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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 09:19

         J’aime bien me tenir à l’écart des jugements qui s’affrontent, dans le bruit et la fureur, à la sortie d’un film sur lequel tout le monde se précipite – 37°4 le matin, Titanic, The Artist…J’attends mon tour, en général deux ans plus tard (le temps qu’il faut pour que la Télé s’empare des circuits distributeurs) et je juge au calme, quand les clameurs se sont tues. Les qualités et les défauts des films n’ont changé en rien, deux ans tout de même suffisent parfois pour qu’un thème ou un style aient vieilli – rien à regretter. Et on est désormais sourd (encore plus qu’en leur temps) aux commentaires pro et contra que charrient les médias avec complaisance. C’est ainsi que j’ai vu cette histoire d’Adèle, comme si vraiment le film d’Abdellatif Kechiche méritait tant de bruit. On nous parlait avec componction des limites que les actrices devaient ou ne devaient pas dépasser, celles auxquelles il les avait contraintes… En vérité, on ne sent nulle contrainte dans les ébats des demoiselles, et le thème général du film, qui est la découverte du plaisir sexuel chez une adolescente, et qui passe par le garçon, puis la fille, puis l’un et l’autre, est très mal traité, en un émiettement de brèves séquences, à grand renfort de déplacements, de coups de fil, de séances de travaux pratiques (on voit bien que pour le réalisateur c’est cette portion-là qui a seule compté). De vagues invraisemblances dans les tempi, les rythmes scolaires, la vie de famille (ce bonheur des spaghetti à la Bolognaise dans les deux maisons !) insèrent mal le scénario dans une réalité quotidienne. A fait beaucoup verser d’encre, mais aurait pu rudement mieux faire.

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lucette desvignes
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denis 04/02/2016 00:35

Que les passions mediatiques sont ephemeres!
La vie d'Adele est somme toute, un apprentissage amoureux se heurtant aux realites sociales.
Mais les scenes amoureuses sont filmees souvent avec complaisance, les us et coutumes (le repas avec les spaghetti aussi long que l'ennui qu'il distille) pas toujours vraisemblables.
Une fois de plus, votre jugement vous honore lucette.
Et pour paraphraser Brassens au gout si juste,
pour les nombreux thuriferaires du spectacle,
le temps mediatique ne fait rien a l'affaire.
Amities et longue vie a votre blog.

desidéesetdesmots 05/02/2016 15:14

J'aime, cher Denis, trouver sous votre plume cette appréciation des invraisemblances du film - non dans le thème mais dans le traitement du réalisme quotidien. Ces scories ôtent beaucoup de crédibilité à cette histoire qui aurait pu être bien plus entraînante...
Votre soutien si amical me fait beaucoup de bien, surtout au moment des anniversaires tristes. Merci...

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