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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 08:41

         Dans le domaine de l'événement politique, et peut-être même spécialement de la sociologie politique, le déroulement des phases et principes de la votation en France depuis l'automne présente un spectacle ahurissant. Je ne reviens pas sur les fluctuations, les clivages, les  hostilités meurtrières à l'intérieur des partis moribonds, les constructions inédites qui se voulaient a nihilo sur les décombres du passé : tout cela a été dit et redit, jusqu'à satiété, avec une progression incessante dans la finesse des jugements. Tout a été chamboulé, les repères détruits, les frontières piétinées et déplacées, les vents et marées se succèdant ( il y a eu la marée Fillon, la marée Hamon, la marée Mélenchon, qu'on a déjà oubliées au vu de la marée Macron, la marée ramasse-tout, la voiture-balai des fins de course qui accroche tout ce qui traîne et se traîne. à la façon d'un filet de pêche qui drague les océans sur des kilomètres de front et ne laisse aucune chance de survie à ce qui se trouve à portée). Ainsi des centaines d'inconnus se trouvent en position favorable à l'élection, sans que personne sache ce qu'ils vont apporter ou faire à la nation. On a signé des blancs-seings à l'aveuglette et avec l'enthousiasme de l'idiotie ('on, càd tout de même seulement la moitié de ce qui a une voix pour s'exprimer, la moitié réfléchie qui ne s'exprime pas quand on lui en dénie le choix  - mais cette deuxième moitié qui n'a pu s'exprimer, elle a beau être fière de sa sagesse, c'est elle la piétinée et la revanche paraît bien lointaine...). Et c'est avec une espèce de stupeur que j'ai assisté à ces balayages, à ces éliminations d'une violence inattendue Un rejet, une expulsion, une sorte d'exécration : pour chacun c'était la mise à mort, réfléchie, désirée, voulue... Tout de même peu vu dans les annales!

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lucette desvignes
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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 09:17

         J'ai connu samedi une grande joie et une grande émotion, les deux mélangées avec grâce et délectation et s'étendant sur presque toute la journée. Imaginez que j'avais accepté de préfacer le N° 3 de la Gazette du .Petit Mercure, cette sympathique revue du passé de Mercurey remis à l'honneur par les habitants d'aujourd'hui à l'aide de photos, de lettres, de rapports oraux si précieux quand la mémoire est bonne. A la présentation du numéro sorti des presses, j'étais conviée à la fois comme écrivain (que de fidèles lecteurs et lectrices n'ai-je pas découverts alors, fidèles depuis mes tout premiers romans!) et comme l'enfant du pays, ce qui constituait une combinaison des plus chaleureuses. J'étais vraiment chez moi dans  mon village natal, car il est vrai que je ne l'avais jamais perdu de vue, situé qu'il était au coeur de ma famille où le souvenir de mes parents perdurait joyeusement. Et j'avais sans cesse oeuvré pour la réputation de mon cru préféré, à tel point qu'au cours de mes années de voyage, que ce soit au Canada, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou ailleurs on nous servait religieusement, à mon mari et à moi, un Mercurey parfois à la sauvette, une fois, dans l'Indiana, servi en fraude hors d'une bouilloire et dégusté dans des grosses tasses de bistrot en porcelaine afin de tromper d'éventuels contrôles de la fourniture d'alcool... A cette cordialité de l'accueil si  affectueusement prodiguée - avec, en guise de tapis rouge, la chorale des enfants des écoles, dans leurs ^performances selon leur âge - s'ajoutait la présence de deux de mes anciennes élèves, retrouvées de temps à autre grâce aux occasions culturelles de la région et qui m'ont entourée comme des filles attentives et proches...  Une merveilleuse journée sans la moindre ombre : tout juste y avait-il un peu la fraîcheur de la place des Noyers, bien réduite sur le coup de midi, pour se garer des ardeurs d'un bourguignon du plus beau cru...

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lucette desvignes
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:56

         La crème de la crème des Sionistes, à l'issue d'une réunion où naturellement les rapports difficiles avec les Palestiniens et leur résistance ont été le sujet principal, vient paraît-il d'élaborer un plan selon lequel trois positions seraient offertes aux Palestiniens, ces haïssables voisins qui ne veulent pas laisser leurs terres se faire coloniser par les nouveaux occupants israéliens toujours appuyés par l'armée. On peut douter que le choix entre ces trois propositions soit facile - qu'on en juge. 1° - quitter les territoires palestiniens occupés (càd les terres palestiniennes dont les colons se sont emparés par le force et la violence et où il est déjà si précaire de survivre); 2° - rester sur place, en acceptant le statut de citoyen de deuxième catégorie, de rang inférieur, donc ne disposant pas des privilèges accordés aux autres. 3° - demeurer sur place dans  l'intention de continuer à défendre ses terres, auquel cas Tsahal (cette douce armée israélienne aux méthodes de brigands vicieux) "verra ce qu'il y aura à faire".  La peste, le choléra, le botulisme : au choix, mesdames, au choix , messieurs! Ces braves Sionistes n'ont pas du tout envie de contraindre ces vilains gêneurs, mais non, pas du tout : il se trouve seulement que la Palestine est encore beaucoup trop infestée de Palestiniens pour que les Israéliens puissent+ occuper tout le territoire sans plus avoir à ses soucier des occupants actuels encore un peu actifs (a-t-on idée! ils résistent quand on démolit leurs maisons ou qu'on détruit leurs récoltes! je vous demande un peu où la mauvaise volonté va se loger!)

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lucette desvignes
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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 20:14

         Je reprendrai peut-être assez de sang-froid pour vous raconter ma journée de fille du pays à Mercurey, il y a tant à dire, et surtout tant d'émotion à faire passer en vous, mes belins-belines, que je me demande si finalement j'y arriverai. On verra bien lorsque la nouvelle semaine s'entamera. Ce que je voudrais dire ici, et sans doute n'est-il pas inapproprié de le situer une veille d'élections législatives, c'est que j'ai appris il y a deux ou trois jours que les résultats des votes des Français résidant à l'étranger avaient été dès leur arrivée en métropole publiés parmi nous, les électeurs du dimanche. Je n'en croyais pas mes oreilles! C'est un peu comme si on divulguait les résultats des bureaux de vote fermant à 18 heures avant que tous les autres bureaux soient fermés. Je m'en sens ébouriffée et pleine d'une vaine fureur, d'autant que naturellement le score Macron est en flèche dans ces résultats. C'est comme si, de nouveau, le nouveau gouvernement était tellement sûr d'avoir une écrasante majorité qu'il se souciait peu d'enfreindre ou non les règles sacro-saintes de notre votation républicaine. Le pire, c'est que je n'ai entendu que deux protestations sur nos petits écrans : a-t-on donc chamboulé aussi le fonctionnement de la juste indignation  en brouillant les frontières à tel point qu'on en arrive à accepter côté peuple de voir se faire et se dire n'importe quoi? Parfait... mais s'il n'en reste qu'un je serai celui-là. Je n'ai certes pas l'autorité du père Hugo qui protestait si bien, mais tout de même, dans mon petit coin, je crois que ça porte...

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lucette desvignes
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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 07:51

         La commémoration du 6 juin, donc du débarquement anglo-américain sur les plages de Normandie, se fait dans l'horreur du massacre de tant de vies humaines dans les pires conditions, dans le respect de ces morts innombrables, dans la reconnaissance de ces sacrifices pour la libération de ceux qui depuis si longtemps l'attendaient, sans imaginer qu'elle débuterait dans la violence de l'apocalypse. Mais du moins à cette gravité de l'évocation peut-il se mêler tout l'arrière-plan de joie qui en découle : apocalypse, certes, et pourtant ouverture sur la liberté de respirer, de dire, de faire. Il y a en ce moment même, à un ou deux jours près, l'anniversaire de la guerre des six jours, et c'est bien d'une autre tonalité que s'en revêt la commémoration. C' est en effet celle d'une malheureuse semaine qui  va sceller comme si c'était à jamais le destin d'une Palestine désormais piétinée, humiliée, écrasée, dont allait commencer le calvaire d'une agonie programmée.

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lucette desvignes
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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 07:52

         Si j'ai un regret - oh un petit regret, pas grand-chose - c'est de n'avoir pas pu faire coïncider le Hourrah! de la 2.500 ième de mon blog avec le 6 juin. C'est que le 6 juin 1944, pour ceux qui l'ont vécu (oui, je l'ai vécu, je n'ai pas assisté à la délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc,  non pas, mais le 6 juin 1944 j'étais là). c'était quelque chose. Pas encore la Libération, non, pas encore l'impression qu'on allait retrouver le normal d'avant la guerre (d'ailleurs, ce normal-là, personne ne l'a jamais revu : au lieu de ce retour aux rythmes, à la lumière, aux couleurs d'autrefois, on a vu s'installer peu à peu un climat, une atmosphère, un quotidien inédits - une nouvelle ère, quoi, dont il a bien fallu s'accommoder puisqu'on attendait des lendemains qui chantent).On sentait tout de même que les trois coups venaient d'être donnés, que c'était le commencement de la fin et qu'on venait juste d'en arriver à la fin  du commencement : c'était M. Churchill qui disait ça, on pouvait le croire (mais la vraie fin  du commencement c'était la bataille de Stalingrad, on ne le dira jamais assez).  Le jour le plus long : par la suite le cinéma nous a donné une idée de ce que ce 6 juin a pu être, sur terre et dans les eaux - l'héroïsme absurde de l'horreur absolue. La monstrueuse récolte de la Grande Faucheuse, qui devinait que son grand bal venait de démarrer, ce  qu'on savait alors des grandes tueries n'étant guère que répétitions préparatoires (mais dans les coulisses il y avait la Shoah, il y avait tout le bilan de l'Occupation qu'on n'allait découvrir  qu'après, quand le territoire serait débarrassé des nazis abhorrés). Oui, le 6 juin... Comme dit Giraudoux à la fin de son Electre, lorsque tout est ravagé mais que la lumière se montre sur les ruines :

"Cela porte un beau nom, femme Narsès. Cela s'appelle l'aurore'.

 

 

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lucette desvignes
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 08:31

         Cette fois-ci, ça y est, mes belins-belines! Voilà atteint le N°2500, autrement dit la deux mille cinq centième en termes de théâtre à la Ionesco - en plus modeste, avouons-le, aussi bien du point de vue volume de l'audience que niveau de la prestation. Il me semble qu'il y a longtemps déjà j'avais émis des doutes quant à l'échéance de cette désirée page de blog. Eh bien vous le voyez, on y est arrivé. J'y suis arrivée déjà, ce qui était aléatoire, convenez-en, les choses étant ce qu'elles sont. Mais vous aussi vous y êtes arrivés, et je n'ose pas m'adresser à des fidèles fantômes qui auraient lu toutes mes pages depuis le début - même parmi mes très chers je crois qu'il me faut renoncer à pareille fidélité,  laquelle par moments a bien dû leur paraître aussi pesante qu'une pierre de meule attachée au cou. Mais il y a tous les autres, les visiteurs passagers accrochés par un sujet puis désintéressés au bout de quelques pages et remplacés par d'autres, les déçus de la variété, les déçus des positions politiques, les amateurs de théâtre ou de cinéma qui s'estiment vite lésés. les mordus de littérature qui se trouvent souvent sevrés parce que l'actu a remplacé les notes de lecture... C'est un éventaire à tous les vents, un genre de bric-à-brac comme le ministère Philippe (on a envie de dire le ministère Macron, ce n'est sans doute pas faux), presque les puces de Saint-Ouen vu la proportion d'antiquités qui constituent la substance de ce blog. Je ne sais pas bien s'il est suivi; moi je sais que je l'ai mené jusque là, et peut-être que si je continue contre vents et marées n'est-ce dû qu'à la patiente obstination des imbéciles. Comme on dit dans Le Sapeur Camembert, "jetons un voile sur ce passé glorieux" - ce sont les paroles de l'avocat qui crédite son client ivrogne d'avoir brillé à  Austerlitz voire à Valmy....

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lucette desvignes
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 08:06

         Westminster, Manchester, London Bridge... Voilà les Anglais aussi rattrapés par la folie de destruction djihadiste - un bolide aveugle qui fonce dans une foule, puis des exécuteurs à pied brandissant un poignard... En réponse, une fois les fous de la mort éliminés, la même proclamation de discipline que chez nous : ne pas se laisser intimider par ces débordements de haine, offrir un mur uni dans la volonté de continuer impavidement à vivre selon les rythmes de vie occidentaux. Et certes, renforcée par le sentiment de l'horreur, la conviction est générale qu'il faut faire front, qu'il faut ne rien changer aux habitudes de notre civilisation puisqu'elle admet le jeu, la réjouissance, la sortie du samedi, les concerts de rock. Mais je ne peux m'empêcher de penser que cette adhésion à la persistance de notre modus vivendi demeure bien théorique. Elle ressemble peu ou prou à l'exhortation si fréquente en politique à rester unis au sein des pires déchirements, ou des pires hostilités, ou des pires rivalités de chefs. Il faut dire que depuis le premier décadi de l'ère Macron semble apparaître une espèce de ciment national qui, outre qu'il a recollé des débris divers (d'ailleurs pas trop éloignés les uns des autres : voyez par exemple le branlant socialisme de Collomb ou de Le Driant, ou le moralisme de Bayrou, c'est du macronisme, tout ça),  joue brillamment son rôle dans la partition de "Flotte, petit Drapeau!" Est-ce assez solide pour tenir le coup au moment des législatives? Pour Teresa May aussi, les législatives sont imminentes... Ces preuves de la démocratie, qu'on incite à s'affirmer visiblement et en force pour montrer à Al-Quaida qu'on n'a pas peur, comportent heureusement d'autres éléments qui permettent de s'exprimer sur d'autres registres tout aussi essentiels...

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lucette desvignes
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 14:35

         L'habitude des mirlitontaines, mes belins-belines - ponctuelle et non régulière - toujours logée en fin de semaine à cause de l'épuisement cérébral des jours précédents, s'explique en général par la panique du samedi, quand les facultés intellectuelles arrivent en fin de course. Voilà donc une belle première que je vous ai jouée hier, si tant est que l'air de mirliton dont je vous ai tous gratifiés puisse être répertorié parmi les manifestations musicales. Le recours à l'art poétique façon Boileau ou Pope (de la rime et de la mécanique, à l"exclusion de toute poésie : ne me faites pas un dessin, mes agneaux, je suis parfaitement lucide) semble avoir anticipé le jour où la fantaisie de son élucubration se trouve tolérée. Ne croyez pas que j'institue ainsi un élargissement de la permissivité ambiante : si je me jugeais en faute, je donnerais ma démission, foi de sauterelle, puisqu'il semble qu'un nouveau code des valeurs morales soit en )pleine instance de promulgation. Savoir ce qu'il faudra faire pour pouvoir être inscrit sur la liste des dérogations officielles... Peut-être tout simplement appartenir à ce que les Anglais appelaient the upper classes, éventuellement élevées chez les bons pères ou équivalents, avec un sens du MOI qui surfe sur les règles ordinaires, moyennant quoi on peut rester droit dans ses bottes...M. Ferrand ne nous a pas encore parlé de ses bottes, ça va venir, attendons.  

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lucette desvignes
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 00:34

J'avais pourtant bien dit qu'il fallait faire en sorte

Qu'au cas où le besoin s'en  ferait ressentir

- cerveau vidé, tonus zéro, mémoire morte -

Je  puisse disposer d'un truc prêt-à-brandir.

 

Pas à brandir bien haut comme un  fanal de gloire,

Comme un trophée d'argent conquis dans les sueurs

Sur un terrain de foot tel un champ de victoire

Où les exploits sont accueillis par des clameurs.

 

Je sais où je me dois de me tenir. Si même

Je brandissais trop haut ce fier succédané

Il y aurait quelqu'un - et pas quelqu'un qui m'aime -

Qui me ferait avec vigueur baisser le nez.

 

Mais non, je n'ambitionne point, non, sur ma vie,

De porter le drapeau que chacun suit de l'oeil

Dans le fier défilé où depuis Olympie

La crème des champions parade avec orgueil

 

Tout simplement je voudrais être bien certaine

Que quand je manque à mes devoirs du quotidien,

Que ce soit pour débilité pure ou migraine,

Un petit quelque chose  assure notre lien.

 

Cela devrait être tout prêt, dans mon armoire,

Bien rangé et facile à trouver à tout coup :

Si besoin, pour pallier les trous de ma mémoire,

On va chercher le truc tout prêt... Qu'en dites-vous?

 

C'est là la théorie. Car ce dont je vous prive

C'est l'aliment de choix de mes méditations,

Tandis que ma mirlitonnade, même vive,

Remplit fort mal son rôle en votre éducation.

 

Mais je ne sais vraiment pas pourquoi je compare

Mes blogs au ton sérieux et mes turlututus,

Puisqu'au seuil d'une défection qui se prépare,

Je cherche mon papier - bou diou! je l'ai perdu!

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lucette desvignes
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