Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 08:41

Sérieux, sérieux.... Faut le dire vite! Je ne sais pas par quel bout empoigner la chose, à dire vrai. Les retours en arrière vont certainement être utiles (utiles à qui? utiles à quoi? tant pis! mieux vaut ne pas se poser ces questions, sans ça tout s'arrête et je serai sans doute la seule à être déçue). J'essaie en vain, tous ces jours, de faire progresser les deux nouvelles que j'ai en train. Deux? pourquoi deux? et en même temps? me direz-vous. Eh bien oui, je travaille souvent sur deux choses à la fois (rappelez vous Napoléon dictant plusieurs lettres à plusieurs scribes : vous voyez bien que ça peut se faire). Quand l'inspiration vous manque pour l'une, il y a des chances pour qu'elle se présente au niveau de l'autre - mais pour l'instant bernique! Je n'y arrive pas. Les N aufragés restent en plan comme dans The Rime of the Ancient Mariner, De l'eau, de l'eau partout et pas une goutte à boire... et La Thébaïde, contrariée par trop d'incidents d'ordinateur, reste engluée dans son démarrage qui était cependant prometteur. Je vais attendre encore un peu, et si le démarrage ne s'effectue pas, pour l'une ou pour l'autre, je mettrai provisoirement de côté cette supervision éreintante des traductions pour l'Amérique; j'y passe trop de temps, j'y laisse trop de ma substance. Mais (est-ce mon tempérament qui me pousse à me croire irremplaçable, le travail bien fait seulement par mes soins?) je n'ai pas l'impression que ce supercontrôle soit inutile, bien au contraire.

Je viens de terminer la préface qu'on m'a demandé d'écrire pour le recueil qui a remporté le Prix de poésie de la ville de Dijon. Exercice délicat, dangereux peut-être - mais le seul qui puisse permettre une plongée profonde dans l'univers poétique récompensé. J'ai eu de la chance : cet univers-là, cette année, méritait vraiment de l'être. Qu'aurais-je dû faire si on m'avait remis un manuscrit sans grâce ni inspiration dont il eût fallu chanter les louanges? La seule pensée me fait frissonner.

J'ai commencé à parler des personnages, à propos des travaux préliminaires de l'écriture d'une saga. Je crois qu'il est néfaste - ce le serait en tout cas pour moi - d'envisager un personnage de hue à dià, à plat, montrant son itinéraire sentimental ou psychologique de A à Z, en sachant jusqu'où on voudrait l'emmener. Ce dirigisme ne peut qu'être mutilant. Le personnage se développera à plat, parce qu'on aura tiré ses ficelles dans telle ou telle direction, il restera poupée de carton, conçu par un cerveau et non se développant dans ses propres palpitations. Il ne s'imposera pas au lecteur comme une entité vivante et c'est pourtant la seule chose à viser. Regardez un chat : vous ne le modelez pas du dehors, il se développe indépendamment de vous, c'est vous qui le regardez vivre, ce n'est  pas vous qui lui imposez votre rythme de respiration. Prenez le chat comme source de méditation sur ce point - et, donc, n'oubliez pas de le saluer avec reconnaissance. A demain.

                                                                                                          Lucette Desvignes

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 09:48

Si un jour j'ai besoin de plus d'espace, j'y pense, je n'aurai qu'à tricher sur le corps de l'écrit, prendre une casse plus menue. Ce sera sans doute la meilleure solution, mais pour l'instant je n'en suis pas là. Je voudrais surtout reprendre de manière utile - utile à qui? c'est là le grand mystère de ces communications à l'aveuglette, où l'on ignore si des foules ravies sont prêtes à intervenir pour vous porter aux nues ou si vous parlez aux nuages (et ils sont loin, et ils filent vite, et ils se moquent bien de vous, les nuages). N'importe. Faire comme si est aussi une de ces philosophies que la vie vous apprend. Je vais donc faire comme si.

L'écriture d'une saga, autrement dit d'un roman qui porte sur plusieurs générations avec tout ce que cela comporte de variations psychologiques et affectives - pour ne pas parler des événements forcément variés qu'elle englobe - non seulement mobilise longtemps (22 mois pour "Les Noeuds d'Argile", 18 mois pour "Le Grain du Chanvre", 14 mois pour "Le Livre de Juste") mais exige une carburation intellectuelle considérable. Il y a bien sûr, à l'évidence, à mettre en place les éléments de base, personnages, époque, situations sociales, conflits, ce qui demande déjà une mise en scène exigeante et homogène. Mais surtout peut-être, au fur et à mesure que les conflits se précisent et que les personnages s'affirment, ils vivent de votre substance. Ils se développent de manière un peu vampirique, surtout si on fuit comme la peste les attitudes et réactions convenues. Il y a tout un art de les laisser faire, de les laisser exister à leur guise - un art qui confine à la nécessité : une fois qu'ils existent, qu'ils se tiennent debout, ils acquièrent d'eux-même une autonomie parfois tyrannique qui ne vous permet pas de les courber, de les modifier, de les faire agir selon votre intention pre

mière. A mon avis, si jusqu'au bout ils font ce que vous voulez, c'est râpé!
C'est malheureux tout de même que les incidents techniques se mettent toujours en travers de mon chemin. J'étais bien partie à vous parler des personnages de la saga et de leur autonomie chèrement acquise (à vos dépens, en quelque sorte) et voilà de nouveau un problème de format qui m'énerve. Mon écran se promène à droite puis à gauche selon les lignes de texte, et cela veut peut-être dire que j'outrepasse déjà ce qui m'est imparti pour mes élucubrations, auquel cas cela entraînerait que l'ensemble de mon texte serait bloqué pour poids excédentaire. J'espère que non, mais je ne me fie pas à l'espace qui semble me rester offert; donc, en hâte, bonjour aux chats et à demain.

                                                                                           Lucette Desvignes

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 11:46

J'ai devant moi une grande année, même si elle ne doit pas être bissextile. De quoi  en pondre, de ces blogs! Au goût du jour, comme dans les boutiques superchic. Ce ne sera peut-être pas au gout de tous, ma foi tant pis. C'est comme dans un concours de nouvelles : chacun des concurrents est bien sûr qu'il va (ou qu'il peut, ou qu'il pourrait) décrocher le pompon, or pas de bol! ce n'est pas du goût du jury. Ici ce sera pareil, sauf que je continuerai à pondre mon éphémère billet sans dévier de ma route marine (avec la poésie qui affleurera impromptu, comme ici : c'est-y pas beau cette route marine?). Ce refus de la déviation, cette indifférence à la vox populi, ça me rappelle les diverses vagues de gouvernants en pleine déroute qui jurent de garder le cap malgré nous. Pardon, au passage, de m'identifier à de méprisables détenteurs du pouvoir; c'est seulement l'image de ce cap qu'on garde à tout prix, droit dans ses bottes, qui me séduit, probablement à cause de la route marine. Mais c'est vrai aussi, quand j'y réfléchis, que c'est moi qui suis au volant et que j'exige le silence sur les coussins. Allons bon! trop de métaphores vont me gâter ma poésie, j'étais pourtant bien partie ce matin, vous ne trouvez pas? 

C'est pourquoi je continue sur ma lancée : on ne s'arrête pas en si bon chemin. Je suis plongée dans la supervision des traductions qui vont constituer le volume II (deux, pas onze - pas encore, tonnerre!de la première phase des oeuvres complètes. Essentiellement bourguignon, celui-là : parlant de la Bourgogne, préfacé par un Bourguignon pur jus de la treille,  rassemblant des textes où la vie dans les petits villages vignerons ne pourrait être conçue ailleurs que dans "la Côte". Parlant de canaux, aussi - autre trait bourguignon, écluses, péniches, maisonnettes d'éclusiers. La distribution des sujets qui devrait faciliter une répartition raisonnable des éléments - l'Italie, les animaux,  l'humour - se révèle d'une complexité extrême; à elle seule, elle exige presque autant de temps que la traduction (j'exagère, mais le dispatching entre traducteurs doit faire intervenir leurs capacités ou spécialisations personnelles en même temps que la catégorie de sujets ou le genre. Pas vraiment un casse-tête chinois, mais, croyez-moi, bien des problèmes avant l'attribution définitive).

Et comme d'habitude, je n'ai encore eu le temps de rien dire mais voilà déjà la limite de mon espace libre qui pointe son museau.Demain, sûr de sûr, j'entame le sérieux. Par les nouvelles sans doute, c'est le plus d'actualité. Mais les romans viendront après, c'est promis. C'est ici le moment de faire mes politesses à vos chats, je n'y manque pas vous le voyez, n'y manquez pas non plus! A demain.
                                                  
                                                                                                             Lucette Desvignes 

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 11:52

Nous y voilà. On en entame une nouvelle.   Je ne me sens pas plus vieille pour autant, exactement comme un jour d'anniversaire où les copains vous disent qu'une de plus vient de vous tomber sur le râble. La chose se fait sans douleur quand on est en bonne santé, et pour ce qui touche au changement d'année c'est pareil : on meurt, on souffre, on agonise à tour de bras autour de vous, les proches les lointains -  ah! ces lointains  qu'on étouffe, qu'on martyrise, qu'on affame, qu'on désespère, dans l'indifférence absolue du monde (dans le cynisme le plus éhonté : est-ce à force de recevoir des lettres d'injure que Kouchner avoue que les droits de l'homme sont impossibles à faire respecter? Quand on voit, quand on sait comme il se conduit au sein de l'Europe au sujet du Proche-Orient,on peut se demander s'il ne guettait pas depuis longtemps cette position de décideur qui lui permet de traiter de haut un conflit empoisonné en accusant les victimes) - oui, de Guantanamo à Gaza il y en a des gens qui souffrent et qui meurent, et je ne fais pas le tour du monde qui devrait s'imposer ici. Alors que peut bien signifier un changement d'éphéméride pour toutes ces   souffrances si on ne peut garantir qu'elles vont se terminer parce que tout le monde va s'y mettre? Jamais comme en ce jour de suture entre deux années où le mal triomphe insolemment - a triomphé, va triompher - je n'ai si fort pris conscience d'être privilégiée comme je le suis. Le reconnaître ne se fait pas sans un peu de honte, oui pourquoi moi? Je n'ai rien fait pour bénéficier d'un traitement de faveur, celui dont on hérite simplement d'être né dans un pays riche à climat tempéré où les remous politiques ne s'effectuent pas sous les bombes. J'en bénéficie, un point c'est tout. Period, comme disent les Anglo-saxons.

J'ai pourtant souhaité la bonne année à mes chats, séparément, avec une tendresse également répartie. Même pour le gros Nounours, qui après des années d'errance ponctuées d'agapes nocturnes chez moi a adopté une chaise et un coussin à la cuisine et m'y accueille le matin en m'offrant son ventre à caresser. J'ai  même une pensée pour le petit Domino (blanc avec trois taches rondes grises sur le flanc droit) qui est parti faire ses chasses, comme on dit, la veille du jour où on devait le castrer et le tatouer, si bien que je n'ai aucun moyen de le retrouver sauf s'il revient chez lui plein de morsures et d'abcès. Mes souhaits de bonne année sont dénués d'égoïsme, car je lui souhaite le bonheur même s'il le trouve ailleurs que chez moi... Bon, nous sommes dans les chats de grand matin (il est midi passé), c'est donc grand temps que je vous  invite à saluer les vôtres. Demain sera un autre jour, dit-on en Allemagne : parfait, on ne s'occupera pas du numéro de l'année, on reprendra le boulot comme si de rien n'était et on tâchera d'avancer pour de bon.

                                                                                              Lucette Desvignes

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 14:31

Mes belins-belines, je prendrais volontiers le ton de la Mère Cotivet pour vous expliquer ces trous de deux jours dans mes élucubrations. Rien de mon fait, certes! Deux jours sans mon blog, deux jours sans mon ordinateur - je me sentais mutilée. Oui, moi, qui suis arrivée si tard à une certaine familiarité avec l'engin et ses possibilités, me sentir mutilée par ces deux jours de manque! Incroyable mais vrai. Et aussitôt le PC en état de marche (un disque fêlé, je vous demande un peu! est-ce que cela arrive donc aussi bien aux disques des mémoires électroniques qu'aux individus?) j'ai repris et du poil de la bête et le travail sur le clavier. A preuve le coucou bonjour d'aujourd'hui : vous n'étiez pas oubliés, croyez-le bien.
L'ennui c'est que je ne sais pas où j'en étais restée, de mes conversations avec vous. Certainement pas très loin, à force d'avoir eu au départ des incidents techniques et puis aussi, c'était fatal que voulez-vous, des tâtonnements sur le modus operandi. Sur le projet d'ensemble, autrement dit. A peu près rassurée par les renseignements pris ici ou là - chacun d'eux d'ailleurs offert sans garantie - je me suis lancée. Au début vous devez vous épouvanter du mélange : les chats, les éditions de suites romanesques avec insertion de titres autonomes, le menu de Noël, les commentaires sur l'écriture, les miennes et celles des autres, tout cela fait un peu foutoir. Rassurez-vous cependant, tout va se peigner se mettre en place se faire beau et d'ici peu vous vous y retrouverez facilement. Il vous faut seulement avoir un peu de patience, et vous verrez que bientôt votre dose journalière de blog desvignes vous sera salutairement indispensable. Presque comme si vous vous étiez habitués au son de ma voix et à ses inflexions charmeuses (et encore, vous ne m'entendez pas parler à mes chats).

Le malheur, avec ces limitations de volume,c'est qu'on a à peine pris son envol qu'il faut déjà atterrir. Je n'ai pas encore eu le temps de vous annoncer le thème de la journée, et voilà que la dernière ligne qui m'est impartie me cligne déjà de l'oeil avec arrogance. Mais enfin, ce thème de la journée, vous pouviez bien le trouver sans moi. Un 31 décembre, ça veut dire quelque chose, tout de même. Cette garce de 2008 a semé le malheur partout dans le monde - je pense à tant de choses, politiques et autres, qui me font un coeur lourd comme une pierre, et je ne suis pas sûre du tout que la lumière qui s'est levée enfin à l'occident saura panser les plaies et proposer les solutions attendues de tous (de tous ceux qui pense comme moi tout au moins). A plus, oui - plus tard et davantage de sujets, même ceux qui fâchent. A l'année prochaine, à demain. Et bien le bonjour au chat, surtout!

                                                                                                          Lucette Desvignes

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 09:34
Eh oui (que je prends bien soin d'orthographier convenablement, c'est si rare de le trouver non déformé), eh oui, donc, aujourd'hui est un jour ouvrable. Pour moi, j'entends, avec la masse de boulot qui m'attend au tournant... Pas de répit, car je voudrais bien avant ce soir, après avoir éclusé quelque peu de la correspondance de saison, me remettre à la nouvelle que je suis en train d'écrire mais qui n'avance pas comme je veux, à cause d'un emploi du temps troué comme du gruyère, à la supervision de mes textes traduits, à la frappe correcte d'un brouillon d'autrefois (au temps du bic et du bloc) que je souhaite ne pas laisser perdre. Le tout en vrac, dans le désordre comme on dit à Auteuil, lâché puis repris selon non l'humeur mais bien les Diktate de la lassitude. Mes chats m'empêchent de me lasser jusqu'à l'inopérance : ils sentent quand je commence à me fatiguer, à perdre intérêt à l'exercice en cours, ils viennent m'entourer pour que leurs ondes m'apaisent et me tonifient en même temps. Quelle que soit l'équipe du moment,ils ont d'instinct ce sens aigu de leur fonction auprès de moi. Je me souviens du temps où Miaouchka, le chef de la troupe d'alors, après avoir amené quatre ou cinq mirons en cercle autour de mon bloc (oui, bloc et bic comme j'ai dit), après avoir maintenu le silence et le sommeil parmi eux dont les ondes me revigoraient et m'inspiraient, faisait le sablier en jugeant que mon exil hors du monde avait assez duré. Il venait glisser un ongle, délicatement, entre l'arête de mon nez et mes lunettes - que je ne mettais alors que pour écrire, donc m'isoler d'eux - et faisait tomber ces fameuses lunettes pour m'indiquer que leur patience avait atteint ses limites naturelles. Je les remettais, il recommençait, calmement mais avec insistance. Au bout de trois ou quatre injonctions si superbement motivées, je cédais, je posais le bic, je fermais le bloc, je distribuais à mon cheptel dûment réveillé quelque friandise d'après inspiration collective, ils savaient tous qu'elle viendrait, qu'ils auraient leur récompense, qu'ils pourraient recommencer. Ne me croyez pas si vous voulez, mais c'est la vérité. J'en ai tellement à raconter, de ces choses extraordinaires qui se passent entre les chats et moi, que - j'en avais honnêtement averti la compagnie  - les allergiques aux félins pourraient voire devraient s'abstenir de surfer sur mes territoires nouveaux. C'était l'honnêteté même, et je récidive ici pour les mal entendants, vous voyez donc l'étendue de ma bonne volonté.Cela ne veut pas dire que je ne parlerai que de mes chats, bien sûr que non.  Je vous ai fait d'autres promesses, assez solennelles pour que je les tienne, et je les tiendrai. Mais il y aura quand même du chat ici et là, glissé entre les pages, coincé au détour d'une phrase, emmêlé à une chaîne de pensées ou d'associations. Sans prétention à la première place mais présent. Et à la dernière aussi, puisque c'est sur mes salutations à votre chat que je termine mes élucubrations quotidiennes.
Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 09:59

Oui, pourquoi pas? Untitled, sans titre... combien de fois j'ai vu cela au bas de peintures (ou peut-être était-ce leur haut : on fait parfois des erreurs à l'accrochage) qui vous présentaient en confidence les tâtonnements de la pensée sur son support pictural! Sans préjuger aucunement de la valeur esthétique, justement. Eh bien aujourd'hui pour moi ce sera un "untitled": pour un peu je me commanderais ça comme un steak frites si je n'étais pas devenue végétarienne sur le tard. Sans titre, c'est-à-dire sans destination préconçue, autrement dit en ouverture à l'improvisation, au bric-à-brac, à la fantaisie... Il est vrai que je donne toute l'apparence de quelqu'un qui piétine, qui ne se décide pas, qui renâcle peut-être, mais je m'inscris en faux contre cet aspect. Je dois dire que ce qui me paralyse pour me donner à fond, c'est la dimension à mon avis exiguë qu'on accorde officiellement à tout bla-bla-bla de bloggeur. Comment voulez-vous que je me lance si je distingue déjà les bornes de mon inspiration - entendons nous bien : les bornes apposées par des mains étrangères et inflexibles à des élans lyriques sui generis dont par définition la pareille n'aura lieu nulle part ailleurs? Autant s'exercer aux voltiges aquatiques derrière hors-bord sur un petit étang ou une mare. J'espère que vous me comprenez, l'effort demandé à vos neurones n'est pas grand.

Libérée donc de toute contrainte de titre, pour une fois, je peux me mettre à gazouiller sans retenue. Ne croyez pas que je n'aie rien à faire sous prétexte de Noël ou Jour de l'An : les tâches littéraires les plus variées m'attendent . Contrôle de traductions erronées, préfaces à rédiger,dictée de Pivot à peaufiner (et ça n'est pas celle de ce Môssieur, non Madame, c'est la mienne, et elle ne fait pas appel à des mots invraisemblables qu'on n'entend nulle part : elle traque les pièges d'accords, de conjugaisons, d'homonymes...).Quand je lis les nouvelles du concours de Chalon-sur-Saône, je me demande si on apprend encore aux jeunes générations ce qu'est le passé simple : n'allons pas plus loin, laissons les subjonctifs où ils sont cachés, le passé simple, le passé simple, vous dis-je! C'est le poumon de la  littérature ( le poumon vous dis-je!). C'est une base de l'expression, et je vous en parle à grands traits (attendez un peu que je vous révèle les jouissances secrètes de l'imparfait de narration, si difficile à faire percevoir à un traducteur allemand, si expérimenté soit-il).  Oui, j'ai du travail par-dessus la tête. Mais j'aime ça, heureusement. Et je ne vous parle pas de la montagne de livres que j'ai à lire, de toute provenance donc de tout genre, et que je ne peux lire que le soir, quand ma journée de labeur terminée je m'accorde enfin l'ivresse de la lecture des autres (ivresse, certes : c'est la position de départ, dès que je vois un livre je m'épanouis, mais la position d'arrivée est rarement de même tonalité, il y en a mon dieu de ces livres embêtants, prétentieux, qui n'ont rien à dire mais qui veulent vous expliquer pourquoi ils n'ont rien à dire... A l'arrivée, dites donc, on se sent rudement défrisé, même que souvent on cale à mi-parcours...).
Tenez, quand je vous le disais... Comment voulez-vous que je me lance dans une de mes grandes envolées qui bousculent tout, puisque j'aperçois déjà la limite de mon petit carré de jardin au-delà de laquelle je serais malvenue d'insister? Jack Roland disait autrefois "Pardon, Au revoir, et à mardi prochain" Moi je vous dis Bien le bonjour à vos chats, même et surtout si y a personne chez vous. Et à demain.

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 16:34

Dans mon quartier la plupart des volets sont fermés. Point d'occupants dans les maisons, tout le monde à la neige - ou, pourquoi pas (je n'ai rien demandé)  sur le sable blanc des Marquises ou des Aléoutiennes (je suis nulle en géographie pour les endroits où je n'ai jamais mis les pieds, je fais donc certainement de grosses bévues, surtout pour les Aléoutiennes dont j'ignore vraiment où elles peuvent se percher; si je disais les Seychelles je serais plus sûre de moi parce que j'en ai déjà reçu deux ou trois cartes postales, disons donc pourquoi pas le sable blanc des Seychelles?). En tout cas, neige ou bains de soleil et plages sous les palmiers, ça se fait en un rapide aller et retour; à part les attentes dans les aéroports ou, plus près de nous, les kilomètres d'embouteillages on ne devrait pas craindre d'aller loin. C'est drôle, je n'ai jamais envie d'aller où vont les autres, je ne suis jamais d'humeur à vagabonder lorsque tout le monde et son père prend son sac à dos. Qu'on ne s'étonne pas, donc, de voir que je me suis remise au travail toute ragaillardie par mes radis et mon pilaf d'hier . J' y ai ajouté, ô jouissance rare - et ça je ne vous l'avais pas dit - deux rutabagas à l'eau, juste cuits dans leur bouillon. Les gens de mon âge qui ont connu l'Occupation vont se détourner de ce blog en haussant les épaules. Il est de fait que pour faire les frites (mais c'est vrai, il n'y avait pas d'huile) ou la soupe (il n'y avait pas de beurre) le rutabaga ne tenait pas la route. Je connais des gens qui, une fois entrés dans la zone d'après-guerre où peu à peu on a pu retrouver ce qu'on voulait, ont décidé de ne plus jamais accorder même une pensée à ce chou-rave de malheur, et vraiment il a bel et bien disparu des étals des fruitiers et primeurs. Il a bien fallu ces agapes de Noël pour que j'en trouve deux m'attendant, et personne ne me les a disputés, j'ai même vu des regards compatissants portés sur moi.

Donc je peux reprendre mon job du jour, après ces confidences gastronomiques. J'espère pouvoir décoller sans problème : ce n'est plus maintenant la technique qui me freine (touch wood!), mais la difficulté à reprendre le fil d'un interminable déroulement qui n'avance, au fond, guère plus que la tapisserie de Pénélope. J'ai pourtant, je vous l'assure, la ferme intention d'avancer, et de vous faire avancer avec moi.Nous avons déjà vu le mal que peut faire à une édition qui se voudrait suivie une insertion adventice : je suis sûre que personne d'entre vous n'aurait pensé à cet inconvénient, moi je l'ai expérmienté, je peux vous en parler savamment. Mais j'aime mieux garder mes forces d'expression pour autre chose, par exemple pourquoi on écrit (pourquoi j'écris) une nouvelle après une grosse saga ou un conte après une pièce de théâtre. Trouver sa rénovation dans le changement de genre, cela n'est-il pas un mystère? Bon, je m'étendrai là-dessus demain. Aujourd'hui, si vous n'êtes pas trop flappis par vos excès de table, n'oubliez pas de dire bonjour à votre chat, n'y manquez surtout pas!

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 12:03
Les parfums d'oie rôtie, de marrons, de saumon, de charlotte ou de bûche au Grand Marnier, dans le désordre mais entêtants, flattent mon imagination sans m'atteindre le moral. Je suis toute seule, je me régale à l'idée du bon riz pilaff que je vais me préparer dans quelques minutes, je complèterai par quelques radis pour les vitamines et je serai heureuse comme tout. Je n'aurai pas participé au gavage des oies ou des canards (même si j'ai vraiment aimé le foie gras autrefois) ni à l'abattage des volailles qui traditionnellement paradent sur nos tables (même si, malheur à moi, j'ai pendant des décennies préféré la pintade et le poulet de Bresse aux grosses viandes rouges, Charolais ou Limousin par-ci pour le rosbif, Drôme ou Ardèche par-là pour le carré d'agneau). Pas non plus,   qu'elles soient indiennes ou bien de chez nous, accepté le tranchage en deux des grenouilles, pièce par pièce, les cuisses d'un côté l'avant-train de l'autre, lequel on rejette généreusement dans l'eau histoire de voir s'il va nager aussi bien que quand il faisait partie d'une bête à quatre pattes. De toute évidence, le bon cru sur lequel je vais porter mon choix tout à l'heure - un Pommard, un Vosne, un Volnay , je ne sais pas encore, et d'être encore dans l'incertitude cela me rend tout enivrée d'avance, grosse jouissance à faire durer comme si j'avais ouvert trois bouteilles - se défendra merveilleusement avec le morbier et le boursault sans faire de mal à quiconque. Avoir en fin de vie réussi à mettre en accord avec les résignations de mes papilles mes principes de coeur, c'est peut-être le tour de force dont je me sens le plus fière.
Je conçois que si quelque oeil indolent se traîne sur l'austérité de mon menu au sortir de table - en admettant qu'il puisse encore distinguer quelque chose - il ne facilitera guère la digestion, en insérant dans la satisfaction béate du processus des remords de morale carrément hors de saison. C'est pourquoi je vais remettre à demain la poursuite de mes élucubrations personnelles et littéraires : aujourd'hui c'était jour de fête, pause, sieste, farniente si le permet le bruit des mômes avec leurs trompettes, tambours et instruments informatiques encore plus retentissants pour peu qu'à quelques-uns ils se livrent à une guerre des étoiles . Je vais caresser tous mes chats l'un après l'autre, sans gâcher le silence qui nous baigne et que je chéris. Si vous ne caressez pas le vôtre, saluez-le au moins de ma part, surtout si y a personne chez vous.




                                                                                                   Lucette Desvignes










Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article
24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 20:24
Onze chats, ça vous occupe une maison. Je ris des académiciens récents dont on vante l'amour des chats, à telles enseignes qu'ils ont pondu un gros machin dans une respectable collection dont, chacun dans son domaine - le vin, les femmes, la France... - les auteurs apparaissent comme l'e symbole vivant et exclusif de chaque sujet. Pour en rester chez les chats, le gros bouquin en question ratisse les amateurs de chats célèbres, histoire de revenir sur leur production littéraire, en même temps que l'évocation desdits. Se consacrer personnellement à un seul miron paraît fort suffisant à cet écrivain, voire recommandable - autrement dit les amours échevelées qu'on peut dédier aux minets de toute une fratrie (reconstituée par les incidents de leurs parcours) semblent dénuées de raison et vaguement répréhensibles. Non mais des fois! (je vous informe tout de même que je râle toute seule : jamais le digne monsieur n'a fait la moindre allusion à moi pauvrette, il ne me connaît point et c'est tant mieux au fond, je devine que nous ne nous entendrions guère une fois dépassées les formules de pure politesse).
Mais moi j'ai cette passion échevelée pour les chats, gros ou petits, chats ou chattes, tigrés ou blancs, tachetés comme une truite ou barbouillés de blanc et de noir de la manière la plus inattendue. Et les rouquins que j'oubliais, les chers rouquins sauvages comme des loups ou doux comme de la crème : je les oubliais dans mon panorama félin parce que pour l'instant sur les onze je n'ai pas de rouquin, mais j'en ai eu, oh que oui. C'est aux chats que je vais dédier ces quelques lignes. Ils ont déjà eu leur petite gâterie de saison, mais je tiens à l'accompagner d'un hommage appuyé. Onze, c'est un chiffre tout de même. Il faut onze fauteuils de même confort, onze gamelles de même contenance, onze places "la meilleure" sur mon lit ou à mes pieds. Toutre une organisation de vie, je vous dis. L'essentiel est que ça marche, avec entrées et sorties libres par le sous-sol, ce qui cause certaines in quiétudes lorsqu'ils mettent du temps à rentrer.Je vous parle toujours de moi moi moi d'habitude, eh bien ce soir ce sera miaou miaou miaou (pas facile à écrire, pour un mot qui se prononce si bien, si tendrement, si félinement quand on y met un peu de coeur - mais j'en ai, ne craignez rien). Assez sur les chats pour aujourd'hui . Sazluez bien le vôtre de ma part si y a personne chez vous.
Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens