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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:17

         Je ne verse jamais une larme sur la déroute des politiques : ils se sont lancés dans ce cloaque soit en toute ignorance donc tant pis pour eux, soit en espérant y barboter victorieusement donc c'est bien fait pour eux. Le grand carrousel des têtes connues dont les  derniers mois nous ont offert le fascinant  et pitoyable spectacle nous a permis de voir ce que donnait dans l'adversité  la personnalité de chacun : l'accablement de Cambadélis (qui d'ailleurs se préparait par phases successives à l'élimination), l'amertume pleine d'incompréhension de Benoît Hamon si vite tombé de la roche tarpéienne, l'arrogance de Fillon qui voudrait nous faire croire jusqu'au bout qu'il est blanc comme l'agneau qui vient de naître et qu'il échoue parce qu'un odieux complot a décidé sa perte (pas parce que son CV a besoin d'être épousseté), Juppé qui à l'automne s'avançait vers l'Elysée avec toutes ses chances et qui depuis a connu toutes les humiliations même à travers les élans se portant vers lui avec fougue...On peut leur trouver un air pathétique au passage, mais on aurait tort de les plaindre. Si leur ego souffre les mille morts c'est parce qu'il a pris une place démesurée. Demeure un cas bien particulier, celui dont les médias parlent avec un attendrissement de salon voire une pointe d'admiration mâtinée d'humour en soulignant son héroïsme à aller au charbon pour la droite ou ce qu'il en reste : c'est François Baroin, visage défait  voix caverneuse, forçat de la fidélité tout chargé de chaînes, dont on aurait pu certifier il y a sept ou huit mois que sa place à l'Elysée était réservée, en 22 de toute façon mais sans doute déjà en 17 vu son pedigree et les espoirs du plan B - et qui finalement n'a plus en face de lui que des miettes. Vae Victis !  Les malheureux gladiateurs auxquels le peuple romain n'accordait pas la survie étaient des prisonniers entraînés pour les circenses, et non point des intrigants espérant se tailler la part du lion dans le grand fromage.

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lucette desvignes
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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 10:33

         Je doute fort qu'en ce dernier jour de votation il se trouve encore dans la population un public assez peu usé pour se brancher depuis le matin sur sa chaîne préférée afin de voir le déroulement de la journée. Chaque chaîne, dans la lassitude des traditions obligatoires et certainement pas parce qu'elle estime que le moindre intérêt va être suscité sur le petit écran avant l'approche des résultats (et même : on sait tout d'avance, les commentaires ont déjà été faits, il y aura peu de surprise, il suffira d'ouvrir le poste un peu après la fermeture des bureaux de Paris, on sera tout de suite renseigné, donc confirmé dans les prédictions).La vision de M. Ixe ou de Mme Ygrec déposant son bulletin dans l'urne de son secteur et serrant les mains de même farine (pas les autres : l'avez-vous remarqué?) manque de charme et de variété, et certes c'était beaucoup plus drôle de voir naguère cette ex-ministre de la santé dodue s'exhibant en combinaison pour inciter l'univers à se faire vacciner. Pourtant tout l'appareil médiatique se trouve sur pied dès l'aurore : caméra au poing, journalistes errants ou à l'affût, affairement des manutentionnaires installant les isoloirs ou disposant avec grâce les piles de bulletins (d'ailleurs en nombre fort réduit par rapport à la semaine dernière)... Qui peut encore appeler ça du spectacle? Alors qu'il fait si beau dehors? Il y a quelques siècles, Jacques Duclos invitait à aller à la pêche un jour d'élections. Aujourd'hui ne constitue-t-il pas une merveilleuse occasion de pique-nique, en famille ou avec les voisins? 

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lucette desvignes
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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 15:27

         En ces temps où la canicule s'est installée chez nous sans le dire, sans permission et surtout sans qu'on le dise de peur d'effrayer les populations, ses effets se moquent bien de la reconnaissance publique ou non de sa qualité de catastrophe. Pour me limiter à mon bout de jardin, il est desséché comme du béton, les malheureuses plantes qui tentent de survivre n'ont qu'une tige au lieu de faire la touffe, qu'une vague inflorescence toute regrignée à son sommet au lieu d'offrir des bouquets si généreux qu'on se demande, en passant près d'eux, dans quel vase on va bien pouvoir les mettre pour qu'ils soient à leur aise, bref c'est un spectacle calamiteux sur lequel j'évite de porter les yeux. Mais que doit faire le paysan lorsque ses foins n'ont guère donné plus que s'il avait fauché un tapis de billard? puis que ses blés ou ses orges secouent au vent des têtes vides? puis que son maïs sèche sur pîed et ne donnera même pas du fourrage? J'en reste à la formulation d'antan, à l'époque où la semeuse timbrait notre courrier, mais la question demeure : comment font-ils, puisque pour eux c'est le gagne-pain, c'est la survie? Pire encore, dans les hantises qui vous obsèdent au milieu de ces températures torrides : comment font-ils, ceux qui ne connaissent que cet aspect du climat,  quinze heures de soleil, jamais d'ombre parce que les arbres sont morts, jamais d'eau parce qu'il ne pleut pas, des squelettes de buffles ou de chèvres pour jalonner les pistes d'une  brousse râpée comme un bitume, pas de fleurs pas de feuilles pas de vent... comment font-ils, oui, comment font-ils?

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lucette desvignes
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 10:12

         Autrement dit, tous ces chamboulements de vocabulaire, de pratique ou d'habitudes n'auront eu lieu que pour bouleverser le peuple, sans rien d'autre. Voilà les casseroles des affaires qui reviennent flotter à la surface de cette belle moralisation si claironnante, voilà les hostilités si bien cachées pour un temps qui non seulement tendent un nez impertinent mais encore s'affirment, se dévoilent à dents découvertes, voilà ce qui a un instant tenu lieu de lendemains qui devaient chanter révélé dans sa nudité : autoritarisme sur toute la ligne, décisions sans opposition, la loi travail encore endommagée passant raide comme balle devant une assemblée godillot béate d'admiration pour le petit chef...Bientôt sans doute le Tsar, le Duce, le Führer, pourquoi pas? A débuts fulgurants et napoléoniens doit normalement suivre un destin fulgurant comme un météore. Devant lequel le pauvre peuple ne peut que rester baba -   et roulé dans la farine par ses propres actes, puisqu'il a tout fait pour mettre en place un  système de facture nouvelle qui va le mettre à mal bien aussi sûrement que l'ancien... Ô tempa! ô mores! Où vais-je? où cours-je? et ma tête, où la fourre-je?

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lucette desvignes
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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 11:50

         Tandis que la partie éliminée des candidats, pour l'éviction desquels n'ont su jouer ni l'habitude ni la fidélité des foules, se retrouvait penaude et meurtrie en comptant ses abattis, le beau mur de l'autorité vertueuse ne commence-t-il pas à se fissurer? Voilà que, tout enivré de sa tardive victoire, le garde des sceaux s'active à faire savoir qu'il n'entend pas recevoir d'ordres et fera cavalier seul dès que possible, l'union sacrée des centres qui a déterminé l'évolution politique du pays apparaît; non seulement fragilisée mais bel et bien branlante. Et puis ces casseroles qui continuent à traîner au derrière de ceux qui prêchent la moralisation du monde politique! "Ils étaient tous pourris, les autres; nous au contraire regardez bien notre serment d'hypocrites!" En effet, l'examen dit approfondi des antécédents juridiques de tous ces fraîchement appelés à gouverner avec les purs n'a pas été complet: toutes les zones sombres n'ont pas été occultées assez habilement, et d'un jour à l'autre attendons-nous a de nouvelles friandes découvertes. Autrement dit, n'y en aura-t-il pas un pour racheter l'autre? On peut même être fondé à attendre des révélations d'antan concernant notre flamboyant pilote : un banquier? n'était-il pas à Bercy au moment où se sont passées d'obscures embrouilles? Pour peu qu'il considère lui aussi que ces broutilles étaient dues à son rang...

 

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lucette desvignes
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 08:41

         Dans le domaine de l'événement politique, et peut-être même spécialement de la sociologie politique, le déroulement des phases et principes de la votation en France depuis l'automne présente un spectacle ahurissant. Je ne reviens pas sur les fluctuations, les clivages, les  hostilités meurtrières à l'intérieur des partis moribonds, les constructions inédites qui se voulaient a nihilo sur les décombres du passé : tout cela a été dit et redit, jusqu'à satiété, avec une progression incessante dans la finesse des jugements. Tout a été chamboulé, les repères détruits, les frontières piétinées et déplacées, les vents et marées se succèdant ( il y a eu la marée Fillon, la marée Hamon, la marée Mélenchon, qu'on a déjà oubliées au vu de la marée Macron, la marée ramasse-tout, la voiture-balai des fins de course qui accroche tout ce qui traîne et se traîne. à la façon d'un filet de pêche qui drague les océans sur des kilomètres de front et ne laisse aucune chance de survie à ce qui se trouve à portée). Ainsi des centaines d'inconnus se trouvent en position favorable à l'élection, sans que personne sache ce qu'ils vont apporter ou faire à la nation. On a signé des blancs-seings à l'aveuglette et avec l'enthousiasme de l'idiotie ('on, càd tout de même seulement la moitié de ce qui a une voix pour s'exprimer, la moitié réfléchie qui ne s'exprime pas quand on lui en dénie le choix  - mais cette deuxième moitié qui n'a pu s'exprimer, elle a beau être fière de sa sagesse, c'est elle la piétinée et la revanche paraît bien lointaine...). Et c'est avec une espèce de stupeur que j'ai assisté à ces balayages, à ces éliminations d'une violence inattendue Un rejet, une expulsion, une sorte d'exécration : pour chacun c'était la mise à mort, réfléchie, désirée, voulue... Tout de même peu vu dans les annales!

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lucette desvignes
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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 09:17

         J'ai connu samedi une grande joie et une grande émotion, les deux mélangées avec grâce et délectation et s'étendant sur presque toute la journée. Imaginez que j'avais accepté de préfacer le N° 3 de la Gazette du .Petit Mercure, cette sympathique revue du passé de Mercurey remis à l'honneur par les habitants d'aujourd'hui à l'aide de photos, de lettres, de rapports oraux si précieux quand la mémoire est bonne. A la présentation du numéro sorti des presses, j'étais conviée à la fois comme écrivain (que de fidèles lecteurs et lectrices n'ai-je pas découverts alors, fidèles depuis mes tout premiers romans!) et comme l'enfant du pays, ce qui constituait une combinaison des plus chaleureuses. J'étais vraiment chez moi dans  mon village natal, car il est vrai que je ne l'avais jamais perdu de vue, situé qu'il était au coeur de ma famille où le souvenir de mes parents perdurait joyeusement. Et j'avais sans cesse oeuvré pour la réputation de mon cru préféré, à tel point qu'au cours de mes années de voyage, que ce soit au Canada, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou ailleurs on nous servait religieusement, à mon mari et à moi, un Mercurey parfois à la sauvette, une fois, dans l'Indiana, servi en fraude hors d'une bouilloire et dégusté dans des grosses tasses de bistrot en porcelaine afin de tromper d'éventuels contrôles de la fourniture d'alcool... A cette cordialité de l'accueil si  affectueusement prodiguée - avec, en guise de tapis rouge, la chorale des enfants des écoles, dans leurs ^performances selon leur âge - s'ajoutait la présence de deux de mes anciennes élèves, retrouvées de temps à autre grâce aux occasions culturelles de la région et qui m'ont entourée comme des filles attentives et proches...  Une merveilleuse journée sans la moindre ombre : tout juste y avait-il un peu la fraîcheur de la place des Noyers, bien réduite sur le coup de midi, pour se garer des ardeurs d'un bourguignon du plus beau cru...

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lucette desvignes
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:56

         La crème de la crème des Sionistes, à l'issue d'une réunion où naturellement les rapports difficiles avec les Palestiniens et leur résistance ont été le sujet principal, vient paraît-il d'élaborer un plan selon lequel trois positions seraient offertes aux Palestiniens, ces haïssables voisins qui ne veulent pas laisser leurs terres se faire coloniser par les nouveaux occupants israéliens toujours appuyés par l'armée. On peut douter que le choix entre ces trois propositions soit facile - qu'on en juge. 1° - quitter les territoires palestiniens occupés (càd les terres palestiniennes dont les colons se sont emparés par le force et la violence et où il est déjà si précaire de survivre); 2° - rester sur place, en acceptant le statut de citoyen de deuxième catégorie, de rang inférieur, donc ne disposant pas des privilèges accordés aux autres. 3° - demeurer sur place dans  l'intention de continuer à défendre ses terres, auquel cas Tsahal (cette douce armée israélienne aux méthodes de brigands vicieux) "verra ce qu'il y aura à faire".  La peste, le choléra, le botulisme : au choix, mesdames, au choix , messieurs! Ces braves Sionistes n'ont pas du tout envie de contraindre ces vilains gêneurs, mais non, pas du tout : il se trouve seulement que la Palestine est encore beaucoup trop infestée de Palestiniens pour que les Israéliens puissent+ occuper tout le territoire sans plus avoir à ses soucier des occupants actuels encore un peu actifs (a-t-on idée! ils résistent quand on démolit leurs maisons ou qu'on détruit leurs récoltes! je vous demande un peu où la mauvaise volonté va se loger!)

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lucette desvignes
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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 20:14

         Je reprendrai peut-être assez de sang-froid pour vous raconter ma journée de fille du pays à Mercurey, il y a tant à dire, et surtout tant d'émotion à faire passer en vous, mes belins-belines, que je me demande si finalement j'y arriverai. On verra bien lorsque la nouvelle semaine s'entamera. Ce que je voudrais dire ici, et sans doute n'est-il pas inapproprié de le situer une veille d'élections législatives, c'est que j'ai appris il y a deux ou trois jours que les résultats des votes des Français résidant à l'étranger avaient été dès leur arrivée en métropole publiés parmi nous, les électeurs du dimanche. Je n'en croyais pas mes oreilles! C'est un peu comme si on divulguait les résultats des bureaux de vote fermant à 18 heures avant que tous les autres bureaux soient fermés. Je m'en sens ébouriffée et pleine d'une vaine fureur, d'autant que naturellement le score Macron est en flèche dans ces résultats. C'est comme si, de nouveau, le nouveau gouvernement était tellement sûr d'avoir une écrasante majorité qu'il se souciait peu d'enfreindre ou non les règles sacro-saintes de notre votation républicaine. Le pire, c'est que je n'ai entendu que deux protestations sur nos petits écrans : a-t-on donc chamboulé aussi le fonctionnement de la juste indignation  en brouillant les frontières à tel point qu'on en arrive à accepter côté peuple de voir se faire et se dire n'importe quoi? Parfait... mais s'il n'en reste qu'un je serai celui-là. Je n'ai certes pas l'autorité du père Hugo qui protestait si bien, mais tout de même, dans mon petit coin, je crois que ça porte...

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lucette desvignes
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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 07:51

         La commémoration du 6 juin, donc du débarquement anglo-américain sur les plages de Normandie, se fait dans l'horreur du massacre de tant de vies humaines dans les pires conditions, dans le respect de ces morts innombrables, dans la reconnaissance de ces sacrifices pour la libération de ceux qui depuis si longtemps l'attendaient, sans imaginer qu'elle débuterait dans la violence de l'apocalypse. Mais du moins à cette gravité de l'évocation peut-il se mêler tout l'arrière-plan de joie qui en découle : apocalypse, certes, et pourtant ouverture sur la liberté de respirer, de dire, de faire. Il y a en ce moment même, à un ou deux jours près, l'anniversaire de la guerre des six jours, et c'est bien d'une autre tonalité que s'en revêt la commémoration. C' est en effet celle d'une malheureuse semaine qui  va sceller comme si c'était à jamais le destin d'une Palestine désormais piétinée, humiliée, écrasée, dont allait commencer le calvaire d'une agonie programmée.

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lucette desvignes
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