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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 11:12

Je ne sais trop pourquoi j’ai eu l’envie de lui consacrer quelques mots, à ce ministre femelle qui ne vaut pas mieux que les autres. Le fait de l’avoir entr’aperçue sur le petit écran hier soir ? Le souci, plutôt, de continuer à pratiquer nos conjugaisons : de même que les scénaristes exploitent un filon à perte de vue et d’haleine, vous allez dire que j’exploite le filon grammatical à tour de bras. Vous n’aurez peut-être pas tort, mais il n’y a tout de même aucune raison de nous confiner, vous et moi, en dehors du domaine de l’actualité interne (dans la mesure d’ailleurs où on puisse être confiné en dehors de quelque chose, mais vous voyez sûrement ce que je veux dire). Cette actualité interne, bien sûr qu’elle nous concerne tous, puisqu’on y a situé le bouclier fiscal, la taxe professionnelle, l’impôt sur le revenu, la réduction de la dette, le déficit de la Sécu… tout, quoi, ce qui constitue notre spécificité franco-française. D’où un symbole : notre ministre des finances, de l’économie et de l’industrie (croyez-moi : faut être solide pour porter tout ça à bout de bras, et elle doit l’être, car la responsabilité ne lui pèse pas le moins du monde) D’où notre conjugaison du jour : elle sourit, elle jase, elle rétorque, elle a toujours raison, elle a son sens de la restriction, elle nuance, elle ment (non point allègrement comme les copains, mais avec distinction, discrétion, séduction – qu’elle croit, la brave femme, qu’elle croit, bou diou, car personne n’ajoute foi à ses dires ni à ses moues et mimiques), elle cite les copains qui sont sur le plateau (la Santé qui s’épanouit depuis qu’elle s’est fait vacciner en public, le Budget qui a renoncé aux frais de coiffeur pour montrer l’exemple des économies du Gouvernement), elle croit qu’elle domine, elle n’élève jamais la voix, elle se sent si bien à sa place, personne n’a encore divulgué par où elle s’enrichit en douce, elle espère bien continuer longtemps comme ça.

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lucette desvignes
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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 09:22

    

     Nous voilà donc de nouveau réunis, mes belins-belines, un jour de farniente pour les uns et de piété pour les autres : je me suis laissé dire qu'il y en avait encore quelques poignées à suivre les offices assidûment, mais que leur diminution chagrinait moult leurs instances - et qui ne les comprendrait? Les foules préfèrent d'ailleurs, même au farniente, l'appel des pentes de glisse, sandwiché entre un aller et un retour de galère sur les routes enneigées et verglacées où le pire inconvénient vient des autres amateurs de sports d'hiver une fois qu'ils ont rechargé les skis et luges sur les fixe-au-toit et décidé d'encombrer jusqu'au bouchon le plus récalcitrant les circuits routiers, grands axes ou chemins départementaux. Ah qu'ils paient cher leur plaisir de quelques heures, ces   skieurs redevenus automobilistes pour rentrer au bercail! J'espère au moins que,  recrus de fatigue et de grand air, les mouflets à l'arrière dorment à poings fermés, se refaisant des forces pour attaquer (mais à quel moment? question à dix balles) les devoirs et les leçons dont le contrôle va s'imposer dès le lundi matin. Gageons que les enfants d'immigrés deuxième génération sauront mieux que ces jeunes sportifs éviter le courroux des maîtres ou accroître durablement leurs connaissances, grâce à un esprit et une attention moins atteints par l'épuisement du physique. Vive le sport, mes belins-belines! Aux USA, n'est-ce pas la voie royale pour être admis dans les universités prestigieuses? Et chez nous, donc, le prix des sportifs de haut niveau, ceux qui se louent au plus offrant (en échange parfois de fort piteuses prestations malgré des réputations fabriquées dans les vestiaires) n'est-il pas tentation permanente pour les adolescents rêvant de faire fortune au plus vite et certainement pas par le biais de la culture? Je songe, dans cette optique, à un programme scolaire qui supprimerait la lecture, l'orthographe (pourquoi faire, puis qu'on peut être admis au collège en sachant tout juste écrire son nom?), le calcul (en attendant d'avoir un comptable sûr et discret, c'est la famille qui va contrôler les revenus du prodige du  ballon rond ou ovale au fur et à mesure de son ascension) et toutes les inutilités que des maîtres misérablement payés dispensent sans conviction?Ah mes belins-belines, il en reste des choses à peaufiner sur le grand chantier des générations montantes! Heureusement qu'on peuit compter sur le zèle et la compétence des décideurs d'en haut, c'est tout de même regonflant de pouvoir leur faire confiance. A demain!

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lucette desvignes
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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 21:21

       Oui, mes belins-belines, ce ne sera ce soir qu'un tout petit coucou bonjour bonsoir. Je ne voudrais point que les âmes sensibles et fidèles (il y en a parmi vous, mais bien sûr, ne ricanez pas de la sorte vous les deux du fond comme d'habitude, savez-vous même ce que c'est qu'une âme sensible?) pussent (mais oui : pussent) me croire malade ou enchagrinée, même si les rassurer tout de suite doit me priver de leur e-mail attendri et un peu inquiet. Je vais très bien, j'ai seulement été hors les murs toute la journée et ce soir mes idées ne sont pas de la meilleure fraîcheur. Demain sera un autre jour, disent les Allemands, c'est bien consolant et raisonnable. Donc ce soir bonsoir du bout des lèvres, demain (oui, demain dimanche, je dis bien, les bons comptes faisant les bons amis) je vous raconterai ma journée.

                                                                                                                        Lucette DESVIGNES.

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lucette desvignes
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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 08:57

 

Mes belins-belines, je ne sais pas ce que ce changement de taille de lettres va donner une fois transplanté sur internet. J’ai déjà éprouvé des difficultés à obtenir la taille que je voulais en pensant à vos yeux fragiles qui m’ont déjà transmis des plaintes – polies, certes, mais fermes (comme des yeux fragiles quand ils ont décidé de se plaindre). Or, quand mes messages tout pleins de gazouillis sont prêts à s’envoler vers vous, donc  sont passés de word à over-blog, mes desiderata restent vains, quelles que puissent être les manettes et tirettes dont j’use pour arriver à mes fins. Et je voudrais pourtant bien que fussent lisibles sans peine les conjugaisons auxquelles l’actu ministérielle me convie à me livrer. Nous avions déjà appris s’embourber,  s’enliser, s’envaser, que je vous avais charitablement laissés à l’infinitif, par délicatesse pour le ministre femelle qui s’exerçait avec vaillance à la conjugaison. Nous passons aujourd’hui au pluriel, de manière à englober la famille de ce même ministre : nous prévariquons, nous magouillons, nous tripotons, nous profitons et autres nous nous engraissons.  (Que non pas ! voilà une belle erreur d’aiguillage ! Il faut lire : Ils prévariquent, ils magouillent, ils tripotent, ils profitent, ils s’engraissent). Le ministre femelle, elle, appelé(e) à la barre, continue ses conjugaisons à la première personne : je m’empêtre, je nie, je mens, je m’entrabuche, je me cramponne, je galère, je galège grave. Et les autres qui regardent (vous ou moi,  mes belins-belines) qu’est-ce que nous allons bien pouvoir dire ? Je m’en fiche, je m’en moque, je m’en fous… ? ou bien Ras le bol, je m’indigne, je peux pas laisser faire, en voilà assez, à la niche, au pilori ? Ah ! si nous étions une  république bananière, comme ce serait facile de remettre les choses en place ! Mais voilà : nous sommes une démocratie modèle, les yeux du monde sont fixés sur nous…

                                                                                   

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lucette desvignes
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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 12:50

     Vous savez ce que c'est, je pense, que tirer à la ligne? C'est , pour un journaliste, étirer sa phrase jusqu'à plus soif pour occuper de la place; c'est, du même coup, arrêter ses phrases à chaque instant, de préférence en début de ligne, de manière à aérer le texte : une demi-ligne de blanc, c'est une demi-ligne de gagnée. La sainte horreur du paragraphe, en somme - lequel, lui, fait du volume avec sérieux, sans aération, mais en revanche permet de développer une idée usque ad trognonem, sans la cisailler à chaque instant au risque d'entraîner sa mort (sa mort sans phrase, pourrait-on dire). De la même manière, mes belins-belines,  les scénaristes piétinent sans vouloir avancer, soit qu'ils se reposent sans en avoir l'air (en confiant, pourquoi pas? leur plume à des grouillots débutants), soit qu'ils sont à court d'invention dramatique. Prenez le cas de ce bébé qui est passé d'un berceau à un autre, d'une famille à une autre : cela ne pourra pas durer éternellement, surtout avec des familles si voisines. Et moi, comme tout le monde je suppose - EastEnders d'Albert Square aussi bien que téléspectateurs - je trépigne et tire la langue copmme un chien assoiffé pour savoir comment ma voleuse d'enfant (au passage un grand bonjour à ce cher Supervielle) va pouvoir s'en tirer et remettre les choses en l'état. Il me semble que ce devrait être l'essentiel de l'épisode. Eh bien on nous abreuve, au compte-gouttes, de l'évolution  des intrigues annexes pour le déroulement desquelles personne n'a la moindre impatience. C'est du bouche-trous, ça, les scénaristes! Reprenez-vous, même si vous parez votre indigence des beaux titres de Shakespeare, tel "Beaucoup de bruit pour rien". Allons allons, c'est pas sérieux!

 

                                                                                                                          Lucette DESVIGNES.

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lucette desvignes
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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 09:06

 

 

            Recevoir son enfant dans ses bras, ce n’est pas forcément le reconnaître. Quand depuis trois ou quatre jours vous croyez l’avoir perdu, vous prenez plutôt le geste de la mère voleuse pour un petit cadeau de tendresse au passage, Tiens pauvre mère, prends un peu mon bébé dans tes bras, n’est-ce pas que c’est doux ? je te le prête une minute… Les parents n’y comprennent goutte, d’autant que la mère voleuse, presque muette depuis qu’elle a trouvé son propre bébé inerte dans son berceau,  a des comportements si étranges qu’on la croit un peu dérangée suite à l’accouchement. Mais c’est dans son entourage qu’on la croit vraiment au bord de la folie ; déjà le père l’avait empêchée de rendre le bébé à ses vrais parents en arrêtant le landau, et la sœur la persuade  que c’est son Jimmy qu’elle tient et non pas le Tommy des voisins, ce qu’elle tente de dire. Voici de nouveau le père qui intervient, avec brutalité : alors qu’elle a bredouillé des « C’est trop mal, il ne faut pas » qui n’apprennent rien à personne faute d’être clairs, lui reprend le bébé à ses vrais parents éberlués et le ramène à la maison. On peut se demander combien de temps va encore pouvoir jouer le doute – voilà un nouveau filon à exploiter pour les scénaristes… Un pas en avant, un pas en arrière : dès que la mère voleuse tente de remettre les choses en place, on accuse son égarement, on rend à chaque fois l’aveu de son forfait plus difficile à  faire parce qu’il faut le prouver à présent. Il va falloir qu’après avoir dit « notre bébé est mort la nuit dernière » où l’assistance sociale a vu la confusion d’un esprit ébranlé par le choc, qu’après avoir répété faiblement quelques « c’est Tommy » qui font hausser les épaules, elle aille jusqu’au bout de la proclamation de son ignominie. Va-t-elle enfin dire ce « J’ai volé ce bébé parce que le mien était mort » qui serait la seule explication  claire convainquant tout le monde ?

                                                                                                    Lucette DESVIGNES.  

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lucette desvignes
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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 10:01

 

 

            J’en étais restée, moi, à cette explication impertinente que je vous avais fournie, mes belins-belines, sous l’excitation du développement d’un sujet qui se traînait lamentablement depuis quelques épisodes. Rappelez-vous : lorsque la mère à qui on avait dérobé son bébé, remplacé par le bébé mort de la voisine donc présenté à la famille au funérarium, s’était exclamée « Mais ce n’est pas mon bébé ! », j’avais franchi toutes les étapes du récit en vous prédisant que le dors-bien offert par le père allait jouer son rôle. Explication impertinente, ai-je dit en commençant – eh bien non, rien d’impertinent dans cette proclamation d’un flair de détective de bon aloi (impertinent veut dire en effet qui ne convient pas, or mon raisonnement tient toujours la route et convient parfaitement au sujet). Précipitée, voilà ce que j’aurais dû vous dire. Cela tombait sous le sens que tout allait s’éclaircir, vol et substitution, croix de ma mère sous forme d’un dors-bien original ! Je n’avais pas compté avec les rallentandos des scénaristes,  qui nous ont imposé, à la place d’une révélation remettant tout en ordre de marche, des tartines de désolation de groupe ou de réjouissances familiales. Le problème restait donc en panne de solution, jusqu’à l’enterrement : la mère voleuse, non invitée mais ayant assisté de loin à l’inhumation, après avoir manqué défaillir devant la douleur de la mère dépossédée (laquelle est devenue l’ombre d’elle-même en l’espace de quelques jours), se porte au devant des parents anéantis et leur offre le bébé qu’elle tenait contre elle. J’en suis là, mes belins, mes belines, je sais juste que l’autre mère accepte l’enfant sans rien y comprendre (il faut dire que la substitution ne tombait sous le sens de personne). A-t-il donc fallu que le petit mort soit rendu à la terre pour que la mère voleuse cesse d’avoir des liens avec le bébé

des autres ? Je vous en dirai plus dès que je saurai, mais c’est une idée intéressante.

                                                                                         Lucette DESVIGNES.

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lucette desvignes
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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 18:13

Mea Culpa N°667,  ligne 18 : au lieu de « qu’on puissent donner », lire « qu’on puisse donner ». Je me suis, de douleur et de honte, rongé les doigts de la main coupable.

 

On dit couramment « un homme de dialogue » (c’est parfois quelqu’un qui parle tout le temps mais n’écoute jamais les autres, suivez mon regard). On parle d’ « engager  le dialogue » pour dire qu’on va commencer à se parler, et quand on signale l’absence de dialogue, c’est qu’on n’a pas réussi à entamer la discussion entre parties opposées. On perd ainsi peu à peu de vue le sens strict du terme : le dialogue, au théâtre ou au cinéma, est l’ensemble des réparties prononcées par les acteurs pour soutenir et faire progresser l’action ; il a intérêt à être confié à quelque auteur d’expérience, qui connaît le sens et la portée des mots, qui peut habilement conduire un entretien vers l’apaisement - ou l’explosion - grâce à l’agencement des termes qu’il emploie, sous-tendre le développement par l’humour ou l’irritation rentrée, manier l’ironie si besoin, et surtout faire comprendre les relations d’amitié, de tendresse ou d’aversion qui se sont établies ou s’établissent entre personnages. C’est au théâtre, dans le registre tragique ou dans le registre comique, que le dialogue est né. Et comme le cinéma n’est arrivé qu’après des siècles de théâtre, et comme au début il consistait surtout en théâtre filmé dès qu’il a été parlant, on n’a guère pu déparasiter le film de cet héritage à la fois indispensable et pesant. Entre pomposité et artifice d’une part (comme souvent chez Melville) et banalité, trivialité et indigence d’autre part, le dialogue est en outre menacé par la tentation de faire de l’esprit. Et je ne pense pas que, dans les ateliers de fabrication des séries télévisées où la multiplicité des dialoguistes est de rigueur, chacun chargé d’un groupe de personnages auxquels est en principe affecté le même scénariste par souci de cohésion, le danger  d’indigence soit écarté, car la facilité permet d’aller vite. On passe à autre chose dès demain , mes belins-belines !

                                                                                 Lucette DESVIGNES.

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lucette desvignes
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 15:15

            Quand on parle de scénaristes, on n’est pas loin d’évoquer les dialoguistes, tant il est vrai que leurs qualités se mêlent et se complètent. Les uns sont chargés de la conduite de l’intrigue : événements, réactions psychologiques ou affectives, évolutions lentes ou brutales des rapports entre individus… Ils doivent assurer le maintien continuel de l’intérêt par le développement d’une intrigue qui soit possible avant même d’être convaincante, on ne leur pardonne en général ni les ralentissements de rythmes souvent insupportables, ni les invraisemblances trop marquées (il faudrait d’ailleurs ouvrir là une vaste parenthèse afin de  disserter sur la facilité pour le public d’avaler n’importe quoi ; la mise en doute ou en question des agissements des personnages ne fonctionne guère automatiquement, et les sceptiques qui d’instinct jugent inappropriée, voire impensable, telle réaction des héros dont on suit l’histoire, ont vite fait de se faire juger comme cherchant la petite bête là où elle n’a aucune raison de se trouver). Les dialoguistes, quant à eux,  sont chargés de la superstructure puisqu’il s’agit d’habiller les comportements d’explications valables entre individus et en théorie devant sonner vrai. Là est bien le hic : il est rare à mon sens que le dialogue soit pleinement satisfaisant. Le film français a besoin de son jeu de mots, de son expression inédite qu’on pourra répéter avec jouissance par la suite ; tout dialoguiste de cette espèce se doit de semer des bons mots, des réflexions plus ou moins argotiques, tout au long de rencontres ou de disputes, ou simplement de scènes sentimentales afin d’en assurer la pérennité.  « T’as de beaux yeux, tu sais » ou « Atmosphère ! » sont les meilleurs exemples qu’on puissent donner, et chacun sait qu’ils ont perdu absolument tout pouvoir poétique ou drôle – « mais, me direz-vous, c’est en échange de la longévité, c’est la rançon de la gloire !...» et vous aurez sans doute raison. Tout de même, je n’aime pas trouver dans le dialogue cette recherche d’une réplique qui appartient au théâtre du Boulevard ; pour moi le dialogue doit être authentique, exactement à sa place et donc sans effet inutile, surtout pas pour provoquer le rire à tout prix. C’est peut-être pour cela que je prise tant, au niveau de la réussite créatrice d’émotion, le dialogue de mes EastEnders atteints par le deuil et la souffrance, dialogue brisé, fragmentaire, efficacement bredouillé, qui sert tellement d’accompagnement naturel aux traits ravagés et aux sanglots qu’on se trouve malgré soi au niveau de cette douleur mal exprimée par les mots.

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lucette desvignes
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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 20:21

     J'avais annoncé que je vous en reparlerais quelque jour. Dans mon esprit, c'était pour rendre hommage à ceux qui tiraient leur scénario de quelque chose de solide, qui avait fait  ses preuves : ainsi j'avais salué des réalisations comme "Le Chien qui avait vu Dieu", d'après Buzzati - original, équilibré, le suspens bien ménagé (ce que le même réalisateur    a tenté par la suite n'a été que nul, car il suivait une inspiration manifestement compétente au niveau de l'image, mais insuffisante du point de vue construction dramatique). Aujourd'hui, probablement influencée par ce tout récent  épisode de chirurgiens à la recherche d'une infirmière, lesquels quittent la climatisation de leur hôpital pour se plonger dans diverses transpirations africaines avec castagne et courses-poursuites (dites-moi un peu ce que ça vient faire là?), je voudrais les épingler, et vertement. Il se trouve que c'est la même insuffisance sur toutes les séries à la fois (mais je ne les accuse tout de même pas de l'avoir combiné). Ici la question du vol de bébé  ne sera probablement réglée que dans l'épisode à venir (if ever) ; vous pensez à l'aubaine pour un scénariste de se reposer les neurones à présenter nonchalamment l'affliction dans une famille et les réjouissances dans une autre - surtout  ces dernières, tempérées par la bizarre attitude de la jeune mère zombie montrée dans ses hypostases indéfiniment multipliées. Ailleurs, outre l'équipée africaine, c'est l'accident de la route des nouveaux mariés avec leur famille : verglas, rencontre de deux véhicules, atterrissage dans un étang dont la glace cède sous le poids de la voiture... On va encore exploiter le filon des larmes, je sens ça !  Dans une autre série, la déposition devant le tribunal de la victime d'un viol dure et dure sans faire avancer les choses d'un poil (et pourtant j'avoue que j'adore les films américains qui se passent devant un tribunal, j'adore le croisement de fer des avocats et procureurs ). Ce n'est pas leur imagination que je reproche à ces scénaristes, loin de là -  c'est le mauvais emploi qu'ils en font. A demain!

 

                                                                                                                       Lucette DESVIGNES.

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lucette desvignes
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