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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 17:08

         J'ai toujours préféré Maupassant à Flaubert - puisqu'on les met si souvent en parallèle pour toutes sortes de raisons. Il y a dans les nouvelles du premier une qualité d'émotion rare, qui perdure dans le souvenir laissé par le texte. Il n'est que de voir le parti qu'ont tiré de lui les réalisateurs de films ou de télévision. Toujours entre deux êtres un courant de sympathie ou un instinct puissant qui n'aboutit pas et qui, insatisfait, laisse dans les existences une trace mélancolique souvent précieusement enfouie, ravivée par accident. Ou encore l'ardente pitié pour les bêtes qui; incapable de s'apaiser dans l'expression littéraire, garde pour tout lecteur  son pouvoir ravageant : La Mort de Coco ou La Fin de Pierrot ne quittent plus la mémoire, le choc causé par la mise à mort du vieux cheval ou l'infâme extermination du vieux chien conserve sa  bouleversante horreur, des lustres après la lecture. Je ne connais guère que Pierre Loti pour agir   sur la corde sensible avec cette force :  tirés du Livre de la Pitié et de la Mort, des dizaines de souvenirs pleins d'émotion ou de regret voire de repentir, d'anecdotes souvent poignantes ou contenant un détail qui par son caractère douloureux s'inscrit à jamais dans la conscience, vont continuer à hanter la sensibilité comme si la découverte de cette douleur par la lecture d'un beau texte était toute fraîche. Rares étaient les écrivains osant agir sur la  fibre sensible des lecteurs. De nos jours, je me demande s'ils n'ont pas disparu, du moins ceux qui sauraient  encore le faire avec ce tact et cette efficience..

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lucette desvignes
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Elisabeth 30/08/2017 08:26

J'aime, Dame Lucette devenue chère, quand vous nous parlez, avec votre clairvoyance et votre délicatesse, de celle de nos grands auteurs...

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