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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 09:27
Ne me dites pas que personne ne comprend "manu militari", ou "in extremis" : depuis si longtemps ces locutions latines ont été intégrées et profondément assimilées à l'expression française qu'on ne les considère plus comme des immigrées. Je ne sais d'où vient cet attrait, voire cet attachement, à la forme d'origine de tant de formules. Ce n'est certainement pas le fait de la transmission : au cours des siècles, elles se seraient perdues ou déformées, presque au point sans doute d'en être méconnaissables. Mais non. Elles tranchent sur le discours, oral ou écrit tout aussi bien, elles ont leur petite autonomie tranquille,  elles oeuvrent comme de petits îlots d'antiquité qui n'arrivent même pas à passer pour demandeurs d'asile, elles annoncent leur couleur sans broncher, sans paraître accepter la moindre concession. Take me or leave me : c'est à prendre ou à laisser. Il y en a comme cela des dizaines que les pages roses du Petit Larousse enregistrent et déroulent pieusement. La plupart du temps, on les emploie sans même y faire attention.Je vous assure que "in fine" ou "mutatis mutandis" (ce si bel ablatif absolu à décarcasser  avant appréciation de sens : les choses devant être changées ayant été changées, autrement dit les changements nécessaires une fois faits) arrivent facilement dans une phrase - et je suis même bien certaine qu'elles sont employées sans état d'âme par des gens qui n'ont jamais fait de latin. Est-ce que justement la messe en latin ne comportait pas pour les foules une part de mystère, donc peut-être de ferveur savamment entretenue, que les versions en vernaculaire ont délaissée? Je reste un peu interdite devant les belles et rondes formules latines si pieusement conservées dans le droit de notre temps. Même en droit commercial, pourtant si prompt à suivre l'actualité : ainsi "dies a quo non computatur in termine", le jour de départ n'est pas compté dans le compte, règle pratiquée sans exception. Il suffit de dire "dies a quo", la messe est dite. Ou encore, cette formule passée dans le droit civil sans rien perdre de son panache : "Nemo auditur propriam turpitudinem allegans" (nul n'est écouté s'il met en avant sa propre honte, donc sa responsabilité dans la faute). Les lancer dans un débat leur donne, à ces formules latines, un caractère impérial qu'aucune traduction française, fût-elle la plus affutée, ne pourrait jamais revêtir.
   Mais ça peut agacer, et même prodigieusement. Se sentir rejeté dans une conversation par ces poignées de syllabes sur lesquelles on bute comme sur des écueils est humiliant. J'ai même vu une critique américaine complètement étranglée par cet os en travers du gosier, comme si elle n'avait jamais été confrontée avec pareils engins : "in extremis!", "ne varietur!" (elle aurait pourtant dû connaître les problèmes des éditions), "sine qua non!" - elle se sentait véritablement agressée par ce qu'elle prenait pour un étalage de prétention alors que c'était tout simplement une utilisation presque automatique des ressources de la langue. Je trouve au contraire, moi, qu'elles ont bien du mérite, ces petites expressions inentamées par la contagion (par exemple "nil novi sub sole" vous a tout de même plus d'allure que "rien de nouveau sous le soleil, non?); elles conservent leur quant à soi, et je pense que les  comparer à des écueils relève d'une juste vision : elles émergent dans la phrase en redressant juste le bout du nez, le reste de la phrase coule autour d'elles, elles peuvent accrocher au passage mais sans grand dommage, car elles ne représentent qu'une restriction, qu'un complément, qu'une modification dont la signification principale pourrait à la rigueur se passer.  Ainsi "coram populo", devant le peuple : c'est l'actualité la plus aiguë, puisque le Président  s'explique devant le peuple ce soir et que son ministre des affaires étrangères va bien y être contraint lui aussi (à s'expliquer devant le monde). Le peuple, oui, "in fine", finalement, il existe. Puisque je vous le dis, mes belins-belines! Dois-je vous le dire en latin pour que vous me croyiez? Allons, à demain. Bonne nuit à vous et à vos minets, surtout celui de la voisine s'il n'y a personne chez lui.
                                                                                                                 Lucette Desvignes.
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 20:20
Ma mère disait parfois, en voyant dans la rue une femme qui devait par son allure sortir de l'ordinaire, qu'elle avait un drôle de genre. A l'époque cela ne m'affectait en rien, ni ne suscitait ma curiosité. Aussi n'ai-je pas le moindre souvenir d'une quelconque de ces dames. Je ne peux même pas certifier que la femme en question avait l'air hommasse, et je ne pense pas non plus que ma mère ait remarqué quelque chose de glauque dans son comportement. Il devait s'agir tout au plus d'un habillement bizarre, trop coloré peut-être, ou d'un maquillage inconvenant parce qu'outrancier, donc inacceptablement aguichant. De nos jours, que ne soulèverait pas comme questions cette attribution d'un genre ! Là où ma mère voyait probablement surtout une catégorisation sociale (laissons de côté l'aspect jugement téméraire du procédé), on verrait aujourd'hui tout autre chose. Le sexisme des décennies récentes est passée par là. On n'emploierait d'ailleurs plus l'expression "drôle de genre", je crois qu'on ne dirait rien : au fond, oui, je crois qu'on laisserait l'autre passer sans un regard. Des tenues vestimentaires bizarres, en a-t-on vu, en a-t-on vu (vous retrouvez là un faible écho de Pinget, j'espère, mes belins-belines? je vous l'ai cité il y a peu)... C'est la catégorisation selon le genre féminin ou masculin qui s'impose désormais; avec les tenues unisex on est souvent amené à se demander "mâle ou femelle"? Comme ça, en passant, par  désoeuvrement, par curiosité . Pas par obsession. Pas pour ce qui me concerne en tout cas. Je n'appartiens pas aux bataillons qui tiennent absolument à supprimer le soutien-gorge sous prétexte que les hommes n'en ont pas besoin. Mais attention! Mind you! comme disent les Américains, j'ai toujours bagarré pour la femme. Ses problèmes, son indépendance par rapport à l'homme, l'égalité des salaires - ben oui! comment admettre autre chose? - y compris bien entendu le planning familial, la contraception, l'avortement, j'ai toujours annoncé la couleur, et même énergiquement. Pour autant on ne m'a jamais vue sur les barricades du féminisme à outrance, qui se sent soulagé de mettre un e au bout de professeur ou de pouvoir dire "madame la juge" au lieu de "madame le juge" . Et, pensez  un peu, quelle jouissance à dire "écrivaine" ou "auteure"!  C'est comme si on se mettait sur un podium inacessible autrement. Et moi qui ai passé ma carrière d'enseignante à enseigner qu'on disait "mon prof de maths" et non "ma prof de maths", vous voyez si j'ai belle allure de nos jours (sans que cela me fasse changer mon fusil d'épaule, bien évidemment). Il y a d'autres moyens, tout en prenant la défense des femmes lorsqu'il le faut, de montrer qu'en compétition intellectuelle ou cérébrale une femme vaut bien un homme. Cherchez ces moyens, mes belines, essayez-les, vous trouverez bien. Je vous fais confiance puisque vous êtes des femmes.
   On peut voir que la question des genres trouve en moi des réponses toutes prêtes. Quelle démangeaison prend certaines de mes congénères à réclamer des étiquettes puérilement revendicatrices? J'avais déjà trouvé ridicule - il y aura quelque trente ans bientôt - qu'on pût juger indispensable d'ajouter au Ministère des Droits de l'Homme cette rallonge "et de la Femme". Je veux bien passer pour pédante, mais enfin l'homme dont on défend les droits, c'est homo, l'espèce humaine, et non point vir, le macho en face duquel il serait utile de se dresser si les droits obtenus ne concernaient que lui. Vous voyez que malgré l'objet en chair et en os dont on débat allègrement je me cantonne volontiers dans les territoires de grammaire ou de stylistique. Pour autant mon féminisme ne saurait être mis en doute. C'est seulement que je prouve en écrivant et en agissant, non en bavassant. Faites comme moi, mes belines. Et que mes belins me pardonnent si aujourd'hui j'ai eu peu de temps à leur consacrer, leur tour viendra,  incessamment - p' têt' même avant, comme dit un de mes amis (je crois même qu'il a pris sa formule dans une BD, vous voyez si on a de la culture autour de moi). Je signale que ce chapitre aura été une innovation, puisqu'il se situe à cheval sur mardi et mercredi : je n'ai pas pu faire plus diligemment, le coeur de la nuit m'est tombé dessus, j'ai donc dû m'écarteler entre deux jours. Au passage je perds une contribution... mais vous, heureuses gens, vous en gagnez une! Un jour sans moi! De vous voir me réjouir ça me navre. Bonsoir donc,  je salue les chats, je m'abstiens en ce qui concerne  l'espèce humaine (homo, hominis si le génitif vous intéresse). A demain.
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lucette desvignes
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 10:37

   J'espère que la semaine qui va se dérouler ne m'apportera pas autant d'avanies que celle qui s'est achevée hier. Achevée, je dis bien : ici en France nous sommes respectueux de la Bible, tout le monde sait ça, puisqu'après les   six jours de la création nos calendriers portent que le dimanche, c'est le repos du septième jour. Je ne veux pas intervenir ici dans les discussions actuelles, tellement urgentes, sur le travail dominical (notre Président s'en occupe, comme de tout le reste, nous pouvons donc être rassurés); c'est simplement que, mon instinct pédagogique refusant de mourir, je voudrais vous préciser que chez les Anglais les calendriers font du dimanche le premier jour de la semaine. Donc, par ici, et par discipline à la tradition (le décadi de Fabre d'Eglantine n'a pas eu la même chance), on achève la semaine le dimanche - heureusement pour moi, car il m'a bien fallu toute la lumière de cette belle journée à Beaune pour rendre moins gris les jours d'avant    tout chargés de coups du sort et de chagrins. Parfait : on n'en parle plus. Mais quelle chaleur émane de vous, mes belins-belines, pour me consoler, me réconforter, me redonner le moral!
Qu'est-ce que je ferais bien sans vous, si proches, si compréhensifs, si attentifs à mes mélancolies? Question purement rhétorique, car je le sais : qu'est-ce que vous feriez bien sans moi, hein? Nous voilà but à but, comme on dit dans mon cher Marivaux. Mais avouez que c'est bon tout de même de constater que sans vous et sans moi ni vous ni moi n'existerions. Est-ce que ça n'est pas formidable, ça? Et même génial, en vérité?
   Je ne sais s'il est de tradition sur un blog de répondre directement à un commentateur, mais tant pis si j'innove (autrement je ne saurais pas où diriger les pas de mon curseur, c'est là le fond de la chose). C'est que j'ai reçu d'Anne une citation fort pertinente de Le Clézio, qui entraînait pour elle l'application réfléchie des féminins selon les sensibilités récentes : Le Clézio, machistement, ne considère que la gent masculine capable de tenir la plume, "romancier" étant le seul terme utilisé. D'où la question finement posée : puisqu'il est facile de déceler en général  une nuance péjorative dans le terme de "romancière", ne devrait-on pas, en toute justice, désigner par "personne qui écrit des romans" tout être mâle ou femelle, travesti ou bisexuel (il doit y bien y avoir encore quelques catégories que j'ignore) se livrant à l'activité de la création romanesque? Il faudrait en effet réfléchir à ce problème, qui sans doute lèse douloureusement les femmes. D'ailleurs, dans la citation proposée, Le Clézio reprenait une citation de Flannery O'Connor, femme certes, et plus que valable écrivain trop tôt disparue, mais écrivant en anglais donc pouvant utiliser avec "'novelist" un terme asexué (autrefois on appelait cela le "common gender", je ne sais pas si cela s'enseigne encore). Mais il serait bon de réfléchir aux noms que nous avons, nous, dans ce genre commun, qui sont valables pour l'un et l'autre sexe et que par excès de zèle on veut à tout prix féminiser. Je ne vous en cite pas un seul ici, car je les récuse, j'y vois d'abominables barbarismes qu'on fait passer pour des néologismes, mais avec moi - avec vous non plus certainement, ma chère Anne - ça ne marche pas! Et je suis sûre que vous me suivrez si je brandis des noms latins de fonctions proprement masculines qui s'exprimaient au féminin : poeta le poète, nauta le marin, scurra le bouffon.... Les Latins étaient pourtant de rudes machos, mais aucun d'eux ne s'est formalisé ni senti mutilé quand on disait nauta malus, poeta malus, scurra malus... Pourquoi, chez nous, s'irriter de "elle a été un bon professeur"? repousser avec horreur "a-t-elle été un bon écrivain, un meilleur poète ou un meilleur dramaturge?" La discussion n'est pas close, croyez-moi. Je vous salue tous, salue vos chats, vous engage à faire de même, vous retrouve tous (?) demain en toute ferveur partagée.

                                                                                            Lucette Desvignes 
 



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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 11:18
Oui, pardon, mes belins-belines, pour vous avoir fait faute hier. Quelle journée avez-vous dû passer sans moi, longue, triste, ennuyeuse... Pour un peu je vous écrirais deux billets aujourd'hui pour compenser quelque peu, mais enfin je suis là, présente, j'ai des tas de choses à vous dire, j'espère que je vais me faire pardonner. Sinon, manifestez-vous, sémaphore, SOS, morse, volapuks ou esperantos divers , on vous répondra ici sans problème. C'est qu'hier je dictais à Beaune " la dictée de Pivot", une grande journée avec près de 80 candidats dans une atmosphère merveilleuse d'effervescence cordiale et sérieuse. Une grande journée fatigante, même si la confection de la dictée - tenue parfaitement secrète par les deux initiées mes complices - remontait à plusieurs semaines : il fallait bien tout ce temps pour mettre la logistique en place. Longue journée, et même si on m'a dûment ramenée chez moi en voiture, après m'avoir cocotée et entourée d'attentions, il ne me restait plus guère de force intellectuelle pour vous haranguer.
   Oui, tout le monde était là hier, Zonta, association Porte-Plume, tous les dévoués en plus des zélés (il y avait même, pauvres choux, quatre à cinq frères et soeurs de huit à onze ans à qui mes imparfaits du subjonctif ont bien dû passer par-dessus les oreilles... L'an prochain, on envisagera une section "cadets" pour ces vaillants petits, le secteur "Jeunes" de cette année ayant été totalement boudé par les lycéens ou les collégiens : probable qu'ils ne font pas de fautes d'orthographe, ceux-là, ça doit être ça). On continue à dire "la dictée de Pivot", et c'est bien vrai que sa grande familiarité avec les étranges lucarnes lui a longtemps permis, une fois l'an, de mobiliser le public sur les problèmes de l'écriture correcte. Pourtant c'est la dictée de Desvignes que j'ai dictée hier, non point truffée de mots extravagants dont on n'entend jamais parler et qu'il est si difficile par la suite de replacer dans une conversation, mais   bien plutôt ( et plus utilement me semble-t-il) hérissée de petits pièges et de gros pièges dont la méconnaissance esquinte notre belle langue jour après jour. Points de grammaire, conjugaisons, subjonctifs, homophones, concordances des temps... Un  régal! Mais gémissements, aussi - même s'il n'y a eu ni pleurs ni grincements de dents (enfin... tout juste). Il y a même eu un zéro faute, un monsieur distingué qui, les bras chargés de ses prix, est venu me remercier de la qualité littéraire de mon texte. C'était inattendu - donc d'autant mieux reçu... Je pensais surtout que les candidats verraient mon texte comme recélant un monde de difficultés, chinoiseries, entourloupettes et autres sournoiseries, eh bien vous voyez, quelqu'un a su juger. On recommence l'an prochain, naturellement, dans l'enthousiasme général. La date est même déjà fixée, imaginez! Ce sera le 30 janvier, les rendez-vous sont pris. Une grande journée qui m'a fait du bien : rien de meilleur pour le moral que l'impression d'avoir été utile et que votre utilité ait été perçue par les foules.
    J'ai eu les plus grandes peurs que, grâce (!) à "une publicité intempestive survenant sur mon texte" et dans l'impossibilité de "désactiver mon filtre (???)" ledit texte ne disparaisse. Je le retrouve (peut-être même vais-je retrouver son double : j'avais dare-dare recommencé avec à peu près le même contenu, il doit y avoir de souterraines  corbeilles, je vais fouiner), je peux donc vous saluer aimablement, ce que la publicité intempestive m'avait empêchée de faire ce matin mais la journée n'est pas finie. Donc à demain, au plaisir de vous retrouver tous! Les chats, les chats, dans l'intervalle!
                                                                                            Lucette DESVIGNES   
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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 14:50
Guère envie de vous haranguer aujourd'hui, mes belins-belines façon Mère Cotivet. Je ne me rappelle plus du tout si elle avait des hauts et des bas d'humeur ou si sa cordialité ne se démentait jamais. Moi je vous avais bien prédit (du moins ai-je cru le faire, mais peut-être que non après tout),  je vous avais annoncé (donc pour être sûre que ce sera fait je vous annonce) que vous ne me trouverez jamais qu'avec les humeurs du jour. Grinçant, sarcastique, indigné, franchement rigolard en face des grosses bêtises de nos gouvernants ou des médias à leur botte, vitupérant lorsqu'il s'agit de la situation en Palestine, bref tous ces tons auront cours au fur et à mesure que se déroulera l'actualité. Mais il est surtout utile de vous préciser que l'actualité demeure pour moi essentiellement personnelle (à part la Palestine pour laquelle mon coeur saigne jour après jour). Je veux dire par là qu'à mon âge - non plus un certain âge, mais un âge certain - je n'ai plus beaucoup de force sentimentale à consacrer au tout venant, et que tout naturellement ce sont les choses toutes proches de moi qui ont leurs chances de devenir sujets de papotage entre vous et moi (et je suis bonne, tiens, de vous envelopper dans ce vous et moi abusif : m'avez-vous déjà inondée sous vos remarques qui établiraient un dialogue? Mais non! vous me condamnez au soliloque permanent, alors ne vous plaignez pas si en fin de compte on ne voit l'heure qu'à ma montre).
Donc vous êtes tributaires de mes humeurs. Hier un grand choc, ce qui s'appelle un coup du sort. Aujourd'hui je n'ai pas de mot pour dire ce qui m'accable. Ma Colchique vient de fermer à jamais ses merveilleux yeux vert menthe, elle est morte sur la table d'opération sans s'être réveillée de l'anesthésie. Et ne me dites pas qu'avec onze chats on ne doit guère s'apercevoir de la diminution du nombre, il doit bien toujours y en avoir un qui manque à l'appel, je n'ai quà m'imaginer qu'elle est en promenade, une promenade un peu prolongée, et le tour serait joué.Je ne vous demande pas de me prodiguer vos conseils et consolations, je m'en passe, merci. Je veux simplement vous dire que les chats ne sont pas interchangeables et que la disparition de cette petite bête si douce - ma petite âme, mon ange blanc, mon chinchilla, mon angora au si beau panache - laissera un vide non comblé. Elle aurait eu deux ans ce printemps, elle avait de chaque côté du nez une larme blanche qui donnait à son visage si parfaitement symétrique une allure spirituelle, dans un merveilleux mélange du gris clair et du blanc.
Elle n'avait jamais défendu sa ration devant les incursions brutales du plus petit, gâté comme un enfant de vieux.
Je crois qu'elle ignorait qu'elle avait des griffes. Adieu Tempest! Tu ne viendras plus gratter ma cuisse pour me demander un morceau... Cela, ce n'est pas de moi, c'est un reste des lectures - ou peut-être d'une dictée - de mes huit ans, et c 'est bon que cela m'arrive à l'esprit maintenant. C'est là-dessus que je vous quitte. A demain.
                                                                                                                                                    Lucette Desvignes 
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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 13:36

Avec tous ces souvenirs d'enfance qui me reviennent sans arrêt en foule (est-ce un signe de gâtisme? cela m'étonnerait tout de même, mais on ne sait jamais), je me sens environnée de membres de ma famille, tels que je les ai connus dans mes premières années, ou surtout peut-être tels que ma mémoire les a fixés pour moi. J'avais assisté, au temps des "Noeuds d'argile", à cet étrange phénomène que leur personnalité, leurs traits, le son de leur voix proposaient : ce n'était plus jamais eux autrement que par le filtre de mon écriture. Les noms s'étaient modifiés; ainsi celle qui pour moi, de toute éternité, avait été ma Babouchka, était devenue Jeanne (presque prononcé avec la gravité de Jeanne Moreau au téléphone : Ici Jeânne). Voyez aussi comme peuvent jouer d'infimes faits secondaires : j'avais pendant un temps voulu appeler le tome I des Mains nues "Le voyage du père", avant d'avoir vérifié que Bernard Clavel s'était déjà emparé de la chose, et je m'étais fixée sur "Babouchka" pour le Tome II - un temps en retard sur Marina Vlady qui, en bonne Russe, donnait en même temps ce titre à ses propres souvenirs d'enfance. Elle publiait, donc elle avait un temps d'avance sur moi, j'avais dû m'incliner. Après tout, l'"Histoire de Jeanne" en sous-titre du "Grain du chanvre", ça n'était pas si mal non plus. Mais Jeanne avait facilement pris pour moi la place de Babouchka. C'était aussi que par rapport à ma Babouchka j'avais mon regard de petite-fille (le chapitre du Grain du Chanvre intitulé "Séverine dialogue avec le silence" restranscrit ma dernière promenade avec ma grand-mère se débattant contre son aphasie), tandis qu'ailleurs ce n'était plus la grand-mère que je voyais, mais la jeune fille amoureuse et têtue (son entêtement m'a été fidèlement, intégralement transmis par le jeu de la  persistance des gènes), la jeune femme brisée, la jeune veuve dont le corps recommençait à vivre, puis à travers une vie épique toute en remous et recommencements la femme de tête qui menait tout d'une main de fer (sans même toujours le gant de velours pour faire illusion). Et la cousine de Jeanne, sa Cousine Jeanne, qui dans la famille n'avait jamais été appelée autrement que la Tante Muller puisque c'était son nom de femme, voilà qu'elle devenait dans nos rangs la Cousine Fischer, avec la même belle voix ample de contralto; le port de reine, l'humour permanent, la folie des chats (tiens tiens!), la force dans l'adversité... A telles enseignes que même aujourd'hui il m'est malaisé de distinguer la part d'enjolivement qui s'est greffée sur la vérité des faits, des dires, des traits : la greffe a si bien pris, elle a si vite adopté la sève que l'opération lui offrait, elle est si bien partie dans la direction qu'on souhaitait lui voir prendre qu'elle est devenue partie intégrante du végétal rajeuni. (Qu'on ne dise pas par ailleurs que le processus de la greffe m'est étranger : "Matinée au Jardin" en donne une lumineuse démonstration au niveau humain, tandis que "Diptyque" dissèque le processus au niveau de l'écriture - ce n'est pas une obsession chez moi, mais cela a toujours été un problème fascinant).

Bon. Vous avez quelques exemples à partir desquels ruminer sur les enlacements complexes de la vérité et de la fiction à propos de personnages. Vous allez voir que ça va nous ramener tôt ou tard au domaine du biotope - est-ce que ça vous fait peur? Moi j'envisagerais plutôt ça avec sérénité, mais vous et moi... Eh bien précisément, la balle est dans votre camp. Protestez si ce que je vous dis ne vous convient pas, protestez! D'autant qu'aujourd'hui, 29 janvier, la protestation est généreusement à l'ordre du jour. C'est très bien! Tout ce que je vous demande, c'est que vos chats n'en souffrent pas. A demain.

                                                                                   Lucette Desvignes 

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 16:47
J'avais mis en exergue, juste avant d'entamer le premier chapitre du "Miel de l'aube", une citation de Robert Pinget que je trouvais parfaite pour annoncer la couleur : "j'entends les mésanges et le chant des merles, l'heure des souvenirs, en a-t-on, en a-t-on... cette fois est la dernière, je ne consulterai plus mes enfances passées". Je n'ai pas eu l'occasion de vérifier si Pinget s'en est tenu là, à savoir ne plus parler de ses enfances - d'ailleurs chaque titre de Pinget m'apportait, m'apporte encore (je suis fidèle à mes amours)  l'ivresse nécessaire à la survie intellectuelle,  et je n'ai jamais pensé à vérifier s'il mentait ou non. Je parle de cette citation à cause de cet impressionnant "cette fois est la dernière"... J'ai bien essayé de ne plus parler de mon père, de mes enfances - rien à faire, c 'est un matériau foisonnant qui affleure jour après jour (une idée, un mot, une intonation, une réplique). Toujours dans la jovialité, la bonhomie - un de mes beaux-frères disait de lui "C'est un philosophe, oui, un philosophe", et c'était vrai. Je n'ai encore pas assez parlé de lui, il faut croire, puisque tant de choses non dites me viennent encore en foule. Ainsi ce "Jean, sauve ta cafetière" qu'il disait en prenant son chapeau et en laissant ma mère à ses remarques acides. Pour moi, cette retraite cavalière s'accompagne de l'aimable réflexion qu'il faisait d'autres fois, devant ma mère d'ailleurs c'était beaucoup plus drôle, lorsque pour exprimer sa satisfaction d'être en vie, après un bon repas, il précisait qu'avec ma mère il était heureux "comme un p'tit poisson dans l'vitriol". Je ne sais pourquoi les deux choses me viennent aujourd'hui, mais j'y puise - c'est nécessaire - une raison de dominer les éléments contraires.
Car éléments contraires il y a. Il est difficile de rester toujours sur son petit nuage, il y a toujours, inexorablement, des filins qui vous ramènent à terre (j'emprunte les filins à une série de toiles de Leygonie, ses acrobates, s'élevant dans les airs avec leurs sauts ou leurs perches mais sans cesse retrouvant le contact avec le sol - dur, froid, bas - au terme de leur envolée). Cela  veut donc dire que je suis retombée sur le sol, mais oui - ça m'arrive, les gnons, les coups durs, les gros chocs brutaux. Je ne vous donne pas de détails, nous n'en sommes pas encore arrivés là dans l'amitié, mille excuses, mais du moins je vous donne une idée de l'atmosphère bloggueuse d'aujourd"'hui. Cela ne durera pas, soyez-en bien assurés. Les souvenirs d'enfance me ramènent par la même occasion à Jeanne, mon aïeule, dont l'histoire a toujours été une sorte d'épopée où la fierté commandait de redresser la tête après chaque déception - et pour elle déception cela voulait dire sale coup du sort, à mainte reprise. Redresser la tête... Si elle l'a fait à chaque fois, je peux bien le faire moi aussi, même si c'est un sale coup du sort qui m'agresse aujourd'hui. Bon. J'ai quand même fait mon travail, puisque j'ai jugé bon de vous expliquer pourquoi aujourdh'ui je versais dans la mélancolie. Demain la tonalité sera plus gaillarde. D'ici là, bonne soirée à vous. A plus, comme disent les gamins chez nous (et les moins gamins qui voudraient continuer à faire jeune). A plus, donc. N'oubliez pas les chats! 
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 14:13

Si je me retourne, si je considère ce que j'ai déjà pondu et qui s'étale derrière moi, si je fais le compte de ce que l'agence over-blog enregistre sur mon compteur, je suis obligée de conclure qu'il y a déjà deux mois que je m'active en ces lieux et certes il y a du changement par rapport aux balbutiements du premier jour. D'abord je franchis allègrement désormais les barrages dits de confidentialité, je sais répondre aux questions personnelles, mot de passe, e-mail, je suis même toute prête à donner sans me tromper mon numéro de sécu, bref je me sens parfaitement rodée pour la vie quotidienne, à tel point que le choix de la casse, du style ou de la dimension s'accomplit   fièrement, avec des doigts bien dressés. Je n'ose dire que je suis capable de maîtriser tout ce que je vois avec effarement sur l'inamovible ligne qui barre mon espace réservé juste au-dessous de l"édition basique (pourquoi me refuse-t-on l'édition avancée, cela je n'en ai aucune idée, le saurai-je jamais?). Ajouter une image. Ajouter une vidéo.Ajouter une musique. Ajouter un lien. Et, même, supprimer le lien (en grisé, d'ailleurs: cela aussi, n'y ai-je pas droit?). Je suis donc bien, droite dans mes bottes comme disait un loser d'antan. Eh bien pour autant j'ai les mêmes angoisses en face de cette page blanche. Quelle idée d'avoir baptisé mon chapitre à venir "départ sur verglas"? Certes je voulais décrire ainsi la démarche précautionneuse qui serait la mienne tout au long de ces lignes quotidiennes (c'est mon fardeau, oui, mais je devrais dès le départ penser au Ouf merci Aspro! qui arrive jour après jour par-dessus le bonsoir aux chats chattes et chatons et qui me fait régulièrement l'effet du marteau qu'on tient enfin en l'air au lieu de l'abattre sur les abattis du pianoteur de clavier. C'est vrai, quand on s'arrête, ça soulage. "Mais alors, ma bonne dame, arrêtez-vous avant de commencer! Est-ce que ça ne serait pas là le meilleur remède à vos souffrances?" En effet. On me l'a déjà dit, quand je me plaignais du niveau indigne de certaines nouvelles envoyées fièrement  concourir pour un prix :" faut pas vous mettre du jury si ça vous ennuie".   Je crains bien de n'avoir pas encore atteint la sagesse requise). Avoir en effet toujours l'envie de continuer, ça doit bien être une espèce de maladie.
Verglas ou pas verglas, je voudrais bien avancer : j'ai même choisi cette devise plusieurs fois dans mes titres :" Avançons, avançons!" " Allez, on démarre!" Pour juste de petits soubresauts, pas vraiment de grandes avancées, malgré la sincérité de mes promesses et mes grands élans de bonne volonté. C'est que c'est un peu déprimant de ne pas savoir à qui s'adresser . J'ai beau vous imaginer dès que je ferme les yeux, je me trompe peut-être du tout au tout. Chenus? Niveau CM2? Dames patronesses? Oisifs cherchant l'aventure? Doctorants cherchant un sujet de thèse?J'aimerais bien pouvoir me dire que vous avez au moins lu un livre de moi, mais "tauta ouk' 'ubris;" comme on dit dans Euripide -" n'est-ce pas exagéré? "selon la traduction maladroite des hellénistes   en herbe niveau seconde ou, en plus affiné, "n'ai-je pas un ego qui dépasse les bornes" (et, je vous l'ai déjà dit, quand les bornes sont dépassées etc.). Je ne vous demande pas de m'envoyer chacun une photo, on me prendrait pour un site pédophile, j'aurais des ennuis.Tout de même, si vous me permettiez d'affiner un peu ma vision de mon public je crois que tout le monde y gagnerait. Allez, la commedia è finita, buona sera a tutti, a domani! Non dimenticare i gatti!

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lucette desvignes
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 09:53
C'était le titre d'un film gentillet à la française, un peu cucul, tout en bulles et ne laissant pas de trace dans le domaine esthétique ni même à propos de la structure dramatique : genre "Cette sacrée vérité" sans le talent de Leo MacCarey, sentimental en diable, faux problèmes de couple, fausses querelles... bref il fallait bien Danièle Darrieux et François Périer pour maintenir l'intérêt pendant 90 minutes (parfaitement : autrefois avec 90 minutes on avait tout torché, exposition développement dénouement, acteurs et metteur en scène n'avaient pas besoin de davantage pour donner tout ce qu'ils avaient dans le sac. A présent, il nous faut de ces rallonges, de ces longueurs, de ces étirements! Personne jamais ne s'en tire à moins de deux heures et demie dans les meilleurs cas). Je n'avais nulle envie d'y faire référence aujourd'hui, c'est seulement que je voulais vous dire "au petit bonheur la chance" et que malgré moi j'ai dû faire une pause cinématographique, en quelque sorte. N'en tenez pas compte si ça vous gêne. 
Oui, au petit bonheur la chance, c'est une fois de plus le programme que je voulais vous annoncer pour la journée. Je vois dans la formule une avancée - une amélioration peut-être, qui sait? - sur les bâtons rompus qui semblent connoter comme une possibilité de châtiment. Là, que dans une même formule je puisse vous offrir la  chance et le bonheur (même s'il est petit, ce dernier), c 'est tout de même plus gentil. D'ailleurs, cela ne m'engage guère davantage que les voeux de Jour de l'An : tout ce qu'on vous souhaite est attendrissant, sincérité comprise, mais cela ne change rien à ce qui doit vous tomber dessus au fil des jours et des mois.  Je peux donc impunément vous annoncer le meilleur du texte à son de trompe, sans que cela vous empêche de ne trouver finalement dans mes colonnes que du rasoir, du barbant, du soporifique. Est-ce que pour autant, sous les pires calamités que l'année nouvelle vous apporte, vous auriez l'idée d'en faire porter le chapeau à ceux qui vous ont offert leurs meilleurs voeux de tout leur coeur? Certes non. Eh bien pourquoi cela ne s'appliquerait-il pas à moi?    Je vous promets du bon et du meilleur, or ne jugerez-vous pas à l'usage que je ne vous ai pas trompés sur la marchandise? Publicité mensongère etc., ça ne se cantonne pas uniquement dans le secteur des petits suisses, contrats d'assurance, avantages bancaires, remèdes pour faire maigrir etc.. Cela s'applique également - mais il n'y a pas de loi - aux choses de l'écrit, comme on dit doctement : on vous promet un  grand roman, plouf! c'est de la gnognotte. On vous annonce la vérité pure et simple dans une biographie, pan! c'est tout ce qu'on veut sauf la vérité. On porte aux nues un roman policier, plaf! c'est éculé et mal écrit de surcroît. Qui pour autant penserait à poursuivre les auteurs devant les tribunaux? Je suppose donc que je pourrai jouir d'une impunité absolue, même si ce que je vous livre n'est pas à la hauteur de ce que je vous promets. Cela me rassérène quelque peu, j'ai craint un instant de vous entraîner sur les voies de la perdition  en  perdant tout mon temps à des préambules qui ne portent pas loin. Aussi bien vous faudra-t-il vous faire à mes rythmes; je vous laisserai tout le temps de descendre au prochain arrêt, mais si vous vous ravisez et souhaitez reprendre le voyage, alors ne traînez pas : je serai repartie à toute allure. Juste le temps de faire mes politesses à vos chats, même pas le temps de vous inciter à faire de même, tant pis, aujourd'hui c'est comme ça. A demain.
                                                                                                                Lucette Desvignes
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lucette desvignes
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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 11:18

Ne croyez pas que je veuille aujourd'hui dimanche me consacrer uniquement au cinéma.  J'aimais certes Carné, je l'aime encore un peu après qu'une dizaine de visions de ses divers films ait quelque peu épuisé les réserves que j'y voyais, et j'aimais surtout "Le Jour se lève" ( Gabin expliquant sa poisse et donnant comme exemple de son manque de pot  la casquette neuve que, gamin, il étrennait pendant un petit voyage et qui s'était envolée par la portière du train - "Et puis tout, quoi"...Jamais égalé). Non, pas de cinéma aujourd'hui. Le titre doit être pris dans son application la plus météorologique qui soit : j'avais prévu autre chose, et puis fffrrrttt, envolé comme la casquette de Gabin, donc un coup d'oeil par la fenêtre, le jour se lève par-dessus le brouillard givrant, une sorte de clarté se déverse sur mon clavier, c'est vrai, le jour se lève. Voilà pour la petite histoire, celle des coulisses de l'exploit comme on disait au temps où la télévision valait quelque chose.

Je ne sais pas encore, n'ayant pas établi de bilan en utilisant les méthodes appropriées, je ne sais pas encore si le jeu en vaut la chandelle, dans cette entreprise un peu farfelue qu'est mon blog. Des contacts, certes, j'en ai  quelques-uns, et amis ou inconnus (pas encore ennemis, mais cela ne saurait tarder) cela me conforte dans mon désir de continuer. Des ennemis, il y en a eu, en bisbille avec le concours de nouvelles de Chalon-sur-Sâone et déversant leur bile sur ma personne - mais j'étais allée les chercher sur un Forum dont on m'avait communiqué l'adresse avec insistance, je ne pense donc pas que le moindre de ces correspondants acerbes, de toute évidence frustrés par leur échec concrétisé par une distribution des prix où leur nom ne figurait point, se retrouve depuis lors intéressé par mon blog. De toute manière, les allusions que j'ai déjà faites sur ce blog aux commentaires qui se trouveraient à surgir sur mon clavier c oncernant la facture de la nouvelle ou son écriture - pour ne rien dire des allusions à l'évolution de mes ouvrages au cas où cela pourrait servir au lecteur de passage - n'ont rien pour retenir les habitués du forum précité : ils portent tous en eux la connaissance et la compétence , la maîtrise de l'écriture, la juste appréciation de leurs qualités personnelles, c'est évident. Ils n'auraient rien à glaner dans mes élucubrations quotidiennes.

Tant pis pour eux! on n'arrête pas une fusée qui vient de s'ébranler sur sa rampe de lancement  - ou alors on risque d'y laisser son maquillage.Je continuerai donc pour les belins-belines selon mon coeur. Il y a en tout de même quelques-uns, et qui sait si je ne laisserai pas dans leur souvenir quelque trace lumineuse? Ainsi moi, la Mère Cotivet ne savait pas que j'existais, et pourtant regardez quelle fidélité je lui ai vouée après trant de décennies! Elle en serait tout émue, la brave personne! (j'emploie à dessein le mot recommandé par les puristes américains afin de ne pas heurter les minorités si promptes à se sentir offensées : non plus chairman mais chairperson, exemple qui pourrait se décliner selon l'inspiration, ainsi tennisperson et non plus tennisman, clergyperson et non plus clergyman, cameraperson et non plus cameraman... ivresse des noélogismes! avec en outre l'avantage de ne pas faire d'impair sur le plan de la physiologie, et ça tombe bien pour la Mère Cotivet parce qu'aux derniers renseignements c'était un brave homme et non une brave femme). Les non Lyonnais vont vite se sentir fatigués, mais je promets de ne plus l'ouvrir sur la bavarde    patronnée par la tour métallurgique de Fourvière, promis juré. D'ailleurs qu'en dire d'autre? Je suis arrivée au fond de mon sac en ce qui la concerne. Mais attention,  hein! Seulement en ce qui la concerne. Pour tout le reste le sac est plein, même il déborde, n'ayez donc aucune crainte, le ravitaillement n'est pas près de s'épuiser, même si je n'ai plus le temps ni la place d'autres échantillons pour aujourd'hui. A demain. Pour le présent, bonsoir, caresses aux minous, je vous parlerai des miens davantage, comptez-y.

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lucette desvignes
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