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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 10:16

         Je suis hantée par le problème de la violence, et en dépassant, bien entendu, largement le domaine du cinéma dont je tire souvent mes illustrations. C’est que l’image donnant corps à une intrigue dont on suit le développement avec l’attention qu’on prête aux individus permet de schématiser les données et les sujets de réflexion. Je viens de voir cet excellent Clint Eastwood intitulé Unforgiven (mal traduit par Inexorable)  où précisément le justicier que l’acteur  avait incarné longtemps arrivait au bout du rouleau : vieilli, maladroit de son corps, rangé des voitures sous l’action d’une femme admirable morte trop tôt. S’il reprend du service, en free lance de toute façon, c’est qu’il ne supporte pas qu’on ait mutilé une prostituée, pauvre épave dont le destin l’émeut. L’opération tourne mal, car le shérif lui-même torture à l’occasion. Il faut précisément qu’ait été battu à mort son partenaire noir pour que se réveillent ses instincts de  bandit d’autrefois, il ne s’arrêtera que lorsqu’il aura fait place nette – et alors il disparaîtra pour reprendre une vie d’austérité et de dévotion.     Je retrouve là le schéma de A History of Violence  que j’analysais il y a peu : les vieux démons qu’on veut sincèrement étouffer reviennent toujours lorsqu’il devient urgent de s’en débarrasser par le colt…Mais ensuite peut-on vraiment effacer de son souvenir ces actes meurtriers dont on s’est repenti, et auxquels pourtant il a fallu une dernière fois avoir recours ? Dans les deux films la question est intelligemment posée.

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lucette desvignes
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