Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 12:13

         Autour de vous, mes belins-belines, je suis sûre que sans avoir à chercher vous trouvez un parent, un ami, une connaissance du quartier que la maladie tueuse de notre époque a condamné. Les rangs de la camaraderie s’éclaircissent, au fur et à mesure que vous prenez de l’âge vous avez l’impression que vous émergez à un niveau où peu peuvent vous suivre, laissés qu’ils sont sur le bord de la route tandis que vous continuez cahin-caha votre petit bonhomme de chemin, certains que vous êtes que la solitude autour de vous est destinée à se creuser, que les places autour d’une table de famille ou de joueurs de cartes vont afficher des vides. Et naturellement s’engendreront pour vous  mélancolie, regrets, sentiment d’abandon. Sentiment d’injustice aussi, et même pesanteur d’un remords, comme si vous étiez coupables de cette survie dont  vos voisins ou êtres chers n’ont pas pu profiter – mais tout de même vous n’êtes pas responsable de votre longévité… Cette sensation de traitement préférentiel à vous accordé ne peut que vous disposer à mieux compatir aux misères de tous ceux qui sont touchés par la maladie et la souffrance. C’est ce que je fais, à chaque instant – mais je dois aussi vous dire que je ne trouve jamais les mots de désécration, de condamnation au mépris éternel et aux tourments de l’enfer assez efficaces pour rendre mon sentiment de dégoût concernant  Benyamin notre cousin presque frère, et que pour me sentir mieux à l’aise pour continuer ma journée il me faut appeler sur sa tête, officiellement protégée de toutes accusations par ses pairs comme par le reste du monde, la masse des douleurs, souffrances, tortures, humiliations, désespoirs et désolations diverses dont ici-bas sont frappées tant de victimes innocentes sur lesquelles la maladie a jeté son dévolu aveugle. Oui, j’aurais besoin de savoir que tout cela va fondre sur lui et son indignité dans le temps d’ici-bas qui lui reste. Oui, qu’on le sache bel et bien avant  qu’il ne passe   chez ses ancêtres, afin qu’on puisse se réjouir.

Partager cet article

Repost 0
lucette desvignes
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens