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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 12:52

            On m’a offert, il y a quelques années, un ravissant petit livre en anglais intitulé «The Thoughts of Chairman Miaow » (Pensées  du président Miaow) constitué d’une série des principales affiches qui sur tous les murs chinois éternisaient les aphorismes  du timonier de l’époque en remplaçant les consignes et mots d’ordre du cru par des revendications félines : exigence de bonnes croquettes, expressions de vengeance contre la tribu des chiens, fidélité à une bonne marque etc. A la place du chef vénéré, au-dessus de son petit col droit qui a lancé la mode dans le monde, une superbe tête de matou, yeux étincelants, moustaches conquérantes, auréole de longs  poils lustrés vers lesquels on se sent irrésistiblement tenté de tendre la main (mais attention ! la fougue et l’ascétisme du regard vous en dissuadent d’emblée). La transposition des personnages, des slogans, des mouvements de foule, de l’enthousiasme est parfaitement réussie : Vive Miaow ! ne peut –on se retenir de crier comme on l’aurait fait là-bas, quand on n’avait pas le droit de crier autre chose.  Voilà qu’on a un peu abandonné ce contexte : d’abord il y a eu des successeurs, peu à peu ça vous efface une image, ça ; ensuite, même si la Chine reste bien le bulldozer du premier plan de nos préoccupations économiques, elle ne symbolise pas une plaie envenimée qui s’ulcère parce qu’on la gratte exprès. Plus près de nous (car le Moyen Orient c’est bien plus près de nous, on a les yeux fixés là à chaque minute) il y a un chef  proTrump qui secrète son propre venin à force de vouloir d’un seul regard de basilic anéantir le voisin de la porte à côté. Eh ! oui, c’est notre cousin presque frère, diraient les Hollandais, il se nourrit de haine et de violence, avec du mensonge et de l’hypocrisie pour assaisonner, et de voir qu’on l’appelait lui aussi Neta Miaow cela m’a rappelé les pensées de l’autre. Avec une grande occasion d’indignation : comment envisager de remplacer cette tête de tsar de toutes les ignominies par une superbe tête de matou qu’on n’aurait qu’une envie, celle de la caresser ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            On m’a offert, il y a quelques années, un ravissant petit livre en anglais intitulé «The Thoughts of Chairman Miaow » (Pensées  du président Miaow) constitué d’une série des principales affiches qui sur tous les murs chinois éternisaient les aphorismes  du timonier de l’époque en remplaçant les consignes et mots d’ordre du cru par des revendications félines : exigence de bonnes croquettes, expressions de vengeance contre la tribu des chiens, fidélité à une bonne marque etc. A la place du chef vénéré, au-dessus de son petit col droit qui a lancé la mode dans le monde, une superbe tête de matou, yeux étincelants, moustaches conquérantes, auréole de longs  poils lustrés vers lesquels on se sent irrésistiblement tenté de tendre la main (mais attention ! la fougue et l’ascétisme du regard vous en dissuadent d’emblée). La transposition des personnages, des slogans, des mouvements de foule, de l’enthousiasme est parfaitement réussie : Vive Miaow ! ne peut –on se retenir de crier comme on l’aurait fait là-bas, quand on n’avait pas le droit de crier autre chose.  Voilà qu’on a un peu abandonné ce contexte : d’abord il y a eu des successeurs, peu à peu ça vous efface une image, ça ; ensuite, même si la Chine reste bien le bulldozer du premier plan de nos préoccupations économiques, elle ne symbolise pas une plaie envenimée qui s’ulcère parce qu’on la gratte exprès. Plus près de nous (car le Moyen Orient c’est bien plus près de nous, on a les yeux fixés là à chaque minute) il y a un chef  proTrump qui secrète son propre venin à force de vouloir d’un seul regard de basilic anéantir le voisin de la porte à côté. Eh ! oui, c’est notre cousin presque frère, diraient les Hollandais, il se nourrit de haine et de violence, avec du mensonge et de l’hypocrisie pour assaisonner, et de voir qu’on l’appelait lui aussi Neta Miaow cela m’a rappelé les pensées de l’autre. Avec une grande occasion d’indignation : comment envisager de remplacer cette tête de tsar de toutes les ignominies par une superbe tête de matou qu’on n’aurait qu’une envie, celle de la caresser ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            On m’a offert, il y a quelques années, un ravissant petit livre en anglais intitulé «The Thoughts of Chairman Miaow » (Pensées  du président Miaow) constitué d’une série des principales affiches qui sur tous les murs chinois éternisaient les aphorismes  du timonier de l’époque en remplaçant les consignes et mots d’ordre du cru par des revendications félines : exigence de bonnes croquettes, expressions de vengeance contre la tribu des chiens, fidélité à une bonne marque etc. A la place du chef vénéré, au-dessus de son petit col droit qui a lancé la mode dans le monde, une superbe tête de matou, yeux étincelants, moustaches conquérantes, auréole de longs  poils lustrés vers lesquels on se sent irrésistiblement tenté de tendre la main (mais attention ! la fougue et l’ascétisme du regard vous en dissuadent d’emblée). La transposition des personnages, des slogans, des mouvements de foule, de l’enthousiasme est parfaitement réussie : Vive Miaow ! ne peut –on se retenir de crier comme on l’aurait fait là-bas, quand on n’avait pas le droit de crier autre chose.  Voilà qu’on a un peu abandonné ce contexte : d’abord il y a eu des successeurs, peu à peu ça vous efface une image, ça ; ensuite, même si la Chine reste bien le bulldozer du premier plan de nos préoccupations économiques, elle ne symbolise pas une plaie envenimée qui s’ulcère parce qu’on la gratte exprès. Plus près de nous (car le Moyen Orient c’est bien plus près de nous, on a les yeux fixés là à chaque minute) il y a un chef  proTrump qui secrète son propre venin à force de vouloir d’un seul regard de basilic anéantir le voisin de la porte à côté. Eh ! oui, c’est notre cousin presque frère, diraient les Hollandais, il se nourrit de haine et de violence, avec du mensonge et de l’hypocrisie pour assaisonner, et de voir qu’on l’appelait lui aussi Neta Miaow cela m’a rappelé les pensées de l’autre. Avec une grande occasion d’indignation : comment envisager de remplacer cette tête de tsar de toutes les ignominies par une superbe tête de matou qu’on n’aurait qu’une envie, celle de la caresser ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            On m’a offert, il y a quelques années, un ravissant petit livre en anglais intitulé «The Thoughts of Chairman Miaow » (Pensées  du président Miaow) constitué d’une série des principales affiches qui sur tous les murs chinois éternisaient les aphorismes  du timonier de l’époque en remplaçant les consignes et mots d’ordre du cru par des revendications félines : exigence de bonnes croquettes, expressions de vengeance contre la tribu des chiens, fidélité à une bonne marque etc. A la place du chef vénéré, au-dessus de son petit col droit qui a lancé la mode dans le monde, une superbe tête de matou, yeux étincelants, moustaches conquérantes, auréole de longs  poils lustrés vers lesquels on se sent irrésistiblement tenté de tendre la main (mais attention ! la fougue et l’ascétisme du regard vous en dissuadent d’emblée). La transposition des personnages, des slogans, des mouvements de foule, de l’enthousiasme est parfaitement réussie : Vive Miaow ! ne peut –on se retenir de crier comme on l’aurait fait là-bas, quand on n’avait pas le droit de crier autre chose.  Voilà qu’on a un peu abandonné ce contexte : d’abord il y a eu des successeurs, peu à peu ça vous efface une image, ça ; ensuite, même si la Chine reste bien le bulldozer du premier plan de nos préoccupations économiques, elle ne symbolise pas une plaie envenimée qui s’ulcère parce qu’on la gratte exprès. Plus près de nous (car le Moyen Orient c’est bien plus près de nous, on a les yeux fixés là à chaque minute) il y a un chef  proTrump qui secrète son propre venin à force de vouloir d’un seul regard de basilic anéantir le voisin de la porte à côté. Eh ! oui, c’est notre cousin presque frère, diraient les Hollandais, il se nourrit de haine et de violence, avec du mensonge et de l’hypocrisie pour assaisonner, et de voir qu’on l’appelait lui aussi Neta Miaow cela m’a rappelé les pensées de l’autre. Avec une grande occasion d’indignation : comment envisager de remplacer cette tête de tsar de toutes les ignominies par une superbe tête de matou qu’on n’aurait qu’une envie, celle de la caresser ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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lucette desvignes
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:44

          Dans certains regroupements de commentateurs politiques à la télé, on voit de temps à autre,   sauf dans les  tables rondes à formule inamovible depuis des mois, émerger des têtes nouvelles, et je vous assure qu’il faut bien tout ça – traits inédits, voix insolites, dictions meilleures ou pires – pour avoir une petite impression de nouveauté. Sans doute les expressions sont-elles à chaque fois  renouvelées, mais c’est la matière qui a pris un goût de vieux, de rassis, de réchauffé. On dirait que le problème essentiel est de savoir si Bayrou va prendre à Fillon des voix de droite pour les apporter à Macron, auquel l’apport du centre droit va sans doute coûter quelques pertes plus droitières. On dirait que tout va se compter à dix ou quinze près, et je ne jure pas qu’il n’y aura pas une belle pagaille où les voix auront valeur de coups de poing. Au niveau candidats, la grande affaire est de combler en vitesse des manques trop flagrants : moi je vais au Liban faire des ronds de jambe sans les voiler, moi je file à Londres (ces visites –éclairs fourniront-elles le bagage diplomatique indispensable ?). Surtout, on ne comprend pas pourquoi la rose bleue n’est pas poursuivie pour des délits non moindres que le candidat ébréché qui, lui, fait semblant de ne rien voir mais s’est carrément déchargé de sa honte sur sa famille politique (dans les rangs de laquelle on feint de nier tout forfait de son champion mais au fond en en gardant gros sur le cœur). Tout est brouillé, terni, sans grâce. Le bel enthousiasme du Front populaire avec ses élans chaleureux fait figure d’événement d’un autre monde qui n’a aucune raison de se reproduire presque u siècle plus tard. On croirait qu’il n’intéresse plus personne.

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lucette desvignes
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:42

          Ah mes belins-belines, il me semble – et je ne crois pas avoir encore pris la berlue réservée aux tranches d’âge devenues gadouloues – qu’il y a un grand bout de temps que je ne vous ai pas parlé. Parlé du cœur, je veux dire. Parlé en tête à tête comme quand on se cause à nous tous, moi qui tiens le crachoir et vous qui m’écoutez. Puisque c’est entendu que je doive tenir le crachoir, à cause de tout ce que je sais et que j’aime à répandre en saupoudrage sur vos têtes blondes ou chenues, les littératures et la belle langue à l’exclusion des sciences, et l’orthographe ou la grammaire pour faciliter les relations entre humains civilisés. Ce n’est manifestement pas par désamour que je ne me suis pas tournée vers vous spécifiquement : certes, je ne vous répète pas « Je vous aime » comme c’est devenu la mode chez certains (même que, vu les rumeurs qui couraient à leur endroit, on pourrait l’espace d’un instant sursauter comme devant une proposition malhonnête, mais c’est tout de même garanti sans danger), non, je ne vous fais pas de déclaration à tout bout de champ ; avec ou sans la proximité de la Saint-Valentin et de ses grands élans . Non : je me tiens, quoi. Mais bien entendu ça ne m’empêche pas de vous porter dans mon cœur, et de vous distiller tout enrichissement utile qui passe à ma portée, dans mon désir d’en partager avec vous la substantifique moëlle. Pas toujours facile, savez-vous, Souvent aride pour vous, ingrat pour moi. N’empêche, mes agneaux : je me sens contrite de négligence tous ces temps envers vous. Plus de force ni d’aisance d’esprit une fois que tout a été dévoré dans l’ambiance électorale : on ne peut pas par exemple ne pas décider d’écouter ce que les marionnettes ont à nous dire sur la grippe (c’est qu’on fait bien les choses au plus haut niveau : on leur fait passer un examen, même sujet mêmes épreuves, c’est comme ça qu’on verra le meilleur). Comment voulez –vous que je ne consacre pas à l’observation de ces mises en parallèle le plus clair de mon temps libre ? Il s’agit de voir qui sera le meilleur, tout de même, et de rien d’autre !...

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lucette desvignes
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 10:12

          Mon adolescence se déroulant tout entière dans la guerre puis l’Occupation, la seule consigne, le seul mot d’ordre – le seul espoir – c’était De Gaulle, le ciment secret entre condisciples bien informées, la radio anglaise tous les soirs dans l’imprudence, la croix de Lorraine en émail bleu gendarme dans mon corsage au bout d’une chaîne approximative … et un bel enthousiasme prolongé quelques années. Après, certes, les soubresauts politiques, la renaissance active des partis disparus, les difficultés de la   Quatrième puis de la Cinquième, entraînèrent la variété des positions sur l’échiquier des formules de gouvernement, si bien que, malgré la tendresse pour lui que j’ai souvent dû tenir cachée, on ne peut guère me taxer de Gaullisme. Et cependant, alors qu’il était plutôt avare d’une gestuelle toujours un peu rigide, je ne peux me rappeler sans une pointe d’émotion ses accents convaincus quand il nous amenait à prendre conscience de notre chance – Paris meurtrie, Paris martyrisée, mais Paris libérée : tout le monde doit entendre encore ces mots jaillis du cœur retentir dans l’oreille du souvenir… Il y avait dans ces déclarations personnelles si rares une noblesse, un amour, une distinction qui allaient bien au-delà des paroles. Quand aujourd’hui on nous clame, avec d’éventuelles répétitions du truc, « Je vous aime » et même, si je ne m’abuse, « Je vous aime farouchement », bien sûr il y en a qui applaudissent, mais il y en a aussi qui haussent les épaules et d’autres qui rigolent.

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lucette desvignes
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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 09:52

          Depuis que l’élection de Trump est entrée dans les faits hautement historiques, on a déjà eu l’occasion de contempler des actes, décisions et signatures plutôt abasourdissants. L’apparition du nouveau Kaiser sur les écrans du monde, chaque fois qu’il signe un décret ou une loi (puisqu’il légifère à lui tout seul, semble-t-il) tient de la puérilité d’un chef de tribu qui montre à tous qu’il sait écrire ou du moins signer son nom. Il ne nous surprend déjà plus guère par l’incongru de ses ordres ou contre-ordres, de même qu’autour de lui nous allons prendre l’habitude des nominations ou démissions en coups de vent. On aurait pu croire qu’il chercherait à débusquer sans arrêt les fautes commises par les autres, à tout niveau, puisqu’il avait tant à reprocher dénoncer vouloir remplacer. Que non pas ! D’après les rumeurs, il passerait sa vie devant la télé ou Internet,  faisant d’eux son instrument essentiel de communication avec le monde et même, ai-je cru comprendre, pour transmettre ses directives. En tout cas on sait maintenant qu’il se renseigne sur Internet sur l’état de la planète et les événements historiques des peuples voisins, ce qui lui permet de dénoncer avec fureur les crimes des immigrés dans les pays trop faibles pour les repousser : bel exemple à commenter à partir d’un incident totalement imaginaire ! Et on a beau se dire : « Ils l’ont voulu, grand bien leur fasse ! », on ne peut s’empêcher de penser à tout ce qu’il va pouvoir imaginer dès qu’il entreprendra de quitter le territoire de la « Monroe Doctrine »

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lucette desvignes
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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 16:54

 

 

          On ne peut certes nier que depuis les primaires de la droite une curieuse coloration politique se soit étendue sur tout le paysage français : même les plus indifférents se sont vu noyer dans le flot des nouvelles, contraindre à suivre l’évolution des événements, prendre des positions inattendues. Chaque semaine a connu son sommet tonitruant : éviction des Sarko ou des Juppé ou des Valls ou des Montebourg, révélation de gênantes petites bricoles par la presse  claironnante, dénégations répétées de l’honnête homme désavoué par sa famille, élaboration dans l’affolement d’un plan B sur les rangs duquel s’étaient mis à grouiller les ténors, mais aussi les barytons et les basses en se bousculant au portillon…La consternation et l’accablement se sont installés à voir que le champion avait terni sa robe de lin blanc candide et refusait de passer au pressing pour ravauder ses affaires. Et le croirez-vous ? Voilà que sans vergogne une fronde s’organise à son tour dans sa famille, ce qui rebat les cartes et fausse la donne. Mais le champion s’entête : ne voit-on donc pas qu’il est le seul valable dans cette aventure ? A preuve, il a déjà choisi son premier ministre dont le sourire éclatant et hautain s’est gravé à jamais : le jeune Baroin s’amuse à avoir l’air flatté, il n’escompte pas grand succès de son partner cette année, mais comme il sait que le poste est pour lui – la présidence, bien sûr – la prochaine fois sans problème, pourquoi n’afficherait-il pas sa bonne humeur et son ironie ?

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lucette desvignes
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:22

          Dans ce fouillis effervescent que semble brandir avec désinvolture et grand souci de choquer l’administration américaine récente, où il y a à boire et à manger, où les décisions se prennent dans un claquement de doigts, quitte à se faire annuler par décisions de justice immédiates, où les pires principes sont évoqués comme basiques désormais avec en corollaire le piétinement résolu des règles habituelles de comportement entre nations, on peut tout de même distinguer un fil rouge : à savoir, la haine et le mépris de tout ce qui n’est pas américain. Reste à deviner ce qui se produira lorsque l’examen des composantes nationales soulèvera le problème des Native Americans (les Indiens expulsés de partout) et des Afro-americains, épine sanglante au flanc des blancs : pour l’instant, se croyant élu par la nation tout entière, le bouffon milliardaire promu tyran grâce à son incongru a déjà étalé son aversion pour les Latinos (alors ce mur mexicain, on le commence, oui ou non ?) et pour les Arabes qu’il appelle l’Islam (car s’attaquer à une religion fait bien plus sérieux qu’un simple racisme). Il y a déjà tant d’années que son gendre prodigue des sommes étonnantes à ses co-réligionnaires israéliens et qu’il le suit avec zèle, qu’il a adopté toutes les façons de traiter les Palestiniens -  colonies, eau, plantations, patrimoine – en vigueur chez Netanyiaou, même les plus scélérates. En particulier l’installation toute fraîche de l’ambassade américaine à Jérusalem (et non pas à Tel Aviv, capitale actuelle de l’état hébreu), proclame avec arrogance sa complicité dans la campagne nationale qui tend à remettre Jérusalem au centre de la nation juive après expulsion définitive des Musulmans (malgré toutes les menaces et les connivences criminelles, ce n’est pas fait encore…) et aux USA il doit bien y avoir une presse équivalente au Canard enchaîné pour les révélations inattendues et désastreuses, non ?

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lucette desvignes
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 11:21

          Je vous ai déjà confié (complément d’attribution, donc pas d’accord) que je n’aime pas l’opéra et naturellement sans doute vous ai-je beaucoup choqués (là l’accord est de bon aloi). D’abord parce que je n’aime que très rarement la voix humaine – Fischer Diskau par exemple ou Kathleen Ferrier – et aussi parce que c’est un genre bâtard où la musique n’est pas servie comme dans le domaine symphonique et où le texte du drame voire de la tragédie est sacrifié délibérément aux effets vocaux. Je devrais donc me déclarer peu intéressée par le grand opéra que nous jouent les politiciens de notre époque, dans une originalité totalement inédite. Eh bien non ! Je suis comme tout le monde, accrochée aux informations commentaires rumeurs qui sont censés nous ballotter comme vous ballottent les vagues – et pour être ballottés certes nous le sommes. Les sondages qui s’envolent ou qui s’affaissent, les noms à la volée qu’on tire d’un chapeau, qu’on propose, qu’on écarte, qui restent tapis dans l’ombre et frétillent d’impatience, tout prêts à resurgir, les invitations à dîner qui tournent mal, les obstinations dont les copains ne veulent plus, les grandes poses têtues qui ne cachent plus les fautes impardonnables, les programmes inexistants, ou excessifs, ou métamorphosables^selon le client, le tout dans le cadre d’un contre la montre qui d’avance casse les mollets à tous les acteurs de la grosse farce, quel pot-au-feu, quel salmigondis, quel ragoût d’éléments disparates qu’il faudrait rendre consommables ! Mais les artisans de cette cuisine ont-ils bien pris conscience que le bon peuple a perdu l’appétit et qu’il préférerait peut-être l’anorexie à l’ingestion forcée de nourritures nauséabondes ? ………….

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lucette desvignes
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:16

          Vous vous rappelez le Gaspi ? C’était sous Giscard, une invention destinée à faire faire au bon peuple contre fortune bon cœur au moment de la première crise pétrolière. La consigne était donnée et répétée : ne gaspillez plus ! Ni le gaz, ni l’essence, ni l’électricité, ni rien. On demandait même à la France de s’arrêter un instant (mais à l’heure donnée, donc tous ensemble), de supprimer les lampes allumées inutilement, et l’expérience concluante montrait, à l’aide d’une grosse flèche bricolée sur  je ne sais quel cadran enregistreur, que l’économie réalisée ainsi était stupéfiante. Ce qui n’empêchait personne de reprendre ses habitudes de largesse ou d’insouciance une fois passé l’effet de cet effort national. Hier soir on discutait du gaspillage à grande échelle, puisque la Cour des Comptes venait de rendre un verdict accablant. J’ai relevé au passage quelques exemples en relation avec les chemins de fer, en particulier pour les  gares de TGV construites en dehors des villes (prestige de la région, des présidents de région, des notables…). Ainsi, entre Metz et Nancy toutes deux candidates, la construction ex nihilo d’une gare spéciale à 30 km de chaque ville. Ou, encore mieux, à 20 km de Montpellier, une gare en construction depuis deux ans, bâtiments voies et tout et tout, sous prétexte qu’il faut désengorger la gare SNCF de la capitale régionale : or cet engorgement calculé sérieusement donne … les environs de 2080 voire 2090, et c’est si flagrant, cette inutilité ridicule, qu’on parle d’arrêter les travaux, la gare TGV demeurant à l’état de ruine dans une zone d’ailleurs inondable. Ah ! la belle valse des milliards pour des barrages, des aéroports, des routes dont personne n’a besoin ! Et les ordres viennent d’en haut, bien sûr : voyez la « ligne des présidents », Clermont-Ferrand –Bordeaux, pratiquement faite pour le confort et l’orgueil de Giscard, Mitterand et Chirac. Ne vous étonnez pas qu’en compensation on ferme les petites gares de province une à une, comme si elles étaient de simples bureaux de poste…

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lucette desvignes
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 10:41

          L’Ulysse de notre temps croyait peut-être qu’à son retour de vacances gloutonnes et dansantes on allait lui fiche la paix pour organiser comme il l’entendrait sa petite suite de discours dans le vide (de toute façon il attendait ses grandes vacances de mai pour pouvoir se reposer en toute quiétude). Mais ouatte ! comme on disait avec incrédulité dans la Bresse louhannaise, le Comité d’accueil qui se juge légitimé à donner son opinion lui redit avec fermeté  Arrête, François ! comme il y a déjà une quinzaine. Dans l’intervalle, rené de ses propres cendres, le phénix des primaires de la droite a repris de l’allure et entend bien poursuivre son petit bonhomme de chemin, en corrigeant ici un programme trop osé, en revenant là sur  ce qui lui avait apporté son plus grand nombre de voix, bref en jugeant que, les choses étant ce qu’elles sont, il fait pour le mieux. Mais justement, les choses étant ce qu’elles sont et son petit bonhomme de chemin ayant quitté le tracé habituel des cartes routières, la débandade menace de toutes parts. Il n’y a pas de programme qui tienne : même si le sien n’a plus figure humaine par rapport à son modèle initial, plus personne ne s’y rattache, il y a un tel éventail de programmes proposés ici et là (dont aucun d’ailleurs ne satisfait qui que ce soit) qu’on se demande comment vont pouvoir être imprimés les bulletins de vote pour dans quelques semaines. Je note avec intérêt que, parmi les incitations de certains de ses amis à le voir se désister, est mentionné le terme d’honneur : c’est bien que, même si peu de voix de sa famille y font encore allusion, pour quelques âmes bien nées cet élément compte d’abord et avant tout et j’aime qu’on l’évoque avec gravité  (vu son importance) et tristesse (vu le peu de cas qu’on en a fait).

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lucette desvignes
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