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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 11:08

         Il est rare qu'un journaliste ou un politologue, quelques précautions de style qu'ils puissent prendre pour caresser la vox populi dans le sens du poil, ne révèle pas dans son ton, ses moues ou ses termes tranchants qu'il ne se sent pas à la dévotion de l'idole de notre  temps. S'ils insistent avec force (c'est comme un bout de discours obligé) sur le caractère insolite du profil de ce jeune playboy qui en deux ou trois ans a franchi toutes les étapes possibles de la fonction suprême sans avoir jamais connu le jugement des urnes (sauf quand les carottes étaient cuites pour qui ne brandissait pas, journaliste, politologue ou simple citoyen, sa pancarte d'adhésion à En Marche!), c'est pour avoir le droit de souligner que tout ça c'est jupitérien, c'est Roi Soleil, c'est Second Empire, c'est flonflons et dorures de la fête à Neuneu. Et, donc,  que c'est fragile,  tape à l'oeil, que ça ne tiendra pas si longtemps qu'on ne pense. Il faudra, pour avoir une idée,  attendre le mardi soir, une fois le deuxième discours terminé - celui qui doit, les mains dans le cambouis, préciser les mesures qui vont s'abattre sur nous après que le grand patron ait la veille exposé dans les hauteurs les amples volutes de son lyrisme abstrait. Or, les deux aspects d'une même volonté de puissance, comme dirait Nietzche, n'aboutissent pas vraiment à nous renseigner. Surtout M. Macron s'entoure de quelques rares journalistes ou nègres (on dit "plumes" sous cette monarchie  nouvelle) taillables et corvéables à merci, tout prêts à donner leur sang : les autres, qui n'ont pu parvenir à ce chérissement jaloux,  " ne sont rien" ; sic ait deus , ainsi l'a dit dieu. Pas de contacts avec  eux, on les tient à distance, on se méfie d'eux, ce qu'ils diront ou feront ne portera pas le sceau de la vérité officielle. C'est presque le "elle t'écrasera la tête" de la Genèse - mais il ne faut pas négliger l'autre aspect de la prédiction divine, " tu la mordras au talon"'.

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lucette desvignes
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 12:10

         L'Evénement (à compter ^pour le mardi 4juillet 2017, N° 2524)

 

         M. Macron sait bien réussir son coup : voilà que toute la France est en attente d'un nouveau discours (on a pourtant eu samedi celui de Nancy du premier ministre, hier dimanche celui du Mali contre le terrorisme : ça ne lui suffit pas,  il faut croire que la nation est devenue affamée de belles paroles). Aujourd'hui, M.Macron en long, en large, en travers et en majesté sous les traits du Roi Soleil va nous exposer les grandes lignes du quinquennat, tandis que le premier ministre, dès le lendemain, va se charger avec morosité, les mains dans le cambouis, de nous détailler dans quelle mesure nous serons ponctionnés. Il  y a tout de même deux fois un groupe de dix-sept députés qui vont boycotter les  milliers d'Euros dépensés pour ce royal pique-nique destiné à ébaubir les novices : est-ce là une confirmation de l'engagement à supprimer les dépenses inutiles?  C'est qu'aux grandes idées il faut un cadre solennel, et ce seront des grandes idées que nous entendrons ce soir. La télé a pris goût (la population suit-elle sur le même chemin? on peut en douter) à ces manifestations d'activité qui se parent de grandeur : depuis le début de l'enchaînement des votations, elle nous montre comment, jusqu'au moindre manoeuvre-balai, on prépare les événements. Dérouler des tapis,  les clouer sur les marches, disposer les plantes vertes, vérifier le luminaire, baliser les itinéraires, étiqueter les places pour éviter les embouteillages humains - et puis aussi, dites donc, prévoir assez de verres et de champagne et de gougères (même s'il n'y a pas de caviar, l'emmenthal n'est pas donné non plus) pour le petit rince-dalle nécessaire après l' ingestion du programme. Ce serait surtout bienvenu si, avant les choses sérieuses, on nous faisait faire un petit tour des lieux, un tour du propriétaire, en somme, avant que M. Macron ne s'en empare et qu'on ne voie plus que lui...

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lucette desvignes
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 08:53

         J'ai cru comprendre que le défilé du 14 juillet serait tout de même conservé, en se parant du plus beau fleuron de la civilisation étatsunienne puisque le dingue américain viendrait assister au spectacle. La chose n'est pas encore faite : ledit dingue se sera peut-être dans l'intervalle fait sauter avec un pétard de 4 juillet (on peut toujours rêver). D'ailleurs, l'aura de ce discours décalé et délocalisé - le 3 juillet, et à Versailles : c'est bien vrai que M. Macron chamboule tout, quelle audace! quelle noblesse! quelle force d'âme! - va encore flotter sur notre nouvelle commanderie. Versailles... que de choses, de symboles, de significations contenus en ce mot! Il faut du culot pour endosser tout cela, en quelque sorte le faire sien, mais M. Macron est tout empli de ce culot-là, celui des âmes bien nées que la tendresse grand-maternelle continue à tenir par la main. Cela constitue sans doute une aide puissante permettant en particulier de tout tourner à l'envers : ce discours annuel de la tradition la plus stricte devrait être dévolu au bilan des douze mois échus, or il se situe au démarrage d'une année... Mettre la charrue avant les boeufs n'entraîne aucun tourment de conscience dans la mentalité macronienne qui s'implante, bien au contraire claironnant haut et fort son art du chamboulement. Cette délocalisation trop précoce du discours nous préservera-t-elle d'autres discours  traditionnellement attendus? J'en doute, mes belins-belines : M. Macron aime tellement écouter sa petite voix tranchante qui tente, en vain, de ne pas trahir comme il se gobe!

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lucette desvignes
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 11:39

         Pousser le bouchon un peu loin : on disait ça il y a peu de Bayrou fort de ses tardives fonctions et qui, se jugeant intouchable, tenait tête au premier ministre. Voilà que je l'ai entendu dire hier, cette fois-ci à propos de M. Macron soi-même, par un groupe de journalistes ahuris de constater comment il avait

verrouillé toutes les portes de l'Assemblée en y installant des séides : même les rescapés républicains séduits par un programme anti-ouvriers annoncé comme tel , donc se découvrant des presque compatibilités finalement dépourvues de leur hostilité partisane, se hérissent devant cette main mise sur tout ce qui a en théorie un rudiment de pouvoir afin de faire godillotter la Chambre des deux pieds. D'avance les bienveillants tempèrent l'audace du chef (laquelle coupe manifestement l'autorité du premier ministre) en faisant de ce duo décalé un numéro de music-hall peaufiné et répété :  moi j'annonce brillamment les grandes lignes, toi tu précises sans brio  les détails (à moi la gloire, à toi les grognements), de manière que la responsabilité des mauvaises nouvelles te soit imputée, à toi qui les auras formulées. Mais même cette explication précautionneuse ne change rien aux faits : à coups d'ordonnances que les godillots vont accréditer comme un seul homme, nous allons nous retrouver ficelés par un train de mesures contraignantes, restrictives, fondamentalement marquées par une culture de l'inégalité et de l'injustice comme on n'en a encore jamais pratiquée avec autant de cynisme.

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lucette desvignes
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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 10:31

         Ce beau petit playboy que par moments sa grand-mère, sans frisettes et genoux nus pour faire gamine, tient tendrement par la main, ne possède pas que le profil officiel du dimanche, amusements pseudo-sportifs parmi la foule pour l'aspect sociétal, doublé de ce grand portrait déjà répandu dans toutes les mairies de France et de Navarre. On pourrait croire que, tout préoccupé du retour à la croissance, il a fait un appel d'offre pour la photo : pas du tout, il a ses  séides, ses fanas, ceux-là seuls ont eu le droit de peaufiner en plusieurs jours le faciès idéal à transmettre urbi et orbi. Tout ça c'est sous le manteau, en travail souterrain donc qu'on ne voit pas mais qui existe et se poursuit bel et bien. Même chose pour les journalistes, et ça à mon avis c'est plus grave. Seuls sont autorisés à approcher le monarque, donc à publier ses paroles en Zarathoustra d'un nouveau genre, ceux dont les options ont pu passer pour compatibles, comme dans les nouveaux partis politiques : il y a des journalistes auxquels on refuse l'approche, dont on s'apprête à réfuter les commentaires, qu'on est tout juste prêt à installer d'autorité dans la zone personae non gratae . Le roi se méfie de tout le monde. Il a franchi seul l'entrée de l'Elysée, il a remonté seul l'Avenue des Champs, c'est lui qui parle (de moins en moins d'ailleurs : les boulettes sont plus faciles à  corriger voire nier quand elles proviennent du petit personnel). C'est lui qui agit, il est partout, sur tous les fronts, c'est notre Big Brother bien-aimé... Y a-t-il encore à son égard une petite place pour la défiance, si mince soit-elle,  au beau royaume de France? C'est ça l'absolutisme, voyez-vous, dirait tendrement Mélenchon.

 

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lucette desvignes
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 10:21

         Tous les jours on découvre un petit truc inédit. Les ordonnances,  assimilées si publiquement au 49-3 et aux décrets-lois de Laval, ont entamé en douceur leur fonctionnement destiné à ronronner gentiment comme la berceuse des cinq ans à venir. Les nominations se font pour les divers perchoirs ou commanderies de groupe, non pas, comme on pouvait l'attendre, selon des vota-tions libres à l'intérieur de l'Assemblée, mais bien selon un régime secret de préférence par désignation : l'oeil de Macron se glisse partout et a toujours à proposer, voire imposer, un candidat bon teint qui finalement, per fas et nefas,  réussit à colorier le paysage en une étonnante monochromie. Bien sûr cela occasionne quelques sursauts : à l'intérieur de la droite républicaine (car  elle existe toujours, M. Macron a beau eu faire table rase des vieilles étiquettes) on officialise les fissures en fonction de l'acceptation godillote ou d'une honorable protestation - compatibles ou non? c'était là une bonne formule il y a quelques semaines, et à quelques exceptions près tout le monde est compatible. Même au sein des débris socialistes, la compatibilité marche fort. Bref, après un intermède de jeu des quatre coins où les missions pour le bien de la France se sont vu échanger et même abandonner gaillardement au gré des compétences ou incompétences,  il semble qu'on ait largué les amarres et décollé le navire du quai, pour de bon peut-être. A bord ils vont en mettre un coup : il s'agit de confirmer la démolition de toutes les avancées du droit du travail si bien amorcée déjà depuis les "compatibles" en pleine anticipation du genre Valls. M'est avis qu'y va y avoir du sport, m'a dit sobrement mon voisin dont j'apprécie souvent la sagacité.

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lucette desvignes
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 14:44

 

 

         Je ne crois pas avoir la berlue, ni souffrir déjà (déjà!) de la perte de contact avec la réalité qui affecte si facilement les têtes chenues. Je suis donc particulièrement étonnée ce matin de ne pas trouver trace du blog que je vous avais concocté hier pour aujourd'hui, mes belins-belines. Je ne veux pas dire qu'il était mieux que d'habitude et qu'à ce titre nous devions en déplorer la perte à grands cris; en fait je ne me rappelle même plus ce dont je vous entretenais, et je parierais sans trop m'avancer que M. Macron y figurait, comme le génie tutélaire qui va nous accompagner pendant cinq ans. On nous présente des gens qui doivent oeuvrer pour lui - pour nous, qu'ils disent tous à l'envi - comme des spécialistes, des compétences inédites voire insoupçonnées, qu'on installe un peu au petit bonheur la chance (ainsi la femme installée aux armées qui n'y connaît que couic, ou le bonhomme de l'agriculture qui n'a jamais entendu parler de Monsanto ni de l'extermination des abeilles. Heureusement on nous les retire vite fait, ou ils s'en vont comme s'ils boudaient, ou ils retirent en hâte ce qu'ils venaient de nous pondre comme décision majeure. L'impression que ça cafouille joyeusement, mais ça ne gêne personne : d'ailleurs on a tous les jours un nouveau petit problème sinon à résoudre du moins à signaler. Avec l'Assemblée c'est du gâteau : tant de nouvelles têtes, et toutes désireuses de se montrer sur les écrans du monde, tous si pleins de dévouement )pour la chose publique et l'intérêt de la nation, tous si motivés, tous si décidés à ne faire qu'un mandat pour mieux s'opposer à la tradition des vieux enracinés indéboulonnables jusqu'au gâtisme.... Et qui vont voter comme une seule armée de godillots quand il faudra ratifier les ordonnances, en particulier celle sur la loi Travail si emblématique de la mort des libertés du monde ouvrier  Le 49-3, les ordonnances, les décrets-lois scélérats du temps de Laval.... Tout cela n'a-t-il pas un inquiétant air de famille?

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lucette desvignes
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 12:03

Pour mardi 27 juin 2017 :

 

 

         Le plus jeune président de la République jamais élu! Comme si on contestait une date de naissance... La démonstration ne s'est pas fait attendre : on l'a vu hier tomber la veste pour faire de la boxe pour rire, on l'a vu s'installer dans un fauteuil roulant pour s'essayer à le faire marcher avec les mains, on l'a vu avec une raquette loupant la balle. Détendu, rieur, gamin. Mon dieu, que la France se sentait fière de voir avec quel coeur et quelle subtilité il défendait la cause de Paris pour les futurs Jeux Olympiques! On n'avait encore vu ça nulle part, même pas avec Obama. C'est bien vrai que tout a changé (mis à part le chômage, la crise, l'immigration, la défiance d'un gros quart de la population envers les nouvelles marionnettes) : il n'y a qu'à voir le défilé des nouveaux députés se rendant à l'Assemblée avec leur valise à roulettes. Ils arrivent par deux, par trois, en solitaires, intimidés, tout sourires, mais tous se prenant au sérieux. Quand on les interviewe, certains mettent même leur écharpe tricolore pour bien prouver que déjà au départ ils faisaient de la politique municipale : qu'on ne les prenne surtout pas pour des ingénus! Et cette grande photo de famille sur les marches du Palais Bourbon, c'est comme une grande noce, il manque les gerbes de fleurs dans les bras des dames du premier rang. Ah! je vous le dis, un frisson de jeunesse vient de secouer la planète France. J'espère qu'on va leur faire chanter en choeur une chanson exprès composée pour eux, genre Auberge de Jeunesse  des années du Front populaire - avec bien sûr les modifications qui s'imposent.

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lucette desvignes
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 11:34

         Le plus jeune président de la République jamais élu! Comme si on contestait une date de naissance... La démonstration ne s'est pas fait attendre : on l'a vu hier tomber la veste pour faire de la boxe pour rire, on l'a vu s'installer dans un fauteuil roulant pour s'essayer à le faire marcher avec les mains, on l'a vu avec une raquette loupant la balle. Détendu, rieur, gamin. Mon dieu, que la France se sentait fière de voir avec quel coeur et quelle subtilité il défendait la cause de Paris pour les futurs Jeux Olympiques! On n'avait encore vu ça nulle part, même pas avec Obama. C'est bien vrai que tout a changé (mis à part le chômage, la crise, l'immigration, la défiance d'un gros quart de la population envers les nouvelles marionnettes) : il n'y a qu'à voir le défilé des nouveaux députés se rendant à l'Assemblée avec leur valise à roulettes. Ils arrivent par deux, par trois, en solitaires, intimidés, tout sourires, mais tous se prenant au sérieux. Quand on les interviewe, certains mettent même leur écharpe tricolore pour bien prouver que déjà au départ ils faisaient de la politique municipale : qu'on ne les prenne surtout pas pour des ingénus! Et cette grande photo de famille sur les marches du Palais Bourbon, c'est comme une grande noce, il manque les gerbes de fleurs dans les bras des dames du premier rang. Ah! je vous le dis, un frisson de jeunesse vient de secouer la planète France. J'espère qu'on va leur faire chanter en choeur une chanson exprès composée pour eux, genre Auberge de Jeunesse  des années du Front populaire - avec bien sûr les modifications qui s'imposent.

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 10:30

         Nous y voilà! La mécanique est en route... Et ça n'a pas tardé. Et c'est même emblématique de la façon dont les choses, non seulement ont été faites pour  nous amener à ce stade, mais encore et surtout vont régir notre économie et probablement nos libertés civiles. On vous met en avant le bien-être, la survie,

la santé : y a-t-il une approche plus efficace, plus honorable, plus judicieuse que celle-là? surtout si elle paraît, presque dans l'urgence, être motivée par le souci de rattraper une coupable négligence de plusieurs années. Oui, il s'agit des vaccins, on doit vacciner à tour de bras au lieu de laisser les choses en l'état comme l'indolence du dernier quinquennat l'établissait  criminellement. Et c'est le Premier Ministre qui le dit, c'est sa première proposition après huit jours de présence, c'est vous dire s'il y a urgence. Bon. Les vaccins , si contestés qu'ils soient ici ou là, n'ont jamais fait de mal à personne. Vaccinons donc furieusement, et avec toutes les maladies qui ont levé le nez depuis quelques années en effet ça va relancer une industrie pharmaceutique souffreteuse. D'autant que c'est Sanofi qui s'empare du marché, et que le prix du vaccin global passe de 7 à 40 €. Comme quoi, avec de bons sentiments, on ne peut pas faire de bonne littérature mais on peut faire de bonnes affaires, et même relancer l'économie flageolante d'une nation. Oui, votons Sanofi, et renvoyons Mylan la britannique dans les ténèbres de son brexit. Ah mais!

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lucette desvignes
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