre l’âme, pleurs des bébés dont les mères ne pourront mouiller les lèvres desséchées qu’après avoir reçu la chiche ration que leur attribue le passage du camion ravitailleur (et il faut voir les misérables récipients qui assureront la répartition de la source de vie) ? La société occidentale a fini par prendre conscience de ce cauchemar, de cette mort lente  réservée aux pays d’Afrique, aux étendues désertiques non irriguées par le moindre cours d’eau et dont le sous-sol (sauf dans la Libye où l’on gaspille les nappes d’eau fossile) ne recèle pas la moindre réserve. Et c’est bien cette absence totale d’eau qui impose aux ressortissants de ces territoires maudits une situation presque inaméliorable dont les ONG les plus méritantes n’arriveront pas à contrer les effets, quels que soient leur dévouement admirable et leur ingéniosité logistique. On a parfois l’impression que le découragement est la seule attitude à avoir en face de ce problème, en face de ces souffrances, en face de ces agonies.  Mais que dire de la soif qui accable la population d’un pays alors que l’eau est là, lui appartient, lui est dérobée et confisquée par l’insupportable tyrannie d’un rêve d’extension criminel ?

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lucette desvignes
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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 09:01

         Il ne faudrait pas croire que je vous parle de mes plantes, de mes chats, de mes souvenirs d’histoire parce que mes réflexions ne s’élèvent pas au-dessus d’un petit niveau bien terre-à-terre. Les grands maux de ce monde, les inacceptables tueries en tout genre et en tout lieu n’ont pas quitté mon souci, donc pas non plus mes chevaux de bataille, ceux dont je vous parle au fur et à mesure des incidents de l’actualité mais qui ont élu domicile pour toujours dans mes réserves de méditation et de protestations indignées. Ainsi je me demande si la mairesse de notre capitale a décidé de récidiver son initiative balnéaire de l’an dernier qui transplantait Tel-Aviv sur les plages de Paname-sur-Seine. Grosse ambition de délicatesse politique, déclaration publique d’amour et de soutien pour un petit pays courageux auquel on veut du mal de tous côtés et qui se défend comme il peut, à mains nues… Cette description pourrait paraître  peu claire : je précise donc qu’elle correspond à la vision qu’a l’illustre mairesse de la nation israélienne, celle qui mérite bien qu’on lui paye des  vacances. Qu’en est-il cette année ? Peut-être est-il un peu tôt pour le dire, mais tout de même on approche du 15 août, belle date œcuménique s’il en est. Je me renseigne dare-dare, mes belins-belines : quel que soit le résultat de mon enquête, il méritera, lui, un beau petit commentaire.

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lucette desvignes
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 10:08

 

Il m’arrive souvent d’être déçue par mes achats de plantes sur catalogue. Je les consulte longuement, me régalant déjà du transfert de toutes leurs beautés dans mon jardin (j’ai juste une bande de terre qui fait le tour de ma maison, donc appeler ça un jardin c’est déjà de la forfanterie, et ensuite veiller à faire se succéder sans hiatus trois saisons de fleurs demande une cogitation spéciale). J’en suis arrivée à ne compter que sur les livraisons de bulbes : j’ai choisi soigneusement les espèces de tulipes, hauteur, moment précis de floraison, couleur, et à partir de fin septembre je peux faire mes plantations sans être jamais déçue par le résultat, tulipes, narcisses et jacinthes. C’est avec les vivaces que j’ai du mal : « plantez en automne pour un printemps radieux » – c’est ce qu’ils disent ! En réalité vous recevez des embryons de végétation censés faire le mort en hiver pour se réveiller en avril – ouais, la proportion de repousse est chez moi de un sur dix : j’ai tout essayé en fait de catalogues ou d’espèces, j’ai abandonné ce conseil pernicieux. Si je veux une belle floraison dans les teintes souhaitées, je n’ai qu’à recourir à une jardinerie, j’y fais mon choix, je rapporte de belles plantes en plein épanouissement qui me charment de longues semaines – mais je me sens dépitée d’avoir été incapable d’arriver à ce résultat par mes seuls soins attentifs. Et souvent quand ça réussit ça n’est pas ce que je rêvais : ainsi un hortensia Vanille-Fraise, nouveauté que j’ai acquise il y a cinq ans à cause de la forme pyramidale de ses inflorescences, ne m’a jamais satisfaite ni en robustesse ni dans ses nuances inédites, blanc sale et vieux rose pîsseux maigrement abondantes. Or cette année victoire (gros bémol apporté à ma déception traditionnelle) ! Pendant quinze jours une féerie d’un blanc pur, léger, mousseux, m’a été offerte en cadeau inattendu. Puis, alors que je déplorais de la voir se terminer, avant de s’éteindre comme une lumière elle s’est délicatement teintée de rose tendre, qui s’est répandu sur chaque grappe progressivement, en spectacle mouvant qu’on devrait suivre pas à pas. Moralité : il suffisait d’attendre, puisque patience et longueur de temps font plus que force ni que rage….

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lucette desvignes
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 09:32

         Il n’échappera à personne que j’adore les animaux. Il n’y a pas à chercher beaucoup dans mes blogs pour en trouver des traces manifestes. Même si je ne me laisse pas emporter par la passion des chats au point de parler des miens sans bride ni frein (j’en parle toujours, du moins me le semble-t-il, à bon escient), mes indignations fournissent souvent le sujet de mes diatribes contre la pauvre civilisation à laquelle nous sommes arrivés. Ferme aux mille vaches, œufs de la souffrance, enfer cauchemardesque des abattoirs, élevages ignobles de dindes dites « de boucherie » (n’est-ce pas un terme à faire frémir, comme celui de « bêtes d’abattoir » ?), gavage des oies et des canards, abandon à la rue des chats et chiens compagnons fidèles devenus non insérables dans les plans de vacances,  mauvais traitements réservés aux vieux chevaux qu’on oublie des mois sans soins dans un pré boueux, tortures raffinées inventées par les chères têtes blondes laissées libres de faire le mal sur les bêtes innocentes à portée, bref chaque fait-divers, chaque constatation relevant du chapitre des animaux ne peut que nous bouleverser et nous rendre honteux d’appartenir à l’espèce humaine. Et je ne parle pas ici des bêtes sauvages qu’on extermine par milliers pour le plaisir ou le profit, ni des singes de diverses races qu’on arrache à leur contexte familial et tribal pour les torturer savamment sous prétexte de faire avancer la recherche médicale. Je sais : je contribue (du moins me le fait-on croire) à sauver des oursons orphelins, des dauphins captifs, des éléphants et rhinocéros condamnés pour leur ivoire, des baleines en voie d’extinction, des lions et des tigres bons à faire des trophées de chasse…J’arrête ici une liste loin d’être exhaustive, et c’est vrai qu’on ne peut qu’être rempli d’une infinie tristesse à simplement évoquer la condition d’esclave taillable et corvéable à merci imposée à la gent animale simplement parce qu’elle est privée de la parole. Oui, mes opinions sur ces révoltantes dispositions hiérarchiques établies par la société humaine sont évidentes et sans contestation  possible. Et cependant vous me verrez me hérisser aussi contre certaines associations de défense des animaux en détresse qui, réclamant de l’argent pour leur fonctionnement (impossible pour aucune de faire autrement, là n’est pas la question), sollicitent vos dons en suggérant un ordre de grandeur : 500 € ? 600 € ? « Avec 1.000 € votre aide nous serait vraiment utile »…Je n’en doute pas une seconde.

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lucette desvignes
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 09:49

Texte pour le samedi 7 août, non expédié par étourderie… Sorry !

 

 

ENTRAÏNEMENT AU MIEUX

 

De crainte d’être à sec (ah ! le Ciel l’en préserve !)

Au moment de devoir se montrer en fonction,

Mon cervelet veut se constituer des réserves

Pour être prêt à n’importe quelle occasion.

 

Hé quoi ? Le cervelet ? Certains de vous, sévères,

Vont critiquer avec vigueur ce faux emploi

D’une portion d’anatomie que je révère !

C’est grâce à elle que l’on peut se tenir droit.

 

Aucun rapport avec, je crois, la grande usine

Où se brassent pensées, souvenirs, émotions

Pour aboutir, ah ! mes belins, ah ! mes belines,

A la plus délectable communication,

 

Celle avec vous, bien sûr ! Cette forme complice

D’échange à des niveaux intellectuels divers

Où sans avoir mes propres forces de police

Je vous emmène dru, tout droit, pas de travers !

 

C’est cette usine-là qui voudrait être prête

Pour le moindre incident où on aurait besoin

Du commentaire aigu dont elle est la vedette :

Elle y apporte d’habitude tous ses soins.

 

Une réputation, vous savez, ça se garde !

Un simple flop, un dérapage un jour… Voilà :

Il suffirait d’un simple coup de hallebarde

Pour faire d’un renom un pauvre patatras.

 

Si j’ai dit cervelet, c’est terme de tendresse

Pour le cerveau qui m’aide en total dévouement ;

C’est lui qui veut, bourru, sans la moindre paresse,

Se préparer au mieux pour votre enchantement.

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lucette desvignes
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 09:33

         L’une des caractéristiques de l’étonnant théâtre d’Eugène Ionesco était cette aptitude à répéter et amplifier les actes ou les dires de manière à construire une réalité  effrayante parce que, malgré son apparente absurdité, nous nous y reconnaissions trop bien. La prolifération des Chaises, par exemple, ou la multiplication des Rhinocéros dans la ville, ou encore, très oppressante, la croissance impossible à stopper de cet Amédée dont le cadavre, dans la pièce à côté, envahit peu à peu la scène chaussures en avant – ou l’obstination maladive de ce Locataire qui, à partir d’une pièce nue, à force d’empiler des meubles en un emménagement incessant, va se retrouver prisonnier avec tout juste de quoi respirer, sont frappantes mais non exhaustives. Cette formule dramatique si particulière n’est en fait qu’une profonde divination de ce à quoi notre civilisation peut aboutir. Quand nous voyons par exemple que d’une année à l’autre, au moment des grandes transhumances de l’été, le nombre des voitures, le nombre des kilomètres de bouchons, la durée des trajets ne font que croître et que personne ne s’en émeut, considérant la chose comme une nécessité de nos rythmes d’existence,, il me semble que cela mériterait réflexion : au moins les foules de manchots ou de lamandins sur les plages de l’Antarctique, quand on les photographie piqués debout les uns contre les autres ou affalés à touche touche par milliers, obéissent à un instinct pour la survie de l’espèce…

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lucette desvignes
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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 08:39

         L’histoire m’a toujours passionnée – en soi, faits et gens, sans besoin de recourir au roman historique qui déforme et arrange comme s’il était vraiment nécessaire d’enjoliver la vérité pour la faire connaître et apprécier. Et je rends hommage aux enseignements du primaire qui ont durablement constitué la base de mes intérêts en ce domaine : ils tenaient souvent de la schématisation pour mieux se faire retenir, mais ce sont ces bases-là qui ont permis à toutes les leçons futures, plus pointues, plus détaillées (peut-être moins taillées à coups de serpe)  d’enrichir l’esprit par la réflexion sur les événements du passé. Ainsi la date du 4 août me rappelle immanquablement à l’ordre : « Nuit du 4 août 1789 : Abolition des privilèges ». Nous sommes loin du grand élan qui dans les embrassades et l’émotion avait amené les représentants de toutes les classes, y compris la noblesse, à redonner à l’individu, par-delà le servage et les inégalités de droits, son intégrité pleine et entière. Je sais bien que c’est de l’histoire de France, et que les conclusions de cette abolition inscrites à jamais dans la Déclaration des Droits de l’Homme sont loin d’avoir été reconnues et pratiquées partout. Tout de même, c’était beau, cette théorie de l’égalité élue d’un même cœur par tous les délégués… Où en sommes-nous à présent ? L’esclavage  industriel n’a jamais été aussi florissant ni pratiqué sur une aussi grande échelle. A chaque instant un scandale révèle des conditions d’existence et de travail invraisemblables, d’où des réactions indignées qui se traduisent parfois en actions, mais ponctuelles, immédiatement oubliées ou gauchies, remplacées par d’autres urgences de même tabac qui seront tout aussi éphémères. Et que dire de ce marché des humains, en Irak, où les hommes et les femmes sont exposés avec l’étiquette précisant leur prix, comme aux plus beaux jours de « La Case de l’Oncle Tom » ? Avons-nous perdu nos pouvoirs de réaction ?

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lucette desvignes
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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 08:57

         D’après les commentaires que j’ai reçus immédiatement, je me sens confortée d’avoir osé prendre parti avec un verbe si haut. Il faut bien que quelqu’un s’en charge puisque les médias font leur travail comme du temps de l’Intox sous Giscard – avec en plus un culot dans le léchage de bottes qui leur tient lieu de culture et un art de la désinformation qui s’est perfectionné avec les années. Je n’ai certes pas la prétention de disposer pour mes prédications (et croyez  bien que je le regrette !) d’une audience comme celle de TF1, puisque c’est la chaîne du premier degré et que ses fidèles sont satisfaits de pouvoir tout avaler sans avoir à réfléchir. Mais du moins dans le petit cercle de ceux qui me suivent (et rien n’empêche qu’il grossisse tranquillement) on saura qu’il y a des solutions de logique et de sagesse pour quantité de problèmes de société dont on nous fausse régulièrement et perfidement (voire sottement) les données. Un des commentaires que j’ai reçus dans la foulée suggère « qu’on ait parmi ses connaissances des amis musulmans » - c’est certainement la clé de cette vision objective et réconfortante que nous devrions tous avoir, ou acquérir, de la population musulmane qui recherche une existence sereine pour pouvoir travailler et penser dans l’humilité et la paix, et qui a dès son arrivée en France opté pour l’intégration (les enfants ont fait des études supérieures, jouissent d’une position confortable dans la société, sont au moins des techniciens spécialisés et se sont fait remarquer par leur intelligence et leur ardeur au travail). L’amitié et la fraternité, gages essentiels du bien vivre ensemble, doivent dépasser les manifestations affectives des moments de crise. La considération et l’estime doivent être permanentes et visibles : dans les mixages sociétaux qu’on préconise dans les grands immeubles et que jamais personne ne réalise, il y a tout un travail à faire pour établir ou renforcer les relations de bon voisinage, mais déjà faire des sourires à l’occasion des rencontres dans les centres commerciaux ou dans le tram (au lieu d’une figure rébarbative qui veut dire  « Retourne chez toi ! »), ne pas d’autorité forcer le passage comme si à vous était due la première place, aider à monter une Maghrébine encombrée de sacs pleins – bref appliquer visiblement et d’un cœur léger toutes les manifestations de politesse qu’on vous inculque dans l’enfance. Mais qui se soucie encore de pratiquer le code de civilité puérile et honnête ? Ce serait bien pourtant un minimum, et un bon déclencheur de confiance…                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

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lucette desvignes
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 10:03

         Il faut davantage, oui. Que voit-on sur le petit écran, qu’entend-on à la radio ? Les musulmans que les médias nous montrent sont en général les exécuteurs des attentats – avec quelle insistance sur leur photo, leur biographie, les paliers de leur radicalisation, leur environnement familial ! On voudrait leur faire de la pub qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Or ce qu’il faut c’est que la nation puisse connaître les autres, tous les autres, ces musulmans tranquilles qui sont déjà français de cœur, qui ont appris à parler français, à lire et à écrire depuis leur arrivée. On les voit, on les croise sans les connaître, sans les entendre – il faudrait les entendre et les connaître. On découvrirait alors qu’eux aussi, les musulmans raisonnables, ils vivent dans l’angoisse : les illuminés nourris de haine leur en veulent autant qu’à la civilisation occidentale qu’ils veulent anéantir, puisque ces traîtres à l’Islam selon les fanatiques l’ont choisie pour y vivre et qu’ils désirent s’y intégrer. Eux aussi sont menacés, au même titre que les gens qui vont se distraire au Bataclan, qui prennent un verre à la terrasse d’un café ou qui vont admirer en famille la pyrotechnie du 14 juillet sur la Promenade des Anglais. Il faut qu’on sache qu’ils tremblent autant que nous devant ce danger à chaque instant possible ici ou là, et que la pire injustice à leur faire serait de les repousser du côté des meurtriers et de la haine, par le biais d’un de ces amalgames dont la société actuelle souffre cruellement. Il faut que les médias les invitent, les fassent parler, sollicitent  l’avis de leurs intellectuels, de leurs sages, de l’homme de la rue issu du Maghreb, d’Iran ou de Libye qui vit sa foi tranquillement pour la paix et le partage comme on le lui a appris. Il faut qu’à la télé ou à la radio ils parlent du pèlerinage à La Mecque comme un catholique vient parler de son pèlerinage à Lourdes. A part entière pour vivre avec nous.

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lucette desvignes
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