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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 13:12

         Rien ne m'énerve autant que de préparer un blog à l'avance, parce que j'ai eu une idée de génie que je n'ai pas voulu laisser échapper (c'est à votre profit, mes belins-belines, que je la recueille et la développe, vous le savez), donc d'être tranquille sur le déroulement de mon planning - et puis, le moment venu de sa dispersion de par le monde, voilà que mon texte a disparu. J'en retrouve des traces, preuve que je n'ai pas rêvé : le titre reste visible ici et là, mais en enveloppe vide, le texte évaporé inutilisable. C'est ainsi que j'avais préparé un commentaire sur La Monche, un film de Cronenberg démarré sur une belle idée (un savant qui à trois ans en tricycle avait déjà le mal des transports a trouvé le moyen de téléporter les gens : vous entrez dans une cabine de son invention, vos molécules se décomposent en une seconde et se recomposent aussi vite dans une deuxième cabine. Dans son atelier elles sont à quelques mètres l'une de l'autre, mais généralisée  l'invention vous évitera tout malaise en vous téléportant : :quelques secondes entre Paris et Singapour, ou New York et Tokyo, l'abolition de l'espace et du temps... Le malheur veut qu'une mouche se trouve dans la cabine où le savant entre pour son test définitif, et les molécules se mélangent au cours de la recomposition...La belle idée du combat entre les deux espèces pour la puissance est gâchée par la tentation de l'horreur, à laquelle Cronenberg ne sait pas résister : la transformation progressive de l'humain en monstre       répugnant dont les chairs purulentes qui tombent en lambeaux ont tout pour faire vomir (ce qu'il fallait à tout prix supprimer parmi les calamités de l'homme) ne mène qu'à une mort grand-guignolesque dont on se détourne avec dégoût. Pourquoi la tentation de l'horreur est-elle si forte sur les réalisateurs? Croient-ils vraiment que tout thème fantastique séduisant doive fatalement aboutir à une monstruosité repoussante? Je pense avec nostalgie au fantastique de Truly madly deeply d'Anthony Minghella ... A-t-on perdu la recette de la délicatesse et de la poésie depuis 1990?

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lucette desvignes
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denis 21/08/2017 12:53

Dame Lucette, l'horreur au cinéma peut devenir une espèce de contemplation malsaine dont beaucoup de réalisateurs ont usé et abusé pour attirer un public préparé aux émotions fortes dés les années 80 (exception faite du film "the thing" de Carpenter dont le huis-clos anxiogène est rehaussé par des effets horrifiques variés).
Lorsque la poésie fut-elle morbide s'associe au fantastique, nous assistons à une rêverie dont nous serions les propres acteurs. Vous citez le film de Minghella, "Ne vous retournez pas" adapté d'un roman de Daphné du Maurier est un bel exemple de ce fantastique où les désirs et les peurs d'un couple en visite à Venise prennent forme de manière singulière, le temps et l'espace semblant issus d'une rêverie très étrange,servi par un scénario très habile!
Les vues de la Sérénissime dans une moiteur presque palpable donne forme à cette rêverie tragique. Pour la Sérénissime, ceci n'égale pas la superbe prestation de jeanne Moreau en femme libre et vénéneuse dans "eva" de Losey. Amitiés.

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