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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 08:54

         J’aimerais bien savoir (mais vous allez dire que mes curiosités touchent à tous les domaines et tous les sujets) comment font les jardiniers en laboratoire pour assurer aussi unanimement la transformation des végétaux de notre quotidien. Je passe (car j’y ai déjà consacré plusieurs fulminations) sur cette transformation débile de certaines fleurs en d’autres. Comme si on ne pouvait pas les laisser tranquilles comme elles sont ! Et je ne proteste pas ici avec indignation contre les mauvais traitements, expériences, distorsions, maltraitances diverses qu’on réserve si impunément aux animaux : les plantes,  au moins, ne connaissent pas la souffrance (quoique… dirait finement Devos). Mais je m’insurge contre cette vicieuse tendance à vouloir à tout prix jouer l’apprenti sorcier. Faire des bégonias à fleurs de pivoine, des clématites à fleur de camélia, des tulipes à forme de lis, probablement aussi des pivoines à fleur de bégonia, des camélias à fleur de clématite ou des lis à forme de tulipe, je trouve que cela n’a pas de sens, pas plus que de donner à une tulipe la forme d’un cornet de crème glacée en deux couleurs. Mais surtout, nous concernant tous plus directement, comment font-ils tous pour assurer à des avocats, à des nectarines, à des fraises une pérennité étrange, incroyable, sans rien d’attirant sauf cette longue conservation de momies ? Trois semaines pour des fraises, aussi dures au jour de la consommation qu’à l’achat. Trois semaines pour des tomates que leur disposition en grappe raidit jusqu’à nécessiter un vrai Opinel… Sans aucun respect pour le parfum ni le goût de l’espèce, une structure en bois (mais oui !) donne de la tenue à ces primeurs auxquels adhèrent leurs feuilles impossibles à ôter d’un simple geste de la main. Quelle poudre (nocive) de perlimpînpin (orthographe étonnante du NPLI) a-t-il fallu pour réaliser ces prodiges et nous empêcher de trouver du plaisir à la dégustation de ces phénomènes ?

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lucette desvignes
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commentaires

denis 09/09/2016 21:43

L'artificiel resurgit de partout, des espèces hybrides moches et sans fragrance, dans un monde régit par des managers et des politiques aux discours fades et inodores.
Mais il y a du lyrisme et de l'ironie à le dénoncer comme vous le faîtes si admirablement Dame Lucette. Les rhinocéros n'ont pas saccagé votre pré aux belles lettres. Amitiés.

laurent 09/09/2016 12:06

et pendant que l'homme joue dans les laboratoires à fabriquer des fleurs (quand même mieux que des armes), dehors la nature s'étiole. Je suis pour qu'on laisse en paix les fleurs. Il nous reste, tant qu'à faire, à apprendre le non-agir. La connaissance oui mais aussi son mode d'emploi, toujours utile.Bonne journée fleurie de sentiers sauvages.

Adrienne 09/09/2016 10:36

Ah! moi non plus je n'aime pas les tulipes à "la forme d’un cornet de crème glacée en deux couleurs" et ce passage sur les fleurs de bégonia-clématite-lis m'a bien fait rire :-)
Je crois l'avoir déjà dit, je déplore surtout que les roses ou les œillets soient sans parfum...
Pour ce qui est des légumes, j'ai décidé de refaire l'effort d'un petit potager l'an prochain... j'y mettrai quelques plants de tomates :-)

coucou 09/09/2016 09:30

des momies de légumes ! désespérants vegetables, mais ah les beaux mots vivants !

desidéesetdesmots 09/09/2016 10:34

Merci, Coucou, de cette chaleureuse appréciation de la forme!

fbon 09/09/2016 09:12

moralité : les fleurs c'est comme la littérature ! («quoique» !)

desidéesetdesmots 09/09/2016 10:17

Bien d'accord! Ah! qu'"il y aurait à dire sur ce chapitre.... Merci de me suivre si fidèlement.

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