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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 08:12

 

 

         Je me rappelais fort bien avoir vu Frontière chinoise, dans le temps (un film de 1966, pensez un peu… Même si je ne l’avais sans doute pas vu l’année de sa sortie, ma vision ne date pas d’hier), mais je ne me rappelais pas qu’il s’agissait du dernier film de John Ford. D’où ce plaisir de retrouver, en le regardant, le traitement traditionnel de ses thèmes de prédilection (un petit groupe affronté aux dangers et menaces de mort d’une horde déchaînée – les bandits chinois remplaçant les Indiens, toujours considérés comme des sauvages dans ses premières œuvres, avant son virage de cuti), ou de ses personnages fortement typés (les gens de cœur prêts à ses sacrifier sans emphase, telle la doctoresse qui ne laisse personne deviner ce qu’elle accomplira tendis que ses protégées peuvent s’enfuir puisqu’elle l’a négocié de sa vie, et en contraste permanent les gens bornés, intolérants, dans leur déviation de piété qui voit de la fornication partout), ou de sa vision morale et saine qui privilégie le courage et le sens de l’humanité. Le contexte est totalement différent, mais les structures du récit, les conflits individuels, le triomphe des grandes idées se reproduisent, dans le cadre des efforts pour survivre d’une minorité débordée par la violence : ils. ont la même force et portent l’empreinte de « la même patte ». En revoyant Frontière chinoise avec l’arrière-pensée du réalisateur à chaque instant, j’ai songé aussi à ce rare Le soleil brille pour tout le monde, qui réhabilite une prostituée pour que toute la ville assiste à ses obsèques. C’est vrai, pourquoi n’est-il jamais programmé, celui-là ?

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lucette desvignes
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denis 25/03/2016 16:21

J'apprécie, je savoure toujours votre prose où vous parlez sans ambages, avec goût de tous les sujets.
Le cinéma de John FORD m'a souvent intéressé pour les valeurs humaines, bravoure et honneur, de l'homme américain tel que le glorifiait WHITMAN me semble-t-il. Les méchants indiens étant remplacés par de vrais méchants dans ses derniers films comme vous l'avez si justement souligné. Pour ma part, j'ai revu avec plaisir récemment Johnny Guitare de nicholas RAY où une femme forte et sensible magnifiquement campée par Joan CRAWFORD, tient tête aux troupes du propriétaire de la ville corrompu avec à sa tête une femme haineuse, jalouse car incapable d'assumer son attirance pour les hommes.
Le retour de l'ancien amant interprété par sterling HAYDEN, ancien pro de la gâchette et jouant les héros malgré lui pour sauver sa belle, me semble admirablement mis en scène.
Cette digression cinématographique me ramène à John FORD, évoqué avec un grand mimétisme
et un certain romantisme par...Nicholas RAY dans la scène finale du fil l'ami américain de Wim
WENDERS. Les grands cinéastes récupèrent avec génie ce que leurs anciens ont laissé de meilleur!
Bien à vous.Amitiés.

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