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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 11:13

PASSAGE DU TEMPS

 

Les années passent

elles ont passé

elles qui s’égrènent à la sauvette

sans carillonner

sans même prendre conscience

qu’elles s’enchaînent l’une à l’autre

en nous ligotant telles les mouches

dans la toile de l’épeire

Elle qui a d’abord joué avec sa proie

 les liens tout doux d’abord de soie

à peine à peine sensibles

d’abord impalpables

presque réconfortants avec leur douceur

et leur tendresse

C’est d’avoir répété cette douceur

cette précautionneuse attention

C’est d’avoir multiplié ce geste

en soi si impalpable

qu’elle a terminé son jeu

qu’elle a révélé son dessein

la mort lente de la proie

emprisonnée dans des liens de soie

garrottée jusqu’au souffle

jusqu’au cœur

jusqu’à l’âme

 

Et nous, laissés à nos solitudes,

garrottés par le temps

sans le moindre espoir de résilience

dévastés délabrés en ruines

tenant debout par miracle

dans ce linceul  de soie

le cœur inerte

le souffle détruit

l’âme morte

 

5 février 2016

 

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lucette desvignes
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commentaires

denis 06/02/2016 00:34

Belle poésie, mélancolique mais d'un fatalisme terrible. La chute dans le néant est-elle la marque indélébile de ceux et celles qui ont éprouvé "la sensation de l'écoulement du temps, sa dure cataracte" pour paraphraser un des derniers philosophes français, éternel rebelle.
Amitiés solaires chère Lucette quoi qu'il en soit.

Elisabeth Convers 05/02/2016 14:36

C'est bien beau et poétique, mais pas gai, chère Dame Lucette, un petit sourire pour nous faire plaisir, le ciel devient bleu.

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