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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 11:29
Une fois de plus, n'interprétez pas trop vite les titres que je vous offre (et, d'après les conseils donnés pour que les blogs soient mieux visibles et donc mieux suivis, qu'ils correspondent bien à leur contenu - vous pourrriez des fois être surpris). Vous pourriez facilement vous imaginer que je veux faire concurrence à Bergmann, avec ses bonnes femmes, leur passé, leurs secrets, leur souffrance, leur quête d'individualité : pas du tout, c'est déjà bien suffisant quand on se farcit un de ses films, je n'ai jamais eu envie d'en rajouter. Et puis avec Bergmann les visages ne quittent jamais l'écran, presque toujours en gros plan,  et toujours les mêmes femmes, alors forcément on peut confondre (bien que ce ne soit pas une obligation : avec Clint vous vous y retrouvez toujours par exemple - et je ne cite que lui parce qu'aujourd'hui je ne suis pas d'humeur à cinéma). Non, les visages des femmes ne sont pas évidents seulement sur l'écran. Et le roman alors? Depuis  Balzac c'est aussi un must de décrire les femmes (les hommes aussi d'ailleurs, anciens coiffeurs, curés de Tours, pères Goriots ou Grandets ou colonels Chaberts) du retrait du menton à la racine des cheveux, avec minutie, comme une maquilleuse d'avant le passage à la télé qui ne laisse aucun pouce carré de peau où son gros pinceau ne passe ou repasse. Heureusement ce sens de l'obligatoire a peu à peu perdu de son poids, jusqu'à se faire envoyer à Cayenne avec perte et fracas. Déjà avec Maurois ou Mauriac on sentait l'embarras    devant le portrait à faire, mais ils ne savaient pas encore comment s'en passer. Le nouveau roman a fixé les nouvelles règles, sur fond de dérèglement absolu : pourquoi évoquer un visage de personnage quand le personnag disparaît,  dites un peu? Avec "Marienbad" vous pouvez être hantés par le visage et la respiration asthmatique de Delphine Seyrig ou de Sacha Pitoeff avec son ton cassant, mais vous ne pourrez pas les rattacher à un  personnage - racontez moi un peu ce qu'ils font à part jouer avec des allumettes, allez, là, tout de suite, sans réfléchir? Supprimer l'histoire à raconter, supprimer les personnages à montrer ou écouter, donner toute la place aux choses, à l'incertitude, au flou, au fait ou non fait... On aime ou on n'aime pas, comme on aime ou on n'aime pas la peinture abstraite ou la musique de Schônberg. Pas la peine que je vous dise que j'aime, ça se devine sans erreur. Et j'y reviendrai, bou diou, j'y reviendrai!  Aujourd'hui seulement,  simple préparation aux personnages sans visages. Je vous en offrirai toute une galerie demain. Comme pour le sourire du chat du Cheshire. Préparez-vous.

                                                                                                        Lucette DESVIGNES.
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lucette desvignes
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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 15:04
     Je vous ai annoncé du grain à moudre, hier. Je sais bien que c'est dimanche aujourd'hui, mais tout de même il me faut bien penser à ceux qui, éloignés  sagement des bouchons routiers,  ont décidé de flâner chez eux, bien tranquilles, du canapé au divan et de leur ordi à la télé (cette dernière en désespoir de cause naturellement, histoire, disons,   de savoir si Sarko est toujours pétulant et pétaradant et de voir si le beau temps se maintiendra pour demain, avec comme principe de base que  si les demoiselles de la météo vous effrayent de leurs pronostics sinistres,  partez tranquilles à la pêche aux écrevisses, comme dirait ce cher valet Matti de Maître Puntila, c'est qu'il va encore faire beau). Comment! vous ne connaissez ni le valet ni le maître? Mais ce n'est plus un moulin à grain qu'il me faut pour vous, mes pauvres belines-belines, c'est tout simplement un moulin à pastèques!  Brecht, mes belins, Brecht, mes belines. Le seul génie du théâtre du 20ème siècle, si apprécié en temps d'affirmation de soi-même, d'où la tendance à le laisser tomber dans l'univers présent où seuls les nombrils ont quelque semblant d'intérêt. Avec Brecht se brassaient les grands problèmes, l'égalité des classes, la montée du nazisme, l'impossibilité de faire coïncider la compassion pour l'humain et la rigueur de l'ordre... Et sur le plan du théâtre, quel maître! Qui d'autre était capable d'associer le sens shakespearien du chaos du monde et le sens de la tragédie personnelle des Anciens, en enseignant qui plus est la distanciation dans le jeu des acteurs et dans la conception dramaturgique? Chaque fois que je l'ai pu, j'ai mis une pièce de Brecht à mes programmes de licence. Et je vous étonnerais bien si je vous disais que Maître Puntila et son valet Matti, précisément, sont inspirés de "LimeLights" de Charlie Chaplin : mais aucun rapport! direz-vous au saut du lit (c'est-à-dire pas encore bien réveillés, mes belins)... Pourtant regardez - y à deux fois, mes belines, vous qui êtes plus fines (pardon, les garçons, il n'y a que la vérité qui fâche), je suis sûre que vous trouverez les premières. Un maître, je vous dis,  qui inventait tout sur le théâtre en travaillant sur tous les dramaturges d'avant lui - un peu comme Cocteau réinventait tout du cinéma, avec "la Belle et la Bête" en autodidacte inspiré depuis "Le Sang d'un Poète" ou "Le Chien andalou". Dame! Il faut parfois se cramponner - avec Cocteau comme avec Brecht (mais qui donc ne s'est pas cramponné avec Eschyle ou Sophocle?).  Au fond, mes belins-belines, il faut se cramponner donc s'appliquer, passer par-dessus les premières difficultés du contact, pour arriver à jouir pleinement dans leurs pompes et dans leurs oeuvres de tous ces grands que je vous ai cités aujourd'hui. Ne vous contentez pas du grain que je vous donne, moulez pour votre compte, vous verrez comme vous vous sentirez fiers de vous. Je vous parlerai demain des visages des personnages, roman donc et non plus théâtre, on alterne, c'est bien, non? Ne parlez pas de Brecht à vos chats, ils seraient trop malheureux d'apprendre qu'on ne les autoriserait pas à entrer au théâtre. Contentez vous de les câliner, ils aimeront aussi.
                                                                                       Lucette DESVIGNES.
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lucette desvignes
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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 23:27
     Je ne suis pas très fière de moi ce soir, mes belins-belines. Vous voyez à quelle heure je me consacre à vous? Pour un peu la date aurait déjà changé, et, honte à moi, j'aurais laissé passer ce 25 juillet sans ma page habituelle à vous dédiée. Moi qui déjà, en vous annonçant sérieusement des sujets d'étude, passe carrément à autre chose si au dernier moment la fantaisie m'en prend, vous auriez de bonnes raisons de ne pas trop me faire confiance. Mais si en plus, après vous avoir à cor et à cri parlé de la deux-centième (tout juste si je ne faisais pas la quête pour recevoir de vous quelque chose en plus des compliments que je m'adresse toute seule), je vous fais faux-bond comme d'un claquement de doigt, alors alors ce sera ma fin, je serai déboulonnée de mon piédestal, vous vous détournerez de moi, tout simplement vous ne vous brancherez plus sur mon blog. Vous y gagnerez un peu de temps (pas grand-chose, en vérité : quelques minutes tout au plus, d'où à première vue l'impression d'une bonne affaire pour vous), et pourtant vous serez privés de ce frisson délicieux d'attente impatiente qui vous saisit tous les matins en ouvrant votre blog : qu'est-ce qu'elle nous a encore concocté aujourd'hui? Cela va encore être une de ces idées farfelues avec lesquelles elle nous roule dan s la moutarde (Dijon oblige). A propos de moutarde, cela me rappelle mes premiers contacts avec le Canada, il y a bien longtemps. Ca se passait au-dessus de l'Irlande je pense, d'"après l'horaire : nous allions commencer le lunch, et une jeune hôtesse s'empressait autour de moi  : je crois qu'elle en était à sa première expérience de linguistique et je ne l'impressionnais pas autant que les messieurs autour de moi. C'est donc sur moi le cobaye choisi qu'elle vient faire ses vocalises. Imaginez l'accent britannique le plus prononcé qui soit tout en disant des phrases françaises. Et maintenant voici le texte (prononcez le comme il faut, please:) : "Voulez-vous avoir un petit moutard?" Je n'invente rien.   J'allais lui répondre mélancoliquement que j'avais déjà passé le temps de la gaudriole lorsque je compris qu'elle me demandais si je voulais avoir un peu de mouitarde. J'ai pu répondre sans me faire remarquer., mais c'était tout juste. A demain, bonsoir tout le monde, j'aurais du grain à moudre pour vous demain en votre compagnie.
                                                                                                                 Lucette DESVIGNES.
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 10:01
     Je vous avais tenus au courant, mes belins-belines, de mes angoisses et interrogations à propos de la première mention, trouvée dans les parages de mon fonctionnement blogueur quotidien, d'un blogrank au nom barbare affecté d'un chiffre menaçant, puisque  normalement après 12 vient 13 et que cela eût pu faire fuir de ma fréquentation les superstitieux surfant dans mes eaux. Après l'angoisse était venu l'apaisement : le 13 évité puis dépassé semblait s'éloigner dans les ténèbres douteuses du passé. Une fois    le 16 voire le 18 atteints un jour, je croyais pouvoir me reposer sur des lauriers en train de pousser timidement leurs branchages au-dessus de ma tête. Las, mes belins! Las, mes belines! Grandeur et décadence! Comme la roche tarpéienne est proche du Capitole! dirait savamment notre nouveau ministre de la culture. Pour ce qui me concerne, me revoilà dégringolée, je perds deux points comme à la bourse (mais à la bourse j'ai perdu plus que deux points, je vous l'avoue). Ici tout de même, je devrais progresser, piano mais lontano  et sano comme on dit dans les cuisines où se mijote la bolognaise dans les vapeurs de spaghetti. Eh bien non, je ne progresse pas. Je compte évidemment que beaucoup de mes fans sont partis en vacances, je les vois mal sur la plage se concentrant sur les personnages ou la climatologie de l'écriture romanesque. Et puis, après 205 séances, ils ont bien besoin de souffler un peu, je le conçois aisément. Un cheval s'ébroue longuement après avoir sué et soufflé "dans un chemin montant, sablonneux, malaisé" : pourquoi pas eux, pauvrets? Oh ce n'est pas à eux que j'en veux, croyez-le bien. C'est au Big Brother tapi dans l'ombre de mon blog, qui compte les appels, qui établit des statistiques. J'aimerais bien lui dire deux mots, à celui-là : qui d'abord lui a donné le droit de surveiller mes conversations? de numéroter mes ouailles? et surtout de me harponner d'un ton sévère, retranché derrière sa fonction officielle, donc sans la moindre compassion dans la voix, sans le moindre encouragement? Il pourrait au moins me dire, d'un petit air gentil et en choisissant ses termes (il devrait savoir que les mots comptent, pour moi, palsambleu!), qu'avec un petit effort je pourrais faire mieux la prochaine fois, que le beau temps d'été incite les gens à fermer leurs outils électroniques pour aller au muguet ou aux cerises, quelque chose de gentil, quoi! Mais non! La sentence tombe comme un couperet : je ne suis plus à 18, je suis à 16 puis à 15, ça baisse, ça baisse! Comment voulez-vous que je garde la confiance que Big Brother semble tout de même me conserver? Donnez-moi votre avis, vous les  fidèles, les tenaces, les sédentaires non partis sur les routes embouteillées. Cela vous coûte donc tellement de passer me dire bonjour dans la journée? A demain : je n'ose même plus vous le dire d'un ton de commandement. Bises et bisous, si cela peut vous attendrir.

                                                                                                   Lucette DESVIGNES
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 17:50
     Avec le vent qui souffle en tempête en effet, je me demande s'il ne serait pas approprié de vous parler de la climatologie, non point celle du quotidien que nous écoutons d'une oreille distraite et qui si peu souvent correspond à la réalité, mais bel et bien celle dont il peut être fait usage dans l'écriture romanesque. Là, certes, on a toute liberté de manoeuvre. On peut décrire les sons, les lumières, les mouvements, les couleurs : c'est comme pour un peintre, il faut de l'instinct pour fixer le vent sur sa toile. Vous avez déjà vu les arbres de Corot sous la tempête? On n'a jamais fait mieux. Pour en revenir à l'écriture - tout de même, oui... - il ne s'agit pas de décrire, comme on vous le faisait faire si innocemment à l'école primaire (décrivez un jour de pluie, ou encore : vous vous êtes déjà trouvé(e) pris(e) dans le brouillard,  à pied ou en voiture ; décrivez) ou au collège puis au lycée, où les niveaux grimpaient mine de rien sans que l'entreprise devînt jamais tellement palpitante, n'est-ce pas?. C'est parce que malgré vous vous vous raccrochiez (non, je ne bégaie pas, comptez toutes les pattes, il y a ce qu'il faut, rien de moins rien de plus)  à des cadres, des formules, des musts ( ici aussi, ce pluriel à la française, c'est devenu un must) qui vous empêchaient de trouver au fond de vous la note juste du souvenir vécu et toujours vivace. Dans le roman du XIXème - je fais vite : on pourrait distinguer, établir des catégories - l'utilisation de l'atmosphère est liée à un développement imminent. C'est comme quand vous arrivez au bord d'une falaise, vous êtes bien obligés de vous arrêter, devant vous il y a la mer. Dans les romans du XIXème, au lieu de la mer, il y a le déroulement de l'histoire, qui prend un nouvel aspect pendant que l'atmosphère évolue. On s'est arrêté, comme au bord de la falaise; on, ce sont les couples qui vont se faire ou se défaire, et qui avant de passer à une conscience précise de leur mutation affective sont comme en attente, comme s'ils attendaient du temps une incitation, un frein, un example. C'est pourquoi vous avez ces monuments que sont les descriptions de champs sous le soleil, ou de campagne sous une brutale averse. C'est la scène à faire, et en général elle est faite de manière magistrale,  voyez Flaubert, voyez Zola, voyez même Balzac. Tout de même, il y a quelque chose de convenu dans cette fabriication exemplaire : cadrage, disposition des éléments autour des personnages, rattachement des uns aux autres, éventuellement dynamisme à l'intérieur de cette immobilité. Dès que vous essayez d'imaginer ce que les personnages éprouvent par eux-mêmes sans passer par le truchement de l'écrivain - obligatoire autrefois, encombrant selon moi - tout change. La pluie, la neige, le brouillard, le soleil, le vent... il faut les retrouver sans les phrases, directement, sans intermédiaire - et c'est alors que les phrases viendront s'installer, toute seules.... Dites-moi bien, là encore, si vous avez envie de décrocher : mon blogrank est de 16, nuance Confiance, mais je suis sûre qu'on ne me compte pas tout mon monde. Un de ces jours je vis demander des explications. A demain, bises aux chats.

                                                                                                       Lucette DESVIGNES.  
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 21:19

     Mes belins-belines (j'entends dire là-bas au fond de la classe "Méfiance! Quand elle commence par des        tons mielleux,    qu'est-ce qu'elle ne nous mijote pas encore!") mes belins-belines, sans me laisser impressionner ni bouleverser jusques au fond de l'âme par quelques rumeurs malignes, je vous signale qu'au jourd'hui je ne peux moins faire que de vous parler du personnage. Figurez-vous que je viens de lire un article qui porte sur le langage de mes personnages, précisément : comment voulez-vous que je m'abstraie? On avait déjà, il y a longtemps, attiré mon attention sur le langage des yeux dont je confiais à mes divers personnages, hommes ou femmes, une pratique incessante, et c'est bien vrai que très souvent chez moi, là où le non-dit m'apparaît comme un supplément d'intérêt pour le lecteur qui ainsi partage avec moi, au plus près, les émotions de la créativité, les yeux remplacent les paroles. On a un peu, m'a-t-on déjà dit, l'impression en me lisant  qu'on voit mes personnages comme au cinéma, gros plans, yeux remplissant tout l'écran, relief de la bouche etc. Tant mieux si c'est vrai, car le cinéma est pour moi un art majeur; et je serais heureuse d'en avoir été imprégnée par la dévotion  de toute une vie à cet art (qu'on dit septième parce qu'il est arrivé après les autres, tout simplement et sans autre raison) au point d'en avoir adopté une teinture pour mon écriture, et cela sans le vouloir à tout prix, naturellement. Eh bien il paraît que le regard n'est pas seul chez moi à traduire ce qui se trame au fond de mes personnages, tout au fond, là où il est si difficile de faire sortir les mots pour établir la communication avec les autres. Non, le corps est de la partie. Les mains, les bras, les attitudes qui trahissent l'humilité ou la provocation, l'abandon ou l'exaspération, les dos, aussi, qui cachent les visages mais ont leur éloquence particulière si on veut bien lire en tendant l'oreille... Cette importance accordée aux dos - et dont je ne m'étais pas avisée auparavant - me fait penser à des commentaires de critiques de cinéma, à propos précisément de la "présence" des dos : quand on voit un acteur de dos, un grand bien sûr, un de ceux qu'on reconnaît sans erreur - un Gary Cooper, un Cary Grant, un Marlon Brando, un John Wayne, un Clint Eastwood - c'est un hommage non seulement à son beau physique mais encore et surtout à son métier. Et dans ce petit festival de dos d'acteurs qu'on montrait, devinez à qui revenait la palme? J'en frémissais de joie parce que j'avais deviné : Mitchum, mes belins-belines, Robert Mitchum, le plus grand, le dos le plus éloquent! J'étais bien d'avis, même si tous les autres que j'ai cités ont aussi des dos qui savent parler. Et quand vous avez vu le dos,  impssible de ne pas imaginer le visage avec l'expression qui correspond exactement à la présence dorsale . On continuera demain. Si c'est trop difficile déjà dites-le moi, je mettrai la barre un peu moins haut. Bises aux chats.

                                                                                                           Lucette DESVIGNES.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 10:55
     En vérité, c'est "Avançons, avançons!" que je voulais choisir comme titre pour aujourd'hui, mais j'avoue que l'absence de cédille me gêne, et par deux fois... Mais l'idée reste la même : nous ne faisons que piétiner depuis quelque temps - tiens, disons, depuis mon retour des Amériques. Ce n'est certainement pas ma faute : vous savez comme je me donne à ce qui au départ n'était que timide essai et puis qui est devenu au cours des semaines un must indispensable (il devrait bien l'être pour votre culture, mais comment puis-je le vérifier? En tout cas il l'est pour moi : si je ne suis pas campée sur mon engin dès les aurores, avant la tombée de la nuit je me serai quand même exécutée). Et quand je me penche sur ce que je vous ai apporté depuis mon retour, je ne suis pas très fière de moi. Où en sont les projets de théâtre, de littérature, d'écriture? A peine si j'ai pu vous glisser un mot ou deux de Giraudoux. Et j'ai même l'impression que mes savants discours sur les biotopes, sur les personnages, sur le regroupement des forces dramatiques, c'est bien lointain. A tel point que des passionnés de la chose, récoltés juste au passage quelque jour, se sont peut-être vite détournés de moi puisque les "La suite au prochain numéro" ne correspondaient pas à grand-chose.Je vous promets que ça va changer, si vous êtes en attente d'une rigueur plus grande. Ce sera facile, vous savez, je ne manque ni de fermeté ni de suite dans les idées. Mais que voulez-vous! Le téléphone, les chats, le courrier, rele téléphone, reles minets... Les repas ont disparu de mes horaires : avec la chaleur de toute façon une ou deux tomates, un peu de concombre, un oeuf  brouillé (je dis un oeuf pour faire dans le misérabilisme, mais en réalité il faut au moins deux oeufs pour pouvoir les brouiller, donc disons honnêtement deux oeufs brouillés et un peu de fromage : je vais pouvoir faire des économies de gaz, avec les augmentations-retards annoncées, puis désavouées mais qui finalement vont nous tomber dessus comme il faut. Une fois qu'on a vu la représentation de notre ministresse de l'économie concernant les efforts qu'elle a su déployer pour empêcher nos livrets A (le vôtre, le mien) de ne rapporter que 0,25%, on peut espérer qu'elle s'opposera à l'augmentation du gaz avec la même fermeté et le même discernement. En attendant, moi je me méfie. Vive la salade de tomates ou de concombres, vive le fromage! C'est bien dommage que je ne puisse pas enrôler mes minous sous ma bannière frugale, mais ils s'y refusent absolument. A demain.
                                                           
                                                                                                   Lucette DESVIGNES.
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 17:31
     Vous devez tous certainement être des experts en informatique, puisque cet engin s'appelle comme ça. Donc vous savez parfaitement vous servir de toutes les possibilités mises à votre disposition et je vous envie. Mais je me demande des fois si vous ne vous posez pas des questions à propos de ces barres d'outils si fournies qui finalement occupent les trois quarts de l'espace dévolu aux lettres et aux phrases. J'appelle tout ça barres d'outils, indifféremment : en réalité chaque ligne doit avoir son appellation, on apprend ça tout au début, la barre d'outils, la barre d'état, il doit bien y en avoir encore une ou deux que ma foi j'ai bien oubliées mais m'ont-elles jamais servi? En tout cas il m'a fallu déjà bien du temps pour comprendre le sens de tous ces petits dessins. Vous savez que sur mon aspirateur (heureusement que ce n'est pas moi qui m'en sers, mais tout de même si je devais le faire, hein?) je ne comprends pas les dessins pour femmes de ménage portugaises ou espagnoles d'il y a cinquante ans, des pictogrammes ça s'appelle, c'est fait en principe pour remplacer la lecture, mais ça me plonge dans des abîmes de perplexité sans solution possible. Et nantie de cette disposition navrante, vous me voyez anonnant pour éclaircir le sens de tous ces outils présentés (qu'ils nous disent!) de façon suggestive. Moi ça me suggère rien la plupart du temps... Pour ne pas aller chercher midi à quatorze heures, je me penche sur les arcanes  des huis petits croquis ornant le fronton de ma page d'écriture. Une petite maison bleue et blanche  - qu'est-ce que j'en fais? Puis (je les prends dans l'ordre) un éventail dans un petit carré - qu'est-ce que j'en fais? Après,  celui qui ressemble à un ancien poste de TSF (pardon mes belins-belines des générations nouvelles, vous ne devez pas savoir ce que je raconte là, je n'invente pourtant rien je vous l'assure), je sais à quoi il sert, c'est pour imprimer ma ponte journalière, puisque j'en suis au-delà de la deux centième page, vous imaginez bien quand même que je sais m'en servir, même si on a dû me montrer plusieurs fois; ça imprime si vous avez bien branché votre imprimante. Ensuite une page (ça n'était vraiment pas la peine d'écrire à coté ce que c'était , tout le monde a compris, une page, oui, avec ce qui ressemble à un crayon, mais qu'est-ce qu'on en fait?). Puis une pièce de ferraille, une rondelle, une roue dentée oui je vois bien, mais c'est pour plombiers, ça, ça n'est pas pour moi - et là encore, qu'on prenne la peine d'écrire qu'il s'agit d'outils, c'est vraiment perdre son temps et sa peine. Après, un point d'interrogation : ça je connais, vous savez, mais qu'est-ce que j'en fais, vous pouvez me le dire? Est-ce que je vais y trouver les réponses à toutes mes interrogations? Ensuite ça devient de plus en plus mystérieux : on croit que c'est un K, mais non, il y a une flèche au bout (vous pouvez constater que j'ai encore toutes mes facultés, je vois cette flèche dans le bas à droite, mais à quoi ça me sert de la voir, hein?) Et puis tout au bout un tourbillon vert d'eau, ce serait peut-être le plus décoratif de toute la ligne, mais qu'est-ce que j'en fais? Inutile de vous dire que si je me mettais en devoir de vous interroger sur la ligne qui décore mon texte un peu plus haut, vous sauriez faire, vous? Ajouter une video, Ajouter une musique, Ajouter un lien, Supprimer un lien ... et puis juste en dessous une poussière de tout petits dessins incompréhensibles,à part les ciseaux, ça je sais, mais ces valises jaunes? Et ce soleil qui se moque de moi? J'aime mieux abandonner la lutte pour ce soir. A demain, ça ira peut-être mieux.
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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 19:39
     Ne croyez pas que je vous aie oubliés, mes belins-belines. Pas du tout, même si je n 'ai pas cherché contact avec vous depuis les aurores. Laissez-moi par -ci par-là le temps de souffler quelque peu. C'est dimanche une fois de plus, donc je pourrais bien brandir mon droit au repos si je choisissais de le faire. Mais non, je vous aime trop pour cela, les silencieux, les totalement invisibles, les entrevus, les connus - mais oui! les connus,  il y en a , croyez-moi, et ils se manifestent! Je ne voudrais pour rien au monde vous priver de ma présence fût-ce pour un seul jour en passant : ceux que la régularité quotidienne de mes rythmes ne bouleversent pas ont parfaitement le droit, eux, de sauter par-dessus certains de mes propos, quitte à les retrouver quelques jours plus tard, histoire de vérifier preuve par neuf que ça ne s'est guère amélioré dans l'intervalle. C'est de cette notion de profil que je voudrais vous entretenir aujourd'hui Car j'en ai deux : un pour (ou sur?) over-blog, l'autre pour (ou sur?) facebook. De temps à autre les uns ou les autres me font des signes, pas très expansifs naturellement mais tout de même ils me montrent qu'ils sont là, supervisant le tout j'imagine, contrôlant ce q'il est permis d'exprimer comme les CRS contrôlent votre taux d'alcoolémie quand ils vous chopent en infraction. Et chacun me voit sous un certain angle, pas forcément ajustable car ces deux profils ne sont pas identiques. Bien sûr, vous me direz que chacun de nous a deux profils (je ne m'en étais pas encore avisée quand à la télé lyonnaise, après mon tout premier roman, j'ai dû assister, avant une interview pour laquelle on ne s'était pas préoccupé de me donner un coup de peigne, aux tergiversations du jeune freluquet qui allait conduire l'interview : il ne voulait pas qu'on voie ses pieds chaussés de pataugas, il voulait qu'on lui spécifiât (!) lequel de ses deux profils était le plus avantageux pour se montrer sur le petit écran, bref inutile de vous dire que l'interview était tellement à côté de la plaque que j'ai demandé à ce qu'elle ne fût pas programmée; j'aimais mieux rien). Mais ici tout de même, deux profils si proches et si différents! C'est surtout celui de Tintin qui me frappe et me déconcerte, avec ce petit toupet de cheveux assorti au pantalon de golf. Ce serait vous induire en erreur que de vous laisser croire que c'est là fidélité à ma dernière coupe de cheveux. Il faut corriger ça par une photo, non que je veuille m'exhiber (chaque prise de photo m'est supplice, et fait automatiquement louper les couvées de singes) mais parce qu'on m'en a déjà chipé une : je l'ai vue une fois - grosse surprise : je n'avais rien donné ni autorisé - en manipulant des boutons avec fièvre dans la panique de  mes premiers temps du net, et depuis, alors que je croyais un peu davantage être capable de maîtriser les éléments, je n'ai jamais pu retrouver la manoeuvre me conduisant à cette malheureuse photo. Mais je vous assure qu'elle est quelque part; je suis tout au fond, et ça me plait bien parce qu'on ne m'aperçoit que vaguement derrière mes livres. Recourez-y au cas où le toupet de Tintin vous choquerait sur ma tête, ça me fâche comme une perruque, même moi je me trouve mieux, alors! Allez, à demain. Demain je vous parle de mes chats.
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lucette desvignes
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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 10:47
     Une deux-centième, est-ce que ça n'est pas quelque chose, dites-moi? A la centième, pas très certaine de devoir continuer sans le moindre encouragement, le moindre signe de vie de votre part, ingrats belins-belines trop silencieux à mon goût, j'avais déjà entonné les clairons de la célébration, sinon de la victoire. J'avais même compté sur mes fidèles les plus dévouées (oui mes belines, ce sont des dames et demoiselles) pour passer les petits fours et remplir les coupes (on a beau être en pleine Bourgogne par ici, et chauvins comme c'est pas possible de l'être, le champ' est quand même là pour les grandes occasions, surtout quand il n'y a que des bricoles à grignoter, fussent-elles délicieuses et raffinées : quand il s'agit d'accompagner des plats cuisinés avec gourmandise, il s'agit alors d'une autre paire de manches, et je vous assure qu'en ce cas les roteuses sont renvoyées à leurs celliers champenois - pour ne vous rien dire des bordeaux, parents pauvres qu'on n'invite même pas, chez moi en tout cas).Donc, à la deux-centième, c'est bien encore autre chose. Plus que deux fois mieux, je vous l'assure, car la persévérance, la lutte contre le découragement, le triomphe des embûches technologiques, pour les pratiquer et les faire s'imposer, il faut du cran - suivez mon regard! Donc nous entamons le troisième millénaire, non, la troisième centaine  simplement,  c'est déjà bien, non? Et cela dans une ambiance économique et financière des plus réjouissantes et d'ailleurs les plus réjouies : je suis sûre que vous avez comme moi adoré la prestation TV de notre ministresse (vous voyez que je m'y mets aussi) lorsqu'elle regardait la France, et le petit peuple surtout, bien en face, dans les yeux. Est-ce qu'elle ne venait pas de défendre les intérêts de ce pauvre petit peuple de Caisse d'Epargnants dont personne ne s'occupe sauf elle? Est-ce qu'elle ne s'était pas battue pour empêcher qu'on ne rabaissât l'intérêt à O,25 %? Franchement n'aurait-ce pas été une honte de ne laisser au petit peuple que ce ridicule pourboire pour la confiance qu'il a en son gouvernement au point de lui laisser ses économies à gérer? Mais heureusement, avec elle nous ne risquions rien, pas la peine de s'emballer d'avance! Elle était là, mes belins-belines, elle était là la bonne dame,elle s'est battue de toutes ses pauvres forces pour obtenir que nos économies nous rapportent 1,25%. C'est tout de même quelque chose, non? J'espère que vous voyez la différence, surtout avec le taux de janvier quand elle avait promis 4,75% à tous les gens qui lui feraient confiance? Laissez bien vos jaunets au chaud, mes belins-belines : vous voyez bien qu'elle se coupe en quatre pour nous. Mais comprenez-moi bien : elle ne peut pas tout faire, s'occuper des parachutes dorés en les interdisant mollement, gérer les trous dans les caisses des banques (et là ça urge, mes belins, on ne peut pas leur laisser des béances de si colossal diamètre, vite dans la grosse caisse pour boucher ces excavations, et naturellement il ne reste plus rien pour les petites caisses, tâchez quand même de comprendre mes belines! Je m'adresse aux unes ou aux autres tour à tour, pour être bien assurée que le message va passer, avec le caractère raisonnable des belins qui voient bien où se trouve l'honnêteté des dires ministériels, ou avec le caractère sentimental des belines qui sentent bien comme la pauvre femme est contente d'avoir réussi contre les vilains du 0,25%. L'un avec l'autre, ça devrait passer sans problème, des mesures comme ça! Hourrah mes belins-belines, célébrons à grande clameur deux triomphes à la fois! Et ne buvez pas trop, que je vous retrouve à peu près intacts dès demain. Aux chats vous pouvez offrir du lait tiède à volonté, ils s'arrêtent d'eux-mêmes quand ils en ont assez.
                                                                                                      Lucette DESVIGNES.
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