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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 09:36

         C’est probablement une coïncidence : les films de ces jours-ci offerts au choix sur le petit écran datent presque tous des années Trente ou y situent leur scénario. Ils correspondent donc à une sorte de production qui se cherchait encore et qui indiscutablement tranche sur l’ensemble par ses thèmes, par ses personnages, par ses tonalités, revanchardes ou moralisatrices. Même les prises de vue paraissent un peu désuètes, dépassées, les conflits humains convenus. En URSS il s’agit de .glorifier la révolution, de faire prendre conscience au peuple qu’il est le maître s’il veut bien se donner la peine de montrer sa force : Alexandre Newski, source d’exemples admirables dans les images, les gros ^plans ou les mouvements de foule, reste avec son génie du montage un pilier incontournable de l’histoire du cinéma. La Rue sans issue, de William Wyler, qui montre un Bogart dans sa jeunesse néfaste (déjà le visage refait…) avec ses conseils pernicieux et ses lâchetés, dresse contre les nantis des beaux immeubles les gavroches poussés par la misère au vol, à la brutalité, à la délation (s’ils font un feu sur le trottoir, c’est pour faire cuire des pommes de terre volées dans une marmite volée). Notre Pain quotidien : la crise de 1929, les confiscations des fermes par les banques, l’exode des familles aux abois, tout le contexte de l’actualité…Une facture de conte, moral, humaniste, où les malheureux s’organisent pour s’entraider, recourent à l’échange et à l’amitié (pour fournir à cette collectivité en gestation les 500 dollars de sa mise à prix, le malfrat qui s’y était joint va se livrer à la police)…C’est du King Vidor des débuts,  avec une espèce d’atmosphère de fraternité agissante simpliste qui rappelle Frank Capra et ses conclusions optimistes. Il y aurait beaucoup à dire sur cette invasion de l’écran par le peuple – la version qu’en donne René Clair à la même époque évite la gravité, schématise avec élégance, donne à ses mouvements une allure de chorégraphie : nous sommes loin des thèmes profonds, qu’ils soient traités à la manière d’une fable ou dans le naturalisme le plus accusé. Ce qui laisse à penser que les grands bouleversements qui ont ébranlé le monde ont laissé plus de traces dans les pays où ils ont eu lieu  qu’en France où la grande référence dans le domaine du traitement sérieux demeurait la terrible Der’ des Der’ avec les horreurs du Chemin des Dames et des tranchées de la mort….

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lucette desvignes
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