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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 15:27

         En ces temps où la canicule s'est installée chez nous sans le dire, sans permission et surtout sans qu'on le dise de peur d'effrayer les populations, ses effets se moquent bien de la reconnaissance publique ou non de sa qualité de catastrophe. Pour me limiter à mon bout de jardin, il est desséché comme du béton, les malheureuses plantes qui tentent de survivre n'ont qu'une tige au lieu de faire la touffe, qu'une vague inflorescence toute regrignée à son sommet au lieu d'offrir des bouquets si généreux qu'on se demande, en passant près d'eux, dans quel vase on va bien pouvoir les mettre pour qu'ils soient à leur aise, bref c'est un spectacle calamiteux sur lequel j'évite de porter les yeux. Mais que doit faire le paysan lorsque ses foins n'ont guère donné plus que s'il avait fauché un tapis de billard? puis que ses blés ou ses orges secouent au vent des têtes vides? puis que son maïs sèche sur pîed et ne donnera même pas du fourrage? J'en reste à la formulation d'antan, à l'époque où la semeuse timbrait notre courrier, mais la question demeure : comment font-ils, puisque pour eux c'est le gagne-pain, c'est la survie? Pire encore, dans les hantises qui vous obsèdent au milieu de ces températures torrides : comment font-ils, ceux qui ne connaissent que cet aspect du climat,  quinze heures de soleil, jamais d'ombre parce que les arbres sont morts, jamais d'eau parce qu'il ne pleut pas, des squelettes de buffles ou de chèvres pour jalonner les pistes d'une  brousse râpée comme un bitume, pas de fleurs pas de feuilles pas de vent... comment font-ils, oui, comment font-ils?

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lucette desvignes
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