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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:45

         Imaginez une foule de poulets, tous pareils dans leur quête de nourriture, regroupés en masse devant la fermière qui va leur octroyer… une poignée de grains à la volée avant de se retirer avec dignité. Telle peut être la représentation de la rentrée littéraire, basse-cour dont  le public redécouvre chaque année qu’elle fait partie des circenses gratuits qui vont durer trois mois et qui lui permettront d’oublier le reste du temps que la littérature existe, aussi nécessaire que l’eau et le pain mais dont il sait parfaitement se passer. Quant aux poulets, tous serrés les uns contre les autres, bien futé serait le regard qui pourrait les distinguer, voire distinguer d’avance les quelques rares volatiles qui vont réussir à attraper un grain de blé ou de maïs. Mais il y en a qui peuvent, voyez-vous !On s’agite, dans les magazines, on s’enfièvre ! Bon, c’est leur rôle d’aider les lecteurs à dégager de la masse des volailles celles pour lesquelles ils pourront  avoir un faible, :on vante ou on démolit l’une puis l’autre puis une troisième à tour de rôle, il est bon que le public soit informé des qualités et des défauts des produits montés en épingle avant de se décider pour acheter le Goncourt ou le Fémina qu’il offrira   à la belle-mère ou à la cousine pour Noël. Bon, d’accord. Mais comment interpréter une campagne assez partisane pour écarter tous les autres, fournissant à l’élue de cœur la couverture plus un chapitre entier avec photos  et extraits complétant une analyse enthousiaste ? On dirait que le Goncourt                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            court est déjà attribué et qu’il y a une indiscrétion de publication anticipée sur la gravité de laquelle on ferme les yeux. Qu’importe ! Ce parti pris qui ne ressemble en rien à de l’analyse littéraire (car il insiste surtout sur les à-côtés, par exemple les sujets traités par l’auteur, pour tracer sa personnalité, inceste, grossesse etc. probablement y compris les fausses-couches, on aime ça dans la litrérature de gare) cela sonne quand même bizarrement, comme si au lieu de mots et de lettres le magazine se servait de tambour et de trompette pour tirer à soi toute l’attention disponible. Et comment par la suite (nous en sommes à la première semaine de la rentrée littéraire) effacer des esprits ces marques épaisses et sans finesse assénées comme à coups de cymbales ? On se demande malgré soi si les magouilles sérieuses et grassement payées ne sont pas en train de se mettre en place.

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lucette desvignes
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