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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 10:23

         Ah mes belins-belines, vous ne savez pas à quels excès je peux me livrer la nuit, moi qui, comme le dépeint gentiment Emmanuelle De Jésus, «à  90 ans  m’affirme de plus en plus comme une vieille dame tout à fait indigne et fière de l’être » ! J’ai  veillé jusqu’à près de 3h ce matin, scotchée (comme le style journalistique nous enseigne à dire) à ma télé et j’avoue que si j’avais vu plus tôt la longueur de la projection je n’aurais certainement pas entamé la vision de cette série en quatre épisodes d’une heure. Mais voyez-vous j’ai tenu le coup sans consacrer la moindre seconde à l’inattention ou au désintérêt.  The Promise avait en effet tant de qualités, d’inspiration, de construction et de montage visuel qu’on ne pouvait absolument pas s’en laisser distraire. Une fiction basée sur des faits réels relie à la perfection l’insoutenable atmosphère de ce XXIème siècle impitoyable et meurtrier  au temps de l’occupation anglaise de la Palestine en 1948 (cette terre que les Juifs revendiquent puisqu’on la leur a octroyée au grand dam des Palestiniens) : pendant 30 ans les Britanniques vont favoriser les colons, fermant les yeux sur leurs agressions contre les Arabes qu’ils méprisent et cependant ne prenant pas assez vigoureusement leur parti pour ne pas être haïs lorsqu’ils abandonnent leur occupation. Les plus justes d’entre eux ont vu que ce départ signifiait l’abandon des Palestiniens, déchirés entre le Hamas et le Fatah ,  aux forces d’Israël, et les massacres en nombre jusque dans l’intérieur des maisons  palestiniennes débute dès que le dernier soldat anglais a quitté les docks du rembarquement. L’amitié douloureuse entre un soldat anglais et un Arabe qui le reçoit dans sa maison (ce qui fait condamner le soldat à la trahison et à la dégradation) se symbolise par la transmission de la clé de la maison palestinienne dont les habitants sont expulsés et que, deux générations plus tard, après avoir déchiffré dans le journal de son grand-père cette pathétique leçon d’histoire au quotidien, une jeune Anglaise aventureuse et têtue réussit à remettre à la dernière descendante du Palestinien exilé. Un beau conte rassérénant, cette clé, mais la peinture douloureuse des problèmes politiques à la solution desquels se refuse totalement l’armée israélienne dépourvue de tout sens de l’humain reproduit le réel, où tous les individus sont brisés dans un chaos qui semble à jamais interdire la possibilité du bonheur et de la paix.

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lucette desvignes
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