Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 11:27

    Quand j’étais petite fille, j’ai souffert pendant toute une saison d’avoir un gilet aux manches trop courtes qui laissait passer les poignets de ma blouse d’écolière sans parade ni correction possible. J’avais beau les étirer, ces manches, rien à faire – la honte demeurait, comme demeurait celle ressentie parce qu’un manteau traîné depuis trop d’années se mettait à jouer de la courtiaude, comme disait mon père qui ne voyait dans cet étagement       de longueurs que matière à facétie. Quelque chose de dessous qui « se voyait », qui « dépassait », et c’était l’humiliation durable. Je suppose que toutes les autres de ma classe ou de mon école étaient logées à la même enseigne : on mettait ce qu’on pouvait mettre, même avant la guerre et le rationnement des vêtements, on le mettait longtemps, ou on mettait ce que les aînés avaient dû abandonner, bref c’était déjà à la guerre comme à la guerre et je n’étais pas seule à souffrir. J’imagine que personne des générations plus jeunes ne doit comprendre, car il semble qu’au contraire plus il y a d’étages surajoutés, plus c’est à la mode du temps. Paletot sans manches par-dessus  un corsage aux manches ballon sous lesquelles s’étirent des manches longues (souvent assez longues pour couvrir une partie des mains et même des doigts), avec effet répété au niveau inférieur, le paletot dans son rôle de boléro (« petit veston trop court », chantait-on pour parodier le grand succès de – de qui, grands dieux, mais de qui donc ? Dario Moreno peut-être, le célèbre casseur d’oreilles, ou  son non moins célèbre rival, le meurtrier déchire-tympans Luis Mariano : vous voyez qu’on avait le choix, en ces temps d’abondance) le paletot, donc, se limitant juste en dessous de la poitrine, laissant apparaître du corsage juste ce qu’il faut pour montrer qu’il est trop riquet pour atteindre la taille, auquel niveau un T-shirt prend le relais pour descendre jusqu’au pubis, puis s’efface au niveau fessier pour donner du relief à un jean dont on a coupé les jambes à l’aine : la pudeur est sauve puisque les cuisses sont recouvertes d’un caleçon qui peut, généreusement, descendre jusqu’à la cheville.      Vous vous représentez l’étagement des couleurs, matières, dessins etc. j’espère ? C’est du vrai : en plus qu’on en empile et que ça se voit, en plus que c’est beau. Optez pour l’orangé, le violet, le vert sapin et le marron : je vois souvent ces panachages, c’est tout plein joli. Le plus beau, je l’ai vu aujourd’hui : à peu près ce que je vous ai décrit, mais le caleçon blanc s’arrêtant au genou avec un large nœud en dentelle. La femme qui portait ce charmant ensemble avait au moins soixante-quinze balais,  de quoi me faire regretter de ne pas avoir osé lui demander chez quel tailleur elle s’habillait : on ne sait jamais, des fois que j’aurais une sortie…

                                                                                       Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 11:34

   

            J’ai beau chercher comment le prêcheur désormais en prison (où il a écrit sur le mur « Sorry » avec ses ongles en sang avant de rendre sa bible au gardien) a pu abuser la police si complètement. On a tout de même repêché la voiture, avec le corps de la prétendue suicidaire, et même son portable où le meurtrier avait écrit « I’m sorry » comme un dernier message d’elle à ses enfants demandant leur pardon pour son geste - ou ses gestes, plutôt, puisque se suicider équivalait pour elle à l’aveu du meurtre de son  ex-mari le matin de son remariage, et pourquoi pas (puisqu’elle en avait déjà été soupçonnée longuement) celui du meurtre de l’ex-femme de son mari le prêcheur pour avoir la voie libre (vous avez peut-être un peu de mal à suivre, mais avec un petit effort vous y arriverez sûrement). Raffinement jusque dans les détails, certes. Mais le corps ? le corps, tout de même ? Je sais bien qu’on a accepté à la morgue seulement les  plus proches de la famille (donc pas le grand-père qui aurait pu dire son mot) et que les deux filles ont refusé de voir leur mère sous forme de cadavre de noyée. Donc, seul une fois de plus pour cette reconnaissance, le prêcheur-mari-triple meurtrier a pu reconnaître sa femme sous les traits de n’importe qui. Mais quel n’importe qui ? On ne dispose pas comme ça d’un cadavre qu’on fait passer pour un autre. Alors là, coup de maître : on avait pu auparavant craindre les gestes déséquilibrés du prêcheur racolant ici et là des prostituées pour les convertir – au besoin les étrangler si elles regimbaient -, même que, alors que son épouse le soupçonnait de la tromper, il lui fait découvrir dans un local squatté une de ces malheureuses qui, totalement obnubilée et l’esprit tordu par la peur et le chagrin, démontre à la femme qu’elle s’inspire de la bible et de la religion pour mettre à profit son enfermement et regrette sa vie de débauche. Serait-ce là l’origine du corps reconnu comme épouse suicidaire ? C’est la seule solution possible, mes belins-belines. Je vous tiens au courant de la justesse de mes divinations dès que j’en ai confirmation. A demain !

                                                                                                   Lucette DESV IGNES.       

 

 

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 10:22

Je n’ai pas pour habitude d’encenser le sabre ni le goupillon. Au contraire, je les découvre régulièrement en fraternelle complicité, s’agitant l’un et l’autre dans la même direction, à savoir, l’écrasement des faibles (soit directement par la force, soit plus subtilement en leur prêchant la résignation muselante) et la glorification des puissances en place. De ce jugement global j’excepte naturellement les militaires – quelques-uns – qui en rebelles ont rejoint Londres ou peu à peu organisé la Résistance, à côté des mouvements plébéiens qui d’instinct avaient déjà pris le maquis, ou les quelques prêtres qui à titre personnel ont entrepris de cacher des Juifs ou d’aider les combattants de l’ombre. Il y en a eu, mais oui – pas des masses, mais quelques-uns. Je le reconnais de bonne grâce, en regrettant qu’on doive traiter des individualités au lieu d’applaudir à des manifestations en bloc qui auraient autrement eu de l’ampleur et du mérite. Mais justement parce qu’on parle de mérite, j’aime et j’honore ce geste d’un  prêtre qui vient de rendre sa médaille du mérite au Président de notre République, à cause de ces refoulements insanes de Roms chassés de leurs camps et lancés sur les routes avec leur petit bagage à la main. C’est un geste symbolique, mais d’un prêtre catholique au gouvernement actuel ce n’est pas mal, J’approuve, comme j’ai jadis approuvé la proclamation de repentance d’un prélat (peut-être même était-il évêque, ce qui serait bien mieux encore) pour les années de complicité vichyste de l’Eglise : geste accueilli avec froideur par l’Eglise, justement, qui n’en aurait jamais voulu faire autant et qui prenait cette initiative pour une remontrance personnelle à sa lâcheté et à son silence. Le terme de repentance à lui tout seul a des connotations d’un mysticisme qui me reste totalement étranger, mais ce que j’en apprécie c’est le fait de s’opposer à ce qui s’est imposé comme politique admise. Qu’un prêtre se dresse devant son autorité de tutelle ou devant le gouvernement, tout seul, c’est fort bien. Gageons cependant qu’on nous en parlera moins que des prêtes pédophiles : mais c’est certainement que d’un côté il y a pénurie tandis que de l’autre il y a pléthore…

                                                                                         Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 13:51

Il flotte encore dans l'air un parfum de vacances, malgré Bison futé, car s''il voit rouge dans le sens Province-Paris pour ce week-end,  il voit rose et presque vert dans le sens Paris-Province,  signe évident pour lui que le plus gros du troupeau est rentré, mais tout de même, me semble-t-il,  certains ne s'avouent pas vaincus dans leurs projets d'été et entendent bien rattraper leur retard sur les autres. D'ailleurs le beau temps leur donne raison et m'incite personnellement à ne pas encore aborder sur mon blog des sujets qui fâchent, comme ceux que la rentrée nous tient bien au chaud en réserve pour arrosage automnal. Je n'irai pas aujourd'hui jusqu'à me cantonner dans la gastronomie - surtout qu'en bonne végétarienne j'ai  quand même dû fort rétrécir mon domaine culinaire - mais j'aimerais rester dans le voisinage, à vous parler d'assiettes. Non point de vieilles faïences comme j'aime en avoir sur mes murs (entre les toiles et les gouaches on peut encore trouver un peu de place ici et là), mais bel et bien de dimension d'assiettes une fois garnies. Je dois dire que lors de mon premier contact - qu'il y a longtemps,  mon dieu mon dieu, qu'il y a longtemps! - avec un banquet de samedi soir outre-Atlantique (c'était au Canada de l'Ouest, très américanisé malgré son orgueil à se proclamer une "mosaïque d'origines" et non point "un creuset de nations"), j'avais été presque effrayée par la dimension des assiettes nous présentant une tranche de boeuf : c'était aussi volumineux qu'un grand plat à omelette de chez nous,  quand il y a huit ou dix convives autour de la table. La disparition rapide de la tranche de boeuf m'avait aussi épouvantée,  pourtant il m'avait ensuite bien fallu m'y habituer. De l'autre côté de la frontière, aux USA soi-même, la norme des assiettes demeure impressionnante; j'apprends qu'elle ne fait que croître en fonction des appétits moyens : le diamètre standard était de 23 cm en 1963 (pour votre information, la plus grosse casserole de nos séries, la N°5, mesure 22 cm) , le voilà augmenté d'un tiers en 40 ans, ce qui doit faire un bon 30 cm. Assez pour contenir un gigot entier, ça vous donne une idée. Et on s'étonne qu'ils soient obèses, et eux s'étonnent qu'on les trouve obèses...Je suis frappée, par contre-coup, de cette généralisation de l'enflure, de l'augmentation dirait Pérec : moi-même je me sens troublée quand je retrouve par hasard la poële dans laquelle j'ai vu pendant toute mon enfance ma mère faire cuire le bifteck ou l'escalope de midi pour quatre... C'était avant la guerre, mon frère et moi n'étions alors pas bien grands, mais tout de même! Je l'ai retrouvée l'autre jour, cette poële des déjeuners de la famille, j'y ferais tout juste cuire deux oeufs miroir...Mais peut-être, pour faire selon nos modes contemporaines du toujours plus grand, les oeufs de maintenant sont-ils plus gros...

                                                                                                                      Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 10:53

Bon. Tout est rentré dans l’ordre, ou à peu près. La prisonnière s’est échappée,

profitant de l’accablement passager de son demi-dingue de mari (qui lui proposait leur double suicide afin d’arriver à une fin honorable laissant entier le mystère des assassinats) et, sale et dépeignée, sort enfin en plein air. Mais retrouver le cocon familial n’est pas si simple : une de ses filles la repousse d’abord comme revenante, puis refuse de croire en la culpabilité du père. Un de ces huis-clos dont le cinéma raffole s’établit alors, une fois le pasteur rentré à son tour au bercail. Ses manières hurluberlues de rejeter toute la responsabilité de ces diverses morts sur sa femme démontrent qu’il est en pleine démence, et sa violence devient redoutable pour tous, surtout quand il se met à déménager la télévision par la fenêtre (c’est au rez-de-chaussée, mais tout de même ça fait désordre).Il n’y a que la police qui pourrait mettre fin  à cette tension (en outre il a pris en otage l’une des filles et menace de lui trancher la gorge si quelqu’un s’avise de faire venir les soutiens de l’ordre). Efficace suspens : la semi-minus du coin vient demander un numéro de téléphone, le grand-père sous couleur de l’obliger écrit « Call police » sur le carnet qu’elle lui tend. L’itinéraire de ce carnet, jamais consulté à la bonne page, tombant du landau de promenade du bébé, perdu sur la chaussée et récupéré in extremis, illustre parfaitement la force du suspens, à cause de ces répétitions en escalade d’ouvertures sur l’espoir qui se révèlent toujours vaines ; en fait, la page du carnet ne sera ouverte et son appel au secours lu qu’au moment où la police toutes sirènes hurlantes s’arrête devant la maison, pour en ressortir avec le prêcheur dûment menotté. Je prévois qu’après cette tension le récit va « laisser reposer » quelque temps la situation explosée, histoire de faire se recoller les morceaux et peut-être surtout de passer à d’autres intrigues ; il reste pourtant quelques détails de vraisemblance sur lesquels mes dents s’énervent, j’espère qu’ils ne vont pas passer aux profits et pertes, puisque c’est là l’étiquette qu’on donne très officiellement au gouffre où tout s’anéantit sans distinction de sexe ni de primogéniture, comme on  dirait savamment en droit.

                                                                                    Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 11:04

On y revient de temps à autre... C'est un peu au gré des aspects frappants que j'en relève ici ou là, mais surtout à la BBC où ma fidélité de spectatrice amusée - même dans les pires moments d'épanchements lachrymaires - fonctionne toujours avec le sens de l'analyse. Et je vous assure que la pêche est souvent excellente, indépendamment du niveau       intellectuel parfois déficient (surtout, d'ailleurs, dans les épisodes de remplissage : on perçoit très nettement leur fonction de bouche-trou quand l'action principale a besoin d'un peu de temps pour se dérouler à loisir, et cela me rappelle le sérieux avec lequel un vieux réparateur de machines à coudre disait qu'il "fallait laisser reposer" après qu'il avait mis un peu d'huile à graisser les wagonnets dans les abysses du mécanisme d'habitude caché sous un petit volet facile à tirer mais seulement quand c'était nécessaire). A d'autres moments au contraire, au lieu de "laisser reposer", on précipite le rythme pour mieux frapper de surprise. Ainsi mon prêcheur, assassin de sa première femme puis du premier mari de sa seconde femme le matin même de ses noces, après avoir établi le suicide de cette dernière (voiture  noyée, cellulaire demandant pardon à ses filles en dernier message, disparition troublante de la femme au sortir d'un interrogatoire de police) en procédant à la reconnaissance du corps à la morgue, puis à l'assemblée funéraire avec prêche, prières, chants baptistes etc.; après avoir laissé s'établir dans la famille et parmi les connaissances   l'impression d'horreur de sa mort, non seulement le suicide mais encore sa cause, à savoir l'aveu de toute évidence fait à la police qu'elle avait tué le premier mari pour épouser l'autre (vous suivez, j'espère?), mon prêcheur diaboliquement assassin, donc, nous entraîne dans les ténèbres d'une maison à démolition imminente pour nous laisser découvrir que ladite femme faussement accusée - mais devenue dangereuse pour lui car elle avait compris les crimes de son  époux - est maintenue prisonnière, avec juste un peu de nourriture qu'il lui porte chaque jour et un mauvais matelas. Ne m'assaillez pas avec vos questions, mes belins-belines : quel corps a été montré à la morgue, comment tout cela a-t-il pu se passer matériellement, pourquoi la police n'a-t-elle pratiqué ni autopsie ni vérifications d'identité - je n'en sais pas plus que vous, mais j'angoisse! Inutile de vous préciser que dès demain je vous tiens au courant des développements de l'intrigue, comptez sur moi.

                                                                                                                                         Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 10:57

C’est ainsi que la question se pose pour moi, qui ne sais pas bien tirer parti des ressources pourtant formidables de l’électronique et qui tâtonne piteusement en face des manipulations les plus simples pour le niveau école maternelle. Ou bien je bloggue directement sur Internet, avec choix de caractères qui ne m’obéit que fugacement (je n’ai pas le temps de cliquer que les propositions diverses se sont déjà enfuies) et toute sorte d’inconvénients imprévus me tombent sur le paletot, se terminant souvent en ping-pong catastrophique que j’aurais envie de refouler à grands coups de marteau (il paraît que ça ne se fait pas, alors je ronge mon frein en silence mais ça n’est pas non plus la bonne méthode pour remettre les choses en marche). Ou bien je ponds mon texte de blog sur Word et à l’aide de quelques tours de passe-passe qu’on m’a indiqués à plusieurs reprises et dont j’ai fini par adopter le déroulement   docile (si vous voyiez comme je clique droit, comme je coupe, comme je copie, comme je colle, vous n’en reviendriez pas), j’arrive, parfois péniblement, à le transférer où il doit théoriquement atterrir. J’espère que pour prendre connaissance de mes dernières élucubrations, surtout celles qui sont destinées à vous enrichir et vous donner, sinon la tête bien pleine, du moins la tête bien faite, vous n’avez pas autant de mal que moi j’en ai à vous viser. Après tout, vous devez tous être des experts en ordi, au contraire de moi qui ai d’abord appris à écrire avec un crayon et du papier à réglures (je ne vous dis pas à quel moment se situait cet apprentissage, vous ne me croiriez pas). L’univers dans lequel j’ai dû me plonger pour établir le contact avec vous, mes belins-belines, me reste étranger en dehors de quelques gestes de routine. Imaginez que j’en suis encore à découvrir que les caractères gras dans les messages indiquent que je ne les ai encore pas lus… Pour un peu je dirais « mais comment font-ils pour savoir si je les ai lus ou pas ? ». Vous voyez où j’en suis. A demain.

                                                                                           Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 08:24

     J'avoue, oui! Je ne vous ai rien dit ni chanté ni sifflé hier, même tard dans la soirée. Un  écrivain, ça écrit, c'est même fait pour ça (donc j'ai écrit, mais pas forcément en votre direction) .En aucun cas toutefois il ne faudrait croire qu'il se contentât (oui, ât, à cause du conditionnel de la principale) de ces quelques aimables babioles sur le web à vous adressées pour remplir sa journée. Il a d'autres choses importantes à faire, ou si l'on veut d'autres chats à fouetter (et là, croyez-moi, je m'y entends et ne voudrais céder ma place à personne). Je ne sais d'ailleurs pas si de brèves interruptions, peu à ^peu devenues régulières dans mon débit, ne vont pas s'institutionnaliser, comme le dit mon cardiologue à propos de ma fuite à l'aorte : le onze que je reçois comme note ne m'incite guère à continuer. Autrefois, quand je mettais 11, je trouvais que c'était si médiocre que j'en avais un peu pitié; je mettais volontiers un 11 pour l'encre et la feuille de papier. Alors imaginez un peu! Me retrouver notée aussi peu glorieusement (et par qui, dites-moi? hein, par qui?), c'est un élément de découragement voire d'abandon. Il paraît d'ailleurs que j'hérite de ce 11 parce que vous ne vous manifestez pas par la voie indiquée, mes belins-belines : certains d'entre vous qui ont la bonté de me faire part de leurs impressions - ceux qui tiennent le coup au bout de quelques mois, ou qui ne se sont pas froissés d'une chose ou d'une autre qui les aurait atteints au passage, à l'insu de mon plein gré naturellement - communiquent avec moi par mon e-mail... C'est bien gentil et j'apprécie, mais l'Administration noteuse n'en sait rien du tout et ne tient compte que de ce qui passe entre les mains de sa censure. Etre dans le top des blogs ne m'est jamais apparu comme un but dans l'existence (vous savez d'ailleurs que j'ai trop longtemps vécu sans que le web, ses pompes et ses oeuvres eussent - oui, eussent - place dans mes habitudes ou mes réflexes). Mais tout de même, traîner à la queue du cortège, cela me rappelle le Lycée Papillon où le cancre majuscule est tout content d'être près du radiateur. Au fait, j'extrais des sublimes paroles du dernier couplet de quoi me remonter le moral : "Et puis comm'  plus tard, je serai ministre, / Moins je s'rai coté, plus j'aurai d'valeur!" Voilà de quoi me ragaillardir à point nommé : j'ai toutes mes chances pour être en piste au prochain remaniement prévu pour bientôt.

                                                                                                        Lucette DESVIGNES.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 12:46

            Mes belins-belines, je ne vous ai entretenus de mes aventures en vers de mirliton avec une de mes connaissances que je prenais à tort pour quelqu’un d’autre (à cause d’éléments communs qui pouvaient détourner mon jugement de son habituelle voie lucide), je ne vous en ai parlé et même raconté les détails, donc, que parce que j’ai jugé que cela pouvait vous amuser. Pendant ce temps hélas, les Roms continuent à être refoulés d’un peu partout, regroupés sous la pluie ou l’orage quand il y en a, privés même, semble-t-il, de leurs caravanes puisque les tracteurs et engins de déblayage avaient eu l’air d’intervenir docilement. Ainsi donc, parce que le petit chef a sifflé avec son sifflet à roulette, tout le monde obéit ? Avez-vous bien vu l’adjoint du petit chef qui fait les comptes à voix haute et ferme devant son micro ? 300 moins 12 ça fait 288, à ce rythme-là rassurez-vous bonnes gens, on en aura vite fini de ces Roms et de leurs camps et de leurs caravanes et de leurs adresses flottantes, vous pourrez dormir en paix, je vous le garantis, on vous a promis la sécurité, on peut guère vous l’offrir côté banlieues mais côté Roms ça va tout seul, y sont pas armés, y sont même pas hostiles, y se défendent même pas, les plus récalcitrants, voyez-vous, c’est les gens qui prennent fait et cause pour eux, ah ceux-là sont plus nerveux mais dites-moi de quoi je me mêle, hein, au lieu d’aller à la pêche et de laisser les Roms se débrouiller avec les parents de la fille ? Y en a toujours qui veulent se faire remarquer. Pasqu’ils ont honte d’être Français, qu’ils disent des fois – eh ben c’est à ceux-là qu’on devrait retirer la nationalité française, puisque ça leur ferait plaisir. Faudrait une loi pour ça, on va penser à ça dès la rentrée, vous allez voir si on met pas de l’ordre dans la maison.

                                                                                  Lucette DESVIGNES.

           

           

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 11:23

            Vous devinez la suite, mais sans doute pas dans tous ses méandres. Une première « adresse » en vers restée sans réponse : pourquoi ne pas persister et signer ? Donc je persiste  et signe. Deuxième suite lyrique en beaux alexandrins qui coulent de moi comme les imparfaits du subjonctif : six ou sept strophes blagueuses, en mirlitonnade un peu déjantée mais heureuse de vivre. Rappelant ce que je crois être le monsieur, et pourquoi il s’abrite derrière  l’anonymat alors qu’il dispose de trois noms (élément de base, mais fourvoyant), et variant les rimes et, sinon les rythmes (l’alexandrin est si naturel qu’il coule de source et s’impose sans peine), du moins les arrangements internes, et opposant plaisamment nos deux obstinations, moi dans mes écritures, lui dans son mutisme. Toujours le même silence, à tel point que cela devient le thème principal de ce dialogue versifié auquel le destinataire refuse toujours de répondre. Mais si cela ne le concerne point, que ne m’avise-t-il de mon erreur ? Autrement, cela devient presque du détournement de courrier,  de l’indiscrétion, de l’abus de pouvoir – de l’abus du droit : cela, il sait pertinemment ce que cela veut dire et comment cela fonctionne. Pourtant il continue d’abuser tandis que je continue mes mirlitonnades. Lequel des deux va céder le premier ? Par-delà les Amériques, imaginez un peu ! Et cela dure, cela dure… Jusqu’au moment où – tenez-vous bien ! – Monsieur S.C. soi-même m’écrit, me dit qui il est, comment et pourquoi il me connaît… Et naturellement Monsieur S.C. n’est pas du tout le monsieur auquel je me suis adressée si amicalement pendant si longtemps. Cela me rappelle un cercle de famille où chacun doit raconter une histoire ; le petit garçon, présent au dessert, a le droit de raconter la sienne. Il dit « Toujours rien ! ».  On s’étonne : qu’est-ce que ça veut dire ? Alors il explique . Il ne fait que reprendre les dires de son père, qui après avoir demandé à la bonne : « Alors ? » et s’étant entendu répondre « Toujours rien ! »  a ajouté : « En voilà une histoire ! ». La mienne est moins salace, mais elle vaut bien son pesant de moutarde (de Dijon, bien sûr, la Coleman’s French Mustard malgré sa vogue outre-Manche ne vaut pas tripette).

                                                                                          Lucette DESVIGNES.

 

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens