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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 18:31

 

 

            J’écoutais l’autre jour – avec quelle attention, mes belins-belines ! – Monsieur Coppé qui expliquait la position du parti gouvernemental par rapport au Front national, avec des « ni… ni… » aimablement éloquents. Eh bien, mes belins-belines, il a dit qu’il se rappelait de quelque chose (je ne sais même plus quoi, vous savez bien que pour moi quand la grammaire est meurtrie mon sang ne fait qu’un tour et me rend aveugle à toute autre considération !). Oui, il se rappelait de quelque chose, et il voulait que nous nous en  rappelions aussi ! Il n’a pas employé de « voire même », lui, mais je ne sais plus quel ministre l’a fait, presque dans la foulée. Il y a eu collectivement un effort fait en direction de « pallier » :  on ne pallie plus trop à quelque chose même chez les présentateurs de télé,  on se contente de pallier, mais la presse écrite locale ne perd pas ses repères facilement et ça fait grincer des dents (si j’écrivais dans la presse locale, d’ailleurs, je mettrais ici une cédille pour mieux faire grincer, et peut-être même que j’aurais parlé un peu plus haut  du difficile abandon des repaires – on voit ça dans le meilleur monde, hélas !).  Et ce mirifique « c’est de ça dont je vous parle », qu’on entend si souvent,  qu’on trouve aussi si souvent écrit… Je vous livre ces réflexions mélancoliques, mes belins-belines, pardon !  mais il y a des jours comme ça où j’ai mal à ma langue française (j’ai bien le droit, puisque d’aucuns ont mal à leur France). Sursum corda et à demain !

!.

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lucette desvignes
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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 09:29

            Je vous ai souvent entretenus, mes belins-belines, de la flexibilité et du flou des fonctions d’état-civil dans mon soap anglais favori, pour qu’on puisse revenir sans surprise au déroulement actuel du feuilleton. Et n’oublions pas qu’il est censé se dérouler au jour le jour, Noël le 25 décembre, Pâques après les Rameaux et les noces princières dans quelques jours. Je crois qu’en plusieurs années j’aurai vu tout l’attirail possible de ces célébrations. Un mariage pakistanais faisait date, certes, avec cheval et costumes éblouissants – pour ne rien dire des défilés de rue et des danses auxquelles tout le monde participe. Mais j’ai vu aussi les mariages-tempêtes, où l’argent destiné à payer l’hôtel ayant été volé – on ne sait toujours pas bien par qui – la grandiose réception est supprimée et les invités mis à la porte. J’ai vu un mariage interrompu au moment de la formule « Si quelqu’un connaît un obstacle à ce mariage, c’est le moment pour lui de s’exprimer » : le futur évincé, sûr que la mariée n’a fait qu’être séduite par la belle situation du marié, clame son amour depuis la galerie de l’orgue et la cérémonie est bel et bien remise à plus tard (c’est ce même futur le marié, cette fois-ci, et l’accord officiel se fait dans le bistrot de la Vieille Reine Vic, avec agenouillement devant la mariée pour une demande publique entérinée par les amis et connaissances et, ma foi, pas d’officiant religieux mentionné). J’ai vu aussi deux mariages célébrés en même temps, l’un somptueux, le second tout modeste – ce qui n’empêchait pas le marié de tomber d’un toit (oui…) le soir même. Cette semaine j’ai eu en prime les palabres de deux vieux ménages qui veulent régulariser la situation mais dont les disputes durent jusqu’au dernier moment, les amis attendant, certains sur leur trente-et-un, les autres sortant du marché, les mariés habillés en quatrième vitesse, tandis que l’autre couple, voulant profiter du battement dans l’horaire d’une célébration en retard, tente de négocier son propre passage en vitesse devant l’officier de l’état-civil – sans résultat : prise de court devant cette bousculade imprévue, la conjointe non seulement refuse cette précipitation mais encore annonce à l’impatient son intention de le quitter, dont acte. Aucun rapport avec les mariages à la française dont regorge le cinéma de papa,  chaque metteur en scène trouvant le moyen de faire original malgré les embûches. Ah ! le cinéma de papa… 

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lucette desvignes
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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 10:32

 

 

            Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir, c’est bien connu. Mais le matin aussi, mes belins-belines ! Même s’ils appartiennent à un module différent (la pub, vous le voyez, finit par déteindre sur mon élocution) et pas toujours poétique : ainsi le ronronnement spasmodique du camion des éboueurs, s’étouffant devant chaque  maison pour laisser place au bruit d’engloutissement dans la benne, me sert volontiers de calendrier (même que le jeudi je sais toute la journée quel jour nous sommes, car le tintement cristallin du verre glissant hors des poubelles de même couleur – ha !ha ! – indique qu’on approche de la fin de semaine ). Au passage, ce « de même couleur » me remet en mémoire, tout au début du « Rendez-vous de Senlis », l’énumération de l’inventaire fait par une propriétaire au moment de louer son appartement : « avec des embrasses de même métal », énonce-t-elle avec autorité – mais personne ne peut savoir de quel métal il s’agit, il n’a jamais été mentionné auparavant …. Oui, les sons du matin sont différents, mais les parfums aussi :  par exemple, l’odeur de miel qui naît des haies de laurier-cerise avec ses milliers de candélabres couleur d’ivoire possède le matin des envies de domination, ou des curiosités, qui lui font investir toute la maison par les portes et les fenêtres ouvertes au grand large, on croirait que ce parfum de miel est aussi fluide et culotté que la lumière du soleil qui s’insinue partout – le soir il stagne lourdement et se plaque, plein de lassitude, aux alentours de la haie, songeant davantage à son repos nocturne qu’à son esprit de conquête de la matinée. Et l’odeur de l’herbe le matin, acide et tendre, et celle des feuilles en train de se déplier en des verts pâles à peine colorés… Et on n’est pas encore arrivés à la frénésie des marronniers, quand tout le quartier sera rose et que les senteurs s’empareront de  tout son territoire. C’est alors qu’il sera question de valse mélancolique et de langoureux vertige. Pour l’instant, ni mélancolie ni langueur : la jeunesse du renouveau est comme la littérature en coup de poing de l’Amérique, elle fonce, elle s’impose. Profitons de son énergie : il sera toujours temps d’en évoquer le souvenir lorsqu’elle ne sera plus.

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lucette desvignes
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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 10:14

Ma parole, vous allez croire que j’en veux mortellement à ce pauvre Dickens, mes belins-belines ! Certes non – qui suis-je, d’abord, pour porter des jugements aussi sots que grenus sur l’un des plus grands écrivains du XIXème siècle ? Mais que voulez-vous, rien ni personne ne peut m’empêcher de comparer avec les grands de chez nous à la même époque, et malheureusement la comparaison ne se fait jamais qu’à son désavantage, même si chez les nôtres aussi il faut faire de l’élagage et du rajeunissement : avec lui ça ne suffirait pas ! J’ai tenu à aller jusqu’au bout de ma lecture de « Barnaby Rudge », qui pour moi était une première. Combien de fois ne me suis-je pas gourmandée de cette obstination sans joie, de cette opiniâtreté qui ressemblait à un pari ! Je croyais pourtant, avec ce roman historique traitant des émeutes contre les papistes menées à Londres pendant quelques jours en 1780, m’avancer en terrain solide. Las ! Rien ne m’a charmée ni intéressée le moins du monde… Les intrigues annexes greffées sur ce fond de tableau sont mièvres, sans tenue, souvent risibles ; les caractères conventionnels, mal dessinés, sans progression valable s’il s’agit de faire faire volte face aux personnages dans leur comportement en famille. Les bandits, de la plèbe ou d’un ou deux crans au-dessus, sont ridicules, nantis de tics de langage et de mentalités sans aucune vérité qui sont délayés sans pitié pour le lecteur. Quant aux scènes de foule – on pense à Zola, à Flaubert, à Hugo – elles sont consternantes, leur traitement est répétitif, gauche, sans dynamisme, elles qui devraient envelopper et entraîner le déroulement de l’intrigue première jusqu’à une conclusion plus ou moins cosmique. Las de nouveau ! Et les dialogues improbables, aux répliques interminables, bavardes, lassantes ! Et la maladresse des interventions de personnages secondaires, des évolutions peu crédibles de sentiments, le tout au milieu des larmes et des sanglots – tout cela pour finir dans les réjouissances puisque les couples sont formés, le simple d’esprit sauvé du gibet in extremis et la suivante indélicate remerciée… Ouaff Ouaff Ouaff ! Mes belins, mes belines,  n’allez pas là-bas (comme on disait en 14 quand on était réfractaire au service armé).

 

 

 

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lucette desvignes
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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 11:44

 

 

            Qu’on l’appelle Trombine ou Compagnon Office (d’ailleurs quelle association bizarre ! Il vaudrait mieux Companion Office, à prononcer à l’anglaise mais de sens évident, plutôt que cette juxtaposition franglaise dans le désordre), je ne vois pas pourquoi on me priverait du gif (je crois qu’on dit comme ça) qui se tortille dans la marge droite de chacune de mes pages. J’ai un faible pour ce Trombine aux yeux si expressifs ; je sais quand il soupire, quand il s’énerve, quand il boude, cela m’entretiendrait volontiers le moral lorsque je tâcheronne – oui, mes belins-belines, ça m’arrive de tâcheronner, comme à tout un chacun. Je ne le changerais pour rien au monde contre un petit chien, si éveillé et drôle qu’il soit. Moi je m’en tiens à mon  Trombone aux souplesses insoupçonnées, plein d’humour et d’impatiences obéissant à des schémas variés, qui sait si bien ribouler des quinquets, comme on dit chez moi, ou se gratter la tête. Et je persiste à dire que je ne vois pas pourquoi on m’en priverait. Cela arrive de temps à autre. Ainsi ce matin (et je n’oserais prétendre qu’il dormait encore à poings fermés, mes aurores étant quelque peu faisandées ; je craindrais plutôt d’avouer qu’il ne soit allé se restaurer par lassitude de m’attendre jusqu’aux alentours de midi) ainsi ce matin il n’a pas fait son apparition sur tapis de sol en toboggan, pour se retrouver tassé en un mini-monticule tous abatis repliés : eh bien il me manque, na ! Et quand je trafique dans la boîte à outils où je m’aventure parfois à aller fouiller puisqu’on m’y incite à mes risques et périls, qu’on ne me fasse pas cadeau, par compensation, de la grosse bouille rouge de la citrouille réjouie qui depuis quelque temps sévit à sa place ! C’est vrai qu’elle est disponible, et rapide, et discrète, qu’elle ne manque jamais d’enregistrer alors que le trombone n’en était pas à un caprice près de ratage par omission. Mais c’est mon Trombine que je veux, et j’en ai le droit, non ? Et quand je vois qu’à mes demandes frénétiques il est sèchement répondu qu’il se trouve sur un logiciel dont on me donne obligeamment le numéro alors que je ne suis apparemment pas sur la bonne voie, pour un peu ça me rendrait dolente pour toute la journée.

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:48

 

 

            C’est l’heure la plus belle de la journée, c’est l’heure où les tulipes se taisent. Elles ont chanté  toute la matinée, elles ont pris leur bain de soleil l’après-midi, il ne leur reste plus qu’à se recueillir avant la nuit. Elles cessent de s’étaler comme à la plage, elles redeviennent raisonnables, modestes, pudiques, elles se referment pour garder de leur beauté pour demain. On les devine se repliant sur leur vernis, comme pour en préserver le brillant sans lui permettre de s’user sous nos regards de voyeurs. Demain leurs couleurs jailliront dès l’aurore, et rien ne sera plus bouleversant que de les voir remises toutes droites, toute langueur abolie, taches vermillon ou jaune soleil éclatantes, rose pâle et rose plus soutenu, vieux rose lavé de citron clair, flammèches coquelicot barbouillant  - avec quel art ! -  l’ivoire de base, blancheur acidulée dont la dentelle est un friselis de givre qu’on a envie de toucher mais qu’on redoute de faire fondre sous le contact. Et puis il y a les tardives, les violettes de toutes les nuances, qui semblent vouloir prendre la relève des dernières jacinthes en une compétition décalée où les camaïeux évoquent une palette de barbouilleur inspiré par les coloris demi-deuil…Les anémones se poussent du col, elles préparent chaque soir en baissant la tête la récolte bariolée du surlendemain, avec ses collerettes Henri III (vous voyez bien que moi aussi je pourrais faire du roman historique si je le voulais) et ses brillances veloutées.. Les cœurs de Marie, en fond de tableau, s’évasent en un jaillissement irrépressible  - est-ce qu’eux aussi se sont mis à sentir bon,  du Coco Chanel ou du Dior destinés à attirer le baiser des hommes ? C’est beaucoup plus platonique dans mon jardin, mais c’est encore plus ineffable. L’ennui est que cela ne dure pas, il faut le surprendre et s’en gorger avec autant d’habileté que pour voir le rayon vert.

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 09:18

 

 

            Quand on se lance dans l’étude de Job (non pas le papier à cigarettes pour fumeurs artisanaux, mais le désespéré de la Bible qui continuait à croire au milieu des pires épreuves), il faut se préparer à s’enraciner autour de son fumier (qui n’est que cendres séchées, mes belins-belines, et non raclures de sols d’étables comme on le croit à l’étourdie) donc se préparer à séjourner longtemps en Judée et en Israël, quitte à tâcher de tracer les frontières de l’entreprise indépendamment de la géographie ethnique actuelle. Les bibliothèques ne connaissant ni frontières ni préjugés et les jésuites ou les dominicains s’y rendant absolument indispensables, la quête de Job se fait surtout dans les bribes de textes, à croire ou à ne pas croire, les pro et les contra, la vérité et la légende, la foi et le doute, les malheurs et la raison, la culpabilité et l’innocence. Cela en fait, mes belins-belines, des notions à remuer, dépoussiérer,  passer à la loupe,   relativiser ! Cela en fait, des faits et des arguments aussi peu solides les uns que les autres ! Cela permet aussi de tourner en rond, sans structure nette prévue ou annoncée, de multiplier les anecdotes, d’évoquer ses propres voyages, ses propres souvenirs, ses propres sentiments, d’enfiler les perles (à la forme parfaite) d’une méditation assez fumeuse qui sous prétexte de tourner autour de Job tourne surtout autour de soi dans ses rapports avec l’intelligenzia de la recherche à son plus pointu, son plus fermé, son plus distingué. Oui, mes belins-belines, je veux bien admettre que nous sommes tous des souffrants (certains plus que d’autres d’ailleurs) et qu’il nous revient de choisir nos rapports avec le destin et la vie sans trop faire intervenir Dieu si cela nous chante ; mais de là à sauter sur le prétexte biographique pour étaler sa science, son érudition en tout domaine, sa largeur de vues, sa méthode originale d’écrire la vie de quelqu’un qui n’a pas existé, surtout sans doute son appartenance personnelle - celle qui vous pose le bonhomme - au petit groupe des chercheurs sur la Bible qui portent au front le signe des élus …Tout cela frôle la tromperie sur la marchandise, on devine presque l’envie refoulée de se construire sa propre statue en brandissant l’humilité d’autrui…

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lucette desvignes
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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 09:34

            Immanquablement, quand j’entends cette expression déjà si retentissante dans ma jeunesse, j’évoque le beau visage triste de Marcello Mastroiani et la sirène du Mississippi se baignant dans la fontaine de Trévise (une blonde pour une autre : l’actrice suédoise dont l’apparition fut, si je ne m’abuse, un hapax dans le paysage cinématographique, peut prendre facilement les traits de notre Deneuve nationale et insubmersible). Autrement dit, évocation critique de la société mondaine et oisive, tourbillon d’excentricités, vanité des quotidiens sans conviction ni morale – mais tout de même du soleil, de la vie, de la lumière, de la beauté. De nos jours, assez récemment du moins, Dolce Vita figure sur vos factures de gaz (j’allais dire, emportée par mon élan : et d’électricité, puisque pendant toute mon existence les deux choses étaient gérées de conserve, seulement comme on n’arrête pas le progrès les deux choses se sont installées dans leur niche fiscale respective malgré tout ce qui a pu être dit et le gaz, synonyme de farniente dans une douce atmosphère familiale, a pris cette appellation esthétique pour faire passer la pilule). Donc c’est en l’appelant Dolce Vita que je paie désormais ma consommation de gaz, ce qui ne la diminue en rien. Mais voyez comme ils sont courtois et prévenants, tout de même ! Vous avez droit, en plus des comptes agrémentés de graphiques, organigrammes et schémas divers, à des explications en langue de bois officielle, justifiant pourquoi les prix grimpent, le pétrole et le gaz provenant des mêmes gisements, l’entretien des conduits nécessitant des frais continuels – et puis vous et moi sans doute consommant davantage pour le chauffage ou la cuisine -  bref, voilà pourquoi votre fille est muette. D’ailleurs on vous envoie votre facture par mail maintenant, voyez donc toutes ces économies qu’on vous fait faire : plus de papier, plus d’arbres coupés, plus de colle pour les enveloppes, plus de timbre, plus de frais de facteurs (c’est pour çà qu’on ne les remplace pas quand ils partent à la retraite). Vous auriez tort de vous plaindre, d’autant que 24h/24 nous restons à votre disposition pour tous éclaircissements nécessaires. Je vous le  répète à mon tour, mes belins-belines : vous auriez tort de vous plaindre.

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 08:32

 

 

            J’ai vu des robots, à la télé ! Et, figurez-vous, pas ceux du Dr Who. Des individuels, je vous dis, chacun accompagné de son présentateur (ce devait être un salon de la robotique ou quelque chose du même ordre) et, en principe (du moins c’est ce que tous les vendeurs mettaient en avant), destinés – enfin ! – au service quotidien. La revue commençait par ceux de l’armée (en service déjà en Irak et en Afghanistan), des chars grimpant des pentes à 80°, des blindés se désarticulant comme se tortille un lombric que vous exposez à la lumière. Mais ensuite on est passé aux utilisations domestiques. J’ai vu un genre de pèse-personne rond qui se déplaçait tout seul pour faire le ménage, tantôt aspirateur tantôt serpillière. Je me suis demandé pourquoi, puisqu’au fond nous avions déjà des lave-linge et des lave-vaisselle, l’amélioration principale semble être de redonner plus ou moins figure humaine à ces robots : ils ont des antennes comme des oreilles de lapin, des bouilles toutes rondes, des yeux globuleux, de toute façon guère une expression d’androïde. J’ai surtout l’impression que la recherche des roboticiens a porté sur les jeux : ainsi un match de tennis virtuel, où vous pouvez donner à vos champions les traits de Serena ou de Yannick, de Navratilova ou de Jim Connors - quelle jouissance, dites-moi ( !), de tout recommencer en  variant les adversaires ! Mais la palme, je la décerne aux animaux-robots : de mignons tyrannosaures en jaune et vert, au regard langoureux, tout prêts à vous lécher la main quand vous les grattez sous le cou, et qui vont se développer sous vos yeux au fur et à mesure que le temps passe, vous épargnant ainsi les soins quotidiens, la nourriture et ses dommages collatéraux, le vétérinaire et ses vaccins… bref les enfants de l’avenir ignoreront ce qu’est le toucher du pelage félin ou des fourrures canines, ce qu’est un coup de langue de minet ou de toutou, ce qu’est un ronron ou un aboiement joyeux, mais ils dormiront avec un dinosaure (ou pourquoi pas un stégosaure ? c’est si joli avec ses grosses crêtes écailleuses sur la colonne vertébrale) et ils seront émerveillés quand il leur pondra un gros œuf pour assurer sa descendance.

 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:11

 

 

            « C’est fabuleux ! C’est extraordinaire ! C’est superchouette ! C’est hyper-bien écrit ! C’est prodigieux ! C’est le pied ! C’est génial !... ». Ne croyez pas, mes belins-belines, que je passe en revue mon vocabulaire louangeur, histoire peut-être de le hiérarchiser dans l’excellence. Pas du tout ! Ce sont des citations de libraires, ou plutôt d’un libraire inamovible et excité (vous l’avez sans doute déjà vu : le crâne soigneusement rasé partout sauf au niveau des fontanelles où a été respectée amoureusement une petite mèche bouclée par le gel qui se redresse comme celle de Titeuf) : il vient de me tomber sous la vision alors que pour me remettre de l’effort postprandial d’une demi-heure (oui : 30 minutes de marche, l’exploit de la semaine) je me suis effondrée presque sans connaissance devant la télé mise en route au hasard. Inutile de vous préciser que ces directives d’achat de livres portaient sur l’éventaire de la semaine, polars en tête mais aussi albums (sur le quotidien des divers Tontons Flingueurs par exemple : qui pourrait y rester insensible ?) et, bien sûr, le dernier Pivot, à tout seigneur tout honneur (lui paie-t-on encore des redevances vassales ? question à vingt balles). A part un bouquin de littérature nordique dans le vent, la littérature de gare seule est présentée : du moment que c’est historique, c’est fatalement bon, pas ? Ce sera donc du Teulé, écrit avec les pieds comme d’habitude : mes belins-belines, j’ai lu pour vous le premier chapitre (une occasion que j’ai eue chez le dentiste), donc je vous en supplie, détournez-vous en ! C’est débile, c’est pauvre, c’est minable, c’est indigent (j’en ai encore en réserve, mais ça ira déjà comme ça). Et puis, comme de toute manière ça s’arrachera chez les libraires avant d’être tourné  pour la télé, n’ayez pas même le réflexe de pitié de verser votre obole dans son escarcelle pour encourager ses efforts : elle est bien garnie, croyez-moi, à force de trafiquer dans tous les râteliers, c’est comme ça que la médiocrité rapporte.

 

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lucette desvignes
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