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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 09:07

         Est-ce qu'en prenant de l'âge on voit diminuer inéluctablement le nombre des occasions possibles de récidive (on compte malgré soi, voyez-vous, et le futur apparaît encore plus dangereusement flou qu'il n'est jamais apparu dans le passé lorsqu'on tentait de supputer l'avenir)? Toujours est-il  qu'aux moments d'émotion ou de lyrisme où on se sent vivre à plein régime dans l'amitié ou la tendresse vous point comme un éclair la pensée que vous avez eu beaucoup de chance de pouvoir connaître ce partage de joie et d'élan, que c'est peut-être la dernière cerise de votre dernier gâteau et qu'il faut en pérenniser le souvenir parce qu'il ne se représentera plus dans cette intensité et cette lumière.  Alors vous ne craignez plus de ^paraître ridiculement émotif, vous ne réfrénez plus la pulsion de votre émotion, vous laissez la bride sur le cou à vos effusions afin qu'elles galopent en liberté - même si ce n'est pas le spectacle qu'on admet au niveau des cercles mondains qui aiment tant reprendre à leur compte les attitudes coincées de la distinction victorienne, lesquelles en leur temps nous paraissaient absolument inénarrables. Encore maintenant on enseigne aux petits Anglais qu'un garçon ne doit pleurer sous aucun prétexte - et cependant la rigidité du principe fléchit à notre époque où la libération des moeurs s'accompagne de l'abandon du carcan de ces principes d'un autre âge. Oui, on pleure sans honte et sans retenue de nos jours, les larmes se montrent volontiers au contraire,  et les échanges de tendresse trouvent ^pour s'exprimer, en plus des gestes qui se veulent parlants, irrépressibles, portant la proximité à son plus intense, des mots d'amour que la passion ne récuserait pas.

 

 

 

 

 

 

 

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lucette desvignes
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