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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:06

     .....Donc, je me sens au défi d'exécuter mon projet. Parfait. J'attaque le conte fantastique : 298 lignes et demie. J'attaque la nouvelle humoristique : 299 lignes et demie. De quoi faire taire les sceptiques. J'envoie l'humour : premier prix à l'unanimité. J'hésite à envoyer le fantastique : c'est un fantastique littéraire, dans le sillage de Poe ou de E.T.A.Hoffmann, il va y avoir tant de concurrents dans le fantastique hémoglobine ou intersidéral...J'aurais dû, ah! j'aurais dû, George Dandin! Vu le texte primé, choisi sans enthousiasme par le jury... Tant pis, j'aurais bien dû, je ne l'ai pas fait - My loss! Tout ça pour dire que si je veux je peux très bien me contraindre à rester en-deçà des bornes imposées. Si je veux, oui... Voudrai-je désormais? Peut-être (mais le doute subsiste). Enfin, admettons que j'aie accepté des règles du jeu quelque peu modifiées. On va toujours essayer.
     Je saute sur le personnage, que voulez-vous? je m'ennuie de lui. Quel qu'il soit d'ailleurs, vieux ou jeune, mâle ou femelle. Je l'ai laissé (je vous l'ai laissé : c'est pour vous que je reprends tout ça, vous pensez bien que moi je n'ai plus besoin de ces notes et remarques pour faire avancer ma barque) planté tout seul, glaiseux encore (ça je me rappelle bien : glaiseux encore, oui), à peine précisé du point de vue sexe, pas de couleur d'yeux ni de cheveux ni de teint, peut-être même pas encore de stature. Et pourtant déjà je songe à l'entourer de congénères : les géniteurs, les frères et soeurs, les copains de classe (à partir du moment où M. Jules Ferry a décrété qu'il fallait aller à l'école, que ce serait sans crucifix au-dessus du tableau noir et qu'on ne paierait plus de droit d'entrée). Je songe surtout, en passant par-dessus ces années de formation ou d'apprentissage sur lesquelles il serait bon de revenir plus tard, à faire entrer dans son biotope un double en creux avec lequel il pourrait (il pourrait seulement, je dis bien : ça n'est pas à tous les coups qu'on gagne) tenter de constituer un couple. Parce que c'est à ce moment que le personnage prendra toute sa dimension, loin de sa glaise originelle, avec enfin des yeux et des cheveux et une stature, au fur et à mesure que ces indications se seront révélées pertinentes et utiles. La monotonie de son existence jusque-là marquée par la routine banale et quotidienne va faire place à une excitation de bon aloi, sensations sentiments rêves imagination élancée dans toutes les directions. Quelque chose est enfin arrivé pour le personnage, une rencontre, un choc émotionnel, le dépassement d'un point de non retour. Il est mûr pour les heurs et malheurs de la vie. Et ce n'est même pas obligatoire que pour constituer un couple il ait trouvé une âme soeur, femelle ou mâle (les variantes contemporaines sont également source d'intérêt, même si je n'ai jamais suivi la mode) : j'en veux pour preuve ce couple bancal de "Pousse-Café", la grand-mère et la petite-fille qui se méfient l'une de l'autre au point de se voir ou de se croire menacées dans leur pauvre vie de survivante, et qui soudain découvrent un mince et brutal courant de sympathie et de compréhension illuminant leur misère et les reliant    malgré elles. C'est un couple, ça, parfaitement. En tout cas selon ma terminologie qui voudrait tant arriver à voir germer ses semences sur le sol ingrat de votre audience, mes belins-belines. Allons, à demain. Caresses aux chats.

                                                                                                      Lucette DESVIGNES

















 

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lucette desvignes
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 09:24

     A partir d'aujourd'hui (et ça ne vous étonnera pas si vous avez suivi attentivement ce qui précède) je vais calibrer mes écrits, ceux du moins que je vous destine, ingrats belins-belines toujours silencieux et inertes : je ne vais pas me lancer à l'aveuglette dans le discours, je vais garder les yeux fixés sur la igne terminale d'un message normal, exactement comme en 14-18 on gardait les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges. Cela m'évitera d'avoir à recopier à la main les portions d'articles qu'on peut aller rechercher dans le bas des feuillets mais qui refusent de se laisser imprimer (si je vous le dis...). Moi qui me réjouissais depuis quelque temps de savoir si efficacement remplacer le bic et le bloc par ces contributions qu'on peut à volonté garder en boîte ou faire sortir de l'imprimante, j'étais toute honteuse hier de devoir compléter à la main les articles tronqués dont je faisais le bilan. Eh bien oui, c'est de saison. Les marchands de chaussures font l'inventaire après les soldes, les comptables s'activent avant les déclarations d'impôts, les négociants en tapis bradent tout à des prix défiant toute concurrence, dans les maisons les ménagères se livrent au nettoyage de printemps - que voulez-vous, les premières chaleurs dopent tout le monde. Pourquoi pas moi, dites un peu? Donc je m'active aussi côté bilan. Je compte les visites - c'est vite fait, glissons. J'échafaude des plans de bataille pour mieux répartir l'efficience de mes leçons,  instinct pas mort, pas de raison que les méthodes aient vieilli de leur côté. Si ces méthodes ne vous attachent pas à moi à jamais, mes belins-belines, c'est que vous êtes réfractaires à tout ce qui sort quelque peu de l'ordinaire. Tant pis pour vous, ce n'est certes pas moi qui vais me mettre à pleurnicher sur votre évident manque de bonne volonté. Your loss, comme on dit si placidement aux USA à quelqu'un qui vient de manquer une bonne occase.

     Ce qui est ennuyeux, avec ce nouveau système de contrôle de longueur que je m'impose, c'est que vous vous sentez tout privé d'inspiration à peine avez-vous réglé vos limites : vous les devinez du coin  de l'oeil, même si vous regardez dans une autre direction, inutile de dire que ça vous coupe vos effets. Pas de lyrisme échevelé, pas de grande envolée : à l'arrière-plan de votre cerveau qui continue superbement à dérouler ses idées et ses phrases, vous sentez ce frein qui se met à faire tic-tac de plus en plus véhémentement. Je ne sais pas ce que le mors peut faire sur les gencives si sensibles du cheval (encore une de ces trouvailles cruelles de l'homme sur sa plus noble conquête), mais je sais désormais ce que la limite imposée peut faire comme mal à l'imagination. Et pourtant non, après tout. Je vais vous commencer ici une petite histoire vraie, si je dois l'interrompre brutalement because surabondance je la poursuivrai demain, sans bien sûr gâcher les messages du soir aux minets, tant pis si je n'ai pas le temps de vous saluer comme d'habitude, Your loss!  J'avais eu connaissance d'un concours de nouvelles sur tout le territoire de la France, sujet libre, un concours pour le fantastique, un concours pour l'humour. Chaque contribution limitée à 300 lignes. Quand j'informe autour de moi de mon intention de participer, tout le monde se moque. 300 lignes! Toi te limiter à 300 lignes! Je serais curieux de voir ça. Et de pouffer, et de m'étiqueter parmi les incapables des textes courts. Moi, humiliée, piquée au vif. Suite à demain.

                                                                                                                                                         Lucette DESVIGNES;

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lucette desvignes
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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 08:39
     Je vais vous faire une confidence. J'ai eu la curiosité, hier, de vérifier quel volume j'avais couvert de mes petites notes pattes de mouche (elles ont l'air considérables, comme ça, à vue de nez, mais en réalité une fois imprimées elles sont à lire à la loupe). Eh bien, mes belins-belines, j'ai découvert que la bonne centaine de mes contributions à l'élévation de votre niveau intellectuel et savant dépassait les quota généralement accordés à cette pratique du sport blogueur. Je m'étais quelque peu inquiétée, je voulais savoir ce qu'il adviendrait de mes pages immortelles, comme dirait Tchaïkowsky, et je m'étais adressée à ce qui me paraissait être les instances les plus hautes de notre système, à savoir l'Administration d'Over-blog - histoire  d'attirer peut-être leur attention par le caractère urgent et spécifique de ma demande - afin de savoir si j'avais quelque chose à faire ou à ne pas faire pour conserver trace  de ces paroles écrites sur du vent. Pas de réponse, naturellement (et on ne peut même pas dire, comme avec les nouvelles, "Pas de réponse, bonne réponse"). Donc je reste dans le flou absolu à propos de mes éventuelles démarches, mais du même coup je me rends compte qu'à chaque fois ou presque que je m'adresse à vous (que voulez-vous! c'est l'emportement de l'amitié qui me fait perdre conscience des limites imposées à l'expression habituelle des sentiments) je dépasse les bornes. Limites ou frontières, appelez ça comme vous voulez, le fait est là. Je déborde. Je dépasse, j'outrepasse. Je m'en doutais bien un peu, mais quand j'ai dû - toujours hier, au cours de cette exploration piteuse - constater que tout ce qui dépasse le territoire à moi alloué (que je croyais pouvoir étendre étirer allonger impunément en écrivant outre la ligne bleue du cadre) reste sans doute inscrit mais sans pouvoir s'imprimer indépendamment, j'ai frémi : imaginez que si je veux conserver ces phrases si inspirées et si utiles je dois évoquer tout ce qui dépasse et le recopier à la main page après page! Alors là, mes belins-belines, stop! Je veux bien vous consacrer toute ma substance pour donner forme à ces entretiens journaliers, mais comment imaginer vous en donner encore davantage dès qu'il s'agira de recopier à la main ce qui vient si aisément sous les doigts une fois qu'on a signé avec son clavier un petit pacte de non intervention comme au temps de la SDN (la Société des Nations : je traduis pour les générations récentes)? Curieux raisonnement pour quelqu'un qui, il y a peu encore, ne jurait que par son bloc et son bic... Certes, mais c'est ainsi. Aussi, si vous le vouilez bien, m'arrangerai-je pour ne plus dépasser, source d'embrouilles d'ennuis de fatigues supplémentaires et autres douceurs mangeuses de temps. Je pourrais même envisager d'apposer en fin de travail une formule concentrée dont nous aurions agréé le sens vous et moi, qqch comme A demain les enfants n'oubliez pas les chats (ADLENOPLC : ça reste clair une fois qu'on sait, n'est-ce pas?). Je signerai donc ainsi, en urgence, pour rester dans mon biotope quotidien.Et ça marchera à partir d'aujourd'hui . ADLENOPLC.         Lucette DESVIGNES.
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 08:12
     C'est vrai, ça... Entre deux quoi? J'avais commencé tout un commentaire sur le côté arachnéen du titre d'hier, dentelle, tulle, valenciennes etc. mais qu'est-ce que c'était bien que les deux entre lesquels (ou lesquelles) je glissais mes remarques de vocabulaire? Tant pis! Une idée de perdue, dix de retrouvées. Je  sais qu'hier j'ai parlé du personnage, par la bande comme d'habitude. Rien de plus. J'ai sans doute intérêt à me reporter au bazaar du jour d'avant, quitte à y cueillir quelque sujet dont le développement n'avait pas atteint son terme. Pas même besoin d'aller au-delà du premier sijet, Al Pacino. Avec lui j'irais au bout du monde (si seulement il me l'avait demandé... je ne lui aurais rien refusé). Impossible de le confondre,  fût-ce seulement du point de vue qualité, avec n'importe lequel d'entre eux. Je peux vous parler de ses films sans m'arrêter pendant longtemps. Il me surprend toujours, qu'il soit policier comme Serpico,   braqueur à la petite semaine comme dans cet après-midi de chien où l'éventail de ses talents se déploie somptueusement, aveugle comme dans ce remake de "Parfum de femme" dont on a dit qu'il était inutile voire minable (je vous demande bien pardon : Gassman c'était une chose admirable, certes, mais transposée dans le monde américain de l'immédiat après-guerre l'histoire est parfaitement prenante, elle est tout autre,  voilà tout, exactement comme le remake de "The Lady Killers" par les frères Coen est parfaitement justifié d'être transposé dans un Deep South plus vrai que vrai - je comprends qu'on ait des idoles, domaine artistique ou littéraire s'entend, j'en ai eu, j'en ai quelques-unes, je comprends cet enthousiasme, mais je ne me laisse jamais tourner la tête par cet engouement : si les "Lady killers" transposés chez les noirs de l'Alabama ou du Mississippi n'avaient pas gagné à l'opération un quelque chose de truculent qui les rénovait complètement, je n'aurais pas donné mon accord; de même pour ce parfum de femme si italique au départ, devenu par la grâce d'Al Pacino une rénovation totale - vous l'avez vu danser le tango alors qu'il est aveugle, naviguant entre les tables du restaurant? si vous ne l'avez pas vu, alors ne soufflez pas, quand on ne sait pas on se tait). Vous le voyez, sur Al Pacino je pourrais vous parler pendant des heures. Et son Richard III, sa méditation sur Shakespeare en notre temps, sur le personnage du roi scélérat, sur la manière de l'interpréter, sur la langue a employer pour reprendre le texte d'origine? Même les films marqués seulement d'une petite croix, comme cette bluette au niveau des serveurs de fast food qui s'appelle "Frankie et Johnnie" et où le Clair de lune de Debussy sert de niveau musical - vous avez vu son regard mouillé, son regard liquide, vous avez entendu sa voix rauque si caressante ? je vois bien que non, sinon vous ne seriez pas inattentifs, distraits, incrédules. Alors, tâchez de vous renseigner, de vous cultiver même, si vous en avez l'occasion. Il y a peu de semaines où Al Pacino n'est pas joignable sur les étranges lucarnes par le biais des chaînes cinéma, faites la comparaison avec Dustin Hoffman, on peut les confondre au début à cause de leur petite taille, mais les yeux d'Al Pacino vous font oublier ceux de Dustin, même si c'est Dustin qu'on célèbre chez nous à grand renfort de décorations au top niveau. Je pourrais aussi vous parler de Dustin, ne croyez pas que parce que je lui donne une deuxième place je n'ai aucune considération pour lui, je crois que j'ai vu tous ses films à lui aussi, mais quoi! Vous vous rappelez peut-être (mais sans doute étiez-vous trop jeunes, c'est possible) la compétition entre Lolobrigida et Sophia Loren sur tout le territoire de la botte : uniquement sur le plan beauté (car pour le talent, mon dieu mon dieu, il n'y avait à peu  près rien à dire ni sur l'une ni sur l'autre) on les opposait avec passion, ça ne se justifiait pas, c'étaient les goûts personnels qui jouaient, c'était pourtant une guerre qui ravageait la péninsule mais aucun argument raisonnable n'était employable ni employé. Le coeur avait ses raisons... Tout pareil moi avec Al Pacino. Impossible à justifier. Le coeur, quoi...
     Bon. On n'a guère avancé sur la théorie du personnage. Mais vous voyez qu'il y aurait matière à le faire, si je m'y mettais vraiment. Un de ces jours sans doute... Avec la venue du printemps on se sent plein de velléités d'entreprise, ce serait bien étonnant si ce courant dynamique ne m'atteignait pas. Nous avons le temps et tout l'espoir devant nous. Bises aux chats, à demain.
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 15:13
     Un entre deux, cela évoque de la dentelle, quelque chose d'arachnéen, de délicat, de raffiné. Je ne suis pas sûre que vous, mes belins-belines, trouviez si raffinées mes méthodes d'enseignement via internet (les méthodes d'enseignement de toute une carrière, celles-là je ne vous permets pas de les mettre en doute; dites-en un mot peu aimable, et je romps aussi sec. Comme dans Labiche, vous savez : "Mon gendre, tout est rompu!"). Vous pourriez faire une étude sur la récurrence de mes citations de Labiche; elles jaillissent facilement, c'est une source de régénérescence qui fonctionne depuis ma plus tendre enfance et je la dorlote avec affection; saines lectures que Labiche ou Feydeau (il y en a d'autres, bien entendu, de ces fontaines du rire d'autrefois, les connaît-on encore aussi bien que moi? j'ai bien peur que la surabondance des minables contemporains censés faire rire sur nos tréteaux ou nos écrans et, bou diou, réputés comme tels, n'empêche de trier, le découragement aidant, l'ivraie et le bon grain; le peu que je me sois permis d'entrevoir à l'occasion m'a accablée, et je ne suis pas sûre non plus que dans l'entourage même du successeur de dieu, l'agité, le tutoyeur, le plein de tics de paroles et de gestuelle, le discernement fonctionne bien en termes de raffinement de l'humour : suivez mon regard). Bon, mais je n'ai pas l'intention de vous parler de Labiche ni de Feydeau aujourd'hui. Encore que faire rire les honnêtes gens soit une tâche aussi noble qu'ardue, mais mon propos est seulement - seulement : pesez bien cette restriction - de vous entretenir  de choses sérieuses dans le compartiment écriture, comment j'écris, comment je médite sur ce que j'écris, comment je m'en tire. Ne croyez surtout pas que je veuille vous donner des recettes. Je ne pourrais guère le faire que selon la méthode maternelle : lorsque, adolescente, je songeais à mes futurs devoirs de future cuisinière et m'enquérais auprès de ma mère de la manière dont elle faisait un gâteau, ou une sauce, jamais une précision concernant les quantités, les durées de four, les intensités de feu, les proportions. "Ma foi, disait-elle d'un ton incertain, tu vois, ça se fait un peu au pif, tu vois bien quand ça épaissit", ou "Tu vois bien quand ça gonfle". Elle voyait tout cela avec son pif, elle, ça marchait toujours superbement, mais c'était intransmissible (ou alors, coquetterie oblige, elle gardait pour elle les indications essentielles, ça ne m'étonnerait pas en fin de compte). Moi à mon tour je ne vois pas ce que je pourrais vous dire pour écrire "Clair de Nuit" ou "Les Noeuds d'argile", sinon "ç'a déjà été fait!"  - ma modestie seule m'empêche  de préciser que ç'a même été bien fait. Quand je vous en parle, c'est en me servant de leurs pages comme exemples, les choses à faire (que j'ai dûment faites), les choses à éviter (que vous aurez toutes les peines du monde à ne pas faire, vous, même avertis, mes belins-belines). Bien sûr, sur ce blog, je me tue à vous parler de tout ce qui nous ramène à l'écriture, tiens, un peu comme si je discourais sur les oeufs montés en neige pour vous expliquer quelle légèreté ils peuvent donner à une pâte à biscuit , comme si même, à la rigueur, je vous montrais comment les intégrer à la pâte, c'est ça le truc à ne pas louper, c'est là la clé de la réussite  : pour autant je ne vous donne pas les recettes, c'est à vous de voir si vous voulez vous lancer dans la pâtisserie dans mon sillage. Mais vous êtes bien obligés de constater, si vous voulez être un peu honnêtes avec moi, que je vous déballe tout mon arsenal quand je vous parle du personnage, de son biotope (j'ai bien enfoncé le clou, dites un peu), des problèmes climatiques, des regroupements des solitudes. Peut-être pas assez sur ce dernier point, tiens, voilà que je m'en avise. Très bien! A demain, au turf, au charbon... Le regroupements des solitudes : je tiens mon titre (comme Roland Dorgelès tenait son Goncourt  :  je vous consacrerai une petite parenthèse à ce Goncourt-là dès le prochain article, à demain si je suis encore de ce monde. En tout état de cause, N'OUBLIEZ PAS VOS CHATS.
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lucette desvignes
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 08:52

     Al Pacino, armement, personnage, papier de tapisserie, Bill Murray, le bégaiement de l'image dans le déroulement du film, donc nécessairement  Robbe-Grillet. On a parlé de tout ça hier, mes belins-belines, ça faisait beaucoup, mais à mon humble avis il faut revenir dessus car rien n'a été poussé jusqu'à son terme. Je vais reprendre, mais pas forcément dans l'ordre chronologique. Vous permettez, non? Je tâche de faire pour le mieux.

      Donc : 1) le papier de tapisserie comme personnage. Non seulement il ouvre le roman, mais on va y revenir à chaque instant selon la luminosité de la journée, et puis une dernière fois, à la dernière page, associant sa vision d'artifice avec la vision ultime de kla réalité qui se brouille. Nous voilà au bout de mon développement - enfin presque : la première page m'a demandé plus de deux ans de gestation, c'est ça le dernier élément que je voulais déposer au dossier.

                    2) les rapports du personnage d'en face (en face de quoi? me direz-vous. Mais naturellement du personnage qui dit JE tout au long du livre, le héros de "Clair de Nuit", celui à qui est due l'analyse du papier et de ses motifs kitsch, les petits noeuds mauves, les boutons de roses tantôt jaunes tantôt roses tantôt ponceau, les bouquets tournés tantôt vers la gauche et tantôt vers la droite, vous savez bien, mais si, tout ce bidule qui agresse le malade et dont cependant il ne saurait se passer). Donc : ses rapports avec l'armée. La chose se présente comme des cheveux sur la soupe, d'accord, mais pas dans le roman (ah! non, ce roman-là, je suis prête à le défendre avec bec et ongles, je l'ai relu l'autre jour, à la découverte en quelque sorte après tant de temps, je me suis sentie réconfortée d'avoir laissé ça derrière moi, qui pourra toujours être lu et médité une fois que je serai repartie ad patres). Et les rapports avec l'armée ça compte, d'autant plus strictement qu'il s'agit d'un protestataire contre la déclaration de la guerre en septembre 39, qu'il est fauché par un camion militaire (probablement conduit par une bleusaille inexpérimentée et grisée par l'odeur de la poudre), qu'il en restera mutilé à vie (la hanche broyée, la jambe qui traîne), impuissant à agir directement dans la Résistance à cause de cette blessure, et cependant favorisé par son inaptitude à l'armée dans le domaine des études : instituteur, il remplace pendant toute la guerre les enseignants envoyés au front, disparus dans les stalags ou dans les bombardements de l'Allemagne, il bûche comme un dératé, il passe licence, diplôme,  agrégation... Il ne lui reste plus que la tentation du suicide, à force d'inutilité - et, aussi, du sentiment d'une existence ratée, avant que ses dernières quarante-huit heures ne s'illuminent d'un retour en force du passé, cette fois-ci modelable à sa guise. Vous devinez si les divers rapports d'un personnage avec l'armée, la guerre, l'Occupation, la Résistance, peuvent être évoqués et tournés retournés dans tous les sens. Voilà ce que j'appelle un thème traité jusqu'au bout. Mais naturellement je ne fais qu'y faire allusion ici, mes belins-belines. "Clair de Nuit" : rappelez-vous ce titre. M'sieur Pivot en pensait grand bien. Vous pourrez encore le trouver d'occasion - mais m'a-t-on dit c'est rare : les gens qui l'avaient acheté s'en sont difficilement séparés (mais vous avez quand même la ressource des gens décédés dont les héritiers ne savaient pas lire et, désirant faire flèche de tout bois, ont mis sur le marché du livre de la brocante les exemplaires qui'ils ont trouvés sur les rayons, peut-être même sur la table de chevet, sait-on jamais?). En tout cas vous voilà informés. Il ne tient qu'à vous d'aller voir de près si ce que je vous dis est susceptible d'être cru les yeux fermés ou si je mens effrontément. A vous de vous faire une opinion. Si vous le prenez de haut, dans la méfiance et les ricanements incrédules, eh!bien tenez, cela me décourage au point que je romps là sur le champ avec vous. Tâchez de retrouver une autre attitude si vous voulez que nous reprenions notre agréable commerce sans la moindre ombre. Pour ce soir, je peux tout juste vous rappeler de bien vous occuper des chats, j'ai à peine envie de vous souhaiter le bonsoir.

                                                                                                                                   Lucette DESVIGNES.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 11:45
       Avec un titre comme ça, bou diou, tous les va-t'en guerre du royaume vont rappliquer dare-dare sur mon blog."Enfin elle va se mettre à parler de nous, à nous parler, ça n'est pas trop tôt, on se sentait négligés dans notre petit coin". Mais restez-y, messieurs, je ne souhaite pas le moins du monde vous en extirper, de votre petit coin, encore moins vous parler. A la rigueur, certes, parler de vous quand l'occasion s'en présente, mais certainement pas en termes fleuris, comptez sur moi. Il y a erreur d'aiguillage, j'ai seulement l'intention d'évoquer ce domaine à propos de mes romans - vous voyez bien que ça n'a rien à voir avec vous, la littérature et la soldatesque dites donc, quelle association! J'en frémis d'y seulement penser. Non, c'est la suite toute logique de mes propos d'hier: en cherchant bien je suis sûre que vous allez pouvoir en retrouver quelques-uns, et surtout celui de l'antimilitarisme militant de mes père et mère que j'ai repris à mon compte et dont je brandis fièrement le drapeau (c'est le seul que je revendique). Faire coïncider mes propos littéraires et mes propos moraux, c'est un peu le but visé. Donc, dans quelle mesure mes personnages sont-ils marqués par mes conceptions de l'existence? Voilà ce qu'on peut se demander à l'étourdie. C'est-à-dire si on ne me connaît pas : car dès qu'on me connaît on sait. Et ne croyez pas que le principe que je vous développe à tire larigot, selon lequel le personnage doit se glisser hors de vous tout seul, sans que vous 'l'aidiez par trop, soit annoncé à son de trompe tandis que pour ma part et mine de rien je m'en tirerais de manière toute différente : ce serait là de l'hypocrisie, de la langue de bois, de la tromperie sous couleur de sains conseils, or croyez-moi c'est trop ce qu'on nous propose comme modèle d'action citoyenne, comme exemple à suivre d'en haut, pour que je n'aie pas cette trinité en horreur. Non mes belins-belines, je ne mange pas de ce pain-là. Si je vous dis de laisser le personnage se glisser hors de vous, en quelque sorte sourdre de vous tout seul, c'est parce que ça se passe comme ça avec moi - mais cela veut dire aussi que ça n'est pas la conséquence d'un simple claquement de doigts. C'est le résultat d'une lente maturation en profondeur à laquelle je n'ai moi-même pas prêté attention mais qui se faisait quand même, à partir de mes méditations personnelles, de mes acquisitions littéraires, de mes innombrables lectures : rien ne se perd, tout se crée, ne bousculez rien, il faut parfois attendre très longtemps avant que les choses n'émergent, qu'elles aient pris forme, qu'on puisse les reconnaître ou reconnaître leur origine. Je vous l'ai peut-être déjà dit - en ce cas mes plus plates excuses - la première page de "Clair de Nuit" a eu besoin de plusieurs années de gestation. Je la couvais par-dessous "les Noeuds d'Argile", donc vous imaginez si alors j'étais loin de penser à elle. Eh bien elle se faisait toute seule, "du vrai Robbe-Grillet", disait Pivot en me recevant sur le plateau d'Apostrophes au temps de sa splendeur. Et, dites donc, c'était un personnage auquel je n'avais jamais pensé, auquel je n'aurais jamais eu l'idée de penser : un papier de tapisserie, mais oui, sur lequel s'énerver s'endormir se donner mal au crâne ou se donner la fièvre. En voilà bien un, d'exemple convaincant! J'avais de temps à autre senti remuer en moi ces premières phrases - sans majuscule au départ, comme si on prenait le train en marche, un seul long paragraphe avec tant de redites qu'on pense peut-être à un écrivain affligé d'un  bégaiement incorrigible, mais non, c'est le début du roman, et si vous regardez de près (une fois dépassé votre ahurissement devant un début de roman aussi insolite) vous allez percevoir les différences, minimes, subtiles, présentes quand même (comme dans "Un jour sans fin", ce jour de la marmotte qui se répète trente-six fois de suite mais où l'amélioration morale du héros avance à pas de fourmi d'un jour à l'autre : attentions pour les autres, hésitation à dire aux autres quelque chose qui fâche, efforts pour voir les autres avec les lunettes des autres - avec un Bill Murray "immense", dit la critique, et certes faut pas pousser, mais il est rudement bien, en tout cas moi je l'aime bien même si je garde mes superlatifs personnels pour Al Pacino indégommable depuis toujours).Bon, mes belins-belines, je vois que je dévie et il me faut stopper là. Je redémarre dès demain matin avec la naissance inattendue du personnage pour que vous ne vous sentiez pas frustrés, et il y aura même beaucoup à dire avant de rmener le personnage de "Clair de Nuit" dans le domaine de l'armée. A demain, à peine le temps de saluer les chats.
                                                                                   Lucette DESVIGNES
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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 09:57
     Cette variation sur le titre d'hier est peu réussie, je vous le concède. Sa tonalité guerrière ou du moins soldatesque s'accommode mal de mes sentiments antimilitaristes (et ne croyez pas qu'à ce propos j'aie décidé de m'abriter derrière l'atavisme paternel et maternel, l'air coupable, les yeux baissés, rasant les murs, murmurant que je n'en peux mais, que mes gènes ont reçu leur marque, que j'ai bien essayé de lutter mais sans résultat : à d'autres! Certes j'ai été élevée dans la lumière d'un antimilitarisme militant - tous les élèves de mes père et mère vous le diront - mais je n'ai en rien souffert d'en avoir reçu l'héritage, bien au contraire j'ai cultivé ça avec délectation, une vie entière passée dans l'antimilitarisme ça vous donne des pistes pour vos dernières années). Non, c'est vrai, j'aime peu ce titre. Mais je me dis qu'il ne sera valable qu'une seule journée, que peu de gens le regarderont, qu'on peut en écoutant bien sentir la gouaille de l'anarchisme dans sa formulation finalement plus libertaire que docile au modèle consacré - donc tout est bien, je me sens rassérénée.
C'est sans doute faire beaucoup de bruit pour rien, comme dirait Shakespeare (vous connaissez le nom, tout de même?) car en fait le titre quotidien recouvre des propos dont il devrait annoncer la substantifique moëlle, et au terme d'une analyse honnêtement effectuée je dois reconnaître qu'il n'a pas souvent l'occasion de réaliser sa fonction : est-ce moi qui embrouille la matière prévue? est-ce que, semblable en cela à mes personnages qui dans mes romans font souvent ce qu'ils veulent et non pas ce que je souhaite, le titre une fois posé prend la poudre d'escampette (la poudre d'escarpolette, a dit une fois, sans rire, une apprentie journaliste dont heureusement le contrat n'a pas été renouvelé - je n'invente rien : je peux vous donner la date de sa performance, je n'ai qu'à la chercher dans mon journal , Tome 2 je crois, il n'a jamais été publié mais je m'y retrouve sans la moindre hésitation; si ça vous intéresse je pourrai vous en donner des extraits, je vous assure que souvent ça vaut son pesant de moutarde, Dijon oblige,  bien sûr)? C'est vrai qu'un titre c'est bien de l'accessoire : une fois énoncé, une fois le lecteur appâté, vogue la galère! Vous n'en connaissez pas, vous, des titres affriolants, médités élaborés ciselés, auxquels vous avez toutes les peines du monde à résister et qui vous entraînent malgré vous vers la caissière de la librairie dans un état second dont seules les premières pages du livre (que vous auriez bien dû feuilleter avant l'achat) auraient pu vous rendre la lucidité indispensable? Figurez-vous que je me suis laissé faire une fois dans ma vie, je sais donc ce qu'on peut ressentir comme humiliation, comme penauderie, comme impression vexatoire de s'être laissé avoir comme la bleusaille (vous voyez quand même que, par la bande, on peut avec moi revenir sur le corps du sujet annoncé par le titre - en avant, arche!) : c'était, j'ose à peine l'avouer, pour le Da Vinci Code, j'avais haussé les épaules avec un petit sourire supérieur devant les étalages tout pleins, puis devant les rayons tout garnis dont l'abondance finissait par vous hypnotiser, puis devant les piles de volumes à côté de la caisse, puis honte à moi! j'avais machinalement tendu le bras vers cette offrande de la dernière chance (vous savez, comme aux USA dans les coins désertiques ou presque de l'Ouest où une pompe à essence minable vous informe qu'elle est votre dernière chance de ravitaillement pour votre tire avant des centaines de miles sans rien, ça vous frappe quand même, je vous assure). Donc, un titre, soit fascinant par sa force et sa complexité, soit enjôleur par la force de la mode (all the rage, disent les Anglais), et entre les couvertures la médiocrité soi-même installée bien au chaud. Et je ne vois pas pourquoi vous vous laisseriez faire par les titres menteurs (mensongers serait insuffisant) entre les murs d'une libraire alors qu'ici, sur la toile, parce que c'est moi qui signe cette chronique, vous vous accorderiez le droit de protester que mes titres ne recouvrent jamais ce dont je vous propose de parler? Je livre la chose à votre réflexion : si vous êtes un tant soit peu honnêtes, vous verrez quelle attitude adopter envers moi. Je l'attends de pied ferme, le coeur serein, la tête haute. Je vous quitte avec noblesse, mais n'oubliez pas les chats pour autant. A demain, donnez-leur une petite douceur ce soir.
                                                                                      Lucette DESVIGNES
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 13:37
J'ai dit : les bons rails, en route! Je l'ai annoncé, et qui m'aime me suive! (mais vous me direz que je vous annonce sans arrêt des choses mirifiques, ou même tout simplement des choses à faire entre vous et moi, et que rien ne vient, ou si peu à côté de ce qui était prévu). A quoi je pourrais vous répondre que l'union faisant la force j'ai toujours compté sur votre bonne volonté pour prendre sur vos épaules une partie du boulot - et que malheureusement j'attends encore de votre part le plus petit signe de   sympathie. Même pas de sympathie : seulement un petit coucou bonjour, un signe de tête, une marque si peu visible soit-elle, si infime, si discrète,  que vous restez sur mon petit coin de toile, que vous me lisez, que vous tâchez de suivre. Quelque chose qui m'incite à continuer, quoi, rien d'autre. Mais je demeure comme Soeur Anne, la route qui poudroie, l'herbe qui verdoie, rien d'autre ne venant de vous, mes belins-belines - à se demander même pourquoi je continue à m'intéresser à vous. Mais que voulez-vous, je suis ainsi faite que l'instinct pédagogique me donne des forces, quitte à persévérer dans l'incertitude et le désespoir : je mentionne ici mes fonctions primales parce que  vous les connaissez sans doute, mais en réalité ce n'est pas l'instinct pédagogique qui me pousse à pianoter sur mon clavier; c'est tout simplement l'aboulie en face de la drogue. Un simple addict, comme on se met à jargonner à présent. Depuis que j'ai ce foutu clavier devant moi, je le martyrise tendrement sans arrêt - c'est seulement depuis ce temps que j'ai perdu mon arrogance et ma sévérité envers les fumeurs qui ne savent résiter à l'attrait d'une cigarette, car maintenant je sais, oh oui je sais. Je suis de leur espèce, rien de mieux, incapable de m'arrêter en face de la tentation. J'aurais beau avoir fait graver en lettres d'or sur le fronton de mon écran "Vade retro, Satanas!" avec les plus pures et plus pieuses intentions du monde, rien n'y ferait. Et j'ai même par moments un ricanement mauvais lorsque j'évoque l'Institut d'Etude et de Traitement des Manuscrits Modernes qui attendra jusqu'à la Saint-Glinglin la livraison de mes manuscrits à venir (qu'est-ce qu'ils vont bien faire de mes autres manuscrits, hein, dites-moi? au lieu qu'ils s'empoussièrent tranquillement chez moi,  dans mes petits cartons où de temps à autre j'ai le pouvoir de leur faire prendre l'air, ils vont moisir dans leurs caves ou se miter sur leurs rayons humides, eh bien comptez dessus, mes jolis, vous n'aurez plus rien de moi, vous m'entendez? plus rien, pas ça - ah! je voudrais que vous pussiez entendre, vous mes belins-belines, le claquement sarcastique de mon ongle contre les dents de devant, à faire froid dans le dos, ça vous rassurerait sur mes intentions d'inflexibilité même si on venait me supplier à genoux - zu spät, too late, troppo tardi e tutti quanti - de revenir sur ma décision farouche, ah mais!). Je garde de temps en temps pour vous quelques révélations jusqu'alors tues secrètes : celle-là en est une, et si vous rencontrez quelqu'un de l'Institut d'Etude et de Traitement des Manuscrits Modernes, vous pourrez lui dire d'un air souverain que je ne veux plus les connaître.
     Allons bon! Le couvrefeu a déjà sonné! Mes belins-belines, que le temps file donc vite lorsque je suis en votre compagnie! De quoi voulez-vous que nous parlions demain? du personnage? du portrait? de la température printanière, qui devrait bien inciter certains de mes personnages à s'emplumer de neuf pour l'appariage saisonnier? Vous n'avez qu'à dire : vous savez combien je suis docile et conciliante. A demain,  bonsoir les chats, soyez gentils avec ceux qui viendront vous dire bonjour.
                                                                                                       Lucette DESVIGNES
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 10:29
     Cakes and ale : c'est comme qui dirait, chez les Anglais (mais peut-être surtout les Anglais d'autrefois, Somerset Maugham,Joyce Cary,Evelyn Waugh), une version sans bulles  de notre champagne et petits fours. Signe de réjouissance en tout cas, à quelque niveau de société que ladite réjouissance puisse se situer. Bon. Après les réjouissances on recommence à marner. Après avoir festoyé pour la centième (et même si je me trouvais toute seule, sans la moindre participation de votre part, ingrats que vous êtes mes belins-belines, je me suis accordé quelques douceurs, d'abord et surtout une journée de repos chômé, c'est bon à prendre de temps à autre, je l'ai prise, me voilà toute ragaillardie, mais je n'ai pas perdu le sens du devoir, que croyez-vous?) après la fête, le retour au turf. Je n'avais pas besoin de vos remarques acides (je les ai senties acides, c'est vrai, même de loin, même venant de vous qui n'en fichez pas la rame mais jugez bon de critiquer - exactement comme les gens qui votent mal et qui après avoir contribué à mener le pays à la catastrophe se permettent de piétiner ce qu'ils ont adoré et braillent plus haut que les autres) - pas besoin, non, pour
me remettre à mon clavier. C'est uniquement ça que vous regardez, en somme : si je tiens le coup, si j'enfile jour après jour ma blouse de typo sur clavier sans encre. Regarder mes ouvrages de près, consulter les titres, vous plonger dans le biotope de mes personnages avec climatologie intégrée, tout ça ne vous vient pas à l'esprit, n'est-ce pas? Ce serait pourtant bien la moindre des choses d'y aller voir, au moins de feuilleter (et j'ai pu vérifier hier, précisément, que même des titres disparus des rayons des libraires sont disponibles sur la toile, et même à prix cassé - ça vous permettrait quand même de mieux suivre quand je m'attaque - m'attache plutôt - à un personnage en vous le présentant sans vous le présenter :  puisque c'est ma manière et que mes lecteurs fidèles ont aimé ma manière je ne vois pas pourquoi je changerais de style). Donc on reprend le collier aujourd'hui - un samedi où tous les bureaux sont fermés, c'est bien du mérite, au fond, mais je suis née un premier mai et je suis boulimique du boulot,  alors que c'est par le farniente qu'on est censé célébrer mon anniversaire. Surtout ne me plaignez pas, je m'accommode fort bien de ce signe du zodiaque inédit qui me condamne à marner jusqu'à mon dernier souffle. J'arrive même parfaitement à l'associer au taureau qui m'a offert son premier décan : dès que je vois du travail à faire je fonce, et tête baissée (c'est tout juste si je ne laboure pas du sabot le sol sous ma chaise - d'ailleurs, tiens! j'ai dû aussi sans le vouloir mettre du Taureau dans le biotope de l'un de mes personnages, le père de Wollef : lorsqu'il n'est pas content, il baisse la tête, ses pieds s'agitent sous sa chaise comme s'il voulait creuser le sol avec fureur, mais je vous assure c'est venu tout seul, ça, ne croyez pas qu'en le faisant entrer dans le cercle de famille je me sois dit qu'il faudrait lui donner quelque jour une allure de taureau, rien de tel, c'est comme ça que les personnages se manifestent, en faisant la nique à l'écrivain, on les prend au passage tels qu'ils sont, c'est bien mieux comme ça pour tout le monde; eux sont plus vrais que si vous les aviez d'avance dessinés en carton, et pour vous l'écrivain vous avez tout le plaisir de la découverte - je ne vois pas pourquoi l'écrivain devrait s'ennuyer sous prétexte qu'il a pensé d'abord que son personnage serait comme ci alors qu'il se révèle comme ça et persiste et signe). Bon. Vous voyez que même par la bande j'ai réussi à vous glisser un petit bout de personnage,on a donc repris les rythmes habituels, ceux d'avant les célébrations. Nous sommes en bonne voie, donc, sur les bons rails, on poursuivra demain sans la moindre anicroche, ne manquez pas de vous occuper des chats avec tendresse, à demain si vous avez envie qu'on vous parle littérature.
                                                                                           Lucette DESVIGNES;
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