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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 08:27

 

          Dans la catégorie politiques-politiciens-politicards, il y a des fonceurs : pensez à Rocard, trépignant devant l’inertie de Mitterand et annonçant au monde qu’il se présenterait à la Présidence si le patron ne se présentait pas. Manœuvre audacieuse, imprudente, casse-gueule s’il en est : la carrière rocardienne, malgré l’indiscutable succès de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, se suicidait du même coup. Je ne sais pas si Manuel Valls s’inspire de ce pas de clerc pour sa gouverne : toujours est-il que depuis quelques jours il développe une tactique d’une extrême subtilité qui ne trompe personne. Comme il suppose que sa personnalité est crédible lorsqu’il martèle ses mots en démontrant qu’il sait forger ainsi l’acier victorieux (pardonnez à une vieille dame ce souvenir fugace des campagnes anti-nazi du début de la  drôle de guerre), il aboie avec force, avec aussi force pauses, accents signifiants, effets vocaux : le tout pour charmer et même convaincre (mais ses partisans sont déjà dans la poche dès qu’il a prononcé Autorité et Sécurité, même s’ils ne savent pas trop ce qu’il va advenir de la police et s’il faut se ranger derrière elle ou l’affronter). C’est le premier temps : N’ayez pas peur de moi, c’est moi le grand rassembleur, Emmanuel, Benoît, Arnaud,  vous m’entendez ?. Puis suit le chef d’œuvre de finesse dans l’entourloupe : non pas un « J’y va-t-‘y, J’y va-t-y pas ?» comme dans le chibreli chibrela bressan , ce qui, sans s’adresser à nous parce qu’il entend se décider tout seul, traduit un vague à l’âme : « Celui dont je ne vous parle pas mais suivez mon regard, ma loyauté m’oblige à attendre qu’il parle, mais vous savez bien que même s’il parle il parlera en Normand, ni ouic ni ouac, de manière qu’on ne puisse deviner ce qu’il souhaite, alors devant ce que moi j’appellerai un manque je m’avancerai à sa place, mais pour une fois je ne parlerai pas pour lui, je parlerai pour moi, tonnerre de caramba ! ». Attendons les trois coups du brigadier : le spectacle en vaudra la peine.

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lucette desvignes
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