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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:06

         Décidément, je refuse de croire que Peckinpah jugeait désastreuse la violence de notre société et qu’il tâchait d’en montrer les effets destructeurs sur la mentalité. J’ai regardé hier The Wild Bunch (La Horde sauvage)que j’avais déjà vu il y a très longtemps : dès la première séquence, on se rappelle avoir déjà regardé cette scène monstrueuse où des enfants mexicains jouent avec un scorpion qu’ils ont livré aux fourmis. On ne sait s’il faut s’effarer davantage de cet affrontement de cauchemar ou du sourire satisfait, jouissif, des gamins et des deux gamines qui, pour corser le spectacle avant de le conclure, mettent un feu de brindilles sur la masse convulsée et entretiennent ce feu avec soin et gourmandise ; en tout cas, ce symbole qui sert d’illustration parallèle au récit me paraît clair – il ne durerait pas tant si le réalisateur le trouvait insupportable. C’est aussi une histoire où s’affrontent l’armée régulière mexicaine, les rebelles mexicains, une poignée de bandits sudistes démobilisés et une poignée de minables embauchés par les Chemins de Fer pour capturer les premiers qui pillent les trains : dans ces luttes croisées et impitoyables, la violence est permanente, explosive, sinistrement justifiée selon les groupes. Je me demande si ce n’est pas pour ce film que Peckinpah avoue avoir utilisé je ne sais plus combien de dizaines de milliers de cartouches. Il n’y a vraiment pas de quoi se  sentir glorieux : on peut certainement combattre la violence qui par malheur gangrène notre société sans se livrer à pareil déploiement de cruauté et d’hémoglobine.

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lucette desvignes
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