Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 11:08

 

 

            Moi qui grince des dents, hurle et renâcle dès que je vois les acteurs des films français déboucher du bordeaux, ce qui me donne le droit de les traiter de tous les noms, je me réjouissais hier de voir que dans  « Fenêtre sur Cour » (que j’avais déjà vu x fois sans avoir remarqué ce détail) la princesse encore Grace et encore américaine apporte pour un petit souper une bouteille de Montrachet – je la remerciais déjà in petto de savoir vivre … quand j’ai vu qu’il s’agissait de vin rosé : il a dû y avoir quelque erreur d’aiguillage. De ce côté de l’Atlantique d’autre part, au dîner de Noël entre amis l’hôtesse pense innover en faisant du canard : vous auriez dû voir les mines de la famille, adolescentes donnant le ton, comme si on leur avait servi du Miaou-ronron abîmé, et du coup le père de famille repousse aussi son assiette, blâme l’hôtesse qui avait voulu trop bien faire et emmène tous les invités finir le repas au café du coin où il leur paye le champagne (espagnol comme il fallait s’y attendre, mais il fait beaucoup de bruit quand on débouche la bouteille, c’est ce qui compte, au fond). J’aimerais bien avoir de la sympathie pour l’abonnée au Sancerre, qui ouvre une bouteille dès qu’elle rentre chez elle et, à elle toute seule, la descend avant même l’heure du souper, mais elle est tellement faux-jeton, intrigante et lascive que j’ai du mal à lui passer ces trois charmes-là. Je me contente, pour me consoler, de vérifier la provenance des vins que s’enfilent les dames du coin dès qu’elles sont à deux ou trois ; en général muscadet ou sancerre, parfois beaujolais. Bravo Mesdames, buvez français ! (mais attention : quand l’étiquette s’intitule Chardonnay, il y a trahison, la bouteille vient d’une usine de Californie - je vous le dis parce que j’en parle, c’est juste pour vous aider dans vos choix, moi ma religion est faite il y a longtemps).

 

                                                                    Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 10:15

 

 

            Les séries britanniques que je suis toujours avec intérêt étant produites par Manchester, Birmingham, parfois Londres, ou Cardiff, ont leurs acteurs et comédiennes attitrés, dans les rôles inamovibles d’où on ne les chasse que par maladie grave ou indignité effrontée enfin découverte, telle l’alcoolisme ou l’addiction à la drogue. Ce qui n’empêche pas lesdits comédiens de se retrouver ailleurs, tantôt dans les mêmes rôles (ainsi un flic sera toujours un flic, à quelque brigade qu’il se trouve rattaché - je dirais même qu’il conserve aussi son caractère, bougon, ou faible en face de la tentation d’un jupon ou d’un bakchich frôlant le délit, souvent cynique, voire rongé d’un remords ancien : il semble transporter avec lui une complexité que le nouveau réalisateur utilise sans sourciller dès le départ), tantôt à contre-emploi pour corser le spectacle (imaginez par exemple Jean Lefèvre en ministre ou en archevêque – mais c’est même là un mauvais exemple que je vous offre, car nous avons bien eu Jean Carmet en Curé de Tours – tiens !tiens ! ne vous parlais-je point de Balzac il y a peu ?). C’est donc plaisant de retrouver les visages connus, à peine changés (la couleur des cheveux peut-être, ou la barbe), dans une série voisine au cœur d’une intrigue totalement nouvelle. La femme infidèle d’un policier (en brune) devenue l’égérie d’un marchand de voitures (en blonde) ne tire guère à conséquence. Où ça devient plus difficile à suivre, c’est lorsque le commissaire de police, brune aux cheveux courts, s’infiltre dans un cabaret de gangsters, longs cheveux très frisés, fard de star, décolletés avantageux. Jeu dangereux : elle finit révolvérisée dans un parking, et tous les familiers du commissaire prennent le deuil.Or on la retrouve avec ses cheveux courts et sans maquillage, condamnée à perdre à jamais son identité puisqu’on la croit morte (je ne sais pas encore qui a été tuée à sa place) et, du coup, faisant des adieux déchirants à son amant qu’elle estime prudent de ne plus jamais revoir. Mais quand vous la voyez en même temps dans une autre série en tapineuse qui essaie de se libérer de son patron, toujours brune mais avec un chignon bien tiré, vous vous sentez rassuré sur son sort, malgré tous les aléas de sa nouvelle fonction. A lundi, bon dimanche !

                                                                                       Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 16:16

 

 

 

            Il y a décidément dans l’air, tout humide qu’il est (oui mes belins-belines : qu’il est), un de ces signes avant-coureurs du printemps dont vous repérez l’étiquette pour la première fois dans les dictées de fin janvier du cours élémentaire, sans doute parce que la maîtresse n’en peut plus de voir de la neige et du brouillard et qu’elle aspire par anticipation après les premiers clins d’yeux du soleil. La température est clémente, on ne peut le nier ; les temps brouillés ont fait place à des éclaircies encourageantes,  et la luminosité est carrément autre, moins opaque, plus aérienne, plus aérée. La couleur de la terre a subtilement changé, elle aussi, comme si elle se déclarait suffisamment abreuvée pour se mettre au boulot dès à présent. En fait les bulbes de jacinthes, narcisses ou tulipes n’ont pas attendu sa permission pour besogner de leur côté ; je leur souhaite même de ne pas trop tôt pointer le nez à l’air libre : les gelées qui nous menacent encore ne leur causeront pas un mal irréparable mais les mettront en retard et c’est justement dans les premiers jours de printemps qu’on s’impatiente le plus de voir tout sortir de terre. J’ai prévu large et beau dès l’automne, par plate-bande, par carré, par vasque, par bordure : si j’avais à l’avance calculé le nombre d’heures passées à ces cogitations d’avenir, peut-être n’aurais-je pas commencé à m’en occuper, d’autant que mes prévisions ne sont pas, hélas, automatiquement vérifiées. Mais j’aurais un peu honte si dès à présent, en voyant le sol s’apprêter à s’activer, je devais me dire qu’il se prépare en vain puisque je n’ai rien planté en prévoyance de ses bonnes volontés. A demain !

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 09:22

 

 

            Je ne suis pas du genre « le trône et l’autel », que mon père étiquetait plutôt « sabre et goupillon » - sans que l’une des terminologies pût se colorer de plus de sympathie une fois qu’une autre. Le terme de dynastie m’inquiète toujours un peu, et pourtant, au niveau de mes ancêtres potiers, une dynastie de potiers se déclinait comme une descendance de rois, Pierre Bernard Ier, Pierre Bernard II, Lucien Bernard 1er etc. Je ne devrais donc pas frissonner de malaise comme je le fais dès qu’apparaissent dans les pages des magazines de salons de coiffure les impressionnantes photos des familles bénies des dieux. Les Brasseurs, les Delon, les Casadessus de longue lignée, les Douglas, les Halliday, les  Cziffra, combien d’autres, cités dans le désordre… Lorsqu’ils sont indéniablement marqués par le talent, comme les Casadessus par exemple (avec tout de même, dans la troupe, les plus et les moins, comme chez les Bach), c’est normal que la tribu s’impose par un nom référence. Ce qui n’est pas toujours le cas : ainsi Georgy Cziffra le père, valeur reconnue sinon totalement indiscutable, servait de propulseur au fils qui sombra vite malgré un départ en flèche ; chez les Delon on ne compte vraiment que le père, les autres mentions relèvent de la simple politesse (voire du domaine du fait-divers). Il y a aussi les tribus abusives, comme les Depardieu dont le père occupe toujours à peu près tout l’espace commercial mais dont la progéniture arrive à concurrence, il y a les Stevenin, nombreux et de talents fort divers, mais toujours regroupés pour les photos people des magazines. Un beau départ pour la vie active qu’ils reçoivent là, ces juniors, souvent bien indignes ou pas forcément doués. …N’ayez crainte, ils feront mieux leur chemin dans le domaine télévisuel ou la pub (ou la politique, dites donc !) que votre fils tout bardé de diplômes ou celui de ma voisine marocaine. Allons, à la prochaine !

                                                                                          Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 13:59

 

 

            De meilleure humeur, disais-je hier en terminant  (c’est vrai : après une grosse bouffée de rancœur et de colère rentrée, c’est toujours agréable de se sentir apaisé, disposé à prendre le temps comme il vient et les gens comme ils sont, donc de retrouver quelque peu d’optimisme ou du moins un tantinet de la résignation des sages). Eh bien, que non pas, mes belins-belines ! J’avais déjà, il y a quelques mois, aperçu dans une émission sur l’économie – un  genre table ronde sélecte où les trois têtes pensantes  analysent les données du moment : on y trouve à boire et à manger mais aussi occasion de réfléchir et puis ça ne mange pas de pain – un Beidbeiger qui montrait le nez en profitant du coup de pied bien placé du frangin génie du commerce littéraire déjà mondialement connu (sinon reconnu de tous). A sa place, moi, je me serais tenue modeste, profil bas, peu de paroles sinon bien opportunes. Or lui, tenant de famille un culot monstre et revêtu d’un complet Giorgio Armani sans aucun doute (pour aller avec les crans de son bel arrangement capillaire), voulait toujours prendre la parole, sans se rendre compte que les collègues bien en place écoutaient ses dires avec une attention suspecte et un air souriant qui dépassait l’aimable. Le tout, pour proférer des banalités aptes à se faire remarquer par n’importe quel journaliste – et pourtant ! – ainsi que des propos creux, vides, vagues, défonçant les portes ouvertes. Il m’avait semblé sentir le courant d’ensemble – tiens ! m’étais-je dit, celui-là ne suivra pas les traces de Petit Frère au Culot, tout compte fait il y a quand même une espèce de justice… Ouch ! mes agneaux, j’avais assisté au galop d’essai, et il faut croire que le feu vert lui a été donné sans mal, car voilà qu’on en parle et qu’on en reparle dans les hautes sphères, qu’il se montre, qu’on l’entoure, qu’on fait semblant de l’écouter. Comment voulez-vous que mon humeur s’arrange ? Si on nous empoisonne la vie par dynasties entières, maintenant…

                                                                                           Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 09:03

 

 

            Hier j’épinglais pour vous, avec ma tendresse habituelle pour ce genre d’ouvrages, les bouquins nouvellement parus dans la catégorie littérature de gare. Un seul, en réalité, parce que je voulais me joindre à une protestation dont j’estime l’auteur (je le suis fidèlement dans la plupart de ses options) - au risque de m’entendre dire que j’ai des têtes de Turcs, des têtes de pioche, des têtes d’enflure en réserve sur lesquelles je m’excite à l’occasion. Mais oui, mes belins-belines, et heureusement ! Sans cela vous achèteriez du Jardin, du Nothomb, du Gavalda, du Lemoine, du Marc Lévy à tour de bras – j’en passe et non des moindres. Il y a toute une stratégie qui s’est assez récemment mise en place, celle des petits éditeurs voire éditeurs inconnus, qui tout à coup vous propulsent sous le nez et dans les vitrines des noms que tout le monde répète, radio télé presse bouche à oreille – je me demande toujours avec étonnement, sinon comment ça fonctionne (le public est si jobard, au fond) mais bien comment ça a pu être agencé, puisque ça nous explose au nez si brutalement et avec une telle force. Et un tel résultat, bou diou : en un rien de temps voilà l’auteur inconnu mentionné partout, les tirages ont grimpé comme des alpinistes, les stocks menacent de s’épuiser à chaque instant. Ne me dites pas pour me consoler que dans trois ou quatre ans on aura oublié et les titres et les auteurs. C’est très possible, mais il est très possible aussi que lesdits auteurs désormais célèbres soient en piste pour les plus grandes récompenses littéraires : même s’ils doivent attendre cette noble consécration de longues années (suivez mon regard), pendant ce temps on parle d’eux, encore et encore, les ouvrages pondus pendant cette attente de récompense se vendent haut la main, que demande le peuple ? Il n’y a que la qualité qui souffre et se languit, mais comme personne ne l’écoute…Demain je serai peut-être de meilleure humeur.

                                                                             Lucette DESVIGNES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Hier j’épinglais pour vous, avec ma tendresse habituelle pour ce genre d’ouvrages, les bouquins nouvellement parus dans la catégorie littérature de gare. Un seul, en réalité, parce que je voulais me joindre à une protestation dont j’estime l’auteur (je le suis fidèlement dans la plupart de ses options) - au risque de m’entendre dire que j’ai des têtes de Turcs, des têtes de pioche, des têtes d’enflure en réserve sur lesquelles je m’excite à l’occasion. Mais oui, mes belins-belines, et heureusement ! Sans cela vous achèteriez du Jardin, du Nothomb, du Gavalda, du Lemoine, du Marc Lévy à tour de bras – j’en passe et non des moindres. Il y a toute une stratégie qui s’est assez récemment mise en place, celle des petits éditeurs voire éditeurs inconnus, qui tout à coup vous propulsent sous le nez et dans les vitrines des noms que tout le monde répète, radio télé presse bouche à oreille – je me demande toujours avec étonnement, sinon comment ça fonctionne (le public est si jobard, au fond) mais bien comment ça a pu être agencé, puisque ça nous explose au nez si brutalement et avec une telle force. Et un tel résultat, bou diou : en un rien de temps voilà l’auteur inconnu mentionné partout, les tirages ont grimpé comme des alpinistes, les stocks menacent de s’épuiser à chaque instant. Ne me dites pas pour me consoler que dans trois ou quatre ans on aura oublié et les titres et les auteurs. C’est très possible, mais il est très possible aussi que lesdits auteurs désormais célèbres soient en piste pour les plus grandes récompenses littéraires : même s’ils doivent attendre cette noble consécration de longues années (suivez mon regard), pendant ce temps on parle d’eux, encore et encore, les ouvrages pondus pendant cette attente de récompense se vendent haut la main, que demande le peuple ? Il n’y a que la qualité qui souffre et se languit, mais comme personne ne l’écoute…Demain je serai peut-être de meilleure humeur.

                                                                             Lucette DESVIGNES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Hier j’épinglais pour vous, avec ma tendresse habituelle pour ce genre d’ouvrages, les bouquins nouvellement parus dans la catégorie littérature de gare. Un seul, en réalité, parce que je voulais me joindre à une protestation dont j’estime l’auteur (je le suis fidèlement dans la plupart de ses options) - au risque de m’entendre dire que j’ai des têtes de Turcs, des têtes de pioche, des têtes d’enflure en réserve sur lesquelles je m’excite à l’occasion. Mais oui, mes belins-belines, et heureusement ! Sans cela vous achèteriez du Jardin, du Nothomb, du Gavalda, du Lemoine, du Marc Lévy à tour de bras – j’en passe et non des moindres. Il y a toute une stratégie qui s’est assez récemment mise en place, celle des petits éditeurs voire éditeurs inconnus, qui tout à coup vous propulsent sous le nez et dans les vitrines des noms que tout le monde répète, radio télé presse bouche à oreille – je me demande toujours avec étonnement, sinon comment ça fonctionne (le public est si jobard, au fond) mais bien comment ça a pu être agencé, puisque ça nous explose au nez si brutalement et avec une telle force. Et un tel résultat, bou diou : en un rien de temps voilà l’auteur inconnu mentionné partout, les tirages ont grimpé comme des alpinistes, les stocks menacent de s’épuiser à chaque instant. Ne me dites pas pour me consoler que dans trois ou quatre ans on aura oublié et les titres et les auteurs. C’est très possible, mais il est très possible aussi que lesdits auteurs désormais célèbres soient en piste pour les plus grandes récompenses littéraires : même s’ils doivent attendre cette noble consécration de longues années (suivez mon regard), pendant ce temps on parle d’eux, encore et encore, les ouvrages pondus pendant cette attente de récompense se vendent haut la main, que demande le peuple ? Il n’y a que la qualité qui souffre et se languit, mais comme personne ne l’écoute…Demain je serai peut-être de meilleure humeur.

                                                                             Lucette DESVIGNES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            Hier j’épinglais pour vous, avec ma tendresse habituelle pour ce genre d’ouvrages, les bouquins nouvellement parus dans la catégorie littérature de gare. Un seul, en réalité, parce que je voulais me joindre à une protestation dont j’estime l’auteur (je le suis fidèlement dans la plupart de ses options) - au risque de m’entendre dire que j’ai des têtes de Turcs, des têtes de pioche, des têtes d’enflure en réserve sur lesquelles je m’excite à l’occasion. Mais oui, mes belins-belines, et heureusement ! Sans cela vous achèteriez du Jardin, du Nothomb, du Gavalda, du Lemoine, du Marc Lévy à tour de bras – j’en passe et non des moindres. Il y a toute une stratégie qui s’est assez récemment mise en place, celle des petits éditeurs voire éditeurs inconnus, qui tout à coup vous propulsent sous le nez et dans les vitrines des noms que tout le monde répète, radio télé presse bouche à oreille – je me demande toujours avec étonnement, sinon comment ça fonctionne (le public est si jobard, au fond) mais bien comment ça a pu être agencé, puisque ça nous explose au nez si brutalement et avec une telle force. Et un tel résultat, bou diou : en un rien de temps voilà l’auteur inconnu mentionné partout, les tirages ont grimpé comme des alpinistes, les stocks menacent de s’épuiser à chaque instant. Ne me dites pas pour me consoler que dans trois ou quatre ans on aura oublié et les titres et les auteurs. C’est très possible, mais il est très possible aussi que lesdits auteurs désormais célèbres soient en piste pour les plus grandes récompenses littéraires : même s’ils doivent attendre cette noble consécration de longues années (suivez mon regard), pendant ce temps on parle d’eux, encore et encore, les ouvrages pondus pendant cette attente de récompense se vendent haut la main, que demande le peuple ? Il n’y a que la qualité qui souffre et se languit, mais comme personne ne l’écoute…Demain je serai peut-être de meilleure humeur.

                                                                             Lucette DESVIGNES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Hier j'épinglais pour vous, avec ma tendresse habituelle pour ce genre d'ouvrages, les bouquins nouvellement parus dans la catégorie littérature de gare. Un seul, en réalité, parce que je voulais me joindre à une protestation dont j'estime l'auteur (je le suis fidèlement dans la plupart de ses options) - au risque de m'entendre dire que j'ai des têtes de Turcs, des têtes de pioche, des têtes d'enflure en réserve sur lesquelles je m'excite à l'occasion. Mais oui, mes belins-belines, et heureusement! Sans cela vous achèteriez du Jardin, du Nothomb, du Gavalda, du Lemoine, du Marc lévy à tour de bras - j'en passe et non des moindres. Il y a toute une stratégie qui s'est assez récemment mise en place, celle des petits éditeurs voire éditeurs inconnus, qui tout à coup vous propulsent sous le nez et dans les vitrines des noms que tout le monde répète, radio télé presse bouche à oreille - je me demande toujours avec étonnement, sinon comment ça fonctionne (le public est si jobard, au fond) mais bien comment ça a pu être agencé, puisque ça nous explose au nez si brutalement et avec une telle force. Et un tel résultat, bou diou : en un rien de temps voilà l'auteur inconnu  mentionné partout, les tirages ont grimpé comme des alpinistes, les stocks menacent de s'épuiser à chaque instant. Ne me dites pas pour me consoler que dans trois ou quatre ans on aura oublié et les titres et les auteurs. C'est très possible, mais il est très possible aussi que lesdits auteurs désormais célèbres soient en piste pour les plus grandes récompenses littéraires : même s'ils doivent attendre cette noble consécration de longues années (suivez mon regard), pendant ce temps on parle d'eux, encore et encore, les ouvrages pondus pendant cette attente de récompense se vendent haut la main, que demande le peuple? Il n'y a que la qualité qui souffre et se languit, mais comme personne ne l'écoute... Demain je serai peut-être de meilleure humeur (à condition encore qu'on ne vienne pas nous brandir ce Charles Beidbeiger - le frère de l'écrivain, nous dit-on  en en mâchant plein la bouche - que j'ai entendu une fois à une chronique économique, une médiocrité de la plus belle eau, un bavard creux et minable, le digne frère du frangin sans son intelligence - je me rassérènerai si on le cantonne dans les sports, comme directeur sans doute, c'est là qu'on le case en général, il dirige et les compétents décident). Mon humeur risque alors de durer...

                                                                                                    Lucette DESVIGNES.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 11:45

 

 

            Pas besoin de guetter les publications à venir : les nouveaux livres d’Alexandre Jardin nous sont scrupuleusement annoncés par Chevillard. Catastrophe des catastrophes ! Encore un… Je vous le disais tout dernièrement, mes belins-belines, la littérature de gare a de beaux jours devant elle. Elle croît et multiplie,  impudemment, soutenue qu’elle est par un public naïf ou sot, incompétent en tout cas, qui fait docilement se réduire les piles préparées chez les libraires comme une valeur sûre. En échange d’un premier roman qui est loin d’avoir fait ses preuves, mais dont les tirages d’origine sont confortables (donc dont la distribution est vastement répartie jusque dans les plus humbles points de vente de la presse), un écrivaillon du journalisme qui juge soudain plus profitable pour son CV de revendiquer une étiquette plus littéraire s’impose comme romancier ou romancière, et grâce à ses réseaux de diffusion orale et télévisuelle s’empare en douce d’une part du marché. Les vrais, les purs, ceux dont l’inspiration exigeante a guidé les orientations et les destins, ceux qui besognent pour fidéliser (voire, hélas, conquérir) leur public, en sont pour leurs frais : rien ne les propulse au-dessus du lot, ils doivent compter sur leurs faibles forces d’écriture, d’inventivité romanesque ou d’art du dialogue, et comme ce sont là des éléments qui comptent seulement pour les amoureux de la belle ouvrage, lesquels sont si peu nombreux, hélas de nouveau, on ne doit pas s’étonner que les libraires en général répugnent à les mettre en vitrine – c’est tout juste même si leurs éditeurs, trop frileux, leur ont fait parvenir le bulletin de naissance de ce nouvel ouvrage. En tout cas, d’ici quelque temps, ne me demandez surtout pas si j’ai lu et par ailleurs acheté le dernier Jardin : soyez assurés que je ne vous le demanderai pas de mon côté, j’aurais trop de peine si vous répondiez par l’affirmative à ma question.

                                                                                               Lucette DESVIGNES .

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:22

 

 

            Ce n’est pas tous les jours que le père Noël nous offre que le premier de l’an soit un samedi, donc cette semaine personne n’y coupe : ni moi qui dois vous écrire ; ni vous qui devez en principe me lire et profiter de mes sages enseignements. La note que m’attribue le blogrank connaît des hauts et des bas, mais on peut dire dans l’ensemble qu’elle s’est mise à décoller de son plancher des vaches si humiliant. S’il ne dépendait que de moi qu’elle restât grimpée dans les hautes sphères, elle y resterait, croyez-moi. Mais le jeu de boules se joue à trois…(et le jeu sur les Troyes ou les Troie a déjà été proposé à votre perspicacité il y a quelques semaines, je n’aime guère les redites, je vous priverai donc aujourd’hui de sa règle du jeu). J’aimerais vous parler des effets spéciaux de la télé. En théorie ces effets spéciaux sont réservés aux productions à budget mirobolant, dont les films catastrophes ont donné le modèle il y a quelques années (grâce au ciel et à la pénurie de cas possibles, ils se sont limités en nombre et le public les boude plutôt – tant mieux ! Ce n’est pas qu’ils me gênent, ils sont en général d’un minable affligeant, mais cela me chagrine de penser que l’on puisse s’intéresser à pareilles nullités, cela me vexe pour l’intelligence humaine). Eh ! bien il faut croire que les réalisateurs télé ont trouvé des trucs pour pallier l’absence de crédit venant des producteurs : voilà qu’ils s’y mettent ! Je sais bien que dans les séries sur l’activité des urgentistes et brancardiers risque-tout il faut les montrer à l’œuvre. Mais les incendies explosions déflagrations dévorations d’immeubles par les flammes se multiplient, les cloisons et les plastiques prennent feu de tous côtés à la fois, les discothèques sont visées (est-ce pour en détourner les ados ?) et je vous assure qu’on redoute à chaque instant de recevoir sur la tête un étage entier qui s’effondre sur vous. Aucun rapport, naturellement, avec « Docteur Who », où la fiction dépasse tellement la réalité qu’on franchit allègrement les  frontières de la peur : je vous en reparle tantôt, comme on disait si joliment au Grand Siècle

                                                                               Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 09:36

 

 

             Au temps où démarrait ma belle adolescence, la découverte du grec en quatrième faisait partie des consolations offertes par la vie dans le contexte de guerre qui lui aussi démarrait et qui nous mènerait dans les neuf mois – belle gestation – à l’Occupation par les nazis. Dès le premier trimestre, on savait lire une phrase astucieuse qu’on faisait semblant de traduire par « Où qu’est la bonne Pauline » (alors que phonétiquement semblable le texte grec signifiait « ils ne prirent pas la ville ») et c’était de l’ivresse de continuer par la réponse : « à la gare… », que par décence je ne vous donnerai pas ici complètement. Arrêtons-nous sur ce « alla gar » (j’aimerais bien vous montrer ce que ça donne en caractères d’époque, mais je ne trouve pas trace de cet alphabet dans la liste offerte à mon choix, tant pis). J’étais loin de me douter alors que cette localisation serait un de mes chevaux de bataille par la suite. La gare, la gare… bien sûr, la littérature de gare ne valait que ce qu’elle valait : en théorie c’était du roman facile, éventuellement licencieux mais pas trop, outrancièrement sentimental, souvent donnant dans le mélo, bref c’était une littérature en marge de la grande, elle restait dans son coin c’est-à-dire sur les quais ou dans les points de vente des journaux et magazines, elle se contentait d’être ce qu’elle était, sans prétention à la qualité, vendue en nombre et destinée le plus souvent à être oubliée sur les coussins d’un compartiment après utilisation ou abandon par lassitude ou désintérêt. Personne n’aurait pu lui prédire le grandiose avenir que notre époque lui a réservé : non seulement on l’a laissée croître et multiplier (alors qu’on aurait bien dû lui apprendre l’usage des préservatifs, voire de la prudential restraint, comme dirait Malthus), mais encore, ô honte, on en a fait l’étalon actuel de la littérature. D’où prolifération de textes et d’écritures d’un niveau navrant, encensés de plus en plus allègrement par la critique qui situe sa fonction entre deux trains… Je vous en dirai plus, comptez sur moi ! 

                                                                                               Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 18:03

 

 

            Quand un petit vent de vanité souffle sur moi, j’aime à me vanter des prouesses de la famille comme si j’en héritais. Ainsi je clame volontiers qu’une cousine s’est mise au crawl à plus de quatre-vingts ans (sans mérite de ma part puisqu’elle n’est cousine que par alliance, donc sans gènes communes avec les miennes). De la même manière je me vante souvent de m’être mise à l’ordi (et vous savez, mes belins-belines, quels maux j’ai pour dompter ce cheval récalcitrant  et sauvage) à quelque chose près au même âge. Au lieu de recueillir de toutes parts des applaudissements et des bravos, je glane auprès de mes proches des remarques du genre «  La cousine Maus, elle, quand elle buvait la tasse, n’accusait pas la piscine de lui en vouloir », ou encore « Inutile de se vanter d’avoir acquis un bel engin si c’est pour le laisser devant chez soi, l’épousseter ou le laver tous les jours sans savoir le faire démarrer ». Selon les cas et les jours – ou les humeurs de mon faiseur de remarques – j’ai eu droit aussi à un «  Avoir une belle voiture et la pousser joyeusement dans les montées parce qu’on ne sait pas conduire, ça fait un peu bête, non ? », voire à un « Ne savoir faire marcher que l’essuie-glace est insuffisant pour avoir son permis ». A chacune de ces réflexions qui, hélas, sonnent parfaitement juste parce qu’elles sont l’émanation de la vérité, je me sens me regrigner, comme on dit si bellement en Saône-et-Loire, rentrer dans ma coquille. Que voulez-vous que je dise en face de cette autorité, de ce ton péremptoire ?  C’est bien vrai, comme dirait la mère Denis, mais au fond c’est pas juste : a-t-on déjà reproché à un escargot de ne pas savoir voler ? Je vous laisse juge,  mes agneaux : je sais que vous me comprendrez. A demain !

                                                                                Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens