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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 08:18

         Les commentateurs de nouvelles de la télé française avaient sans doute été chapitrés en coulisse : il fallait dégoupiller un explosif manquement au protocole présidentiel, c’est pourquoi, faute de détails croustillants ou renouvelés donnés sur la situation de l’après-midi en Belgique (dieu ! ne les avons-nous pas entendues encore et encore, ces détonations de grenades assourdissantes qu’on s’efforçait pauvrement de nous présenter à chaque fois comme l’élément d’horreur du jour !) on nous a expliqué en long et en large pourquoi le timonier suprême de la Gaule hollandaise ne parlerait pas au monde en premier. Cela tombait sous le sens : c’était en Belgique que l’arrestation du terroriste le plus recherché d’Europe depuis le 13 novembre avait eu lieu, c’était le ministre belge qui allait faire une déclaration, c’étaient les policiers belges qui avaient réussi cet exploit, c’était de Belgique que les journalistes made in France nous parlaient, bref il  allait de soi que la parole fût donnée d’abord aux Belges (et même l’ensemble se présentait comme une aumône faite au président français en visite : ma foi, après tout, puisqu’il se trouvait là…). Mais il fallait, semble-t-il, préparer le peuple de France à ne pas voir son champion ouvrir la bouche en premier (d’ailleurs le ministre belge a longuement gardé cette parole, donnant des détails, félicitant et remerciant ses services, après quoi les dires de notre champion faisaient chétif, menu, pauvret – même s’il rappelait la fonction de premier plan des services à la tête desquels il se trouvait, lui, le chef). S’adresser au monde en second, ça n’était pas sa tradition de protocole, c’est pour cela qu’il avait l’air si renfrogné en attendant que le ministre belge donne le feu vert aux proclamations au micro. Les duos avec Valls ne sont pas toujours harmonieux, Valls prenant la parole quand il en a envie pour dire ce qu’il veut, au besoin pour contredire la voix de son maître, mais c’est toujours la voix de son maître qu’on entend en premier, comme on entend la Marseillaise pour conclure : si on ne respecte pas les principes éternels, où allons-nous ? mais où allons-nous ? 

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lucette desvignes
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