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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 08:03

         Ces rieurs de vendredi qui pleurent depuis hier soir ont assez fait parler d’eux pour qu’on puisse changer de sujet. J’en reviens à ces migrants dont on ne fait mention que s’il y a quelque accident parmi eux, un noyé photogénique, des asphyxiés dans des camions frigorifiques. Je suis hantée par la vision de ces cohortes déambulant au pas de promenade sans le moindre bagage, en quelque sorte les mains dans les poches. On nous dit froidement qu’ils ne cessent d’arriver malgré les mesures qui se multiplient aux diverses frontières, le faux sourire d’un accueil mitigé se révélant soudain, ici et là, carrément grimace tous crocs sortis. Les murs ou les déroulages de barbelés se mettent en place ; pendant quelque temps les migrants vont encore pouvoir se faufiler – des trous, des sutures mal faites – mais cela ne pourra durer. Et la température n’a plus rien d’estival. Il va bien falloir tout de même que ces chiffres avec lesquels jonglent les dirigeants européens se concrétisent   en hommes, en femmes, en enfants – et où alors les verra-t-on ? Et où vont-ils attendre qu’on les considère comme des créatures à accueillir, où va-t-on les loger avant leur répartition définitive dans de lointaines paroisses ou dans des communes où déjà piétinent, devant les portes closes des centres d’accueil débordés, d’anciens postulants qu’on n’arrive pas à servir, c’est-à-dire à mettre quelque part, où que ce soit ?

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lucette desvignes
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