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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 18:23

         Il y a quelques semaines, l’Hôtel de Ventes de Mâcon mettait aux enchères un lot important de toiles de Pierre Leygonie avec des mises à prix intéressantes, et ç’avait été une grande réussite, car les prix s’étaient, sinou envolés à la manière de ceux de Christie’s ou de Drouot (où s’affrontent les grosses fortunes dans des combats cyniques dont la valeur d’investissement est le critère majeur), du moins comportés comme on s’y attendait, càd que le public était composé d’amateurs véritables du peintre et même après sa mort rendait justice à son talent sans restriction financière. Je viens de recevoir, du même Hôtel des Ventes et parce que je suis censée m’intéresser à l’art de ma Bourgogne natale, un catalogue de mise aux enchères d’une autre collection, celle du céramiste Girel (il avait été, je crois, le premier à célébrer Les Nœuds d’Argile par un article d’une grande revue d’art sur les valeurs symboliques et mythiques, sinon mystiques, du bleu que Marrain mon grand-père cherchait si passionnément à obtenir, et depuis j’avais avec amitié suivi sa carrière : il était devenu Maître selon la terminologie japonaise, ce qui correspond à un plafond dans l’estime et la reconnaissance et j’admirais ses créations). Or ce catalogue m’a plongée dans la tristesse : certes il est illustré de belles photos de certaines œuvres, couleurs éclatantes, formes insolites, puissance et délicatesse, mais il englobe aussi des meubles « en bois blanc », des étagères, des assiettes de cuisine, des bibelots de bric-à-brac, en plus de créations très mineures d’autres céramistes du même groupe (ou peut-être même regroupées là pour l’occasion), le tout donnant l’impression d’un vidage de grenier, d’un déballage de marché en plein vent où il importe peu de casser… J’en ai conclu que l’artiste et sa compagne avaient disparu, et que derrière eux on voulait faire place nette. Oui, une grande tristesse, comme s’ils étaient balayés hors d’existence et que nul ne se souciait de rattacher leur souvenir ni à un lieu (la vente aura lieu dans leur maison-atelier) ni à une œuvre. Sic transit gloria mundi – et c’est ravageant, mes belins-belines, c’est ravageant…………..

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lucette desvignes
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