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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 09:05

         Au Soudan, au Sahel, en Somalie, dans tous ces endroits que maudissent la chaleur, le soleil et la sécheresse, les gens tombent comme des mouches, parfois par familles entières, trois ou quatre frères et soeurs en même temps, épuisés par la faim, la soif, la fatigue, l'angoisse, le désespoir. C'est une des grandes plaies dévorantes de notre temps, et nous savons tous que la disposition naturelle de ces zones tragiques n'a fait qu'être renforcée par le réchauffement de la planète qui est en train de la pousser inexorablement vers l'anéantissement, les guerres locales et la main mise des firmes multinationales sur les terres ou les ressources minières se chargeant du reste. Mais il y a tant de causes enchevêtrées - pratiquement inextricables - pour ce déchirant état de fait qu'on a du mal à distinguer  où commencerait la première responsabilité.  En Palestine, où les cultures entreprises avec l'énergie du désespoir sont condamnées à mort par l'absence d'eau, où  le rationnement de cette eau précieuse qui  appartient  anx occupants du sol et dont on les prive avec un raffinement sauvage accorde à chaque individu un quart d'heure de distribution par jour - juste de quoi boire un  peu, rien pour se laver, rien pour la lessive - la souffrance physique et morale due à cette torture inventée par le génie du vice est sans doute moins spectaculaire que les grandes hécatombes   des populations africaines; mais comment ne pas voir que cette situation totalement anormale a un  responsable qui ne se cache même pas, prêt à toujours faire pire et s'exhibant aux yeux du monde comme un modèle de sa  voir-faire et de sagesse?

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lucette desvignes
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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 09:30

         M. Macron avait bien pris soin de nous présenter (et faire accepter) son  raffinement en matière de goûts politiques : un coup à droite, un coup à gauche, à part les extrêmismes que j'abhorre je prends où il me plaît, je fais mon miel de tous les pollens. En soi c'était une bonne chose, et on comprend que tant de gens l'aient suivi, comme on suivait Lamartine pour l'adoption du blanc de la royauté coincé entre le rouge et le bleu des armes de Paris. Mais M. Macron s'était bien gardé de nous dire qu'il était daltonien, et qu'il ne distinguait plus le rouge du vert. Si bien que, ayant choisi ses piliers dans le vert très officiellement, il aurait dû y ajouter des accessoires pris dans le rouge, mais c'est vraiment là une couleur qui lui répugne. Résultats des courses :  un ministère vert billard, d'autant que des éléments indécis viennent de quitter bruyamment le navire pour aller ailleurs se reformer et comploter. Le rouge choisi au départ étant déjà un rouge pisseux tout décoloré (Le Drian, Collomb, Carboner), il ne reste plus l'ombre d'un poil de rouge dans cet amalgame qui avance en aveugle, appuyé sur une foule de Visages pâles aux contours flous dont on ne sait rien du tout et qui, forts de leur jeunesse, peuvent se révéler fort turbulents. La monochromie du Quartier général sera-t-elle corrigée par les remous d'une assemblée multicolore? Je suis surtout curieuse de voir le Modem en action dans l'opposition, comme si enfin dégagé d'un carcan insupportable il ne se rendait pas compte qu'on lui avait fait la courte échelle pour qu'il pût se hisser hors de l'ombre et qu'à l'aveuglette il se disposait en ordre de bataille pour tuer le père.

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lucette desvignes
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 10:03

         C'est comme si on tentait de raccrocher les lampions et les guirlandes après une tornade, de manière à faire tout de même les célébrations annoncées malgré le contexte devenu brumeux. Ainsi le salut au drapeau avec des gardes engoncés dans leur uniforme sous la canicule pour la passation des pouvoirs entre un ministre des armées qui avait fonctionné trois jours et une autre femme dont la qualité essentielle est d'appartenir au Modem. Car pour le Modem, en avant toute! La cérémonie avait lieu non pas devant les marches du ministère mais tout benoîtement dans les allées du petit jardin attenant, cinq minutes en vitesse, la Marseillaise jouée sans bis. L'impression qu'on tâche de regagner le temps perdu en marivaudages et fausses manoeuvres. Il y a bien une bonne semaine qu'on n'a pas vu le grand patron, ce qu'on nous refile en boucle ce sont des actus anciennes qui ont au moins quinze jours - donc avec encore le sourire éclatant du triomphe, et non l'oeil d'acier, fixe, les traits plomb durci,  pas la moindre ombre de sourire. Heureusement que la télé dispose de kilomètres de vues enthousiasmantes de foules en délire, de serrement de mains, de bisous , de risettes aux enfants : de quoi nous alimenter pendant bien longtemps pour nous faire attendre le retour (if...) à la désinvolture conquérante. Et Bayrou et son sourire têtu qui se lance enfin dans l'arène sans armure... Gare, François, pousse pas le bouchon trop loin, des fois qu'y te  reviendrait en boomerang!

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lucette desvignes
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 08:39

                    Chaque jour apporte à notre appétit sa pincée de piment d'espelette: le jugement des urnes ayant réussi pour les ministres douteux, comme dirait Labiche des meringues apportées à la campagne par Un Monsieur qui a brûlé une dame (et c'était bien prévu qu'ils passeraient, on peut donc se reposer de leur sort sur le jugement du peuple, tout baigne), il fallait trouver une échappatoire autant que possible inédite et subtile pour ranger des voitures le ministre montré du doigt. Idée de génie : on l'installe à l'Assemblée avec les plus hautes fonctions. Du coup, ça libère son poste, pourquoi ne pas y fourrer Sarnez, elle aussi sortie des urnes blanche comme neige? Je ne sais pas ce que pense M. Macron de ses choix affectifs si bien raisonnés, mais il doit tout de même s'inquiéter un peu de ce démarrage souffreteux. Et qu'est-ce que c'est que cette démission d'une ministre de trois jours? Ce qui pouvait passer pour casseroles naguère devient d'autorité bassines à confitures, en ces temps de brassage des ingrédients constituant l'honnête homme macronien. Et Bayrou dans tout ça? Intimé de la fermer par à peu près tout le monde, prenant ses mauvaises manières pour de l'honnêteté de conduite, il ne va pas tarder à démissionner lui aussi, rêvant de devenir le petit coq de l'Assemblée à la tête de son parti, dont il tient à démontrer qu'il fut béquille bienvenue pour le Rubicon macronien mais béquille déplaçable et tout juste prêtée par charité. Dans ce beau contexte d'épouillage général, on comprend que M. Macron préfère aller prendre le thé hors hexagone, en touriste.

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 09:26

         Le réveil gueule de bois s'étant produit la semaine dernière pour une grande partie de la population, il n'était pas question de pouvoir récidiver. Aussi bien, sur fond de résignation catastrophée devant le raz-de-marée attendu (et, en vérité, déjà arrivé), chacun a plutôt l'air de se trouver, sinon un motif de satisfaction du moins une petite consolation ouvrant sur quelques espoir. Le spectre du camembert déjà exhibé par les médias avant même le vote final, avec son énorme enflure écrasant tout le reste du fromage, s'est éloigné, ravalant les médias au rang d'oiseaux de mauvais augure et non de commentateurs diserts. De fait, sans que la répartition des sièges soit équilibrée, elle n'est tout de même pas consternante. comme on pouvait le craindre. On peut noter au passage que dans certaines circonscriptions où se présentait une tête connue à ménager (un Valls, une Sarnez) ou a occire, le choix de l'adversaire avait été longuement étudié en hauts lieux, de manière à aider quelque peu le hasard des urnes si besoin. Je me suis amusée de voir autour de l'égérie de la scélérate loi du travail  le subtil travail des soutiens : le Président d'un côté, le Premier de l'autre. Naturellement, la coalition des trois grâces incluant Belkacen, la mairesse et Jesaisplusqui semblait si ridicule  qu'elle ne pouvait que se terminer en eau de boudin. A l'intérieur de l'hémicycle, les groupes se forment,  la brosse à reluire ou la résistance s''organisent... Tout est donc pour le mieux, et la France va pouvoir dormir un peu.

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:17

         Je ne verse jamais une larme sur la déroute des politiques : ils se sont lancés dans ce cloaque soit en toute ignorance donc tant pis pour eux, soit en espérant y barboter victorieusement donc c'est bien fait pour eux. Le grand carrousel des têtes connues dont les  derniers mois nous ont offert le fascinant  et pitoyable spectacle nous a permis de voir ce que donnait dans l'adversité  la personnalité de chacun : l'accablement de Cambadélis (qui d'ailleurs se préparait par phases successives à l'élimination), l'amertume pleine d'incompréhension de Benoît Hamon si vite tombé de la roche tarpéienne, l'arrogance de Fillon qui voudrait nous faire croire jusqu'au bout qu'il est blanc comme l'agneau qui vient de naître et qu'il échoue parce qu'un odieux complot a décidé sa perte (pas parce que son CV a besoin d'être épousseté), Juppé qui à l'automne s'avançait vers l'Elysée avec toutes ses chances et qui depuis a connu toutes les humiliations même à travers les élans se portant vers lui avec fougue...On peut leur trouver un air pathétique au passage, mais on aurait tort de les plaindre. Si leur ego souffre les mille morts c'est parce qu'il a pris une place démesurée. Demeure un cas bien particulier, celui dont les médias parlent avec un attendrissement de salon voire une pointe d'admiration mâtinée d'humour en soulignant son héroïsme à aller au charbon pour la droite ou ce qu'il en reste : c'est François Baroin, visage défait  voix caverneuse, forçat de la fidélité tout chargé de chaînes, dont on aurait pu certifier il y a sept ou huit mois que sa place à l'Elysée était réservée, en 22 de toute façon mais sans doute déjà en 17 vu son pedigree et les espoirs du plan B - et qui finalement n'a plus en face de lui que des miettes. Vae Victis !  Les malheureux gladiateurs auxquels le peuple romain n'accordait pas la survie étaient des prisonniers entraînés pour les circenses, et non point des intrigants espérant se tailler la part du lion dans le grand fromage.

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 10:33

         Je doute fort qu'en ce dernier jour de votation il se trouve encore dans la population un public assez peu usé pour se brancher depuis le matin sur sa chaîne préférée afin de voir le déroulement de la journée. Chaque chaîne, dans la lassitude des traditions obligatoires et certainement pas parce qu'elle estime que le moindre intérêt va être suscité sur le petit écran avant l'approche des résultats (et même : on sait tout d'avance, les commentaires ont déjà été faits, il y aura peu de surprise, il suffira d'ouvrir le poste un peu après la fermeture des bureaux de Paris, on sera tout de suite renseigné, donc confirmé dans les prédictions).La vision de M. Ixe ou de Mme Ygrec déposant son bulletin dans l'urne de son secteur et serrant les mains de même farine (pas les autres : l'avez-vous remarqué?) manque de charme et de variété, et certes c'était beaucoup plus drôle de voir naguère cette ex-ministre de la santé dodue s'exhibant en combinaison pour inciter l'univers à se faire vacciner. Pourtant tout l'appareil médiatique se trouve sur pied dès l'aurore : caméra au poing, journalistes errants ou à l'affût, affairement des manutentionnaires installant les isoloirs ou disposant avec grâce les piles de bulletins (d'ailleurs en nombre fort réduit par rapport à la semaine dernière)... Qui peut encore appeler ça du spectacle? Alors qu'il fait si beau dehors? Il y a quelques siècles, Jacques Duclos invitait à aller à la pêche un jour d'élections. Aujourd'hui ne constitue-t-il pas une merveilleuse occasion de pique-nique, en famille ou avec les voisins? 

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 15:27

         En ces temps où la canicule s'est installée chez nous sans le dire, sans permission et surtout sans qu'on le dise de peur d'effrayer les populations, ses effets se moquent bien de la reconnaissance publique ou non de sa qualité de catastrophe. Pour me limiter à mon bout de jardin, il est desséché comme du béton, les malheureuses plantes qui tentent de survivre n'ont qu'une tige au lieu de faire la touffe, qu'une vague inflorescence toute regrignée à son sommet au lieu d'offrir des bouquets si généreux qu'on se demande, en passant près d'eux, dans quel vase on va bien pouvoir les mettre pour qu'ils soient à leur aise, bref c'est un spectacle calamiteux sur lequel j'évite de porter les yeux. Mais que doit faire le paysan lorsque ses foins n'ont guère donné plus que s'il avait fauché un tapis de billard? puis que ses blés ou ses orges secouent au vent des têtes vides? puis que son maïs sèche sur pîed et ne donnera même pas du fourrage? J'en reste à la formulation d'antan, à l'époque où la semeuse timbrait notre courrier, mais la question demeure : comment font-ils, puisque pour eux c'est le gagne-pain, c'est la survie? Pire encore, dans les hantises qui vous obsèdent au milieu de ces températures torrides : comment font-ils, ceux qui ne connaissent que cet aspect du climat,  quinze heures de soleil, jamais d'ombre parce que les arbres sont morts, jamais d'eau parce qu'il ne pleut pas, des squelettes de buffles ou de chèvres pour jalonner les pistes d'une  brousse râpée comme un bitume, pas de fleurs pas de feuilles pas de vent... comment font-ils, oui, comment font-ils?

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 10:12

         Autrement dit, tous ces chamboulements de vocabulaire, de pratique ou d'habitudes n'auront eu lieu que pour bouleverser le peuple, sans rien d'autre. Voilà les casseroles des affaires qui reviennent flotter à la surface de cette belle moralisation si claironnante, voilà les hostilités si bien cachées pour un temps qui non seulement tendent un nez impertinent mais encore s'affirment, se dévoilent à dents découvertes, voilà ce qui a un instant tenu lieu de lendemains qui devaient chanter révélé dans sa nudité : autoritarisme sur toute la ligne, décisions sans opposition, la loi travail encore endommagée passant raide comme balle devant une assemblée godillot béate d'admiration pour le petit chef...Bientôt sans doute le Tsar, le Duce, le Führer, pourquoi pas? A débuts fulgurants et napoléoniens doit normalement suivre un destin fulgurant comme un météore. Devant lequel le pauvre peuple ne peut que rester baba -   et roulé dans la farine par ses propres actes, puisqu'il a tout fait pour mettre en place un  système de facture nouvelle qui va le mettre à mal bien aussi sûrement que l'ancien... Ô tempa! ô mores! Où vais-je? où cours-je? et ma tête, où la fourre-je?

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 11:50

         Tandis que la partie éliminée des candidats, pour l'éviction desquels n'ont su jouer ni l'habitude ni la fidélité des foules, se retrouvait penaude et meurtrie en comptant ses abattis, le beau mur de l'autorité vertueuse ne commence-t-il pas à se fissurer? Voilà que, tout enivré de sa tardive victoire, le garde des sceaux s'active à faire savoir qu'il n'entend pas recevoir d'ordres et fera cavalier seul dès que possible, l'union sacrée des centres qui a déterminé l'évolution politique du pays apparaît; non seulement fragilisée mais bel et bien branlante. Et puis ces casseroles qui continuent à traîner au derrière de ceux qui prêchent la moralisation du monde politique! "Ils étaient tous pourris, les autres; nous au contraire regardez bien notre serment d'hypocrites!" En effet, l'examen dit approfondi des antécédents juridiques de tous ces fraîchement appelés à gouverner avec les purs n'a pas été complet: toutes les zones sombres n'ont pas été occultées assez habilement, et d'un jour à l'autre attendons-nous a de nouvelles friandes découvertes. Autrement dit, n'y en aura-t-il pas un pour racheter l'autre? On peut même être fondé à attendre des révélations d'antan concernant notre flamboyant pilote : un banquier? n'était-il pas à Bercy au moment où se sont passées d'obscures embrouilles? Pour peu qu'il considère lui aussi que ces broutilles étaient dues à son rang...

 

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lucette desvignes
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