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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:03

          Quand on accuse Pénélope de n’avoir rien fait chez nous en guise de tapisserie, donc de ne pas avoir de tapisserie à nous montrer, Ulysse, les yeux mouillés pour faire vrai, se porte garant qu’elle a travaillé sans relâche. A la manière antique, un chœur de fidèles avec bouquet de roses blanches entonne un péan de victoire et de soutien : dimanche après-midi, c’était beau. On croyait déjà au complot, comme pour chacune de ces têtes couronnées harcelée par la justice, ce troisième pouvoir aux Etats-Unis qui voudrait bien, « cheux nous », se hisser au troisième tiers de la gouvernance. C’était beau et émouvant. Mais dès le lundi matin, la grisaille recouvre le paysage. Interrogés séparément, les époux  Fillon se coupent peut-être malgré une préparation intensive, en tout cas rien d’éclatant ne ressort, les masques impassibles cachent peut-être un certain abattement. De plus, Ulysse prétend qu’on le vise en attaquant son épouse : patience ! en cherchant aux alentours de la tapisserie on trouve  tout ce qu’il faut pour le viser directement, des fausses factures, des faux emplois, des fausses présidences, des fausses directions… Seules choses vraies : les sommes empochées. Je sais bien que ça n’est pas grand-chose si on évoque le déficit de la Sécu ou la dette de la France, mais tout de même. ………….

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lucette desvignes
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 09:55

          Que le courant de fronde se retrouve derrière Benoît Hamon, c’est sûr. C’est même probable qu’à la vue d’une distribution différente des cartes bien des hésitants sans avis se soient ralliés à ce reniement des politiques du quinquennat, d’une part parce qu’il leur tournait le dos avec emphase, d’autre part parce qu’on pouvait toujours espérer en quelque chose de neuf. L’imprévu, malgré toutes les possibilités inédites de clivage que les propositions Hamon pouvaient faire naître, c’est sans doute cette rupture voyante des vieux du PS, costume trois pièces, cravate sobre, chevelures flamboyantes BCBG, quoi,  tout à fait gauche caviar. Hier soir il y en avait deux ou trois annoncés avec une solennité guindée, et il doit y en avoir davantage – au moment de la victoire de  Benoît Hamon annoncée au dépouillement un de ces petits vieux genre « les anciens du PS » annonçait avec fureur qu’il allait quitter un parti livré à l’utopie et la déraison. Une fort évidente fraction du parti, qui se rattache au socialisme parce que c’est la tradition ronronnante, se trouvera certainement mieux à sa place parmi les partisans de Borloo ou de Macron, eux aussi bien guindés dans leur costume trois-pièces. Oui, les cartes vont être redistribuées selon des schémas différents, mais comme il s’agit aussi de vases communicants, il faut attendre la fin du processus pour avoir une idée de l’évolution de la situation. Attendons.

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lucette desvignes
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 09:23

         Lorsque Guillaume duc de Normandie conquit l’Angleterre en 1095, la reine Mathilde sa femme entreprit par amour de faire broder à ses femmes, au kilomètre,  le récit illustré de la conquête avec la fameuse bataille d’Hastings qui décida de la victoire. Cette admirable tapisserie de Bayeux a fait la gloire de la reine bien que l’ensemble ait été fait par les petites mains (mais la composition d’ensemble est certainement d’elle, ou voulue par elle). C’est un superbe objet qu’on peut contempler au musée, et il montre le nombre d’heures passées à cette broderie minutieuse et parlante. La vertueuse Pénélope, elle, qui refusant de croire Ulysse disparu refusait de se remarier malgré le nombre de ses prétendants, ne nous a pas laissé trace de sa tapisserie : elle y travaillait le jour, obstinément, au vu et su de tout le monde, mais, puisqu’elle avait promis de se remarier une fois la tapisserie achevée, défaisait chaque nuit le travail de la journée. En réalité elle s’activait deux fois plus : est-ce que notre Pénélope nationale s’est elle aussi doublement activée pour qu’il n’en reste aucune trace aujourd’hu ? Auquel cas il serait logique de la rémunérer deux fois : il est temps, me semble-t-il, qu’on considère cet aspect du problème. Toute peine méritant salaire, il faut demander des indemnités pour travail nocturne au profit  de cette timide qui ne voulait pas qu’on vît ce qu’elle avait fait comme travail dans sa journée de salariée et qui n’en laissait nulle trace. En l’occurrence, c’est facile de dire qu’elle n’a rien fait, alors qu’en réalité elle a travaillé double. Il n’est sans doute pas trop tard pour rétablir la justice.

 

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lucette desvignes
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 09:58

         J’entends ce matin un commentateur dont je tairai le nom (car il me paraît davantage à sa place à faire des ronds de jambe et des sourires et des airs finauds dans un salon qu’à un poste de discutailleur politique) se réjouir haut et fort de la victoire de Benoît Hamon car, dit-il, cela va booster Macron. Curieuse manière d’apprécier le fait politique en soi. Mais il est vrai que cette victoire de la Fronde  au sein du PS (puisque non seulement Hollande, mais encore son lieutenant farouche  accablé indélébilement des fardeaux d’un piteux quin- quennat, sont rejetés de manière continue) ne paraît pas destinée à déboucher sur grand-chose. Oui, les protestataires contre la droitisation éhontée du socialisme se sont regroupés officiellement en force et en beauté avec d’autres perspectives, d’autres objectifs. Mais tout cela reste simplement un lessivage de famille, me semble-t-il, avec un clivage interne qui prend la place du clivage gauche droite dont les cartes sont brouillées. Je sais bien aussi que la grande motivation du vainqueur doit être, à partir de ce noyau nouvellement affirmé, de gagner    de toutes parts et sur tous les côtés afin de recréer un grand mouvement d’une mouvance repensée reconsidérée redéfinie. Et cela  serait éventuellement possible s’il n’y avait déjà, en dehors du PS, des gens tout prêts à offrir des nuances au choix, plus à gauche ou plus à droite : je ne vois guère les regroupements possibles, même si je les souhaite, les émiettements sont déjà trop prononcés. Les archipels ont tous reçu un nom générique, mais chaque île a son nom propre, ses mœurs propres, ses idées propres, et on n’a guère encore trouvé le moyen de faire disparaître les bras de mer qui les séparent.

 

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lucette desvignes
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 16:03

         Ah ! ces semaines anglaises… Comme le nom ne l’indique pas, elles devraient être essentiellement consacrées au sport. En fait, ils s’empilent bien tous à la queue leu leu, ces sports dont la frénésie chez nous est grandement redevable aux traditions anglo-saxonnes, avec des variantes, puisque par exemple le foot est censé être un jeu de gentlemen pratiqué par des voyous, tandis que le rugby, à l’origine un sport de voyous, est pratiqué par des gentlemen (ou peut-être est-ce le contraire : j’ai bien pu confondre les deux formules bien que les ayant souvent entendu dire, et pour ma part je n’ai pas d’opinion perso pour rectifier le tir). Moi ce que j’aime, c’est à l’occasion d’un coup d’œil sur l’écran au passage, les quelques secondes où s’empilent les buts, spectaculaires ou en mitraillette : ces raccourcis sont précieux pour éviter les temps morts. Les autres sports auront aussi leur place, et le lundi matin les chroniqueurs du cru auront du mal à parler d’autre chose. Pourtant les choses ont continué en parallèle. Ainsi par exemple se sont opposées deux formules de campagne, ici un grand meeting avec plus de 2.500 participants et des flopées de petits drapeaux s’agitant à la brise, et ailleurs une sobre réunion d’une petite centaine de fidèles déjà en deuil. Et Pénélope continue à se débattre avec sa tapisserie : elle voudrait bien la défaire maintenant mais précisément elle n’a plus le droit de travailler en secret. Et Trump continue à se décider par pile ou face, je veux dire naturellement par pile d’abord puis face tout de suite après, avec des façons de faire et de dire qui lui sont personnelles. Nous n’avons pas fini d’apprendre avec lui, même sans envie de suivre ses méthodes.

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lucette desvignes
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:04

         Si j’ai bien compris, après avoir été élu parce qu’il voulait construire un mur contre les Mexicains et avait décidé en outre de leur faire payer la facture, il avait fallu faire quelques pas en arrière et accepter, du moins en apparence, que le mur soit un simple grillage qu’on ne faisait payer à personne. Une fois en place, Grand Tsar de nouveau change son fusil d’épaule : un mur, oui c’est un mur qu’il nous faut, et qu’ils le payent, dammit !  C’est tout juste le truc du 49-3, pratiqué par le premier ministre avec sévérité et hauteur, que le candidat des primaires renie et piétine avec horreur comme une indigne pratique. La différence, c’est qu’ on ne peut guère ajouter foi à un politicien qui ouvertement brûle ce qu’il a adoré ; si l’article ne meurt pas de sa plus laide mort, ce ne sera pas ledit politicien qui s’en servira de nouveau, c’est bien clair. Quant au sort du mur mexicain, il nous faut attendre l’évolution de la situation pour le connaître : suffit-il d’une simple signature officielle au plus haut degré pour que les travaux s’organisent, que les chômeurs se rendent en chantant sur le chantier de la frontière, que la nation de l’Oncle Sam se sente rassurée derrière sa petite murette ? La Grande Muraille, le Mur d’Hadrien… Prestigieux modèles ! Le dangereux bouffon que l’Amérique vient de se choisir comme pilote ambitionne d’ajouter son nom à celui des constructeurs du béton éternel ; mais les autres, avec leurs énormes chapeaux boucliers, leurs arcs et leurs flèches de primitifs, ne vont-ils pas les harceler à mort pendant les travaux ? Suivons bien ce feuilleton, il complètera agréablement elui de Pénélope.

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lucette desvignes
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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 16:46

         On ne peut vraiment guère se dépêtrer du contexte électoral. La campagne des candidats du PS qu’on a dite si brève donne l’impression de n’en pas finir, entre interviews, débats ou commentaires à l’infini.. LCI - La chaîne info, Toute l’info, Au cœur de l’info - cherche à rivaliser avec CNN son  grand modèle américain. Même formule de reprise jusqu’à plus soif, substantifique moëlle réservée aux heures de grande écoute, confrontations des points de vue, organisation des grandes soirées en théorie devant captiver tout le monde et son père, bref il n’y a plus de place pour les migrants, et d’ailleurs la météo,  toujours dans la grâce du geste et la gaîté souriante, continue à nous renseigner sans plus établir de lien avec eux, ils sont déjà aussi loin des sujets à traiter que Halloween et la Toussaint. Certes l’actu ne peut toujours nous apprendre que les Tiberi ont fait voter des morts, que Jacques Toubon a des robinets en or dans sa baignoire, que Luc Ferry (je pourrais en citer combien d’autres !) a touché une paye conséquente pour un emploi fictif, que François Hollande pratique le vélomoteur à deux places comme sport d’évasion… Mais nous avons un petit espoir tout de même, c’est le feuilleton de Pénélope. Tout le monde va s’y mettre pour broder, rebroder, changer les motifs,  modifier les tonalités : cela s’annonce comme une grande et belle tapisserie, et ce passage de l’ombre laborieuse à la mise en lumière va, je l’espère, durer assez longtemps pour corser l’austérité des comptes, calculs, sondages et statistiques.

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lucette desvignes
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 18:23

          Quand les rendez-vous et contraintes du temps sont enregistrées sur votre agenda sans que vous puissiez vous en déprendre ni les éviter, cela fait des journées sinon bien remplies, du moins où le stress en arrive à s’installer malgré vous. Cette horrible impression qui vous étreint de ses membres gluants (mais non, je ne vois pas pourquoi une impression n’aurait pas des membres pour vous étreindre, et pourquoi ils ne seraient pas gluants : quand le stress vous a repéré et ciblé vous êtes bien pris au lasso, non ?) prend peu à peu la place de votre allure initiale plutôt guillerette, enjouée, pleine d’activité et d’initiative. C’est sans doute que vous vous usez sans vous en rendre compte à respecter les divers articles de votre plan de travail, sans doute alors arrivez-vous au moment de passer au numéro suivant de votre liste avec déjà des réserves écorniflées, des retards plus ou moins contrariants, des essoufflements de plus en plus prononcés, de la mauvaise humeur qui se met à émerger sur un arrière-plan plutôt joyeux, celui du départ de votre journée. Après, ma foi… Tout au long de l’égrènement de votre activité, à la fois de plus en plus fébrile et de plus en plus marquée par la lassitude, vous vous sentez en cours de détérioration, quoi que vous tentiez pour y remédier. Après la coiffeuse, les courses, la visite du type pour les persiennes de la cuisine, celle de la kiné (ah ! que ne peut-elle rester jusqu’à la nuit pour me masser le cou !), du jardinier qui vient vous souhaiter la Bonne Année, la préparation de votre’ dîner (car vous avez un invité et le Mercurey blanc ira parfaitement avec la tarte aux poivrons), une fois la permission de s’asseoir emportée de haute lutte, une fois les deux pieds sous la table, alors on peut commencer à vivre.

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lucette desvignes
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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:41

         Et puis, contexte électoral ou non, rien n’empêche le temps de passer. Il est passé, même si – il me semble même que c’était il n’y a pas trop longtemps – j’avais l’air de penser que je n’étais pas sûre d’arriver au N° 2.500, donc de vous  traîner jusque –là. Bon, d’accord : nous n’y sommes pas encore, mais le N° 2400 c’était hier, mes belins-belines ; comme je vous le dis !  Et ça devrait être lourd à porter, tout de même, que ce soit en plume ou en plomb (le choix qu’on m’offrait quand j’étais petite fille entre la tonne de plomb ou la tonne de plume obtenait toujours de moi la réponse idiote : qu’on dise ce qu’on voudra ; la plume c’est nettement plus léger, allons allons ! Un  peu de bon sens si vous souhaitez continuer avec moi !).  Ces considérations de physique mises à part, c’est l’impression qui compte, comme (encore une idée de génie, celle-là) ce calcul vicieux de la vraie température objective attestée par les thermomètres et de la fausse qu’il faut baisser encore de quelques degrés pour satisfaire les individus spécialement frileux. L’impression, l’impression, vous dis-je, si on veut bien en croire Molière…. Donc, cette impression souveraine qui devrait m’alourdir et du même coup vous rendre peut-être sceptiques, mes agneaux (mais si, je vous assure, c’est 2.400 ; pas un de moins), il se trouve qu’elle ne m’accable pas le moins du monde. Qu’est-ce que c’est, cette centaine à tirer d’ici à la deux mille cinq centième, comme au théâtre de la Huchette ? On y sera au printemps, passé l’amandier mais entre la floraison du pommier et celle du  cerisier. Pour vous fixer les esprits : ce sera un moment où on va voter, ça nous changera..

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lucette desvignes
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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 10:45

         Plus que leurs réflexions, sarcasmes, traits d’esprit,  dénigrements ou louanges discrètes, j’aime découvrir chez les commentateurs politiques qui passent la journée ou presque à l’antenne des développements psychologiques qui révèlent le fond de leur nature. Sur LCI on a le choix. Ne croyez pas que j’y passe ma vie, accrochée à ses présentations incessantes de l’actu (réchauffée plusieurs fois dans la journée : au moins à chaque instant vous pouvez sauter dans le train en marche et connaître l’essentiel des nouvelles comme si vous lisiez le journal dans votre compartiment. Et tous ces temps-ci, primaires d’ici primaires de là, tout le monde s’en donne à cœur joie pour les pronostics, les blâmes, les mines dépréciatives, les doutes (« Je ne le sens pas, moi », disait ce matin une balladurienne surprise au passage.). Car précisément, à force de voir toujours les mêmes têtes dans leurs discours et appréciations, on se fait une idée assez nette de leur situation politique. Certes ils ou elles doivent rester objectifs, mesurés même si l’enthousiasme les emporte ou si l’indignation les enroue. Mais ils ont des manières de laisser entendre ce qu’ils pensent au-delà de leurs assertions qui relèvent souvent du grand art ; en outre, ils découvrent vite s’ils peuvent baigner dans une complicité distinguée qui leur permet des allusions détournées finement spirituelles ou s’il y a dans leur regroupement dû au meneur de jeu un élément contre lequel il faut promptement tirer à boulets rouges. Et l’allure aussi de l’interviewer dans son caractère officiel – détendue, doucement souriante dans son sérieux, avec une vivacité respectueuse à le suivre si c’est un grand ponte  -- finit par être bien transparentse Ce matin, une belle sirène questionnait un membre du Front national (qu’avait-elle bien besoin de savoir ce qu’il pensait, de Benoît Hamon ? comme si cela ne se devinait point !). Un charme, une aisance, une séduction… des petites moues, des petits gestes de petite fille… Sûr qu’elle ne votera pas Hamon ni même Valls dimanche prochain !

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lucette desvignes
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