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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 10:08

Je reviens sur cet équilibrage délicat qui annonce ou conditionne la phase terminale de chaque récit dans les séries télévisées. J’ai assisté hier (mais, comme dans Racine au moment des meurtres et exécutions diverses en coulisses, le public n’était pas admis à voir ce qui se passait  - hors champ, dirait-on savamment de nos jours) à une première spécialement culottée : une jeune étudiante en médecine, parfaitement lucide, discutait de son cas avec les chirurgiens qui se succédaient à son chevet, parfois même y tenaient concile vu la rareté du problème. On devrait l’opérer d’une tumeur au cerveau – c’est devenu classique dans « Holby City » - mais son cœur, lui aussi à opérer, ne tiendra pas le coup pendant l’opération. Dans l’autre sens (cœur d’abord, cerveau ensuite) des complications sont à prévoir qui empêcheront également le bon déroulement de la procédure (c’est comme cela qu’élégamment on désigne l’intervention chirurgicale, par une sorte de fausse pudeur ou de coquetterie qui, quel que soit l’intitulé dont on l’affuble, amène le patient à demander ce que c’est que ce terme de loi). D’où il s’ensuit que si une équipe opérait le cerveau pendant qu’une autre opèrerait le cœur on aurait gagné du temps, quelques faibles chances de survie, et aussi de la gloire, car le même doublé n’a été réussi   (aux USA bien sûr) que deux fois. Les deux femmes partisans de la double intervention sont immédiatement suspectées de penser à leur carrière de manière annexe et peut-être même à titre principal, tandis que les hommes, plus timorés, mettent en avant la survie du patient comme principe de base pour camoufler leur éventuelle démission devant la difficulté de la tâche. On est en fin de compte amené à voir la patiente endormie calmement après les deux opérations concomitantes – ce beau résultat durera-t-il ? Et on se sent frustré de ne pas avoir assisté à ce double et conjugué tripotage de viscères...

 

                                                                                                      Lucette DESVIGNES.

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lucette desvignes
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 11:25

Très certainement vous connaissez le superbe film en deux volets d’Alain Resnais, « Smoking » et « No smoking » - une merveille d’intelligence, de finesse, de désinvolture dans la jonglerie avec les structures et les rapports de cause à effet. La simple donnée de départ (comme on se donne un thème de trois ou quatre mesures pour en construire une fugue) fait converser le jardinier à tout faire de Mme Teesdale soit avec la petite bonne soit avec sa patronne (de toute manière c’est la sublime Sabine Azéma qui incarne l’une et l’autre,   ce qui ne fait qu’embrouiller délicieusement le thème en face d’un Pierre Arditi peut-être au mieux de sa forme) : vont-ils fumer en douce ou refuser la cigarette offerte ? De telle ou telle décision vont découler des embrouillamini de circonstance qui emmèneront les primes données bien loin l’une de l’autre, chacune sur sa trajectoire, les caractères se façonnant à mesure, le déroulement tout simple du récit se coupant à la fin de chaque séquence par un « Et si ? » ou un « Ou bien » qui semble sérieusement étudier les possibilités de l’intrigue et dont   l’artificiel est vigoureusement souligné par des panneaux Modern Style empruntés au cinéma muet. A chaque carrefour on est confronté à deux possibilités dont le cinéaste choisira selon sa fantaisie. C’est un peu ce balancement stimulant pour la pensée que je retrouve, légèreté du ton en moins, dans les problèmes souvent douloureux posés par les personnages (et leurs graves problèmes de santé) de ma série « Holby City », où vous devez le savoir maintenant on opère à tour de bras. Deux ou trois équipes de trois chirurgiens plus l’anesthésiste qui fonctionnent en chaîne, cela en fait des opérés, vous l’imaginez ! Et pour chaque patient l’attente du spectateur s’aiguise d’incertitude : si l’un semble s’en tirer après une opération délicate, on nous en montre un (ou une) autre qui « y est resté(e) », ce qui n’empêchera pas le premier de soudain faire un malaise au terme duquel il n’y a plus rien à faire. De même deux enfants viennent de subir une opération : pourquoi celui qui allait le mieux succombe-t-il ? pourquoi l’autre survit-il – jusqu’au prochain hoquet ? La vis dramatica est intense, la décision  est totalement aux mains du réalisateur qui condamne ou sauve sans avoir à se justifier. Et qu’on nous laisse en suspens d’un épisode au suivant relève souvent d’un art consommé. J’aime ce flottement dans les destins : par-delà   l’émotion attachée au « cas humain », il est bon qu’on puisse se poser la question de Resnais, même s’il faut l’aménager, à partir de « Smoking » ou « No smoking », en « To be » or « Not to be »…

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lucette desvignes
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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 09:03

J’aime Arielle Dombasle, que je dissocie pour ce faire de la philosophie, nouvelle ou rancie, publicitaire ou conjugale. J’aime sa voix, son articulation, sa moue candidement hautaine, ses yeux écarquillés pour battre un record d’ouverture. La pub en fait l’héroïne (tout en fanfreluches, voilette, mousselines, chapeau aérien) des réclamations à la Française des Jeux pour avoir manqué le gros lot d’un point, d’un seul point, au dernier chiffre. Les deux petits sketches-minute ont été créés pour elle, autour d’elle, par quelqu’un qui sait utiliser au mieux toutes les ressources de son personnage. Car elle joue sans cesse, elle n’est jamais elle-même surtout dans les interviews où elle en rajoute une couche. Elle joue théâtre, elle joue la sophistication, le fabriqué, l’artificiel, et elle le fait avec un tel instinct du jeu qu’elle en devient essentiellement naturelle. C’est cela que j’aime, qui est si rare (notre BB nationale tentait de le faire,  mais dans             le registre des ravissantes idiotes, c’était tout autre chose). J’aime en effet qu’un comédien puisse arriver à se mouvoir sans problème sur le tranchant d’une lame, la vérité d’un côté l’artifice de l’autre. J’aimais bien par exemple Brialy quand il jouait théâtre, c’est-à-dire conscient qu’il jouait pour nous, en comédien plus qu’en personnage du scénario,  tout prêt à nous lancer un clin d’œil au passage. Nous avons eu    Le Poulain,  tout gonflé de lui-même, impensable en dehors de la scène. Nous avons encore Galabru, à mon avis bien supérieur à Raimu parce qu’il joue ouvertement l’artifice et non point le réalisme copiant le naturel. Et qui se rappelle Saturnin Fabre, à la voix tonitruante, à l’articulation de haut-parleur, qui jouait la prétention humoristique à peine camouflée sous l’enflure ? On disait de lui qu’on n’avait jamais vu personne comme lui jouer faux avec autant de naturel… C’était un plaisir de l’entendre, même dans les petits rôles il dominait tous les autres…Mais où sont les neiges d’antan ?

                                                                                Lucette DESVIGNES.

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 08:36

Mea culpa du N° 614 de samedi : « Le commentaire ne m’avait pas frappée. ».

 

            Je me sens toute légère, exactement comme après le confessionnal tel que j’imagine que ça doit se passer. C’est beau de commencer sa semaine de besogne sans bagage,  comme le Voyageur d’Anouilh dont l’amnésie le dédouanait des méchancetés, vilenies et autres compromissions d’une première phase de vie au point qu’il pouvait, avec un peu (beaucoup) de chance et en choisissant bien sa famille,  repartir du bon pied  pour une nouvelle existence. Donc toute légère je suis pour continuer mes harcèlements concernant l’expression écrite ou orale (j’espère qu’on n’aura pas encore fait entrer dans la Constitution ou dans le Code de procédure pénale  ce type de harcèlement-là avant que je ne passe l’arme à gauche  - parce que j’y vais, mes belins-belines, mais oui, j’y vais, et vous aussi). Hier je me suis arrêtée faute de place, mais je tiens spécialement à épingler une tendance désastreuse qui se répand insidieusement de nos jours sur les ondes ou la toile : «  espérer que » se construit avec un futur (j’espère que tu pourras venir) et non, comme le veut la coquetterie de style ambiante, un subjonctif. C’est le verbe « souhaiter » qui est responsable de cette attraction modale, car lui a besoin du subjonctif (je souhaite que tu viennes, que tu puisses venir). Or le mélange des régimes se fait impavidement, même chez les politiques (vous pensez bien que je ne décortique leurs discours et allocutions que sur le plan de la grammaire et du style, pour le reste ce ne sont que fades billevesées ou promesses éhontées)… Une autre chose irritante et sotte : « C’est de cette année-là dont je vous parle » - soit il faut « C’est cette année-là dont je vous parle », soit « c’est de cette année-là que je vous parle ». Simple pourtant, et si logique… Méfiez-vous en, si vous pratiquez la formule étourdiment (attention : ici  –ment s’ajoute au masculin de l’adjectif, c’est une de ces exceptions pleines de traîtrise qui font trébucher quand on veut faire du travail fin…). En bref : soyez sans cesse sur le qui-vive ! Courage…

                                                                                               Lucette DESVIGNES.

 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 14:55

Il me revient à l’esprit qu’un jour ma mère (je devais avoir huit ou neuf ans, vous imaginez quelle quantité d’eau a depuis passé sous les ponts) m’emmena acheter des souliers (ce devait être une période de soldes). J’avais aperçu en léchant une vitrine (et il fallait faire vite, parce que ma mère n’aimait pas perdre son temps) une paire d’escarpins qui me plaisaient, mais comme ma mère m’entraînait plus loin avec énergie je me plaignais amèrement qu’on ne tînt (oui, tînt)  jamais compte de mes goûts personnels. Ma mère m’avait ramenée dare-dare vers la vitrine méprisée pour me montrer une pancarte trônant parmi les chaussures : « Occasions à profiter ». Le commentaire qui avait suivi (« on profite d’une occasion, on ne profite pas une occasion, il ne faut donc pas dire « à profiter » comme on dirait « à prendre »  - et elle avait continué, toute fière de pouvoir combiner la leçon de grammaire et sa décision  punitive, « … ou à laisser ») ne m’avait pas sur le moment frappé par sa force pédagogique, car je voyais surtout ma frustration vestimentaire, mais la leçon avait tout de même pris racine. Nous condamnions en famille ces meurtrissures et contusions imposées par d’innocents bourreaux à leur expression orale – ou écrite, mon père brandissant à notre opprobre, lorsqu’il lisait le journal, des « voire même », des « malgré que » employés en dehors des cas bien spécifiques ou des « par contre », étant donné que deux prépositions ne peuvent se suivre sauf dans des formules anciennes comme « de par » (et ceci, c’était bien longtemps avant que l’Académie ne donnât son feu vert, détrônant ainsi la suprématie exemplaire confiée à « en revanche » : je vous signale que certains puristes lui sont restés fidèles…). Depuis que certaines boutiques « vous correspondent », que certains coureurs sont « les plus vite du monde » etc. (on s’occupera des sports, promis), on ne s’étonne plus de rien

                                                                                                            Lucette DESVIGNES.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 10:28

            On m’a dit mille fois de me méfier des avis de toute sorte (commerciaux, financiers, publicitaires etc) que mon ordi pourrait héberger avec sa gentillesse coutumière (au passage, j’ai grogné à propos de cette gentillesse : n’en aurait-il donc que pour les inconnus, voire les étrangers cherchant à s’insinuer dans mes petites affaires ? me réserverait-il, à moi uniquement, ses caprices, ruades, refus d’obtempérer et autres sournoiseries ?). A force de me représenter cet univers de la toile comme un repaire de voyous prêts à sauter sur le client pour le dépouiller de tous ses secrets,  je suis – moi ! – devenue méfiante comme un vieil avare ou, comme chez Molière, tel un vieux tuteur qui a recueilli une orpheline seulement dans l’espoir de l’épouser une fois un peu dégourdie (qu’elle ne sache que lui bredouiller « Le petit chat est mort » lorsqu’il veut lui faire une aimable conversation le réjouit : c’est preuve qu’elle ne s’intéresse guère aux jeunes gens qui passent, du moins le croit-il, le pauvre). Ainsi je m’interroge longuement sur les messages un peu bizarres que  je reçois de temps à autre, non point sur ceux qui bravement arborent leur identité (les propositions de cadeaux par le biais d’entreprises commerciales sont faciles à négocier), mais sur ceux qui semblent m’être transmis par des firmes aussi établies et respectables que France Télécom. J’en veux pour preuve le texte relevé ce matin même, sous l’égide de France Télécom précisément : « Il a ete porte a notre system que vos donnes personnels doit etre mise a jour dans le cadre de conditions generales d’utilisation (sic)… ». Vous le savez, les fautes d’accents ou d’orthographe me hérissent ; mais là elles me réjouissent, car c’est la preuve qu’en aucun cas le message n’émane de France Télécom (qui a sans doute ses défauts mais pas celui d’écrire comme une vache espagnole). Donc ce sont des margoulins étrangers et incultes qui tentent une approche. Donc tant qu’ils ne feront pas de progrès en français ils ne seront pas dangereux. Donc je supprime en toute légèreté de cœur : à la niche, les fraudeurs ! D’où mon blog d’aujourd’hui afin que vous vous en inspiriez à l’occasion. A demain, mes belins-belines !

                                                                  Lucette DESVIGNES.

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 09:43

Vous allez peut-être trouver que je distends par trop la notion d’actualité si, une fois de plus, je vous parle catalogues. Je ne peux pourtant pas laisser passer l’occasion qui m’est offerte par la dernière distribution postale (heureusement que la poste a encore la distribution de prospectus et catalogues à se mettre sous la dent, sans ça elle serait déjà contrainte à fermer boutique) : j’ai en effet trouvé de véritables perles dans les moutures récentes, mon devoir le plus strict est de vous en faire profiter. Il s’agit de ma part exclusivement d’un commentaire sur le style, je ne me prononce absolument pas sur la qualité des « produits » (puisque c’est la dénomination consacrée pour tout résultat de l’activité humaine). Ce n’est plus un sac à mains qui est offert en cadeau gratuit (là encore, selon la formule traditionnelle), c’est d’une montre, annoncée comme « une création hors du commun ». En effet, dès l’abord on se demande : « Est-ce au soleil qu’elle emprunte sa fascinante incandescence ? », ce qui est tout de même une réaction plutôt rare. Attendez la suite ! Car « son coeur bat au rythme de la sérénité pour vous dire que seule la perfection est digne d’illuminer le passage du temps ». On touche là aux profondeurs de la philosophie : « Son rayonnement vous projette dans un monde merveilleux où la légèreté des secondes éphémères exprime toute la beauté de l’instant ». C’est rudement bien torché, dites-moi, tout ça. Vous le voyez, il s’agit d’une « réalisation inspirée », qui « réinvente les codes du raffinement » : c’est que « l’élégance et la sensualité ont désormais rendez-vous pour donner à l’avenir une dimension nouvelle. », en « conjuguant l’attrait des performances à la volupté des formes et la préciosité des matières » Comme je vous le dis ! Et tous les détails s’y mettent, qui « resplendissent pour interpréter une certaine vision de la vie ». Voyez par exemple les aiguilles « tout en sobriété, qui semblent venir déposer, tour après tour, un accent sur le mot séduction ». Et même le remontoir « qui vient couronner la silhouette comme le ferait une pierre précieuse au centre d’un diadème ». Tout a été prévu pour vous sublimer, en quelque sorte. Demandez-la vite, c’est un cadeau gratuit sans obligation d’achat !

                                                                           Lucette DESVIGNES.

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 08:35

Nous pourrions, mes belins-belines, convenir entre nous d’une grille de corrections (comme on dit savamment des grilles de lecture pour décortiquer les écrits des  auteurs et ne point leur laisser plume ni laine sur le dos),  car trop souvent je m’aperçois de vétilles de frappe laissées dans mes textes à vous destinés, lesquelles vétilles devraient en toute honnêteté être rectifiées dare-dare. C’est que, comme dit une de mes amies, la main  va vite, s’occupant à suivre la pensée, elle laisse filer des choses dont par la suite on rougit violemment, mais c’est trop tard, c’est parti tout seul. Alors il y a bien sûr, dans le nombre, des bévues que le lecteur corrige sans même y prêter attention, une lettre à la place d’une autre, il n’y a que celui qui ne s’est jamais servi d’un ordinateur qui ne comprenne pas que cela se fait à l’insu de votre plein gré. Pas le temps de le voir, pfffuuuiiittt ! c’est déjà parvenu aux destinataires, et tant pis s’ils sont nombreux à se gausser (mais êtes-vous nombreux à vous gausser de mes erreurs de frappe, mes belins-belines ? je demande à voir, comme au poker). Et puis il y a les fautes dues à l’habitude des doigts, qui vous mettent des T alors que vous pensez S, vous exposant ainsi à l’opprobre devant les conjugaisons mal enregistrées…Bref, si l’on veut être irréprochable (et je sais que vous me passez au crible puisque je fais profession de vous donner le ton) il faudrait parfois ajouter à ses textes un addendum de corrections. Je vous propose donc de me l’appliquer (voyez mon honnêteté) en commençant chaque blog par les corrections de la veille. Parfait, on commence. Corrections d’hier : Ghiseh au lieu de Ghisah (mais c’est comme ça qu’on dit sur place) – Mykérinos au lieu de Mykéronos - une fois de plus au lieu de une fois de pus (lapsus symbolique du caractère venimeux de mes relations avec ces dames) – ne se ressemblent pas au lieu de ne se remblent pas (mais futés comme vous l’êtres vous aviez rectifié d’instinct). Pour prendre les bonnes habitudes : une autre fois, ces honnêtetés-là se trouveront en tête, aujourd’hui c’est seulement le lancement de l’opération. A demain !

                                                                                  Lucette DESVIGNES.

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 09:47

 

            « J’ai vu sur l’Acropole le soleil se lever », disait – pire : écrivait – ce farceur de Chateaubriand alors que, d’où il était, c’était impossible (mais il n’en était pas à ça près : si tout en haut de la pyramide de Chéops à Guisah  -la plus grande, naturellement : il ne se serait pas contenté de Kephren ni encore moins de Mykeronos – vous découvrez sa signature immortellement gravée, vous voyez là une écriture « Par ordre », c’était un bougnoul de sa caravane qui avait grimpé là-haut pour réaliser l’exploit, le maître regardait depuis son cheval). Donc il était entre nous question de lever de soleil. Plus modeste (mais moi je bois dans mon verre) j’ai vu sur l’horizon le soleil se lever, ce matin où par exception je me trouve debout juste aux aurores de tout le monde. Et ce que c’est beau ! Mon horizon, c’est la frange d’arbres   superbes (des frênes, très hauts, avec leurs touffes de gui à contre-jour ponctuées de   sauts d’écureils) qui bordent le parc s’offrant à ma vue dès que je lève le regard de mon ordinateur. Mais rien d’agressif ni d’appressant : la ligne d’arbres se détache sur l’horizon, séparée de ma fenêtre par un petit pré enclos de  thuyas au-delà de ma petite rue tranquille où les chats s’étirent à l’aise. Et c’était   rouge tendre, non point coquelicot ou vermillon, mais doucement tirant sur l’orange, une grande bande barrant les reliefs par derrière pour leur servir de faire-valoir, étirée sur tout la longueur et paresseusement virant au jaune doré puis      au citron pâle avant de se dissoudre dans un gris de perle bleuissant timidement jusqu’à se perdre dans les nuées. Et il en est resté une  luminosité chaleureuse, quelque chose comme un tout premier frémissement de printemps et non point l'annonce de la pluie ou de la neige, au risque de faire mentir une fois de pus les demoiselles de la météo. Ainsi les jours se suivent et ne se remblent pas - tant mieux pour moi, hier c'était pénible... A demain, belins-belines!

                                                                   Lucette DESVIGNES.

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 15:18

Aujourd'hui tout va mal, mes belins-belines. C'est comme ça depuis le matin, depuis mes confortables aurores à moi. Tout va mal. Je me suis levée avec mal au crâne, du pied gauche probablement (je n'ai pas vérifié sur le coup), j'ai voulu faire une commande sur un catalogue (ben voyons), le préposé aux commandes (qui devait cependant m'apporter en cadeau gratuit une montre ornée de saphirs et d'aigues-marines) a refusé mes références pour valider la commande (et comme chacun est monté sur ses grands chevaux on en est resté là - que vais-je bien pouvoir faire sans mes saphirs et mes aigues-marines?), je n'ai pas vu depuis hier le petit chat que je voudrais annexer à mon cheptel parce qu'il est sans domicile ni maître et qu'il vient goulûment s'empiffrer trois fois par jour sur mon palier moyennant quelques caresses, j'ai laissé passer le facteur qui d'habitude emporte mon courrier, si bien que j'ai un paquet de lettres qui traînent depuis déjà trois ou quatre jours et qui devront prolonger leur caractère d'urgence, j'ai perdu la première partie de mon blog (interrompu par un coup de téléphone - ensuite plus personne : où s'est-il bien enfui? j'ai donc dû recommencer sur nouveaux frais), j'ai reçu un téléphone très contrariant auquel j'ai répondu à peu près de même (ça arrive parfois, oui ça vous tombe dessus, et qu'y faire? à part faire le dos rond et courber les épaules que voulez-vous faire d'autre?). Même la kiné n'est venue qu'à midi, j'ai donc dû louper mes Eastenders de la mi-journée - tout le toutim, quoi, ou comme disent les Anglais "the whole bag of tricks". Comme mon rationalisme me pousse à trouver une raison à cette ambiance délétère, je suis toute prête à me forger des mea culpa déraisonnables - pourtant, évoquer que je me sois trompée de catalogue en emmêlant mes références ne me paraît pas aussi impensable que ça. Donc, la culpabilité en plus, même si elle est vénielle... Mauvaise journée, voyez-vous. Pourtant une belle petite lueur : un e-mail ami reçu vers midi ma félicite d'avoir dénoncé Valduc et les mensonges éhontés du secteur nucléaire - ça vous regonfle. Je vais donc tâcher de reprendre du poil de la bête pour vous parler demain plus sereinement. A demain donc, sursum corda!

 

                                                                                                                                                         Lucette DESVIGNES.

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