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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 10:17

         Je ne peux guère imaginer que Les trois Jours du Condor aient pu une fois ou l’autre échapper à votre attention : sans trop le vouloir, je peux me le payer trois fois dans l’année ou à peu près, ce dont je conclus que ce film passionnant est bien dans le domaine public. J’aime son déroulement fulgurant, son suspens de chaque instant, le jeu admirable de Redford et Dunawaye – j’aime surtout cette grande question angoissante à laquelle ne sera jamais donné de réponse : qu’est-ce, au fond, que le FBI ? A quoi répond-il ? A quoi joue-t-il ? Comment des fractions de son  agencement, vite déviées en factions, peuvent-elles exister en autarcie au sein du groupe – the Company, se nomment-ils, càd dans la traduction française la Famille, la Maison ? Comment des intérêts individuels démesurés axés sur un enrichissement ou une puissance sans bornes, par exemple autour du pétrole,  peuvent-ils construire leurs métastases autonomes sans être soupçonnés par les contrôles inflexibles de la tête pensante – pluricéphale, en outre – et sans que jamais la décision d’éliminer toute une agence, tout un groupe de gens totalement innocents de ce qui se passe en dehors de leur fonction quotidienne suscite la moindre hésitation ? On aura beau, comme c’en est la tendance en ce moment, multiplier les études et analyses du FBI et de la CIA, ces grandes entités effrayantes garderont toujours leurs secrets, même si leur puissance, à l’occasion de bévues monumentales impossibles à cacher, mérite d’être mise en question, ne serait-ce que pour le bien public.

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lucette desvignes
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