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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 11:53

         J’aime les gens qui ont un franc parler, qui n’envoient pas dire des vérités sous des couleurs et contorsions telles qu’en fin de compte on ne sait plus ce qu’on doit en penser. Il est vrai que parfois ce n’est qu’un vernis, qu’une attitude relevant d’un manque de sensibilité et de nuances dans ce qu’on énonce : de quoi frôler le manque d’égards, voire le manque de raffinement, et ce n’est certes pas cette catégorie-là de prétendus diseurs de vérités que je veux aujourd’hui monter en épingle. Je veux parler des auteurs, penseurs, journalistes, écrivains qui n’hésitent pas à parler selon leurs convictions, sans se soucier de l’impression que vont produire ces convictions sur le public. A une époque où la langue de bois triomphe à tous les niveaux, où les opinions fluctuent allègrement au gré des sinuosités de la conjoncture, où l’objectif s’analyse souvent comme l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes à la multitude, il n’est pas souvent question de laisser éclater des manières de penser qui se trouvent à heurter la majorité des lecteurs ou des auditeurs. J’ai aimé, donc, par contraste avec ceux qui cherchent à rallier tous les suffrages en édulcorant le profond de la pensée et en restant apparemment à la surface des choses pour plaire à tous, des écrivains qui d’un titre à l’autre maintiennent fièrement leur cap personnel, proclamé dès la première ligne. Le Club des Ecrivains en a récemment donné deux exemples bienvenus :  et je souligne que les habitués de la Cloche ne sont pas du genre à approuver leurs positions, mais que tout de même ils ont pu les accepter et même reconnaître sans problème le talent consacré à les mettre en lumière : je veux citer ici André Comte-Sponville et la présentation flamboyante de son athéisme serein, d’autre part Isabelle Alonso et  sa glorification des volontaires espagnols de la malheureuse toute jeune république, lesquels emplissent encore des fossés anonymes de fusillés par les forces franquistes. Ici et là, des opinions clairement énoncées, matériau de base de l’entretien oral ou du texte écrit. ont permis à chacun, sinon  d’adhérer (ce que personne ne visait) du moins de comprendre et, pour quelques heures, d’admettre avec cordialité la variété des interprétations du monde, ce qui est le signe même de l’honnêteté citoyenne.

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lucette desvignes
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