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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 14:52

 

 

         Je n'avais pas beaucoup apprécié le succès de Marion Cotillard aux Amériques, pour avoir incarné un personnage que les Etatsuniens idolâtrent : je trouvais les dés pipés et le succès trop facile. Je suis souvent revenue de ce jugement sévère en trouvant au contraire à l'actrice, dans des rôles variés, une grande finesse et une grande variété de jeu, en même temps qu'un désamour du maquillage et de la toilette qui prouve le sérieux de son implication dans le rôle. D'autre part, je suis tout à fait consciente des affres qui doivent assaillir et détruire un individu lorsqu'il apprend que son poste va être supprimé et qu'il va pour un temps sans doute interminable se retrouver au chômage. Pour autant, la combinaison des deux axes de méditation - la crainte du chômage et l'intérêt du jeu de la comédienne - ne garantit absolument pas la qualité du film des frères Dardenne. "Deux jours, une nuit" : certes l'idée était fructueuse. Si on garde Cotillard à son poste, cela supprime la prime de 1.000 € attribuée aux collègues par l'entreprise : c'est l'un ou l'autre... d'où l'occasion de montrer les réactions des uns et des autres, sollicités par l'employée sur le fil du rasoir. Est-ce à dire qu'on doive admirer, comme la critique y invite, le traitement monocorde de l'intrigue déroulée pendant le week-end? Une quinzaine de visites à domicile, d'où réveil, lever, absence de déjeuner, marche, sonnette, réactions (variées, mais pas tant que ça) des collègues contactés, départ tête basse pour l'adresse suivante. Pour chacun, la même question : veux-tu m'appuyer donc accepter de perdre ta prime? On peut imaginer les attitudes et les réponses, toujours sur le seuil car faire entrer la collègue quémandeuse serait déjà faiblir... Le dénouement brutal, effectif comme la chute dans une nouvelle bien agencée, s'escamote comme si l'enjeu n'était pas là. Cette répétition des actes, des dires, des regrets demeure très fastidieuse ; pas la moindre ellipse dans ce récit linéaire. C'est à peu près aussi beau que de la littérature minimaliste.

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lucette desvignes
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