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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 09:54

         Toute une famille dont la mer a rejeté les corps. Un enfant de trois ans. Le monde entier a mouillé sa larme, comme il l’avait déjà versée lorsque tous les écrans du monde (sauf Israël) avaient publié le petit garçon palestinien en train d’être tué dans les bras de son père par un soldat israëlien. Comme si nos facultés d’indignation ou d’émotion s’émoussaient à force de spectacles indignants ou navrants, à tel point qu’il nous faut maintenant un summum de pathétique ou de révoltant pour émouvoir notre sensibilité. Bon, nous voilà de nouveau remués un peu plus que la semaine dernière où l’afflux des migrants ressemblait à un grouillement de fourmilière et que nous avions pris peur. Mais               la vision des corps rejetés sur le rivage va très vite perdre de son acumen : que faudra-t-il donc que l’actualité nous offre comme spectacles de misère pour que nous continuions à nous émouvoir ? Je remarque d’ailleurs que c’est notre propre émotion qui nous fait mal, nous ne nous mettons pas à la place de la famille noyée, incident emblématique de tous ces exils vers l’ouest. On aurait envie de prendre des bâtons, des triques, peut-être des fourches ou des cognées, pour se lancer à l’assaut des décideurs qui prennent des airs confits mais ne décident rien, ne font rien, ne comprennent rien à rien. Certes, il aurait fallu prévoir ces cataclysmes humains depuis des années, remplacer les coups de force, coups de bourse, coups de Jarnac et coups de Caïmans par un vrai, un sincère, un profond souci humanitaire, qui en conjuguant les bonnes volontés citoyennes toujours prêtes aurait pu opérer des merveilles. Mais sans ruminer sur  les Il aurait fallu, on peut bien se concentrer sur un Allez, il faut… Toute besogne cessante (surtout qu’ils ne font qu’emplir leurs poches en se cachant les uns des autres), on arrête de travailler pour soi, on agit, on desserre largement les cordons de la bourse, on tâche de se mettre à la place de ceux qui ont tout perdu, y compris la santé et l’espoir, leur travail et leurs proches… Allez, il faut ! Les décideurs, décidez-vous, pour une fois que ce sera bien...

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lucette desvignes
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