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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 08:27

         Je dois avoir un fond de primitivisme, en fin de compte… Je pense toujours avec attendrissement à ce mardi soir de la télé quand elle était encore fille unique : c’était le soir de la dramatique. Autrement dit, une soirée théâtre (et ce n’était pas « Au Théâtre ce soir », je puis vous le garantir) sur sept soirées de programmation – on croit rêver… Avec tout le choix de chaînes dont je dispose actuellement, je ne peux absolument pas imaginer que je vais, un seul mardi par mois, trouver pareil régal culturel. Dans ce contexte déjà si éloigné, j’ai vu des spectacles inattendus, des Arlequins des années 1720-1750, Le Bouquet (de Meilhac et Halévy, une perle), le monument qui s’appelait Les Perses d’Eschyle… et je ne parle que des tout débuts, où la hardiesse des réalisateurs rencontrait l’enthousiasme du grand public, à cause de sa qualité. On a pris l’habitude (comment faire autrement ?) de classer les soirs selon les chaînes ou les modes d’ensemble : le soir des docus, le soir des discussions de graves problèmes, le soir de l’horreur, le soir du polar… Ce consensus du goût pour l’hémoglobine et l’enquête vite faite (56 minutes : ça risque d’être bâclé) fait que le vendredi on est polar dans tout l’Hexgone, et pas sûr de trouver quelque chose de valable, la parfaite connaissance qu’on finit par avoir des manies ou tourments du commissaire enquêteur permettant certes d’anticiper ses réactions dans son contexte mais pas, hélas, d’éviter la lassitude devant les stagnations et les redites. Je termine sur l’évocation du petit vieux distingué des Belles de Nuit qui à chaque génération se retrouve avec les mêmes imprécations contre son époque et regrettant un « Ah ! autrefois… » tellement, tellement mieux…

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lucette desvignes
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